CXXII

Alors Njal se leva et dit: «Je vous adjure, toi Hal de Sida, et Flosi,

et vous tous fils de Sigfus, et aussi tous les nôtres, de ne pas vous

retirer, et d'écouter mes paroles». Ils firent comme il disait, Njal

reprit: «Il me semble que cette poursuite est réduite à néant, et c'est

justice, car elle était sortie d'une mauvaise racine. Je vous déclare

que j'aimais Höskuld plus que mes propres fils. Et quand j'ai appris

qu'il avait été tué, il m'a semblé que la plus douce lumière de mes yeux

venait de s'éteindre. J'aimerais mieux avoir perdu tous mes fils, et

qu'il fût encore en vie. Je vous prie donc, toi, Hal de Sida, et toi,

Runolf de Dal, et aussi Gissur le blanc, et Einar de Thværa, et Haf le

sage, de consentir à faire la paix avec moi, au sujet de ce meurtre,

pour le compte de mes fils. Et je veux qu'on prenne pour arbitres ceux

qui en sont les plus dignes».

Gissur, Einar et Haf, parlèrent à leur tour, longuement. Ils prièrent

Flosi de consentir à la paix, et lui promirent en échange leur amitié.

Flosi leur donna à tous de bonnes paroles, mais il ne promit rien. Alors

Hal de Sida dit à Flosi: «Veux-tu tenir ta parole, et m'accorder ma

demande comme tu as promis de le faire, quand j'ai aidé à sortir du pays

ton parent Thorgrim, fils de Digrketil, après qu'il eut tué Hal le

rouge?»--«Je veux bien, beau-père, dit Flosi; car tu ne me demanderas

rien qui ne soit pour me faire honneur».--«Je veux donc, dit Hal, que tu

fasses la paix au plus vite, et que tu prennes pour arbitres des hommes

de bien. Par là tu gagneras l'amitié de ceux qui sont les meilleurs

parmi nous».

«Sachez tous, dit Flosi, que je vais faire selon les désirs de Hal, mon

beau-père, et des autres vaillants hommes qui sont ici. Je veux que six

hommes de chaque côté, prononcent dans l'affaire, comme le veut la loi.

Et je trouve que Njal vaut bien que je lui accorde cela». Njal le

remercia, lui et les autres, et tous ceux qui étaient là le remercièrent

aussi, et dirent que Flosi avait bien agi.

Flosi reprit: «Je vais donc nommer mes arbitres. Je nomme en premier

lieu Hal mon beau père, et Össur de Breida, Surt fils d'Asbjörn de

Kirkjubæ, Modolf fils de Ketil (il demeurait alors à Asa), Haf le sage

et Runolf de Dal. Et il n'y aura qu'une voix pour dire que ce sont les

meilleurs parmi les miens».

Puis il pria Njal de nommer ses arbitres. Njal se leva et dit: «Je

nommerai d'abord Asgrim fils d'Ellidagrim, puis Hjalti fils de Skeggi,

Gissur le blanc et Einar de Thværa, Snorri le Godi, et Gudmund le

puissant».

Après cela, ils se donnèrent tous la main, Njal, et Flosi, et les fils

de Sigfus. Njal, au nom de ses fils et de Kari son gendre, promit

d'exécuter la sentence des douze, et on peut dire que tous les hommes

présente au ting en furent réjouis. On envoya chercher Snorri et

Gudmund, qui étaient dans leurs huttes. Il fut convenu que les arbitres

siégeraient au tribunal, et les autres s'éloignèrent.

La Saga de Njal · 第 125 / 164 题