IV. Un service d'ami.

Rodin, malgré sa surprise et son inquiétude, ne sourcilla pas; il

commença par fermer sa porte après soi, remarquant le coup d'oeil

curieux de la jeune fille, puis il lui dit avec bonhomie:

-- Qui demandez-vous, ma chère fille?

-- M. Rodin, reprit crânement Rose-Pompon en ouvrant ses jolis

yeux bleus de toute leur grandeur, et regardant Rodin bien en

face.

-- Ce n'est pas ici... dit-il en faisant un pas pour descendre. Je

ne connais pas... Voyez plus haut ou plus bas.

-- Oh! que c'est joli! Voyons... faites donc le gentil, à votre

âge! dit Rose-Pompon en haussant les épaules, comme si on ne

savait pas que c'est vous qui vous appelez M. Rodin.

-- Charlemagne, dit le _socius _en s'inclinant, Charlemagne, pour

vous servir, si j'en étais capable.

-- Vous n'en êtes pas capable, répondit Rose-Pompon d'un ton

majestueux, et elle ajouta d'un air narquois:

-- Nous avons donc des cachettes à la minon-minette, que nous

changeons de nom?... Nous avons peur que maman Rodin nous

espionne?

-- Tenez, ma chère fille, dit le _socius _en souriant d'un air

paternel, vous vous adressez bien: je suis un vieux bonhomme qui

aime la jeunesse... la joyeuse jeunesse. Ainsi, amusez-vous, même

à mes dépens... mais laissez-moi passer, car l'heure me presse...

Et Rodin fit de nouveau un pas vers l'escalier.

-- Monsieur Rodin, dit Rose-Pompon d'une voix solennelle, j'ai des

choses très importantes à vous communiquer, des conseils à vous

demander sur une affaire de coeur.

-- Ah çà! voyons, petite folle, vous n'avez donc personne à

tourmenter dans votre maison que vous venez dans celle-ci?

-- Mais je loge ici, monsieur Rodin, répondit Rose-Pompon en

appuyant malicieusement sur le _nom _de sa victime.

-- Vous? ah bah! j'ignorais un si joli voisinage.

-- Oui... je loge ici depuis six mois, monsieur Rodin.

-- Vraiment! et où donc?

-- Au troisième, dans le bâtiment du devant, monsieur Rodin.

-- C'est donc vous qui chantiez si bien tout à l'heure?

-- Moi-même, monsieur Rodin.

-- Vous m'avez fait le plus grand plaisir, en vérité.

-- Vous êtes bien honnête, monsieur Rodin.

-- Et vous logez avec votre respectable famille, je suppose?

-- Je crois bien, monsieur Rodin, dit Rose-Pompon en baissant les

yeux d'un air ingénu: j'habite avec grand-papa Philémon et

grand'maman Bacchanal... une reine, rien que ça.

Rodin avait été jusqu'alors assez gravement inquiet, ignorant de

quelle manière Rose-Pompon avait surpris son véritable nom; mais,

en entendant nommer la reine Bacchanal et en apprenant qu'elle

logeait dans cette maison, il trouva une compensation à l'incident

désagréable soulevé par l'apparition de Rose-Pompon; il importait

en effet beaucoup à Rodin de savoir où trouver la reine Bacchanal,

maîtresse de Couche-tout-Nu et soeur de la Mayeux, de la Mayeux

signalée comme dangereuse depuis son entretien avec la supérieure

du couvent, et depuis la part qu'elle avait prise aux projets de

fuite de Mlle de Cardoville. De plus, Rodin espérait, grâce à ce

qu'il venait d'apprendre, amener adroitement Rose-Pompon à lui

confesser le nom de la personne dont elle tenait que

M. Charlemagne s'appelait M. Rodin.

À peine la jeune fille eut-elle prononcé le nom de la reine

Bacchanal, que Rodin, joignit les mains, paraissant aussi surpris

que vivement intéressé.

-- Ah! ma chère fille, s'écria-t-il, je vous en conjure, ne

plaisantons pas... S'agirait-il, par hasard, d'une jeune fille qui

porte ce surnom et qui est soeur d'une ouvrière contrefaite?...

-- Oui, monsieur, la reine Bacchanal est son surnom, dit Rose-

Pompon assez étonnée à son tour; elle s'appelle Céphyse Soliveau:

c'est mon amie.

-- Ah! c'est votre amie! dit Rodin en réfléchissant.

-- Oui, monsieur, mon amie intime...

-- Et vous l'aimez?

-- Comme une soeur... Pauvre fille! je fais ce que je peux pour

elle! et ce n'est guère... Mais comment un respectable homme de

votre âge connaît-il la reine Bacchanal?... Ah! ah! c'est ce qui

prouve que vous portez des faux noms...

-- Ma chère fille! je n'ai plus envie de rire maintenant, dit si

tristement Rodin que Rose-Pompon, se reprochant sa plaisanterie,

lui dit:

-- Mais enfin, comment connaissez-vous Céphyse?

-- Hélas! ce n'est pas elle que je connais... mais un brave garçon

qui l'aime comme un fou!...

-- Jacques Rennepont!

-- Autrement dit Couche-tout-Nu... À cette heure, il est en prison

pour dettes, reprit Rodin avec un soupir. Je l'y ai vu hier.

-- Vous l'avez vu hier? Mais, comme ça se trouve! dit Rose-Pompon

en frappant dans ses mains. Alors, venez vite, venez tout de suite

chez Philémon, vous donnerez à Céphyse des nouvelles de son

amant... elle est si inquiète!...

-- Ma chère fille... je voudrais ne lui donner que de bonnes

nouvelles de ce digne garçon que j'aime malgré ses folies... car

qui n'en a pas fait des folies? ajouta Rodin avec une indulgente

bonhomie.

-- Pardieu! dit Rose-Pompon en se balançant sur ses hanches comme

si elle eût été encore costumée en débardeur.

-- Je dirai plus, ajouta Rodin, je l'aime à cause de ses folies;

car, voyez-vous, on a beau dire, ma chère fille, il y a toujours

un bon fonds, un bon coeur, quelque chose enfin, chez ceux qui

dépensent généreusement leur argent pour les autres.

-- Eh bien! tenez, vous êtes un très brave homme, vous! dit Rose-

Pompon enchantée de la philosophie de Rodin. Mais pourquoi ne

voulez-vous pas venir voir Céphyse pour lui parler de Jacques?

-- À quoi bon lui apprendre ce qu'elle sait? Que Jacques est en

prison?... Ce que je voudrais, moi, ce serait de tirer ce pauvre

garçon d'un si mauvais pas...

-- Oh! monsieur, faites cela, tirez Jacques de prison, s'écria

vivement Rose-Pompon, et nous vous embrasserons nous deux Céphyse.

-- Ce serait du bien perdu, chère petite folle, dit Rodin en

souriant; mais rassurez-vous, je n'ai pas besoin de récompense

pour vous faire un peu de bien quand je le puis.

-- Ainsi vous espérez tirer Jacques de prison?...

Rodin secoua la tête et reprit d'un air chagrin et contrarié:

-- Je l'espérais... mais, à cette heure... que voulez-vous? tout

est changé...

-- Et pourquoi donc? demanda Rose-Pompon surprise.

-- Cette mauvaise plaisanterie que vous me faites en m'appelant

M. Rodin doit vous paraître très amusante, ma chère fille, je le

comprends: vous n'êtes en cela qu'un écho... Quelqu'un vous aura

dit: «Allez dire à M. Charlemagne qu'il s'appelle M. Rodin... ça

sera fort drôle.»

-- Bien sûr qu'il ne me fût pas venu à l'idée de vous appeler

M. Rodin... on n'invente pas un nom comme celui-là soi-même,

répondit Rose-Pompon.

-- Eh bien! cette personne, avec ses mauvaises plaisanteries, a

fait sans le savoir un grand tort au pauvre Jacques Rennepont.

-- Ah! mon Dieu! et cela parce que je vous ai appelé M. Rodin, au

lieu de M. Charlemagne? s'écria Rose-Pompon tout attristée,

regrettant alors la plaisanterie qu'elle avait faite à

l'instigation de Nini-Moulin. Mais enfin monsieur, reprit-elle,

qu'est-ce que cette plaisanterie a de commun avec le service que

vous vouliez rendre à Jacques?

-- Il ne m'est pas permis de vous le dire, ma chère fille. En

vérité... je suis désolé de tout ceci pour ce pauvre Jacques...

croyez-le bien; mais permettez-moi de descendre.

-- Monsieur... écoutez-moi, je vous en prie, dit Rose-Pompon: si

je vous disais le nom de la personne qui m'a engagée à vous

appeler M. Rodin, vous intéresseriez-vous toujours à Jacques?

-- Je ne cherche pas à surprendre les secrets de personne... ma

chère fille... vous avez été dans tout ceci le jouet ou l'écho de

personnes peut-être fort dangereuses, et, ma foi! malgré l'intérêt

que m'inspire Jacques Rennepont, je n'ai pas envie, vous entendez

bien, de me faire des ennemis, moi, pauvre homme... Dieu m'en

garde!

Rose-Pompon ne comprenait rien aux craintes de Rodin et il y

comptait bien; car après une seconde de réflexion la jeune fille

lui dit:

-- Tenez, monsieur, c'est trop fort pour moi, je n'y entends rien;

mais ce que je sais, c'est que je serais désolée d'avoir fait tort

à un brave garçon pour une plaisanterie. Je vais donc vous dire

tout bonnement ce qui en est; ma franchise sera peut-être utile à

quelque chose...

-- La franchise éclaire souvent les choses obscures, dit

sentencieusement Rodin.

-- Après tout, dit Rose-Pompon, tant pis pour Nini-Moulin.

Pourquoi me fait-il dire des bêtises qui peuvent nuire à l'amant

de cette pauvre Céphyse? Voilà, monsieur, ce qui est arrivé: Nini-

Moulin, un gros farceur, vous a vu tout à l'heure dans la rue; la

portière lui a dit que vous vous appeliez M. Charlemagne. Il m'a

dit à moi: «Non, il s'appelle Rodin, il faut lui faire une farce:

Rose-Pompon, allez à sa porte, frappez-y, appelez-le M. Rodin.

Vous verrez la drôle de figure qu'il fera.» J'ai promis à Nini-

Moulin de ne pas le nommer; mais dès que ça pourrait risquer de

nuire à Jacques... tans pis, je le nomme.

Au nom de Nini-Moulin, Rodin n'avait pu retenir un mouvement de

surprise. Ce pamphlétaire, qu'il avait fait charger de la

rédaction de _l'Amour du prochain_, n'était pas personnellement à

craindre; mais Nini-Moulin, très bavard et très expansif après

boire, pouvait être inquiétant, gênant, surtout si Rodin, ainsi

que cela était probable, devait revenir plusieurs fois dans cette

maison pour exécuter ses projets sur Couche-tout-Nu, par

l'intermédiaire de la reine Bacchanal. Le _socius _se promit donc

d'aviser à cet inconvénient.

-- Ainsi, ma chère fille, dit-il à Rose-Pompon, c'est un

M. Desmoulins qui vous a engagée à me faire cette mauvaise

plaisanterie?

-- Non pas Desmoulins... mais Dumoulin, reprit Rose-Pompon. Il

écrit dans les journaux des sacristains, et il défend les dévots

pour l'argent qu'on lui donne, car si Nini-Moulin est un saint...

ses patrons sont _saint Soiffard _et _saint Chicard_, comme il dit

lui-même.

-- Ce monsieur me paraît fort gai.

-- Oh! très bon enfant!

-- Mais attendez donc, attendez donc, reprit Rodin en paraissant

rappeler ses souvenirs; n'est-ce pas un homme de trente-six à

quarante ans, gros... la figure colorée?

-- Colorée comme un verre de vin rouge, dit Rose-Pompon, et, par

dessus, le nez bourgeonné... comme une framboise...

-- C'est bien lui... M. Dumoulin... oh! alors vous me rassurez

complètement, ma chère fille; la plaisanterie ne m'inquiète plus

guère. Mais c'est un très digne homme que M. Dumoulin, aimant

peut-être un peu trop le plaisir...

-- Ainsi, monsieur, vous tâcherez toujours d'être utile à Jacques?

La bête de plaisanterie de Nini-Moulin ne vous en empêchera pas?

-- Non, je l'espère.

-- Ah çà! il ne faudra pas que je dise à Nini-Moulin que vous

savez que c'est lui qui m'a dit de vous appeler M. Rodin, n'est-ce

pas, monsieur?

-- Pourquoi non? En toutes choses, ma fille, il faut toujours dire

franchement la vérité.

-- Mais, monsieur, Nini-Moulin m'a tant recommandé de ne pas vous

le nommer...

-- Si vous me l'avez nommé, c'est par un très bon motif; pourquoi

ne pas le lui avouer? Du reste, ma chère fille, ceci vous regarde,

et non pas moi... Faites comme vous voudrez...

-- Et pourrais-je dire à Céphyse vos intentions pour Jacques?

-- La franchise, ma chère fille, toujours la franchise... on ne

risque jamais rien de dire ce qui est...

-- Pauvre Céphyse, va-t-elle être heureuse!... dit vivement Rose-

Pompon. Et cela lui viendra bien à propos...

-- Seulement, il ne faut pas qu'elle s'exagère trop ce bonheur. Je

ne promets pas positivement... de faire sortir ce digne garçon de

prison... je dis que je tâcherai; mais ce que je promets

positivement, car depuis l'emprisonnement de Jacques, je crois

votre amie dans une position bien gênée...

-- Hélas! monsieur...

-- Ce que je promets, dis-je, c'est un petit secours... que votre

amie recevra aujourd'hui, afin qu'elle ait le moyen de vivre

honnêtement... et si elle est sage, eh bien!... si elle est sage,

plus tard on verra...

-- Ah! monsieur, vous ne savez pas comme vous venez à temps au

secours de cette pauvre Céphyse... On dirait que vous êtes son

vrai bon ange... Ma foi, que vous vous appeliez M. Rodin ou

M. Charlemagne, tout ce que je puis jurer, c'est que vous êtes un

excellent...

-- Allons, allons, n'exagérons rien, dit Rodin en interrompant

Rose-Pompon; dites un bon vieux brave homme et rien de plus, ma

chère fille. Mais voyez donc comme les choses s'enchaînent

quelquefois! Je vous demande un peu qui m'aurait dit, lorsque

j'entendais frapper à ma porte, ce qui m'impatientait fort, je

l'avoue, qui m'aurait dit que c'était une petite voisine qui, sous

le prétexte d'une mauvaise plaisanterie, me mettait sur la voie

d'une bonne action... Allons, donnez courage à votre amie... ce

soir elle recevra un secours, et, ma foi, confiance et espoir!

Dieu merci! il est encore de bonnes gens sur la terre.

-- Ah! monsieur... vous le prouvez bien.

-- Que voulez-vous? c'est tout simple: le bonheur des vieux...

c'est de voir le bonheur des jeunes...

Ceci fut dit par Rodin avec une bonhomie si parfaite que Rose-

Pompon sentit ses yeux humides et reprit tout émue:

-- Tenez, monsieur, Céphyse et moi, nous ne sommes que de pauvres

filles; il y en a de plus vertueuses, c'est encore vrai, mais nous

avons, j'ose le dire, bon coeur: aussi, voyez-vous, si jamais vous

étiez malade, appelez-nous; il n'y a pas de bonnes soeurs qui vous

soigneraient mieux que nous... C'est tout ce que nous pouvons vous

offrir; sans compter Philémon que je ferais se scier en quatre

morceaux pour vous; je m'y engage sur l'honneur; comme Céphyse,

j'en suis sûre, s'engagerait aussi pour Jacques, qui serait pour

vous à la vie, à la mort.

-- Vous voyez donc bien, chère fille, que j'avais raison de dire:

tête folle bon coeur... Adieu et au revoir!

Puis Rodin, reprenant son panier, qu'il avait posé à terre à côté

de son parapluie, se disposa à descendre l'escalier.

-- D'abord vous allez me donner ce panier-là, il vous gênerait

pour descendre, dit Rose-Pompon en retirant en effet le panier des

mains de Rodin, malgré la résistance de celui-ci.

Puis elle ajouta:

-- Appuyez-vous sur mon bras: l'escalier est si noir... vous

pourriez faire un faux pas.

-- Ma foi, j'accepte votre offre, ma chère fille, car je ne suis

pas bien vaillant.

En s'appuyant paternellement sur le bras droit de Rose-Pompon, qui

portait le panier de la main gauche, Rodin descendit l'escalier et

traversa la cour.

-- Tenez, voyez-vous là-haut, au troisième, cette grosse face

collée aux carreaux? dit tout à coup Rose-Pompon à Rodin en

s'arrêtant au milieu de la petite cour, c'est Nini-Moulin... Le

reconnaissez-vous? Est-ce bien le vôtre?

-- C'est bien le mien, dit Rodin après avoir levé la tête; et il

fit de la main un salut très affectueux à Jacques Dumoulin, qui,

stupéfait, se retira brusquement de la fenêtre.

-- Le pauvre garçon... Je suis sûr qu'il a peur de moi... depuis

sa mauvaise plaisanterie, dit Rodin en souriant. Il a bien tort!

Et il accompagna les mots _il a bien tort _d'un sinistre pincement

de lèvres dont Rose-Pompon ne put s'apercevoir.

-- Ah çà! ma chère fille, lui dit-il lorsque tous deux entrèrent

dans l'allée, je n'ai plus besoin de votre aide; remontez vite

chez votre amie lui donner les bonnes nouvelles que vous savez.

-- Oui, monsieur, vous avez raison, car je grille d'aller lui dire

quel brave homme vous êtes. Et Rose-Pompon s'élança dans

l'escalier.

-- Eh bien!... eh bien!... et mon panier qu'elle emporte, cette

petite folle! dit Rodin.

-- Ah! c'est vrai... Pardon, monsieur, le voici... Pauvre Céphyse!

va-t-elle être contente! Adieu, monsieur.

Et la gentille figure de Rose-Pompon disparut dans les limbes de

l'escalier, qu'elle gravit d'un pied alerte et impatient.

Rodin sortit de l'allée.

-- Voici votre panier, chère dame, dit-il en s'arrêtant sur le

seuil de la boutique de la mère Arsène. Je vous fais mes humbles

remerciements... de votre obligeance...

-- Il n'y a pas de quoi, mon digne monsieur; c'est tout à votre

service... Eh bien! le radis était-il bon?

-- Succulent, ma chère dame, succulent et excellent.

-- Ah! j'en suis bien aise. Vous reverra-t-on bientôt?

-- J'espère que oui... Mais pourriez-vous m'indiquer un bureau de

poste voisin?

-- En détournant la rue à gauche, la troisième maison, chez

l'épicier.

-- Mille remerciements.

-- Je parie que c'est un billet doux pour votre bonne amie, dit la

mère Arsène, mise en gaieté par le contact de Rose-Pompon et de

Nini-Moulin.

-- Eh!... eh!... eh!... cette chère dame, dit Rodin en ricanant;

puis redevenant tout à coup parfaitement sérieux, il fit un

profond salut à la fruitière en lui disant:

-- Votre serviteur de tout mon coeur... Et il gagna la rue.

* * * * *

Nous conduirons maintenant le lecteur dans la maison du docteur

Baleinier, où était encore enfermée Mlle de Cardoville.

Le juif errant - Tome II · 第 9 / 128 题