M. J. A. AMAR.

_Conciones et Orationes Poeticæ_, à l’article _Silius Italicus,

p. 190_.

Une lettre de Pline, L, iii, 7, nous donne du talent et de la personne

de Silius une idée assez juste, et qui ne paraît pas flattée, quoique ce

soit l’amitié qui tienne la plume. Le spirituel écrivain rend hommage et

justice à l’admiration passionnée de son ami pour les grands modeles de

l’éloquence et de la poésie latines. Il applaudit à ses efforts pour se

rapprocher des objets d’un culte, qui serait du fanatisme, si l’on

pouvait jamais porter trop loin, exalter trop haut le sentiment d’une

admiration aussi noble dans son principe, qu’heureuse quelquefois dans

ses conséquences.

Il ne nous est rien resté qui puisse nous faire juger s’il fut plus

heureux en prose qu’en vers, et imitateur plus adroit de Cicéron que de

Virgile. Il s’était fait, dit-on, au barreau la réputation de grand

orateur; ce qui était facile alors, même sans un grand talent. La

prédilection de Silius pour le prince des orateurs et pour celui des

poètes romains était telle, qu’il se procura à grands frais la maison de

campagne, illustrée à Tuscule par le séjour de Cicéron, et celle que

Virgile avait habitée près de Naples. Ce fut dans cette retraite, et

presque sur le tombeau même de Virgile, dont il avait fait un monument

religieux, qu’il consacra les dernières années de sa vie, et le loisir

que Trajan lui accordait, à la composition de son épopée sur _la seconde

guerre Punique_: sujet du plus grand intérêt pour les Romains, et qui en

a tant acquis pour toutes les générations, sous la plume éloquente de

Tite-Live.

Voltaire traite quelque part Silius Italicus d’_imitateur maladroit de

Virgile_; et Voltaire a raison: mais il y avait long-temps déjà qu’un

savant Écossais (Dempster) l’avait appelé _nimius interdumque ridiculus

Virgilii imitator_. Il a sur ses contemporains, Stace et Lucain, le

mérite d’un style moins roide, moins tendu que le premier, et moins

inégal que le second de ces poëtes. Sa diction est, en général, pure et

correcte; sa latinité, bien supérieure à son siècle. Mais cette pureté

devient essentiellement monotone; cette correction reste toujours froide

et inanimée. Si, au lieu de s’en tenir à cette imitation pénible et

fatigante du tour et de l’expression de Virgile, il eût vu et étudié

dans ce grand poëte autre chose que le choix des termes, et l’artifice

de la période poétique; si son admiration, plus éclairée, eût franchi

ces bornes timides pour embrasser dans son ensemble cette magnifique

composition de l’Énéide, et l’ordonnance imposante de toutes ses

parties, peut-être nous eût-il laissé un véritable poëme, au lieu d’un

ouvrage équivoque, qui n’offre ni l’intérêt de l’histoire, ni le charme

et les graces de la poésie.

_N.B._ Plures etiam alii præstantes ingenio viri, Silium paucis obiter

attigerunt; quorum primus _Voltaire_, _Essai sur la Poésie épique_, cap.

IV: «Je passerai sous silence Statius et Silius Italicus, l’un faible,

l’autre monstrueux imitateur de l’Iliade et de l’Énéide.» Ipse quoque

_H. Blair_, quem satis laudare non possum, in præclarissimo opere de

Rhetorica, cap. XLIV, Silium cum Statio tantum memorat, in quorum

carmine recognoscendo immorari operæ pretium non existimat. _Ed._

FINIS TESTIMONIORUM

DE SILIO ITALICO.

[Annotatio 1: Vide supra p. 475, Epist. Plinii. «Est res rara

quidem poeta consul,» inquit Jac. Duportus de Silio agens pag.

264, poematum.]

[Annotatio 2: Spartianus in Hadriani vita cap. 12: «Italici sunt

Itali genere, in provinciis negotiantes, vel fixa etiam sede ibi

commorantes.» Alius Silius proprætor, ad quem Ciceronis Epistolæ

libro XIII.]

[Annotatio 3: Acta Eruditorum 1719, pag. 178.]

[Annotatio 4: «Ubique in Silio Græcæ eruditionis vestigia, ubique

elegantiæ,» Dan. Heinsius ad II, 626.]

[Annotatio 5: Martial. VII, 62.]

[Annotatio 6: Ea sic memoravit Vir. Clar. sed vide quæ supra

notantur pag. 407, not. 1. _Ed._] [= n 1.15]

[Annotatio 7: Majore cura quam ingenio scripsit. _Plin._ ep. III,

vii, 5.]

[Annotatio 8: Vide tamen quæ notantur sect. IV, ad præfat.

Drakenb. supra pag. 433. _Ed._]

[Annotatio 9: Gœtt. Auz. vid. gel. Sachen, 1782.]

Punicorum Libri Septemdecim(#27672) · 第 351 / 438 题