FRANCE

La libération du territoire est un fait accompli. Verdun a été évacué

samedi dernier, et à l'heure où ces lignes paraîtront, le dernier soldat

allemand aura passé la frontière. On trouvera plus loin des détails sur

cet événement, ainsi qu'un résumé historique où il nous a paru

intéressant de mettre en regard de l'invasion de 1870-71 celle de 1816,

et de comparer les moyens employés par la France à ces deux époques pour

payer sa rançon aux vainqueurs. Cette comparaison est féconde en

enseignements, et nos lecteurs nous sauront gré de la leur avoir mise

sous les yeux.

Nous n'avons pas fait mention, dans notre précédent bulletin, de

l'agitation que quelques journaux s'étaient efforcés de faire naître au

sujet d'un mandement de Mgr l'archevêque de Paris, contenant, sur la

situation faite au Saint-Père par l'occupation italienne de Rome, et sur

le rôle de la France à cet égard, des appréciations de nature à alarmer

les partisans du _statu quo_ et de la politique de non-intervention.

L'incident ayant été porté devant la commission de permanence, nous ne

pouvons le passer sous silence. M. de Broglie a répondu, à

l'interpellation qui lui était adressée à ce sujet, que le langage de

Mgr Guibert n'engageait que lui-même, et que le gouvernement ne saurait

en être responsable.

La question ainsi écartée par le gouvernement a été posée aux organes

légitimistes, auxquels plusieurs journaux ont demandé si eux, du moins,

approuvaient les paroles du prélat, et si l'avénement du comte de

Chambord serait le signal d'une guerre avec l'Italie. La polémique dure

encore, et il est bon de noter que ce sont les organes bonapartistes qui

s'y montrent le plus acharnés. L'alliance du 24 mai est donc bien

décidément rompue, du moins en ce qui concerne le groupe de l'Appel au

peuple, et la droite devra rester plus unie que jamais devant cette

défection, si elle veut conserver la majorité dans l'Assemblée.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 4 / 45 题