LES CENT JOURS.

Le 1er mars Napoléon débarquait en France, le 20 il entrait aux

Tuileries que venait d'abandonner le roi Louis XVIII, et dès le 25

l'alliance de Chaumont était renouée entre les diverses puissances.

Seul, peut-être, l'empereur se faisait illusion, et espérait encore

amener l'Europe à la paix.

Dès le 4 avril, il fait une tentative personnelle auprès des cours

étrangères et leur adresse une lettre autographe. En même temps,

Caulaincourt envoie une circulaire aux principaux cabinets: «C'est à la

durée de la paix que tient l'accomplissement des plus nobles voeux de

l'empereur.»

La paix! hélas! nul n'y songe en Europe!

A Berlin, à Vienne, à Pétersbourg, à Londres, partout, on arme avec une

fiévreuse activité, et la cour des Tuileries acquiert bientôt la

conviction qu'il faut se préparer à une lutte suprême.

Mais toutes les ressources de la nation sont épuisées: la France a donné

jusqu'au dernier de ses enfants, et tous les efforts sont inutiles.

C'est à grand-peine que l'on parvient à réunir quelques troupes, mélange

de vieux soldats et d'enfants.

Pourtant, cette volonté indomptable surmonte tous les obstacles, elle

crée une armée, la dernière que la nation puisse fournir.

Le 1er juin, Napoléon, en costume impérial, entouré des dignitaires de

l'empire, se rend au Champ de Mars, où 25,000 gardés nationaux se

trouvent réunis à 25,000 soldats.

Le 11 juin, il quitte Paris pour rejoindre son armée: le 18, tout était

fini. Waterloo avait vu le dernier effort de la France.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 25 / 45 题