M. de Claudieuse eut un geste de colère, et vivement:

--Eh bien! répondit-il, mes relations avec monsieur de Boiscoran ne sont

ni bonnes ni mauvaises; nous n'en avons pas.

--On prétend, je l'ai entendu dire, que vous êtes fort mal ensemble...

--Ni bien, ni mal. Je ne quitte pas le Valpinson. Monsieur de Boiscoran

vit à Paris les trois quarts de l'année. Il n'est jamais venu chez moi,

je n'ai jamais mis les pieds chez lui.

--On vous a entendu vous exprimer sur son compte en termes peu

mesurés...

--C'est possible. Nous n'avons ni le même âge, ni les mêmes goûts, ni

les mêmes opinions, ni les mêmes croyances. Il est jeune, je suis vieux.

Il aime Paris et le monde, je n'aime que ma solitude et la chasse. Je

suis légitimiste, il était orléaniste et est devenu démocrate. Je crois

que seul le descendant de nos rois légitimes peut sauver notre pays, il

est persuadé que la République est le salut de la France. Mais on peut

être ennemis politiques sans cesser de s'estimer. Monsieur de Boiscoran

est un galant homme. Il est de ceux qui, pendant la guerre, ont fait

bravement leur devoir, il s'est bien battu, il a été blessé.

Soigneusement, M. Galpin-Daveline notait les réponses du comte. Ayant

fini:

--Il ne s'agit pas seulement de dissentiments politiques, reprit-il.

Vous avez eu avec monsieur de Boiscoran des conflits d'intérêts...

--Insignifiants.

--Pardon, vous avez échangé du papier timbré.

--Nos terres se touchent, monsieur. Il y a entre nous un malheureux

cours d'eau qui est pour les riverains un éternel sujet de

contestations.

La corde au cou · 第 21 / 106 题