LA LIBÉRATION.

Le moment était enfin arrivé où l'occupation étrangère allait cesser. Le

succès des emprunts précédents, la fidélité de la France à tenir ses

engagements, enfin la tranquillité dont jouissait le pays, ne

permettaient pas aux souverains étrangers de refuser d'appliquer la

clause contenue dans le traité de Paris, et d'après laquelle

l'évacuation du territoire français pouvait être accordée au bout de

trois ans. La Russie avait tout d'abord accueilli cette proposition, à

laquelle l'Angleterre ne tarda pas à se rallier. Les cabinets de Vienne

et de Berlin, moins bienveillants pour la France, proposèrent de

maintenir encore l'armée d'occupation, ou tout au moins de laisser en

Allemagne pendant quelque temps, concentrées à peu de distance de la

frontière, les troupes que l'on voulait retirer, mais cette solution ne

put prévaloir.

Quoique tout fût ainsi arrangé en principe, il restait cependant à

régler les conditions et la forme de l'évacuation définitive. Il

fallait, en outre, traiter une question plus difficile, celle de la

position qui serait faite à la France au milieu des puissances alliées.

On convint donc de réunir les plénipotentiaires des divers États, pour

arriver à une solution. Une circulaire en date du 25 mai annonça que la

réunion serait convoquée à Aix-la-Chapelle.

Le 30 septembre eut lieu la première séance du congrès, le duc de

Richelieu y assistait au nom de la France. Dès le 2 octobre, le principe

de l'évacuation fut reconnu dans un protocole.

Tout n'était pas cependant encore entièrement terminé. Avant de retirer

leurs troupes du territoire français, les souverains alliés voulaient

que l'on réglât définitivement les créances que les sujets étrangers

avaient, d'après le traité, le droit de faire valoir contre la France.

Cette négociation ne retint d'ailleurs pas longtemps le congrès, car dès

le 8 octobre une convention particulière était signée par le duc de

Richelieu avec chacun des États. Nous avons vu précédemment que le

chiffre total des réclamations acceptées et reconnues se montait à

environ 500 millions.

Le 18 du même mois eut lieu la ratification des conventions précédentes,

et dès le même jour, sans attendre l'issue des négociations qui se

poursuivaient pour aboutir à un traité d'alliance entre la France et les

grandes puissances européennes, le duc de Wellington donna tous les

ordres pour le départ des troupes.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 37 / 45 题