Le Mariage d'Octave

I

Ma cousine Édith me dédaignait profondément et j'admirais profondément

ma cousine Édith. Et, certes, nous méritions bien, elle, cette profonde

admiration, moi, ce profond dédain.

Portrait de ma cousine: mignonne à ressusciter Ronsard; pas plus grande

que Cendrillon, mais princesse jusqu'au bout des doigts; avec des

yeux d'un brun doré et un tout petit front de déesse, autour duquel

ondulaient, flottaient, volaient de légers cheveux blonds, plus aériens

que les spirales de fumée d'une cigarette orientale.

Ma cousine savait merveilleusement s'habiller. Sa mise lui était aussi

personnelle que l'éclat de son regard et le rayonnement de son sourire.

Et sous ses toilettes, les plus simples ou les plus splendides,

elle s'épanouissait aussi naturellement qu'une noble fleur parmi sa

frondaison capricieuse.

A quoi tient l'amour? Contes de France et d'Amérique · 第 32 / 154 题