IL FAUT LANCER UN JOURNAL.

Ce mot, un jour, a traversé l'espace.

«Allons, que faisons-nous donc? (Nous moulions du café.) Nous

n'avons donc rien là! crie Matoussaint.

--Où ça?

--_Là!..._» Il frappe en même temps sur son coeur.

«Tu vas casser ta pipe!... Il faudrait peut-être aussi quelque

chose _ici_.--Je tape sur mon gousset.

--Bourgeois, va!»

On m'accuse de semer la division.--J'ai voué un culte aux

intérêts matériels.

Je suis un adorateur du veau d'or!

Je me défends comme je peux.

«Je ne parle pas pour moi; ma plume, on le sait, est au service de

la Révolution; mais l'imprimeur! est-ce qu'on trouvera un

imprimeur?»

J'emprunte une comparaison à Shakespeare pour _imager_ mon idée:

«L'imprimeur de nos jours! savez-vous comment il s'appelle? Il

s'appelle _Shylock_. Shylock, l'intéressé, l'avare, le juif, le

rogneur de chair!

--Non, dit Matoussaint, sautant comme un ressort sur le tabouret;

il s'appelle «Va de l'avant!» Oui, oui! _Va de l'avant_, ou encore

_Fais ce que dois_. Il s'appelle Le Courage, il s'appelle La Foi.»

Je redescends de ma chaise au milieu de l'émotion générale, après

m'être couvert d'impopularité.

Je suis mis à l'index pour toute la soirée, et quand on verse le

café, je n'en ai qu'une toute petite goutte!

Je demande s'il n'en reste pas.

«Non», dit Renoul qui verse.

Un _non_ sec, qui m'attriste venant d'un compagnon d'armes, et

puis j'avais bien envie de café ce soir-là!

J'en ai trop envie! Tant pis! Je fais amende honorable.

«Eh bien, oui, j'ai eu tort! L'imprimeur s'appelle _Fessequedoit_

ou _Vadelavant! _J'ai eu tort... il faut d'abord agir, et ne pas

jeter des bâtons dans les roues du char qui porte la Révolution.»

On revient à moi, on me serre la main.

«Donne ta tasse! Il en reste encore un peu au fond de la

bouilloire.»

On a retrouvé du café sur ma déclaration, mon aveu m'a raccommodé.

Je regagnai toute leur estime et j'eus à peu près--pas tout à

fait--la valeur d'une demi-tasse.

Donc, il n'est plus question de l'imprimeur; ce n'est pas moi qui

en parlerai! Il n'est question ni de l'imprimeur, ni du papier, ni

du cautionnement. Il est décidé qu'on fera un journal, qu'on _aura

un organe, _voilà tout.

La grosse question est de prendre chacun sa partie, celle qui

rentre dans nos tempéraments, qui est le mieux dans nos cordes.

«Moi, dit une voix qui a l'air de sortir de dessous terre, je

ferai la PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.»

On cherche, on regarde.

C'est Championnet qui a parlé.

Championnet, _penseur! _--Avant la scène de la manifestation il

n'était guère connu de nous que parce qu'il tournait ses souliers

en marchant, mais il les tournait, c'est effrayant! Il les tourne

encore. Une paire de bottines neuves lui fait trois jours; les

bottines de ce jeune homme ont toujours l'air de vouloir s'en

aller de droite, de gauche, comme si elles étaient dégoûtées de

ses pieds...

Il veut faire la PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.

Comment l'entend-il? A-t-il une vue d'ensemble sur le déluge, sur

les khalifes, sur Omar, sur les croisades, sur Louis-Philippe?

«Citoyens, fait Renoul qui préside, personne ne dit rien?

Matoussaint, tu n'as pas d'observation à faire?... Vingtras?...

Rock[9]?... On ne demande pas la parole?»

Non, on se tortille sur ces chaises seulement; on a l'air de

chercher au fond de sa poche et de ne pas pouvoir atteindre son

diable de tabac qu'on a dans le creux de la main... On se tortille

beaucoup; il y a de petites toux et un grand silence, troué de

rires qui pétillent...

Championnet a perdu la tête; il fait comme beaucoup de gens

embarrassés qui regardent le bout de leurs souliers. Il ne peut

pas voir le bout des siens, c'est impossible! il attraperait un

torticolis. Il a justement _tourné_ énormément, ces jours-ci.

«Citoyen Championnet, reprend Renoul d'un air doctoral, c'est bien

la philosophie de l'histoire que vous avez voulu dire, ce n'est

pas l'histoire de la philosophie?

--Non, non, c'est bien la philosophie de l'histoire, c'est assez

clair!

--Sans doute, mais pourriez-vous indiquer au comité de rédaction

(murmures flatteurs dans l'assemblée) comment vous prendrez la

chose! Montez sur ce tabouret.»

On a justement ciré le plancher. Championnet a l'air de patiner.

«Ôtez vos souliers!

--Oui, oui.

--Vous savez bien qu'il a été voté que non! On ne peut pas aller

contre un vote.»

Championnet se dirige de nouveau vers le tabouret. C'est difficile

avec ses chaussures tournées!

«Qu'il parle assis!

--Non, non. À genoux!

--Assis, assis!»

Mais il n'y a plus de chaises--on a caché sa chaise.

Championnet fut simple et grand.

Il s'accroupit à l'orientale et commença à nous expliquer, les

jambes croisées, ce qu'il appelait la philosophie de l'histoire.

Il fut long, très long. Nous écoutâmes avec beaucoup de soin, mais

personne n'y comprit goutte--et encore aujourd'hui, je ne suis

pas bien sûr, pour mon compte, de savoir exactement ce que c'est

que la philosophie de l'histoire. Je me la représente toujours

sous la forme d'un homme assis en tailleur avec des bottines

tournées.

10

Mes colères

«Et toi, Vingtras, que feras-tu?

--Je ferai les _Tombes révolutionnaires_.»

L'idée m'est venue de visiter les cimetières où sont enterrés ceux

qui sont morts pour le peuple. Je suis parti de bonne heure

souvent, pour aller réfléchir devant ces tombes de tribuns et de

poètes.

J'ai rôdé autour des grilles, j'ai dérangé des veuves qui

apportaient des bouquets.

Je ferai l'histoire de ces morts, je citerai les phrases gravées

au couteau sur la pierre--en essayant de jeter un éclair dans le

noir de ces cimetières. Il y a des fleurs qui piquent de rouge

l'herbe terne: je mettrai des phrases rouges aussi.

«Ce Vingtras qui blague toujours, il choisit ce sujet là!...»

Je blague toujours--mais quand nous sommes entre nous, il ne

servirait à rien d'avoir l'air de croque-morts. Il faut être grave

quand on parle au peuple.

On ne fait pas le journal, bien entendu.

On aurait un imprimeur qu'on ne le ferait pas davantage. Tout le

monde veut écrire le _Premier Paris, _avoir les plus grosses

lettres, et un titre très noir dans une masse de blanc. Il n'y

aurait que des grosses lettres et des titres énormes. Pas de place

pour les articles!

Puis on se battrait deux jours après.

Je serais accusé sûrement de _baver _sur les tombeaux; car il y a

des morts que je jugerais à _l'égyptienne_ et dont je

souffletterais le crâne.

Quelques phrases de Matoussaint m'ont fait personnellement bondir;

je n'oublie pas que c'est lui qui a dit, à propos de Renoul

caressé par Béranger: «_Bercé sur les genoux de cette tête

vénérée_.»

Mais est-ce que nous saurions faire un article tout du long?--

Des vers, oui,--un article, je ne crois pas!

J'ai bien vu, quand j'ai commencé mes _Tombes révolutionnaires_.--

Je répétais toujours la même chose, et toujours en appelant les

morts: «_Sortez, venez, rentrez, entendez-vous! Ô toi, ô vous!»_

Et j'avais mis du latin et cherché en cachette dans les discours

de 93...

Sparte, Rome, Athènes... J'en plaisantais au collège et je

trouvais que c'était inutile, bête, les républiques anciennes,

grecques, romaines!... Lycurgue, Solon, Fabricius, et tous les

sages, et tous les consuls!... Je vois à quoi cela sert

maintenant. On ne peut pas écrire pour les journaux républicains

sans connaître à fond son Plutarque. Est-ce qu'il y a une seule

page des nôtres, de nos écrivains jacobins, où il ne soit pas

question d'Hannibal, de Fabricius, d'Aristogiton, de Coriolan, de

Cléon, des Grecs? On ne peut pas s'en passer. Ce serait une

impolitesse à faire aux hommes de 93 que de ne pas leur dire

qu'ils ressemblent aux grands hommes de nos livres de classe.

Ceux qui se sont retirés dans un village ou ont donné leur

démission sont des _Cincinnatus._ Ceux qui n'ont pas de femme de

ménage et fendent leur bois, des_ Philopoemens_.

Je sens bien au fond de moi-même que je ne suis pas né pour

écrire. J'ai surpris cela, un matin, en relisant des pages que

j'avais brouillonnées la veille au courant de la plume.

Je disais que j'avais remarqué la fille du concierge du cimetière

penchée à sa fenêtre, arrosant des fleurs, en camisole blanche,

que j'avais failli pleurer en voyant une enfant, à petite robe

courte, qui enterrait sa poupée là où sa maman _dormait_. Failli

pleurer, oui--alors que j'étais devant la tombe d'un martyr qui

réclamait, au nom de la tradition, toute l'eau de mes yeux.

J'avais oublié mon drapeau pour regarder cette enfant auprès de

son père en deuil.

J'avais écouté un chien hurler sur la tombe de son maître.

Je mettrais ces bêtises dans nos articles, si je ne me retenais

pas!

Il vaut mieux qu'on n'ait pas fait le journal. Je n'aurais pas pu

m'en tirer, je ne sais pas causer de ce que je n'ai pas vu. Ah! je

ne suis pas fort, vraiment!

Je ne m'en suis ouvert à personne.--J'emporterai ce secret avec

moi dans la tombe.--Mais, je le sens bien, je n'ai rien dans la

tête, rien que MES idées! voilà tout! et je suis un fainéant qui

n'aime pas aller chercher les idées des autres. Je n'ai pas le

courage de feuilleter les livres. Je devrais mettre de la salive à

mon pouce, et tourner, tourner les pages, pour lire quelque chose

qui m'inspire. Je ne trouve pas de salive sur ma langue, et mon

pouce me fait mal tout de suite.

Rien que MES idées À MOI, c'est terrible! Des idées comme en

auraient un paysan, une bonne femme, un marchand de vin, un garçon

de café!--Je ne vois pas au-delà de mes yeux, pas au-delà, ma

foi non! Je n'entends qu'avec MES oreilles--des oreilles qu'on a

tant tirées!

J'ai envie de parler de ceux qui se promènent dans les cimetières

pendant que j'y suis, plutôt que de parler de ceux qui _reposent

sous terre._

_Requiescant in pace!_

Le Béret rouge et les autres croient que je suis intelligent--il

paraît qu'ils le croient... Ils n'ont pas vu mes brouillons! Ils

ne se doutent pas du chien, de la poupée, de la fille du

cimetière!

Nous sommes pourtant simples quelquefois. Les Grecs étaient

simples à leurs heures, les conventionnels aussi.

Nous jouons à colin-maillard.

On laisserait passer la Chambre des représentants sous les

fenêtres, sans se pencher pour la regarder, lorsqu'on est en plein

jeu.

Il n'y a que Matoussaint qui ne veut pas convenir qu'il s'amuse.

Il prétend qu'il joue parce que colin-maillard apprend à se

cacher, à dépister les mouchards, à tromper l'ennemi.

--C'est un bon exercice pour les conspirateurs, l'apprentissage

des Sociétés secrètes.

Quand il a le bandeau--quand c'est lui qui _l'est_--il se

figure être le Comité de Salut public qui cherche les _ci-devant_

dans l'ombre; quand on le poursuit, il croit échapper comme les

Girondins; il a envie de demander une omelette comme Condorcet, ou

bien il marmotte tout bas le nom du gendarme qui arrêta

Robespierre.

Il rigole autant que les autres, quoi qu'il en dise, quand il se

cache les pieds sous le lit et la tête dans la table de nuit.

Il y en a un qui _l'est_ bien souvent; c'est Championnet, à cause

de ses souliers. On le devine tout de suite. Il n'y a pas une

heure qu'il joue, que ses talons sont tournés, et l'on n'a qu'à

tâter ses chaussures. On me devine aussi très vite, car je sens

toujours la poudre de riz; j'ai toujours un peu embrassé

Alexandrine.

Nous avons dix-huit ans, nous sommes un siècle à nous cinq; nous

voulons sauver le monde, mourir pour la patrie. En attendant, nous

nous amusons comme une école de gamins. Robespierre, s'il

apparaissait _soudain_--ainsi qu'on le voit dans les bons

articles--Robespierre trouverait que nous n'avons rien des

Spartiates et nous ferait sans doute guillotiner.

Nous passons nos soirées à cela; quelquefois nous allons au café--

rarement, bien rarement.

Renoul reste dans sa robe de chambre, je demeure auprès

d'Alexandrine; Championnet pioche dans son coin la philosophie de

l'histoire.

Il n'y a que Rock et Matoussaint qui, n'ayant ni Alexandrines, ni

robes de chambre, ni la manie de la philosophie de l'histoire,

aiment à jouer aux cartes en prenant leur gloria.

Ils ont, paraît-il, découvert un petit café intime où vont des

étudiants en médecine, avec des femmes dont ils ont des enfants.

C'est prodigieux! Cela me paraît presque contre nature! Avoir des

enfants dans le Quartier Latin! L'odeur de lait et de couches m'en

éloigne comme d'une crèche. Je n'y suis entré qu'une ou deux fois

pour prendre Rock, et j'ai failli chaque fois m'asseoir sur un

moutard qu'on avait mis une seconde sur une chaise, pour pouvoir

_marquer dix de blanches._

On se rend cependant en bande, de temps en temps, à un grand

estaminet qui, tous les soirs, s'emplit d'une foule bruyante et

républicaine.

C'est au haut de notre rue justement, au coin de la place Saint-Michel,

contre la fontaine. On l'appelle le café du _Vote universel._

Il y va des célébrités.

Nous sommes un peu dépaysés dans cette atmosphère de démocratie

autorisée, où les têtes sont déjà mûres; où il y a des gens qu'on

dit avoir été chefs de barricades à Saint-Merry, prisonniers à

Doullens, insurgés de Juin; qui ont le prestige de

l'enrégimentation révolutionnaire, du combat et de la prison.

Ont-ils tous cette auréole? On ne peut pas bien voir les auréoles

dans cette fumée.

Mais il y a vraiment des figures sympathiques et vigoureuses. Ce

qui me frappe le plus, c'est l'air _bon enfant_ de ceux qui ont un

nom, dont on dit: «Un tel, c'est lui qui en février tirait sur les

municipaux, au Château-d'Eau.--Cet autre, là-bas, a fait six

mois de ponton après Juin.»

Je passe et repasse devant ces tables pour voir comment on est

fait quand on a reçu ces baptêmes de feu. Oui, ce sont ceux-là qui

crient le moins et qui rient le plus.

Un jour Rock m'a tiré la manche.

«Tu vois bien ce grand?

--Là à gauche?

--Oui, ne fais pas semblant de le regarder.

--Qui est-ce?

--Un représentant de la Montagne, X...

--Il ne parle jamais à la Chambre?

--Non, il_ se réserve._»

C'est bien de Rock ce mot-là!

«Il se réserve! pour quand?

--Pour la Convention...»

Rock a l'air convaincu qu'il y aura une Convention; on dirait

qu'il en a reçu la nouvelle ce matin; il aurait dû nous en

prévenir cette après-midi! Il répète en parlant du représentant

X...

«Oui, il se réserve comme Robespierre, qui attendait muet, à la

Constituante, ... qui attendait son heure.»

Muet? Non! Il se leva une fois pour demander l'abolition de la

peine de mort. Sais-tu ça?

Il y a un indiscipliné, dans un coin, qui hausse les épaules et

crie:

«Toute votre Révolution, vos longs cheveux, Robespierre, Saint-Just,

tout ça c'est de la blague! Vous êtes les calotins de la

démocratie! Qu'est-ce que ça me fout que ce soit Ledru ou Falloux

qui vous tonsure?... À la vôtre tout de même, les séminaristes

rouges!»

Comme ces mots m'entrent dans le coeur! C'est qu'il m'arrive

souvent, le soir quand je suis seul, de me demander aussi si je

n'ai pas quitté une cuistrerie pour une autre, et si après les

classiques de l'Université, il n'y a pas les classiques de la

Révolution--avec des proviseurs rouges, et un bachot jacobin!

Par moments, j'ai peur de n'être qu'un égoïste, comme le vieil

ouvrier m'appela quand je lui parlai d'être apprenti. Je voudrais

dans les discours des républicains trouver des phrases qui

correspondissent à mes colères.

Ils ne parlent pas des collèges noirs et cruels, ils ne parlent

pas de la loi qui fait du père le bourreau de l'enfant, ils ne

parlent pas de ceux que la misère rend voleurs! J'en ai tant vu

dans la prison de chez nous qui allaient partir pour le bagne et

qui me paraissaient plus honnêtes gens que le préfet, le maire et

les autorités.

Égoïste! Oh! non! Je serais prêt--je le jure bien--à souffrir

et à mourir pour empêcher que d'autres ne souffrent et meurent des

supplices qui m'ont fait mal, que je n'ai plus à craindre, mais

que je voudrais voir crever devant moi...

Matoussaint ne parle que de commissaires à écharpe tricolore ou de

tribuns à cocarde rouge, qui prendront la place des rois et des

traîtres... Je m'en moque, de ça!

Quand donc brûlera-t-on le Code et les collèges!

Ils ne m'écoutent pas, me blaguent et m'accusent d'insulter les

saints de la République!

Ce sont des scènes!--Il y en a eu de terribles à propos de

Béranger!

Béranger!

Oui, c'est lui qui est cause que Renoul prise et a une robe de

chambre, on ne me l'ôtera pas de l'idée.

C'est lui qui est cause aussi que Renoul est en ménage.

Avec ses vers, il a mis dans la tête de celui qu'il faisait sauter

sur ses genoux, d'avoir une Lisette comme il en avait une.

Je lui en veux moins pour cela.

Cette Lisette est bonne fille. Grâce à elle, nous avons notre

salon, avec la gaieté des robes claires qui emplissent la chambre

de grâce aux jours d'été et tranchent en bleu ou en rose sur notre

rouge sombre.

Nous jouissons de tous les riens qu'une femme éparpille de droite

et de gauche de sa main blanche.

Nous avons un moulin à café, des tasses à fleurs, et l'on nous

fait même un point à notre habit, quand il y a une déchirure.

Lisette coud aussi de petits drapeaux républicains et nous promet

d'être ambulancière s'il y a des blessés.

Le bachelier · 第 18 / 86 题