Le rideau se déchire et l'on voit revenir le bûcheron, la bûcheronne et
le petit que traîne le bras de sa mère. Ils vont s'asseoir au soleil sur
une grosse branche gisante dans les feuilles mortes et ils mangent du
pain et boivent à même une gourde. Les paupières baissées, ils regardent
leur pain, et quand ils renversent la tête pour prendre une gorgée à la
gourde, ils ferment tout à fait les yeux pour ne voir ni le ciel où
planent des nuages de lait primordial, ni l'idole, dont l'énorme et
nonchalante beauté n'est rien pour eux qu'un roc déplaisant et absurde.
Ayant bu et mangé, ils s'en vont reprendre leur besogne, qui est de
couper les membres et la tête des beaux arbres et de les coucher sur les
feuilles mortes, parmi les buissons de houx.
Les nuées s'abaissent vers la terre.