LES OBSEQUES D'ADOLF MENZEL

Les obsèques du célèbre peintre allemand ont eu lieu, le 13 février, à

Berlin, avec une grande solennité. Suivant le programme réglé par

l'empereur lui-même, on avait transporté d'avance au Vieux-Musée le

cercueil de Menzel, auprès duquel une compagnie des grenadiers de

Potsdam montaient une garde d'honneur. C'est de là que le cortège

funèbre est parti pour se diriger, par les principales rues de la ville,

vers le cimetière de la Trinité, après une cérémonie à laquelle

assistait le souverain, entouré des grands corps de l'État, des membres

de l'Académie des beaux-arts et des délégations de toutes les sociétés

artistiques. Guillaume II a suivi à pied le char jusqu'à son passage

devant le château royal, où il a pris congé, la tête découverte, du

peintre national de Frédéric et de la vieille armée prussienne.

[Illustration: Guillaume II Les funérailles du peintre Menzel à Berlin.]

Documents et Informations.

La production d'or dans le monde.

En 1904, s'il faut en croire un journal américain toujours très bien

informé, la production de l'or dans le monde a atteint la somme de 1.769

millions de francs: soit environ 120 millions de plus que l'année

dernière. C'est même un peu plus que l'année 1899, qui détenait jusqu'à

ce jour le record de la production.

Les États-Unis, dans ce total, entrent environ pour le quart de la

production, ainsi que la Transvaal et l'Australasie. Le quatrième quart

revient au Canada, au Mexique, à la Russie et à quelques autres pays

petits producteurs.

Tandis que la production du Klondyke canadien, sur lequel on avait fondé

tant d'espérance, va baissant de plus en plus, la production du

Transvaal se relève rapidement et laisse prévoir un considérable

accroissement.

Vraisemblablement, l'année prochaine atteindra le beau chiffre d'une

production de 2 milliards.

Pour combien de temps reste-t-il de la houille en Angleterre?

La commission royale nommée en 1901 pour enquêter sur les réserves de

houille existant encore en Angleterre vient de déposer un rapport d'où

il résulterait que le sol britannique renferme encore 100.914 millions

de tonnes de houille. Cette provision pourra durer très longtemps,

surtout si l'on développe l'emploi des méthodes économiques et si l'on

réduit les gaspillages qui, actuellement, sont énormes. On perd beaucoup

de force avec les gaz inutilisés qui s'échappent des hauts fourneaux,

par exemple; et l'on en perd beaucoup à employer la houille dans la

machine à vapeur au lieu d'en extraire le gaz et d'utiliser celui-ci

dans le moteur à gaz. Si l'on développe les moteurs à gaz et si on les

perfectionne encore, on tirera un parti plus avantageux de ce qui reste

de houille. La consommation de houille ayant été de 167 millions de

tonnes en 1903, l'Angleterre renfermerait encore de quoi subvenir à

celle-ci, au taux actuel, pendant plus de six cents ans: une durée qui

donne le temps de se retourner, assurément.

Le monopole de l'alcool en Suisse.

Les partisans du monopole de l'alcool par l'État présentent ce système

comme étant en même temps une bonne affaire et une mesure d'hygiène.

Ce qui se passe en Suisse, où le monopole est établi depuis bientôt

vingt ans, peut nous montrer ce qu'il faut penser de ces affirmations.

Sur le premier point, il n'y a guère à discuter, et il est manifeste que

le monopole de l'alcool n'a pas été pour la Suisse une mauvaise affaire.

De 1887 à 1903, l'excédent des recettes sur les dépenses a été de 98

millions et demi environ; ce qui donnait, en 1887-1888, près de 5

millions, et en 1903, 6.352.000 francs de bénéfices.

Mais le second point apparaît comme fort discutable. Jusqu'en 1901, il

sembla que la consommation de l'alcool baissait de plus en plus: de 6

litres 27 par tête en 1890, elle tombait progressivement à 3 litres 80

en 1901. Le résultat était admirable.

Voici toutefois que la consommation se met à remonter: en 1902, elle est

de 3 litres 87, et en 1908, de 4 litres 20.

Provisoirement gênés par la façon du monopole, les buveurs semblent

maintenant s'y être adaptés. Il ne faut donc pas se hâter de conclure

sur le rôle bienfaisant du monopole au point de vue de l'hygiène.

Le chêne porte-gui de Versailles.

Un mot encore--le dernier sans doute--sur la question des chênes

porte-gui. Nos lecteurs parisiens nous sauront gré de leur signaler un

chêne de cette espèce qui se trouve très à portée de leur vue. Ce chêne

nous est indiqué par M. E. Lefebvre, de Versailles, et se trouve à

Versailles, dans le parc même. C'est un arbre de belle taille, qui se

trouve presque en bordure de l'allée circulaire qui entoure le bassin de

l'Encelade, du côté nord par rapport au groupe central du bassin. Ce

chêne porte du gui depuis plus de vingt-cinq ans, et un de ses voisins,

plus jeune, se met à imiter son exemple.

L'Illustration, No. 3235, 25 Février 1905 · 第 16 / 23 题