ESPAGNE

Une dépêche de Madrid annonce que le bombardement de Carthagène a

commencé lundi. Le blocus de la ville était établi du côté de la terre,

mais l'entrée et la sortie du port étaient libres, ce dont les insurgés

profitaient pour envoyer leurs navires se procurer des vivres sur divers

points de la côte. L'amiral anglais, décidé à empêcher tout

bombardement, faisait surveiller les démarches de ces navires. Les

insurgés étaient parvenus à garnir les forts de canons à longue portée

et se préparaient «à une vigoureuse résistance». Peut-être, dans

l'emploi de ces mots, faut-il faire la part de l'exagération espagnole;

en tout cas, il est probable que la capitulation, qu'on regarde comme

inévitable, n'aura lieu qu'après un succès du général Martinez Campos.

Avec le commencement du bombardement de Carthagène, premier acte

d'énergie du ministère Castelar, coïncide l'adoption par les Cortès de

la proposition qui remet en vigueur l'ordonnance militaire sur la peine

de mort.

On sait que c'est au sujet de cette dernière proposition qu'a éclaté

entre les Cortès et le prédécesseur de M. Castelar le différend qui a

causé sa chute. Le cabinet nouveau paraît aussi décidé à appliquer la

mesure que vient d'approuver l'assemblée, qu'il s'est montré ardent à la

soutenir; il y a donc lieu d'espérer que le rétablissement de la

discipline va faire enfin sortir l'armée de cet état de désorganisation

qui a été jusqu'à présent le plus grand obstacle au rétablissement de

l'ordre.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 5 / 45 题