On se rappelle comment le prince de Calabre avait eu vent des nouvelles
qu'il venait d'apporter à sa mère.
Un homme _à lui_, se trouvant à la police, avait entendu répéter
quelques paroles dites en l'air par le capitaine Skinner au directeur de
_la Salute_.
Le capitaine avait-il dit ces paroles avec intention ou au hasard? C'est
ce que lui seul eût pu expliquer.
Cet homme _à lui_, dont parlait le duc de Calabre, n'était autre que le
chevalier San-Felice, qui, avec une recommandation du prince, allait
demander au préfet de police une autorisation de pénétrer jusqu'à la
malheureuse prisonnière.
Cette autorisation, il l'avait obtenue, mais en promettant la plus
entière discrétion, la prisonnière étant recommandée à la sévérité du
préfet par le roi lui-même.
Aussi était-ce pendant l'obscurité, entre dix et onze heures, que le
chevalier devait être introduit dans la prison de sa femme.
En rentrant au palais sénatorial, qu'habitait, comme nous l'avons dit,
le prince royal, le chevalier raconta à Son Altesse ce qu'il avait
entendu répéter à la police des propos tenus par un officier américain
sur la rencontre que celui-ci aurait faite en mer du général Bonaparte.
Le prince avait la vue longue, et il avait à l'instant même deviné les
conséquences d'un pareil retour. Aussi la nouvelle lui avait-elle paru
des plus importantes, et, pour en vérifier le degré de vérité, il avait
prié le chevalier San-Felice de se faire conduire à l'instant même à
bord du bâtiment américain.
San-Felice eût dans tous les temps obéi au prince avec la rapidité du
dévouement; mais, ce jour même, le prince l'avait comblé de bontés, et
il regrettait de n'avoir, pour lui rendre service, qu'un ordre si simple
à exécuter.
Le chevalier, le cas échéant, était chargé de ramener au prince le
capitaine américain.
Il s'était donc, à l'instant même, rendu sur le port et, serrant
soigneusement dans son portefeuille son ordre d'entrer dans la prison,
il avait pris une de ces barques qui font des courses dans la rade et
avait invité, avec sa douceur ordinaire, les mariniers qui la montaient
à le conduire à la goëlette américaine.
Si vulgaire et si fréquent que soit l'événement, l'entrée d'un navire
dans un port est toujours un événement. Aussi à peine le chevalier
San-Felice eût-il annoncé le but de sa course, que les mariniers,
secondant ses désirs, mirent le cap sur le petit bâtiment, dont les deux
mâts, gracieusement penchés en arrière, juraient par leur hauteur avec
l'exiguïté de sa coque.
Une garde assez sévère se faisait à bord de la goëlette; car à peine le
matelot de quart eut-il aperçu la barque et jugé qu'elle se dirigeait
vers le petit bâtiment, que le capitaine, rentré depuis une heure à
peine de _la Salute_, fut prévenu de l'incident et monta rapidement sur
le pont, suivi de son lieutenant, jeune homme de vingt-six à vingt-huit
ans. Mais à peine eurent-ils jeté un coup d'oeil rapide sur la barque,
qu'avec l'accent de l'étonnement et de l'inquiétude, ils échangèrent
quelques paroles, et que le jeune homme disparut par l'escalier qui
conduisait au salon.
Le capitaine attendit seul.
Le chevalier San-Felice, quoiqu'il n'y eût que deux marches à franchir
pour monter sur le pont, crut devoir demander en anglais, au capitaine,
la permission d'entrer à son bord. Mais celui-ci répondit par un cri de
surprise, l'attira à lui et l'entraîna tout étonné sur une petite
plate-forme située à l'arrière, entourée d'une balustrade de cuivre et
formant tillac.
Le chevalier ne savait que penser de cette réception, qui, au reste,
n'avait rien d'hostile, et il regarda l'Américain d'un oeil
interrogateur.
Mais, alors, celui-ci, en excellent italien:
--Je vous remercie de ne pas me reconnaître, chevalier, lui dit-il; cela
prouve que mon déguisement est bon, quoique l'oeil d'un ami soit souvent
moins perçant que celui d'un ennemi.
Le chevalier continuait de regarder le capitaine, tâchant de rassembler
ses souvenirs, mais ne se rappelant pas où il avait pu voir cette
physionomie loyale et vigoureuse.
--Je vais entrer dans votre vie, monsieur, lui dit le faux Américain,
par un triste mais noble souvenir. J'étais au tribunal de Monte-Oliveto
le jour où vous êtes venu sauver la vie à votre femme. C'est moi qui
vous ai suivi et abordé au sortir du tribunal. Je portais alors l'habit
d'un moine bénédictin.
San-Felice fit un pas en arrière et pâlit légèrement.
--Alors, murmura-t-il, vous êtes le père?
--Oui. Vous souvenez-vous de ce que vous me dîtes lorsque je vous fis
cette demi-confidence?
--Je vous dis: «Faisons tout ce que nous pourrons pour la sauver.»
--Et aujourd'hui?
--Oh! aujourd'hui, de tout coeur, je vous répète la même chose.
--Eh bien, moi, dit le faux Américain, je suis ici pour cela.
--Et moi, dit le chevalier, j'ai l'espoir d'y réussir cette nuit.
--Voudrez-vous me tenir au courant de vos tentatives?
--Je vous le promets.
--Maintenant, qui vous conduit vers moi, puisque vous ne m'avez pas
reconnu?
--L'ordre du prince royal. Le bruit s'est répandu que vous apportiez des
nouvelles très-graves, et le prince m'envoie à vous avec l'intention de
vous conduire au roi. Répugnez-vous à être présenté à Sa Majesté.
--Je ne répugne à rien de ce qui peut servir vos projets et ne demande
pas mieux que de détourner les regards de la police du véritable but qui
m'amène ici.--Au reste, je doute qu'elle reconnaisse, sous ce costume et
dans cette condition le frère Joseph, chirurgien du couvent du
Mont-Cassin. Et reconnût-elle le frère Joseph, chirurgien du
Mont-Cassin, qu'elle serait à cent lieues de se douter de ce qu'il vient
faire à Palerme.
--Écoutez-moi donc, alors.
--J'écoute.
--Tandis qu'avec le prince royal, vous irez au palais, et tandis que le
roi vous y recevra, moi, avec une permission de la police, je pénétrerai
jusqu'auprès de la prisonnière. Je vais lui faire part d'un projet
arrêté aujourd'hui entre le duc, la duchesse de Calabre et moi. Si notre
projet réussit, et je vous dirai ce soir quel est ce projet, vous n'avez
plus rien à faire: la malheureuse est sauvée et l'exil remplace pour
elle la peine capitale. Or, l'exil pour elle, c'est le bonheur: que Dieu
lui donne donc l'exil! Si notre projet échoue, elle n'aura plus, je vous
le déclare, d'espoir qu'en vous. Ce moment venu, vous me direz ce que
vous désirez de moi. Coopération active ou simples prières, vous avez le
droit de tout exiger. J'ai déjà fait le sacrifice de mon bonheur au
sien: je suis prêt à faire le sacrifice de ma vie à la sienne.
--Oh! oui, nous savons cela: vous êtes l'ange du dévouement.
--Je fais ce que je dois, et c'est dans cette ville même que j'ai pris
l'engagement que je remplis aujourd'hui. Maintenant, vous sortirez du
palais à la même heure à peu près où je sortirai de la prison; le
premier libre attendra l'autre à la place des Quatre-Cantons.
--C'est convenu.
--Alors, venez.
--Un ordre à donner, et je suis à vous.
On comprend le sentiment de délicatesse qui avait éloigné Salvato au
moment où le chevalier était monté; mais son père, jugeant de quelles
angoisses il devait être agité, voulait, en s'éloignant de la goëlette,
lui dire ce qu'il ne savait que très-superficiellement, c'est-à-dire les
conditions dans lesquelles les choses se trouvaient.
Donc, tout était pour le mieux: Luisa était prisonnière mais vivante, et
le chevalier San-Felice, le duc et la duchesse de Calabre conspiraient
pour elle.
Il était impossible qu'avec de pareilles protections, on ne parvint pas
à la sauver.
D'ailleurs, si l'on échouait, il serait là, lui, pour tenter, avec son
père, quelque coup désespéré dans le genre de celui qui l'avait sauvé
lui-même.
Joseph Palmieri remonta: le chevalier l'attendait dans le canot qui
l'avait amené. Le faux capitaine donna, en effet, très-haut quelques
ordres en américain, et prit place près du chevalier.
Nous avons vu comment les choses s'étaient passées au palais, et quelles
nouvelles apportait le propriétaire de la goëlette; il nous reste à voir
maintenant ce qui, pendant ce temps-là, s'était passé dans la prison, et
quel était le projet qui avait été arrêté entre le chevalier et ses deux
puissants protecteurs, le duc et la duchesse de Calabre.
À dix heures précises, le chevalier frappait à la porte de la
forteresse.
Ce mot de forteresse indique que la prison dans laquelle était renfermée
la malheureuse Luisa était plus qu'une prison ordinaire: c'était un
donjon d'État.
Ce fut donc au gouverneur que le chevalier fut conduit.
En général, les militaires sont exempts de ces petites passions qui,
dans les prisons civiles, se mettent au service des haines de la
puissance. Le colonel qui remplissait la charge de gouverneur reçut et
salua poliment le chevalier, prit connaissance de l'autorisation qu'il
avait de communiquer avec la prisonnière, fit appeler le geôlier en chef
et lui ordonna de conduire le chevalier à la chambre de la personne
qu'il avait la permission de visiter.
Puis, remarquant que la permission avait été délivrée sur la demande du
prince et reconnaissant San-Felice pour être un des familiers du palais:
--Je prie Votre Excellence, dit-il en prenant congé du chevalier, de
mettre mes respects et mes hommages aux pieds de Son Altesse royale.
Le chevalier, touché de rencontrer cette courtoisie là où il craignait
de se heurter à quelque brutalité, promit non-seulement de s'acquitter
de la commission, mais encore de dire à Son Altesse royale combien le
gouverneur avait eu d'égards à sa recommandation.
De son côté, le geôlier en chef, voyant la courtoisie avec laquelle le
gouverneur parlait au chevalier, jugea que le chevalier était un
très-grand personnage, et se hâta de le conduire avec toute sorte de
saluts à la chambre de Luisa, située au second étage d'une des tours.
Au fur et à mesure qu'il montait, le chevalier sentait sa poitrine
s'oppresser. Comme nous l'avons dit, il n'avait pas revu Luisa depuis la
séance du tribunal, et ce n'était point sans une profonde émotion qu'il
allait se trouver en face d'elle. Aussi, en arrivant à la porte de la
chambre, et, au moment où le geôlier allait mettre la clef dans la
serrure, il lui posa la main sur l'épaule en murmurant:
--Par grâce, mon ami, un instant!
Le geôlier s'arrêta. Le chevalier s'appuya contre la muraille, les
jambes lui manquaient.
Mais les sens des prisonniers acquièrent, dans le silence, dans la
solitude et dans la nuit, une acuité toute particulière. Luisa avait
entendu des pas dans l'escalier, et avait reconnu que ces pas
s'arrêtaient à sa porte.
Or, ce n'était pas l'heure, à laquelle on avait l'habitude d'entrer dans
sa prison. Inquiète, elle était descendue de son lit, où elle s'était
jetée tout habillée; l'oreille tendue, les bras allongés, elle s'était
rapprochée de la porte dans l'espoir de saisir quelque bruit qui lui
permît de deviner dans quel but on venait la visiter au tiers de la
nuit.
Elle savait que, jusqu'à l'heure de son accouchement, sa vie était
sauvegardée par l'ange protecteur qu'elle portait dans son sein; mais
elle comptait les jours avec terreur; elle allait accomplir son septième
mois.
Pendant que le chevalier, appuyé à la muraille extérieure, et la main
sur sa poitrine, tâchait de calmer les battements de son coeur, elle, de
l'autre côté de la porte, écoutait donc, haletante et pleine
d'angoisses.
Le chevalier comprit qu'il ne pouvait rester ainsi éternellement. Il fit
un appel à ses forces, et, d'une voix assez ferme:
--Ouvrez maintenant, mon ami, dit-il au geôlier.
Ces paroles étaient à peine prononcées qu'il lui sembla, de l'autre côté
de la porte, entendre un faible cri: mais ce cri, si c'en était un, fut
immédiatement étouffé par le grincement de la clef dans la serrure.
La porte s'ouvrit; le chevalier s'arrêta sur le seuil.
A deux pas, dans l'intérieur de la chambre, baignée tout entière par un
rayon de la lune qui passait à travers la fenêtre grillée, mais sans
vitres, Luisa était agenouillée, blanche, les cheveux épars, les mains
allongées sur ses genoux et pareille à la _Madeleine_ de Canova.
Elle avait, à travers la porte, reconnu la voix de son mari, et elle
l'attendait dans l'attitude où la femme adultère attendait le Christ.
Le chevalier, à son tour, poussa un cri, la souleva entre ses bras, et,
à demi évanouie, l'emporta sur son lit.
Le geôlier referma la porte en disant:
--Quand Votre Excellence entendra sonner onze heures...
--C'est bien, lui répondit San-Felice ne lui donnant pas le temps
d'achever sa phrase.
La chambre demeura sans autre lumière que le rayon de lune qui, suivant
le mouvement de la nocturne planète, se rapprochait lentement des deux
époux. Nous eussions dû dire: de ce père et de cette fille. Rien n'était
plus paternel, en effet, que ce baiser dont Luciano couvrait le front
pâle de Luisa; rien n'était plus filial que cette étreinte dont les bras
tremblants de Luisa serraient Luciano.
Ni l'un ni l'autre ne disaient une parole: on entendait seulement des
sanglots étouffés.
Le chevalier comprenait que la honte n'était pas la seule cause des
sanglots de Luisa. Elle n'avait pas revu Salvato, elle avait entendu
prononcer sa condamnation, elle ne savait pas ce qu'il était devenu.
Elle n'osait faire une question, et, par un sentiment d'exquise
délicatesse, le chevalier n'osait répondre à sa pensée.
En ce moment, les angoisses de la mère se traduisaient par un mouvement
si violent de l'enfant, que Luisa poussa un cri.
Le chevalier l'avait senti, et un frisson avait passé par tous ses
membres; mais, de sa voix douce:
--Tranquillise-toi, innocente créature, dit-il: ton père vit, il est
libre et ne court aucun danger.
--Oh! Luciano! Luciano! s'écria Luisa en se laissant glisser aux pieds
de San-Felice.
--Mais, continua vivement le chevalier, je suis venu pour autre chose:
je suis venu pour parler de toi, avec toi, mon enfant chéri.
--De moi?
--Oui, nous voulons te sauver, ma fille bien-aimée.
Luisa secoua la tête en signe qu'elle croyait la chose impossible.
--Je le sais, répondit San-Felice répondant à sa pensée, le roi t'a
condamnée; mais nous avons un moyen d'obtenir ta grâce.
--Ma grâce! un moyen! répéta Luisa; vous connaissez un moyen d'obtenir
ma grâce?
Et elle secoua la tête une seconde fois.
--Oui, reprit San-Felice, et ce moyen, je vais te le dire. La princesse
est grosse.
--Heureuse mère! s'écria Luisa, elle n'attend pas avec terreur le jour
où elle embrassera son enfant!
Et elle se renversa en arrière, sanglotant et se tordant les bras.
--Attends, attends, dit le chevalier, et prie pour sa délivrance: le
jour de sa délivrance sera celui de ta liberté.
--Je vous écoute, dit Luisa ramenant sa tête en avant et la laissant
tomber sur la poitrine de son mari.
--Tu sais, continua San-Felice, que, quand la, princesse royale de
Naples accouche d'un garçon, elle a droit à trois grâces, qui ne lui
sont jamais refusées?
--Oui, je sais cela.
--Eh bien, le jour où la princesse royale accouchera, au lieu de trois
grâces, elle n'en demandera qu'une, et cette grâce sera la tienne.
--Mais dit Luisa, si elle accouche d'une fille?
--D'une fille! d'une fille! s'écria San-Felice, à la pensée duquel cette
alternative ne s'était pas présentée. C'est impossible! Dieu ne le
permettra pas!
--Dieu a bien permis que je fusse injustement condamnée, dit Luisa avec
un douloureux sourire.
--C'est une épreuve! s'écria le chevalier, et nous sommes sur une terre
d'épreuves.
--Ainsi, c'est votre seul espoir? demanda Luisa.
--Hélas! oui, répondit San-Felice; mais n'importe! Tiens (il tira un
papier de sa poche), voici une supplique rédigée par le duc de Calabre,
écrite par sa femme, signe-la, et fions-nous en Dieu.
--Mais je n'ai ni plume ni encre.
--J'en ai, moi, répondit le chevalier.
Et, tirant un encrier de sa poche, il y trempa une plume; puis,
soutenant Luisa, il la conduisit près de la fenêtre, pour que, éclairée
par le rayon de la lune, elle pût signer.
Luisa signa.
--Là! dit-il en relevant la tête, je vais te laisser cette plume, cette
encre et un cahier de papier; tu trouveras bien moyen de les cacher
quelque part: ils peuvent t'être utiles.
--Oh! oui, oui, donnez, mon ami! dit Luisa. Oh! comme vous êtes bon et
comme vous pensez à tout! Mais qu'avez-vous, et que regardez-vous?
En effet, les regards du chevalier s'étaient, à travers les doubles
barreaux de la fenêtre, fixés sur la partie du port que l'on pouvait
apercevoir par l'ouverture.
A trente ou quarante mètres du pied de la tour, se balançait la goëlette
du capitaine Skinner.
--Miracle du ciel! murmura le chevalier. Allons! je commence à croire
que c'est lui qui est destiné à te sauver.
Un homme se promenait de long en large sur le pont, et, de temps en
temps, jetait un regard avide sur le fort, comme s'il eût voulu en
sonder les murailles.
En ce moment, la clef grinça dans la serrure: onze heures sonnaient.
Le chevalier prit la tête de Luisa entre ses deux mains et dirigea son
regard vers le pont du petit bâtiment.
--Vois-tu cet homme? lui dit-il à voix basse.
--Oui, je le vois. Eh bien, après?
--Eh bien, Luisa, cet homme, c'est lui.
--Qui, lui? demanda la jeune femme toute frissonnante.
--Celui qui te sauvera si je ne te sauve pas, moi. Mais (il lui prit la
tête et lui baisa passionnément le front et les yeux) je te sauverai! je
te sauverai! je te sauverai!
Et il s'élança hors de la prison, dont la porte se referma sans que
Luisa s'en aperçût.
Toute son âme était passée dans ses yeux, et ses yeux dévoraient de leur
regard cet homme qui se promenait sur le pont de la goëlette.