CONVENTIONS FINANCIÈRES.

Deux conventions financières étaient annexées au traité: l'une stipulait

au profit des puissances alliées une contribution de guerre de sept

cents millions; l'autre était relative aux réclamations des sujets des

diverses nations, par suite de réquisitions, d'emprunts, de dommages

provenant du fait des armées françaises.

Sur le premier point, l'indemnité de guerre devait être payée en cinq

années au moyen de bons au porteur sur le Trésor, payables de quatre

mois en quatre mois; aucun intérêt n'était exigé de la France. Les

payements devaient se monter par année à 270 millions, sur lesquels 140

étaient affectés à l'indemnité et 130 à l'entretien de l'armée

d'occupation. Ce dernier chiffre n'était qu'approximatif, il fut

malheureusement dépassé.

Un article supplémentaire permettait, il est vrai, au gouvernement

français de s'en tenir au versement annuel de 270 millions, les sommes

restant dues pouvant être payées après la période de cinq années.

Il serait facile de rechercher à quel emploi était destinés les 700

millions exigés de la France. Nous trouvons, à cet égard, dans

l'_Observateur autrichien_ de 1815 un protocole signé entre les

ministres des puissances alliées et qui porte que: «Vu la nécessité

d'assurer la tranquillité des pays limitrophes de la France,» le quart

de la contribution de guerre sera réservé pour élever des fortifications

sur la frontière. Dans ce traité, la Belgique est la plus favorisée des

puissances: sa part se monte à 60 millions, la Prusse n'a droit qu'à 20

millions.

La convention spécialement destinée à indemniser les sujets des

puissances alliées des pertes que la France avait pu leur faire éprouver

pendant les guerres de l'Empire, stipulait pour le gouvernement français

l'obligation d'inscrire immédiatement sur le grand livre une rente de 3

millions 500,000 francs, représentant un capital de 70 millions; dans le

cas, où après règlement, cette somme serait insuffisante, elle devait

être augmentée de façon à désintéresser tous les créanciers. Cette

hypothèse devait malheureusement se réaliser.

On conçoit sans peine, en effet, combien il était difficile, quel que

fut l'esprit de justice qui animât les législateurs, de s'y reconnaître

au milieu de réclamations anciennes, basées le plus souvent sur des

titres irréguliers. Sans entrer à ce sujet dans des détails par trop

spéciaux, nous dirons que le _Moniteur_ du 26 avril 1818 fait connaître

que la totalité des réclamations s'éleva d'abord à 1 milliard 600

millions. Des traités particuliers conclus avec chaque puissance, à la

date du 15 juin 1818, réduisirent sensiblement ces réclamations

intéressées et les fixèrent à une somme approximative de 500 millions.

Dans ce chiffre, il faut comprendre, il est vrai, le remboursement aux

sujets anglais de toutes les valeurs mobilières et immobilières qui leur

avaient été confisquées depuis 1793. 11 fut nécessaire en outre de

consentir à la restitution intégrale des rentes appartenant à des

Anglais qui, comme toutes les autres rentes françaises, avaient en 1707

subi la réduction au tiers. Pour cette seule créance, il fallut inscrire

au grand livre, à titre de garantie, une rente de 3 millions 500,000

francs, représentant un capital de 70 millions.

L'Angleterre, si conciliante quand il s'agissait de cession territoriale

qui ne pouvait lui profiter, se montra inflexible sur les questions

d'argent.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 29 / 45 题