invraisemblables; mais il est constant que, pendant plus de cent ans,
il y a eu, dans cette rue, une place vide, sur laquelle le
propriétaire ne croyoit pas qu'il fût permis de bâtir. Pierre Belut,
conseiller au parlement, à qui elle appartenoit, en demanda la
permission à François Ier; et ce prince, par des lettres-patentes du
mois de janvier 1536, permit d'y faire réédifier une maison pour être
habitée, ainsi que les autres maisons de Paris, nonobstant tout arrêt
qui pourroit être intervenu, y dérogeant par ces lettres, et imposant
silence perpétuel à son procureur présent et à venir. Quoiqu'on ne
trouve nulle part ni informations ni arrêts qui parlent de ce prétendu
crime, il ne s'ensuivroit pas de là qu'il fût faux. On sait que dans
les crimes atroces et extraordinaires, il a toujours été d'usage, et
même dans les derniers temps de la monarchie, de jeter au feu les
informations et la procédure, pour les rendre en quelque sorte
incroyables. _Nam sunt crimina quæ, ipsâ magnitudine, fidem non
impetrant._]
[Note 665-A: page 111.]
[Note 666: Arch. de S. Éloi et de l'archevêché.--Past., A., p. 341 et
718.--Cart. Sorb., an 1284.]
_Rue du Haut-Moulin._ Elle aboutit aux rues de la Lanterne et de
Glatigny. Guillot la nomme _rue Saint-Denis-de-la-Chartre_. Il paroît,
par les titres de ce prieuré, que, dès 1204, elle s'appeloit _rue
Neuve Saint-Denis_[667]; cependant, dans un acte de 1206, elle n'est
indiquée que sous le nom de _Strata anterior_. Au milieu du seizième
siècle, cette rue étoit partagée en deux parties; l'une s'appeloit rue
_Saint-Symphorien_, et l'autre _des Hauts-Moulins_[668].
[Note 667: Cens. S. Dionys., de Carc.]
[Note 668: Corrozet, fol. 204, _verso_.]
_Rue de Nazareth._ Elle commence au quai des Orfèvres, et aboutit à
l'hôtel du premier président[669]. Anciennement elle se nommoit rue
_de Galilée_.
[Note 669: Maintenant la préfecture de police. Cette rue est
aujourd'hui désignée sous le nom de rue de _Jérusalem_.]
_Rue Neuve Notre-Dame._ Elle aboutit au Marché-Palu et au Parvis de la
cathédrale. Elle fut ouverte par Maurice de Sully, évêque de Paris;
avant lui il n'y avoit point de rue en cet endroit, et l'on se rendoit
de ce coté à Notre-Dame par la rue _des Sablons_, qui étoit située
entre les maisons de cette rue et les bâtiments de l'Hôtel-Dieu. La
rue nouvelle prit d'abord le nom de _Neuve_, qu'elle portoit encore en
1250. On y ajouta ensuite celui de Notre-Dame, qu'elle a toujours
conservé depuis.
Il y avoit anciennement quatre rues qui aboutissoient à celle-ci, et
qui ne subsistent plus. La première forme un cul-de-sac appelé _de
Jérusalem_; les trois autres s'appeloient rues _du Coulon_[670], _de
Venise_[671] et _du Parvis_[672]. Ces trois dernières rues ont été
comprises dans l'agrandissement du Parvis et dans les bâtiments des
Enfants-Trouvés.
[Note 670: Compte des Matines.]
[Note 671: Avant, _des Dix-Huit_, à cause du collége de ce nom.]
[Note 672: Auparavant, _de la Huchette_, à cause d'une maison ainsi
appelée, qui faisoit le coin de cette rue et de celle de
Saint-Christophe.]
_Place du Palais._ Elle fut construite, par ordre de Louis XVI, en
1787. Avant cette époque, la rue de la Vieille-Draperie se prolongeoit
jusqu'à celle de la Barillerie, à l'exception du vide que formoit
l'emplacement de la maison de Jean-Châtel.
_Rue de la Pelleterie._ Elle aboutissoit d'un côté à la rue
Saint-Barthélemi, et de l'autre à la rue de la Lanterne, vis-à-vis
Saint-Denis-de-la-Chartre. Au douzième siècle elle étoit occupée par
les juifs; et après leur expulsion, Philippe-Auguste, par ses lettres
de 1183, donna, moyennant 73 livres de cens, dix-huit de leurs maisons
aux Pelletiers, qui s'y établirent, et lui donnèrent leur nom[673].
Auparavant, elle est indiquée sous celui de _Macra-Madiana_, dont on
n'a pu trouver la signification[674]. Depuis 1300, elle a pris le nom
de la Vieille-Pelleterie, et ce nom n'a pas changé.
[Note 673: Rég. de la vill., fol. 3.]
[Note 674: Cart. S. Genovef. an. 1243, fol. 15, _verso_. Ces mêmes
titres nous apprennent que les juifs y avoient des bains et des
étuves, _domus quæ fuit stupa judæorum_; _ibid._, 1248, fol. 37.]
Il y avoit quatre ruelles dans cette rue, l'une étoit désignée sous le
nom de _Port-aux-OEufs_ (_Voy._ ci-après); les trois autres n'étoient
connues que sous la dénomination générale de _ruelles allant à la
Seine_[675]. Le côté de la rue de la Pelleterie qui longeoit la
rivière a été abattu, et sur l'espace qu'il occupoit on a établi le
_Marché-aux-Fleurs_; l'autre côté de la rue existe, et a conservé son
ancien nom.
[Note 675: Cens. de S. Éloi, 1367.]
_Rue Perpignan._ Elle traverse de la rue des Trois-Canettes dans
celle des Marmouzets. Elle s'appeloit au douzième siècle rue
_Charauri_[676], rue de _Champrosai_ en 1399[677]. Ce nom a été
altéré depuis, et changé en ceux _de Champron_, _de Champourri_,
_de Champrousiers_, _des Champs-Rousiers_, _du Champ-Flori_ et _de
Champrosy_. Le nom de Perpignan vient de celui d'un jeu de paume
qui s'y trouvoit au commencement du seizième siècle.
[Note 676: Part. A. p. 633, 707, 819, 825 et 836.--Hist. S. Mart., p.
210.]
[Note 677: Reg. capit. 5, p. 41.--Reg. capit., 1541.]
_Rue Saint-Pierre-aux-Boeufs._ Elle donne d'un côté dans la rue des
Marmouzets, et de l'autre elle aboutit au Parvis. On la trouve
indiquée, dès 1206, sous le nom de la rue Saint-Pierre-aux-Boeufs.
Guillot l'appelle rue _Saint-Pierre-à-Beus_. Les prisons du chapitre
étoient anciennement situées dans cette rue.
Le cul-de-sac Sainte-Marine est ouvert dans cette rue. Il portoit au
douzième siècle le nom de _ruelle Sainte-Marine_. Une ordonnance du
chapitre de Notre-Dame, du 26 août 1417, ordonna de fermer cette
ruelle à l'une de ses extrémités[678]. Elle y est simplement désignée
par ces mots: _Viculus contiguus Januæ claustris ante S. Johannem
Rotundum._
[Note 678: Reg., capit. 8, p. 165.]
_Rue du Port-aux-OEufs._ Le Port-aux-OEufs est un des plus anciens de
Paris. On en connoît l'emplacement par cette rue ou ruelle qui
aboutissoit d'un côté dans la rue de la Pelleterie, et de l'autre à la
rivière. En 1259 on la nommoit _ruelle Jean-Notteau_[679], en 1398
elle s'appeloit _rue Garnier-Marcel_[680]. Le terrain de cette rue qui
a été détruite est maintenant renfermé dans celui qu'occupe le marché
aux Fleurs.
[Note 679: Arch. de l'archev.]
[Note 680: Cens. S. Élig., 1398.]
_Le Terrain._ _Voy._ p. 208.
_Rues Haute, Basse et du Milieu des Ursins._ Les deux premières sont
traversées par celle qu'on appelle _du Milieu_, et aboutissent d'un
côté dans la rue de Glatigny, et de l'autre dans celle de
Saint-Landri. Elles tirent leur nom de Juvénal des Ursins, prévôt des
marchands, qui occupoit un hôtel au port Saint-Landri. Cet hôtel étant
tombé en ruines, fut rebâti vers le milieu du seizième siècle; et on
ouvrit sur le terrain qu'il occupoit une rue qui fut appelée _rue du
Milieu_. On croit reconnoître dans la rue Haute celle que Guillot
appelle rue _de l'Ymage_.
QUAIS DE LA CITÉ.
_Quai des Orfèvres._ Il borde la partie méridionale de la cité, depuis
le pont Neuf jusqu'au pont Saint-Michel. Dans le projet de
construction du premier de ces deux ponts, on fit entrer celui
d'ouvrir une rue qui allât au pont Saint-Michel, et de là à
Notre-Dame. Pour l'exécuter, on coupa en partie l'île de la Gourdaine,
du côté du grand cours de l'eau; on détruisit le moulin, et sur les
deux côtés du triangle on construisit les deux quais que nous y voyons
aujourd'hui. Ils furent commencés en 1580, ensuite interrompus, puis
repris vers le temps où l'on achevoit le pont Neuf, enfin terminés en
1611. L'année suivante, le président Jeannin obtint la permission d'y
faire bâtir des maisons ou boutiques, partie sur le quai, partie sur
la rivière, et des échoppes le long des murs du Palais: il n'y eut de
construit que les échoppes qui viennent d'être abattues.
_Quai de l'Horloge ou des Morfondus._ Il s'étend du côté septentrional
de la Cité, depuis le pont Neuf jusqu'au pont au Change. Le nom de
quai de l'Horloge lui vint de l'horloge du Palais, située à son
extrémité; celui de quai _des Morfondus_ de sa situation qui est
exposée au vent du nord.
RUES DE L'ÎLE SAINT-LOUIS.
_Rue de Bretonvilliers._ Elle aboutit à la rue Saint-Louis et sur le
quai Dauphin. Elle doit son nom à l'hôtel qui est situé à l'extrémité
méridionale de l'île.
_Rue de la Femme-sans-Tête._ Elle aboutit d'un côté dans la rue
Saint-Louis, et de l'autre sur le quai de Bourbon. Elle portoit dans
toute sa longueur le nom de rue _Regrattier_. Une enseigne
représentant une femme sans tête lui fit donner ce nom.
_Rue Guillaume._ Elle aboutit d'un côté dans la rue Saint-Louis, de
l'autre sur le quai d'Orléans, et doit son nom à Guillaume, père d'un
des derniers entrepreneurs des bâtiments de l'île Saint-Louis.
_Rue Saint-Louis._ Elle traverse l'île dans toute sa longueur, et doit
ce nom à l'église qui s'y trouve située. Suivant le plan de Messager,
elle porta d'abord le nom de _Palatine_ jusqu'à celle des Deux-Ponts;
depuis celle-ci jusqu'au bout on l'appeloit rue _Carelle_. En 1654 on
la nommoit rue _Marie_.
_Rue des Deux-Ponts._ Elle est ainsi nommée à cause de sa situation
entre le pont de la Tournelle et le pont Marie, auxquels elle
communique par ses deux extrémités. Elle est appelée _rue Saint-Louis_
sur le plan de Messager.
_Rue Poulletier._ Elle traverse l'île Saint-Louis, et aboutit aux
quais d'Alençon et des Balcons. Sur le plan de Messager elle est
indiquée sous le nom _de Florentine_. Elle doit celui qu'elle porte à
M. Le Poulletier, trésorier des Cent-Suisses, l'un des associés du
sieur Marie.
_Rue Regrattier._ C'est la prolongation de la rue de la
Femme-sans-Tête. Elle aboutit au quai d'Orléans. Messager la nomme
_rue Angélique_. Le nom qu'elle porte vient de celui de M. Le
Regrattier, autre associé du sieur Marie. Elle porta d'abord ce nom
dans toute sa longueur jusqu'au quai Bourbon.
QUAIS DE L'ÎLE SAINT-LOUIS.
_Quai de Bourbon._ Il s'étend sur le côté septentrional de l'île, à
partir de la pointe qui regarde la Cité jusqu'au pont Marie.
_Quai d'Anjou._ Ce quai fait la continuation du précédent, et du même
côté jusqu'à l'extrémité orientale de l'île.
_Quai d'Orléans._ Il commence, de même que le quai Bourbon, à la
pointe de l'île, et s'étend, du côté méridional jusqu'au pont de la
Tournelle.
_Quai Dauphin_ ou _des Balcons_. C'est la continuation du quai
d'Orléans; et de même que le quai d'Anjou, il vient finir à la pointe
orientale de l'île.
ANTIQUITÉS ROMAINES ET CELTIQUES
DÉCOUVERTES DANS LA CITÉ.
AUTEL DE JUPITER.
Les plus connues de ces antiquités sont les pierres cubiques
découvertes en 1712, sous le choeur de l'église cathédrale, elles sont
au nombre de neuf, et toutes chargées sur leurs diverses faces de
bas-reliefs et d'inscriptions. La plus grande a trois pieds et
quelques pouces de hauteur, la plus petite environ un pied et demi.
Sur l'une de ces pierres on lit l'inscription suivante:
TIB. CAESARE. AUG. JOVI. OPTUMO
MAXSUMO . . . . M. NAUTAE. PARISIAC.
PUBLICE POSIERUNT.
En restituant les quatre lettres qui manquent dans l'espace fruste qui
précède la lettre M, on traduit ainsi cette inscription: _Sous Tibère
César Auguste, les_ NAUTES _parisiens ont publiquement élevé cet autel
à Jupiter très-bon, très-grand._ Ainsi, le sujet du monument se trouve
expliqué; et nous apprenons en même temps qu'il y avoit à Paris, sous
le règne de Tibère, une association de gens qui y faisoient le
commerce ou le transport des marchandises par eau.
Ces pierres, toutes couvertes de bas-reliefs, présentent d'abord
plusieurs divinités du paganisme indiquées par leurs noms: IOVIS
(Jupiter), VOLCANVS (Vulcain), CASTOR (Castor); une autre figure
placée à côté de celle-ci, et dont l'inscription a été effacée, est
évidemment POLLVX. On a cru y reconnoître encore Vénus et Mercure;
puis viennent ensuite deux divinités gauloises indiquées par ces deux
mots: ESVS et CERNVNNOS, que l'on croit être le dieu de la guerre et
celui qui présidoit aux forêts, le Mars et le Pan des Grecs et des
Romains.
On y voit encore un taureau surmonté de trois grues avec cette
inscription: TARVOS TRIGARANVS (taureau à trois grues), animal
mystique qui étoit pour les Gaulois un objet de vénération; puis des
soldats armés de piques et de boucliers, un prêtre gaulois et
plusieurs autres figures qui ont exercé la sagacité des antiquaires,
et sur lesquelles on n'a pu présenter jusqu'à présent que des
conjectures d'un assez médiocre intérêt.
CIPPE ANTIQUE.
Ce Cippe quadrangulaire fut découvert en 1784, et à une assez grande
profondeur, dans une fouille que l'on fit en face de la rue de la
Barillerie, pour établir les fondations d'une partie des bâtiments du
Palais de Justice: il a cinq pieds dix pouces de hauteur, ne porte
aucune inscription, et présente, sur ses quatre faces, des figures de
trois pieds et demi de hauteur, parmi lesquelles on reconnoît
facilement Mercure qui s'y montre accompagné de tous ses attributs.
Une autre figure armée de l'arc et du carquois semble être une image
d'Apollon; mais elle tient d'une main un poisson, et de l'autre
s'appuie sur un gouvernail, ce qui pourroit aussi indiquer une
divinité qui présidoit à la navigation; la troisième figure est celle
d'une femme, et cette femme porte un caducée, attribut qui ne nous
paroît pas pouvoir être facilement expliqué; enfin une quatrième
figure a des ailes au dos, tient un globe à la main, et est coiffée du
pétase ailé, symbole spécialement consacré au fils de _Maïa_. On s'est
encore épuisé en conjectures sur ce monument, beaucoup plus qu'il ne
méritoit; et nous nous garderons bien d'ennuyer nos lecteurs de cette
obscure et stérile érudition.
Au reste toutes ces sculptures, tant sur le cippe que sur l'autel,
sont du travail le plus barbare[681].
[Note 681: Elles sont déposées, partie au musée du Roi, partie au
cabinet d'antiquités de la bibliothèque Royale.]
MONUMENTS NOUVEAUX
ET AUTRES CONSTRUCTIONS FAITES DEPUIS 1789.
_Pont Neuf._ Ce pont vient d'être réparé et surbaissé à ses deux
extrémités, ce qui en rend la pente plus douce. À côté du terre-plein
qui porte la statue d'Henri IV, est placé l'un de ces établissemens
publics connus sous le nom de _Bains-Vigier_. L'escalier qui conduit à
ces bains est un morceau de charpente qui mérite d'être remarqué.
_Place Dauphine._ Au milieu de cette place on a construit une
fontaine, espèce de monument consacré à la mémoire du général Desaix,
tué à la bataille de Marengo. Cette fontaine, dont la forme est ronde,
s'élève sur un soubassement, composé d'assise de pierres en retraite,
et orné d'inscriptions. Quatre têtes de lions versent l'eau dans des
bassins circulaires; deux génies, une couronne de lauriers, des
médaillons, des sphinx, deux fleuves, le Nil et le Pô, ornent la
surface du piédestal, que surmonte le portrait du général français, en
forme d'Hermès. Un jeune guerrier coiffé d'un casque et costumé à la
grecque, lui pose une couronne sur la tête. Ce monument, d'un beau
style, mais d'une exécution sèche et roide, a été sculpté par M.
_Fortin_, sur les dessins de M. _Percier_.
_Sainte-Chapelle._ La couverture de l'escalier extérieur de ce
monument a été abattue: on répare, en ce moment, cet escalier qui
restera découvert.
_Grand'salle du Palais._ On y construit maintenant, dans la partie
latérale, une grande niche qui sans doute est destinée à recevoir une
statue colossale.
_La Morgue._ C'est un lieu ouvert au public, où l'on dépose les
cadavres des personnes mortes de mort violente, que la police a fait
recueillir, et dont aucun signe ne constate l'identité. La Morgue,
située autrefois dans les bâtimens du Grand-Châtelet, a été
transportée, depuis la révolution, dans le quartier de la Cité, et
dans un édifice que l'on a construit exprès pour cette destination.
C'est un petit bâtiment carré, d'un bon style, orné de quatre
pilastres doriques et de bossages. Il s'élève sur la place du Marché
neuf, à l'un des angles du pont Saint-Michel.
_Marché aux Fleurs._ Il a été construit, comme nous l'avons dit, sur
le terrain qu'occupoit cette partie de la rue de la Pelleterie dont
les maisons étoient situées sur le bord de l'eau; et il s'étend dans
tout l'espace qui sépare le pont au Change du pont Notre-Dame. Cet
espace a été planté d'arbres, et au milieu sont deux coupes
circulaires, recevant l'eau d'une gerbe qui s'élève au milieu.
_Église Saint-Pierre-des-Arcis._ C'est par erreur que nous avons dit
qu'elle existoit encore. Elle vient d'être abattue; et sur la place
qu'elle occupoit, on a ouvert une rue nouvelle qui porte le nom de rue
_Neuve-du-Quai-aux-Fleurs_.
_Parvis Notre-Dame._ Deux fontaines ornent cette place: elles sont
formées par deux niches pratiquées dans le bâtiment des
Enfants-Trouvés. Ces deux niches sont ornées de coquilles; et deux
têtes de lions versent de l'eau dans des cuvettes que surmontent deux
vases enrichis de feuillages et de bas reliefs.
_Église Notre-Dame._ On a fait à cette église des réparations
considérables, principalement au portail latéral nord, qui est
remarquable par la richesse et la beauté de ses ornemens. Dans
l'intérieur la nef a été garnie de nouveau, des deux côtés et dans
toute son étendue, des tableaux dont on l'avoit dépouillée, à
l'exception de deux ou trois des plus excellents qui sont restés dans
le musée du Roi. Une nouvelle grille en fer, ornée de bronzes dorés et
d'un très-beau travail, ferme l'entrée du choeur et les arcades du
rond-point; et tous les lambris extérieurs de cette partie de l'église
sont revêtus de marbres précieux, parsemés de fleurs de lys en bronze
doré. Sur le toit de l'église, du côté du rond-point, on a élevé une
croix dorée.
La chapelle de la Vierge et celle qui la suit, sont ornées de trois
tableaux donnés par la ville, et exécutés par des artistes modernes:
la Mort de la Vierge, par M. _A. Pujol_; la Résurrection du fils de la
veuve de Naïm, par M. _Gauterot_; la descente de Jésus-Christ aux
Limbes, par M. _Delorme_. Deux de ces tableaux doivent surtout être
remarqués pour le mérite de la composition et de l'exécution.
Dans la chapelle située à gauche de celle de la Vierge, est le
monument du cardinal de Belloy, archevêque de Paris, mort en 1808. Ce
mausolée, d'une grande dimension, représente le prélat assis sur son
sarcophage; d'une main il donne une bourse à des femmes qui la
reçoivent avec l'expression d'une vive reconnoissance; de l'autre il
tient le livre des Psaumes ouvert sur ce verset: _Beatus qui
intelligit super egenum et pauperem; in die malâ liberabit eum
Dominus_ (Ps. XL, I); à ses côtés un prêtre porte la crosse cardinale
à double bec; à ses pieds sont placés d'autres attributs de sa
dignité. M. _Desenne_ est l'auteur de ce groupe dont la composition
est digne d'éloge, et qui présente, surtout dans les draperies, de
véritables beautés d'exécution.
_Archevêché._ Tout ce qui restoit encore des anciennes constructions
du palais épiscopal, depuis et non compris la chapelle jusqu'à
l'Hôtel-Dieu, a été démoli; ce terrain a été clos de murs, et des deux
côtés on a placé des loges de portier. Du côté où est le bâtiment neuf
qui sert maintenant de demeure aux archevêques, il a été ouvert une
porte d'entrée et élevé un mur qui sert d'enclos à ce bâtiment. Le
jardin qui se prolonge ensuite jusqu'au quai est en partie entouré
d'une grille en fer; et dans ce jardin on a renfermé le terrain
qu'occupoit la rue dite _de l'Abreuvoir_.
_Pont de la Cité._ Ce pont, qui a remplacé le pont Rouge, est formé de
deux arches en bois, lesquelles sont portées sur un pilier de
maçonnerie, placé au milieu du petit-bras de la Seine qui sépare les
deux îles de la Cité et de Saint-Louis. Ce pont, recouvert en
fer-blanc peint, avoit toutes les apparences d'un pont en pierres;
mais il avoit été construit avec si peu de solidité, que, quoiqu'il
n'y passât que des gens de pied, il menaçoit ruine au bout de quelques
années, et qu'il a fallu le réédifier. Les nouveaux arceaux, composés
de plusieurs pièces de bois liées ensemble par des bandes de fer,
offrent l'aspect d'une charpente solide et bien exécutée. Cette
charpente est restée à découvert.
QUAIS NOUVEAUX.
_Quais Nouveaux._ Ils font la continuation des deux quais des
_Orfèvres_ et _de l'Horloge_, et entourent l'île entière de la Cité, à
l'exception de l'Hôtel-Dieu, et du groupe de maisons qui touche
l'angle du Petit pont vers le marché Neuf.
Au côté méridional, le quai qui a pris la place de la rue Saint-Louis,
et qui se prolonge jusqu'au Marché-Neuf, a pris le nom du quai des
Orfèvres dont il est la continuation.
Au côté septentrional, la partie du quai qui suit celui de l'Horloge,
porte depuis le pont au Change jusqu'au pont Notre-Dame le nom de
_quai aux Fleurs_; depuis ce dernier pont jusqu'à celui de la Cité, on
le nomme _quai de la Cité_; en retour et jusqu'au pont au Double, il
n'a point encore de dénomination: il est probable qu'on le nommera
_quai de l'Archevêché_.
FIN DU QUARTIER DE LA CITÉ,
ET DE LA PREMIÈRE PARTIE DU PREMIER VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES.
PREMIER VOLUME.--PREMIÈRE PARTIE.
Pages.
Dédicace au Roi.
Avertissement de l'auteur. j
Discours préliminaire. 1
Enceintes de Paris. 28
QUARTIER DE LA CITÉ.
Paris sous les deux premières races. 43
Le pont Neuf. 85
La Samaritaine. 100
La place Dauphine. 102
La Sainte-Chapelle. 107
Le Trésor des chartes. 123
Le Palais de Justice. 124
Le Grand Conseil. 170
La Chambre des Comptes. 180
La Cour des Aides. 185
Bailliage du palais, Chancellerie du palais, Chambre
du domaine et du trésor, Siége général de la Table
de marbre. 190
Églises et Monastères. 191
Couvent des Barnabites. 224
Pyramide de Jean Châtel. 228
Saint-Barthélemi. 250
Saint-Pierre-des-Arcis. 255
Sainte-Croix de la Cité. 259
Saint-Germain-le-Vieux. 261
La Magdeleine. 265
Saint-Denis-de-la-Chartre. 268
Saint-Symphorien _ou_ Chapelle Saint-Luc. 273
Saint-Landri. 276
La chapelle Saint-Agnan. 280
Sainte-Marine. 283
Saint-Pierre-aux-Boeufs. 285
Saint-Christophe. 286
Sainte-Geneviève-des-Ardents. 288
Notre-Dame. 292
Archevêché. 327
Le chapitre de Notre-Dame. 355
Saint-Jean-le-Rond. 361
Saint-Denis-du-Pas. 364
Hôtel-Dieu. 366
Parvis de Notre-Dame. 380
Maison des Enfants-Trouvés. 384
Ponts de la Cité. 391
Pont au Change. _ibid._
Pont Saint-Michel. 395
Pont Notre-Dame. 396
Petit pont. 400
Pont Rouge. 402
Hôtels de la Cité. 404
Arcade de la Chambre des Comptes. 405
Île Saint-Louis. 408
Saint-Louis. 412
Hôtels de l'île Saint-Louis. 415
Pont Marie. 420
Pont de la Tournelle. 421
L'île Louvier. 423
Rues. 425
Rues et quais de la Cité. 442
Rues et quais de l'île Saint-Louis. 460
Antiquités romaines et celtiques. 461
Monuments nouveaux. 464
_Erratum._ P. 57, ligne 6 de la note, _Ledis_; lisez _Lides_.