_Vitoria_ a l'air très moderne. C'est cependant une très ancienne

ville dont la fondation par les Wisigoths remonte au sixième

siècle. Elle oublie volontiers son ancienne origine dans sa hâte

de ressembler aux cités du vingtième siècle et, pour faire montre

de maisons de clinquant, laisse abattre les dernières pierres de

monuments anciens qui pourraient faire sa gloire. Il ne reste à peu

près rien d'intéressant à voir dans cette ville, aussi l'avons-nous

quittée sans aucun regret ce matin, vers 9 heures, pendant que dans

l'éloignement se perdaient peu à peu ses maisons aux balcons vitrés

qui, sous les rayons du soleil, jetaient des feux de diamant.

La route, qui est tout à fait bonne, court en un paysage mouvementé

et pittoresque. Voici la verdure complètement revenue: on voit de

l'eau constamment, des rivières qui glissent sans bruit dans l'herbe,

et le long de la route des fontaines, oui, des fontaines!

Quelques prairies tapissent de leurs velours d'émeraude le fond des

vallons. Ce sont les premières prairies que nous voyons en Espagne...

au moment d'en sortir... près de la frontière! Cela me rappelle

qu'avant notre départ on m'avait prédit que nous aurions toutes

sortes d'ennuis dans ce pays, par le fait des animaux qui encombrent

les routes pour aller le matin au pré ou le soir en revenir. Des prés

en Espagne! Oh! la délicieuse plaisanterie!

Voici un nouveau péage: trois pesetas pour pénétrer dans la province

de _Navarre_. C'est un peu cher, car nous ne roulons que quelques

kilomètres sur son territoire, et bientôt franchissons la frontière

de la province de _Guipuzcoa_. Il y a bien là encore un autre

péage, mais j'ignore quel est son tarif, pour l'excellente raison

qu'ayant aperçu trop tard le signal d'arrêt, je brûlai cyniquement

la politesse au garde courroucé qui, longtemps, nous fit des gestes

désespérés avec de longs bras de quadrumane, en nous lançant toutes

les aménités que lui fournit son vocabulaire basque, idiome sonore et

mystérieux.

Un peu avant _Idiazabal_ on traverse en lacets et en rampes multiples

une région montagneuse sauvage et délicieusement boisée. Ce n'est

plus le paysage espagnol, c'est la France qui s'approche, c'est un

avant-goût des Pyrénées.

On passe ensuite dans une charmante vallée où coule le _rio Oria_.

_Tolosa_ est sur cette rivière: petite ville mi-ancienne, mi-moderne,

moitié tranquille, moitié animée par les nombreuses usines qui

l'entourent.

Bientôt après, la brise nous apporte les émanations salines de

l'Océan qui n'est pas loin, mais qui se cache derrière les montagnes

de la côte.

Un tunnel monumental fait passer la route sous la colline qui

supporte le Parc et le Château du Roi et _Saint-Sébastien_, la ville

nouvelle, la station de l'élégance espagnole, s'arrondit autour de

sa petite baie fermée. Le site est admirable, la plage de sable fin

borde gracieusement le lac tranquille où s'ébattent de nombreux

baigneurs et l'horizon est fermé par une barrière de rocs heurtés

entre lesquels une petite trouée laisse seule apercevoir l'Océan

infini. De grands hôtels de carton, qui semblent honteux de mirer

incessamment leurs faces blafardes dans les flots verts, abritent la

foule bourdonnante des désœuvrés espagnols qui viennent ici voir et

se faire voir.

Nous déjeunâmes à l'_Hôtel Continental_, le premier d'entre tous ces

caravansérails du chic où l'on paie cher, mais où l'on est bousculé

par la cohue, tellement la foule irraisonnante, avec ivresse, vient

où l'on vient, parce qu'on y vient!

De la terrasse de l'hôtel on découvre la baie. En prenant mon café,

je cherchais à me représenter ce délicieux endroit avant que la mode

y ait amené le tourbillon du monde élégant: le bassin était solitaire

alors, seule la petite ville basque, tranquille, se souriait finement

dans l'eau, les montagnes vertes descendaient doucement vers le

rivage, amollissant de douceur la sauvagerie des rocs sur lesquels

l'Océan se brise avec un fracas écumant. Cela devait être alors un

des plus beaux coins de la terre.

La route serpente ensuite le long de la côte, tantôt à l'intérieur

des terres, tantôt avec de beaux aperçus de l'Océan dont les grandes

vagues sont bordées de franges blanches. Le chemin n'a plus sa sévère

solitude des contrées désertiques; sans cesse sillonné d'équipages et

d'autos, il est bourdonnant dans un perpétuel nuage de poussière.

_Irun_, puis la petite rivière de la _Bidassoa_ qui marque la

frontière entre l'Espagne et la France. On longe un instant ses bords

de verdure et l'on passe à côté de la fameuse petite _île_ historique

_des Faisans_, au milieu de laquelle un monument commémore tant de

cérémonies importantes des relations franco-espagnoles[39].

[39] L'_Ile des Faisans_, ou _île de la Conférence_, est

territoire neutre au milieu du lit de la Bidassoa entre la France

et l'Espagne. Elle a servi de théâtre aux événements historiques

suivants: en 1464 entrevue de Louis XI, roi de France, et de

Henri IV, roi de Castille; en 1526 adieux de François Ier à

ses fils qui le remplaçaient en captivité; en 1615 fiançailles

d'Anne d'Autriche avec Louis XIII, roi de France, et d'Isabelle

de France avec Philippe IV, roi d'Espagne; en 1659 conclusion du

traité des Pyrénées et fiançailles de Louis XIV, roi de France,

avec Marie-Thérèse d'Espagne.

_Béhobie_ est le village frontière: douane espagnole. C'est là que

je fus encore une fois longuement pétri entre les mains calleuses de

l'administration rapace et que j'eus la douleur de me voir retenir le

montant des droits sur l'un de mes bandages de rechange qui, mort en

cours de route, avait reçu sa sépulture en terre espagnole et dont

il m'aurait fallu traîner le cadavre après moi pour avoir droit au

remboursement.

Nous franchîmes le pont international sur la Bidassoa au bout duquel

la silhouette connue d'un gendarme français nous annonça la patrie

retrouvée, puis la douane française, et nous roulions sur le sol de

France.

_Saint-Jean-de-Luz_, au fond d'une jolie baie, nous a paru être une

ville gaie et agréable. C'est un lieu de séjour où l'on a une vue

splendide sur l'Océan.

Les habitants de cette région ont un œil vif, une démarche hardie,

un air fier qui font plaisir à voir; ils ont une grande ressemblance

avec les Espagnols des provinces que nous avons traversées ce matin,

leurs frères de race, _basques_ comme eux.

Après _Bidart_ nous avons laissé à droite la grand'route de Bayonne

car nous voulions voir Biarritz, située tout près sur la côte.

_Biarritz_ est la grande plage à la mode, la rivale française de

Saint-Sébastien. La plage espagnole doit sa vogue à la faveur royale,

Biarritz est née de la prédilection de la cour française sous le

second Empire. C'est ici une grande baie ouverte, une large plage aux

vagues sans cesse renaissantes, la vue libre sur l'immensité.

Nous voulions coucher ici, mais l'affluence y étant encore plus

grande qu'à Saint-Sébastien, il nous fut absolument impossible de

trouver le moindre gîte. Nous parcourûmes longtemps les rues animées

et la grande plage où s'ébattaient snobs et désœuvrés et lorsque

nous nous remîmes en route, je n'eus pas un regret pour cette

cité qui a poussé à la manière des champignons sous les effluves

humides des embruns, mais où du moins les plâtras des hôtels, placés

sur un rivage quelconque, n'ont pas eu le tort de déshonorer un

chef-d'œuvre de la nature comme pour la plage espagnole.

_Bayonne_ est tout près. Nous y arrivâmes à 7 heures du soir et

descendîmes au _Grand Hôtel_, qui mérite tout au plus l'étiquette

passable[40].

[40] VITORIA--BAYONNE: 167 kilomètres.--_Route_: excellente.

Cette ville est l'ancienne capitale des _Basques_. C'est un gentil

petit port assis au bord de l'_Adour_, qui coule large et profond,

à quelques kilomètres de son embouchure. Son site charmant, ses

vieilles maisons, ses petites rues et son air espagnol la rendent

très intéressante.

Les _Basques_ sont un peuple curieux et énigmatique. Ce sont les

descendants, conservés à peu près sans mélange, des habitants

préhistoriques de l'Ibérie; leur origine est inconnue, leur langue,

qui ne ressemble à aucune de celles qui se parlent en Europe, fait

encore le désespoir des savants qui ne savent à quelle souche la

rattacher. Ils se trouvent actuellement réunis dans un espace assez

étroit, à cheval sur la frontière franco-espagnole et disséminés en

France dans l'ancienne province de _Navarre_, en Espagne, dans les

provinces de _Guipuzcoa_, de _Navarre_, d'_Alava_ et de _Viscaye_.

Dans leur langue bizarre, tellement bizarre que certains philologues

y ont trouvé des ressemblances grammaticales avec le chinois, ils

se dénomment _euskaldunac_, qui se traduit en français par _gens

adroits_. Et en effet, à les voir proprement habillés de leur

costume rouge et bleu, coquettement coiffés de leur traditionnel

béret, petits, maigres, agiles et fiers, on a bien l'impression de

gens adroits et courageux qui, tantôt par ruse, tantôt par bravoure

et toujours par fierté, ont su se conserver eux-mêmes depuis les

temps préhistoriques, dédaignant les mariages avec les autres

populations, résistant en leurs inaccessibles montagnes à toutes les

tentatives d'assimilation violente. Avec la marche victorieuse de

la civilisation, leur petit peuple s'est trouvé noyé dans la masse

des deux grands États voisins, ils furent obligés de reconnaître des

suzerains, mais ils restèrent eux-mêmes, basques quand même. Une

bonne moitié d'entre eux ne voulut supporter le joug et émigra en

masse vers les contrées libres de l'Amérique, d'où, qui sait? leurs

ancêtres préhistoriques étaient peut-être venus.

* * * * *

Je n'abuserai pas plus longuement de la patience des lecteurs qui ont

bien voulu me suivre jusqu'ici. Je les remercie pour l'attention

qu'il m'ont prêtée. Si ma longue narration les a fatigués, je réclame

humblement leur indulgence.

J'espère cependant qu'ils me sauront quelque gré de leur avoir fait

connaître ce qu'on peut voir en Espagne dans un voyage en automobile,

que les tableaux que j'ai placés sous leurs yeux ne leur auront pas

déplu et que s'ils sont tentés, à mon exemple, de parcourir les

routes de l'Ibérie, les renseignements que j'ai réunis dans cet

ouvrage pourront leur être de quelque utilité.

Ah! les routes d'Espagne! Quel mal n'en a-t-on pas dit?

Je n'ai pu malheureusement les réhabiliter complètement, car il y a

encore beaucoup à faire pour les adapter à la locomotion mécanique,

mais j'espère que mon récit pourra,--pour sa faible part,--contribuer

à détruire la légende qui les réprésente comme impraticables.

Je crois avoir montré qu'on peut fort bien faire un intéressant

voyage en automobile en Espagne... mieux, dans toute l'Espagne,

puisque nous en avons parcouru toutes les régions, du Nord au Midi,

de l'Est à l'Ouest, sur les côtes de la Méditerranée comme sur les

bords de l'Océan, au centre, dans les plaines et sur les montagnes!

Voici le résumé des observations que j'ai faites sur les routes

espagnoles telles que je les retrouve sur mes notes de voyage.

Les routes royales d'Espagne sont toujours très larges,--généralement

plus larges que celles de France,--et sont entretenues sur toute leur

largeur, c'est-à-dire sans banquettes ou bas-côtés. On pourra faire

remarquer que le prix du terrain étant moins élevé en Espagne qu'en

France, nos voisins n'ont pas fait un sacrifice aussi élevé qu'on

pourrait le croire pour ouvrir leurs principales artères; le fait est

exact, mais il n'en est pas moins vrai que le coût de construction

au kilomètre est d'autant plus élevé que la voie est plus large, et

de ce côté l'on ne peut nier que les Espagnols ont fait preuve d'un

véritable luxe.

Les travaux d'aménagement ont été conçus et exécutés avec un souci de

la perfection et une ampleur de vues qu'on est surpris de rencontrer

dans ce pays, si arriéré cependant pour tant de choses.

En plaine la route est généralement rectiligne, les coudes brusques

sont à peu près inconnus, les changements de direction sont à angle

très obtus, tout paraît sacrifié à la ligne droite. Les déclivités

inutiles sont soigneusement évitées, souvent au prix de travaux

importants. Si une colline de faible importance se présente,

une tranchée saigne les flancs de celle-ci et la route conserve

son horizontale ou ne marque qu'une très faible pente. Un ravin

survient-il? La route le franchit sur un remblai en palier. C'est

en Espagne que j'ai vu les routes se rapprocher le plus des profils

des chemins de fer. La voie _large, droite, plate_, telle est la

caractéristique des routes d'Espagne dans les pays de plaine ou de

moyen vallonnement.

En montagne les pentes sont souvent fort raides, les virages

nombreux, mais ces derniers sont tracés avec un soin parfait, leur

rayon est toujours aussi large que le permet la nature des lieux et

l'on a fréquemment effectué d'importants travaux d'art pour rendre

les tournants plus larges encore.

Les ponts sont bien faits. Sur certains points, très nombreux je dois

le confesser, ils manquent encore, mais l'on voit que les Espagnols

travaillent constamment à en construire et l'on peut prévoir que

d'ici quelques années cette lacune aura totalement disparu.

Les caniveaux sont assez rares. J'ai constaté qu'on les remplaçait

peu à peu par des ponceaux. Dans certaines provinces il y a encore

de très dangereux dos d'âne, mais sur ce point aussi l'effort

d'amélioration s'exerce: on les supprime ou on les améliore.

Les bornes kilométriques existent sur presque toutes les routes

royales[41]; sur quelques-unes on remarque même des bornes

hectométriques. Les poteaux indicateurs sont rares, je dois l'avouer;

ils sont généralement placés aux carrefours où il y en a le plus

besoin et, en somme, avec une carte sous les yeux, on peut fort bien

se tirer d'affaire. Le Royal Automobile Club d'Espagne commence à

faire poser lui-même des poteaux indicateurs tant pour les distances

que pour signaler les dangers: descentes rapides, tournants brusques,

caniveaux, etc.

[41] Je borne mes renseignements aux routes royales qui

correspondent à nos routes nationales. Les chemins secondaires

sont, eux, généralement fort mauvais en Espagne.

Depuis quelques années l'Espagne semble travailler avec acharnement

à l'amélioration de ses routes principales. On saisit à chaque pas

des traces de cet effort. Les vieilles routes espagnoles, tant de

fois décrites et décriées avec juste raison, les vieilles routes

espagnoles qu'on semble seules connaître en France, ont à peu près

disparu. Sur quelques rares points... en Andalousie principalement...

le vieux chemin des coches antiques se déroule encore dans toute

son horreur. Ces points sont heureusement devenus fort rares, mais

alors il faut se méfier et avancer très prudemment, car les obstacles

surgissent à chaque pas.

Les principaux dangers de ces anciennes routes sont, non pas leur sol

qui est généralement fort bon, mais les caniveaux invraisemblables,

les dos d'ânes aux allures de collines, les virages brusques, les

pentes effrayantes, et par-dessus tout les gués, où toute trace de

chemin se perd dans l'eau ou dans le sable. Mais, je le répète, il

reste fort peu de ce vieux réseau: sur 4 000 kilomètres que nous

venons de parcourir, nous n'avons guère rencontré que 200 kilomètres

de vieilles routes.

Si les grandes routes d'Espagne sont fort bien établies, on ne peut

malheureusement en dire autant de leur entretien. Malgré que de

nombreuses et élégantes maisons de cantonniers (_peones camineros_)

se succèdent le long des routes royales, celles-ci apparaissent dans

un état de délabrement qui fait peine à voir et qui jure avec leur

construction grandiose.

Autour des grandes villes, et dans un rayon qui varie suivant

l'importance de celles-ci, les routes présentent un aspect dont ne

peut se faire une idée le voyageur qui ne les a vues de ses propres

yeux[42]. Barcelone, Valence et Séville et aussi Cordoue détiennent

le record des routes épouvantables. Autour de ces villes l'automobile

descend au-dessous du rang de la plus mauvaise charrette, tellement

les trous et la poussière en réduisent l'allure et en rendent la

marche inconfortable. Pour les trois premières ce sont la poussière

l'été, l'hiver la boue et les trous profonds toujours qui font des

routes quelque chose comme des _moyens de non-communication_, à tel

point qu'un certain nombre d'attelages préfèrent circuler à travers

champs plutôt que d'affronter le chaos innommable qui ment à son

titre et à son but. Vous devez voir d'ici la figure que fait une

automobile ou, mieux, ses passagers là dedans! Pour Cordoue c'est

autre chose: sur les routes de _la Campina_ point de poussière ni de

boue... des cailloux aigus en couches épaisses, un empierrage éternel!

[42] Il faut compter de 20 à 60 kilomètres de routes défoncées

par le charroi autour de chaque grande ville.

Dans les provinces les plus sèches, notamment sur les bords

de la Méditerranée, la poussière atteint parfois des hauteurs

invraisemblables[43] et devient une véritable gêne tant pour la

rapidité de la marche que pour les poumons des voyageurs.

[43] J'ai mesuré jusqu'à 40 centimètres de poussière sur la route

de Murcie à Lorca.

Sur les plateaux du centre de l'Espagne les cailloux, que n'a pu

fixer au sol un arrosage absent, se promènent librement sur le chemin

au grand détriment des pneumatiques.

Si toutefois l'on fait la balance,--en exceptant les parties que

je viens d'énumérer on trouve une très réelle majorité de routes

passables, bonnes et excellentes,--on arrive à une moyenne de

qualité très présentable et ne justifiant nullement l'idée que nous

nous faisons en France des routes espagnoles. Nous généralisons

trop volontiers, nous Français, et pour quelques parties de routes

vraiment mauvaises qu'on rencontre en Espagne, nous avons légèrement

conclu que toutes les voies de communication de ce pays étaient

impraticables.

Ceux qui ont parlé de l'Espagne jusqu'ici nous ont dépeint les

anciennes routes,--aujourd'hui disparues,--s'ils sont venus au temps

antique des diligences, ou s'ils ont visité ce pays depuis l'époque

des chemins de fer, ils n'ont pu se faire une idée des routes que par

le peu qu'ils en ont parcouru autour des grandes villes, c'est-à-dire

là où elles sont toujours mauvaises, les plus mauvaises! La

conclusion résultant de leurs récits était facile à tirer: l'Espagne

possède les routes les plus mauvaises du monde. C'est en visitant

ce pays en automobile qu'on peut se rendre compte de la parfaite

fausseté de cette idée. Je serais bien heureux d'avoir pu contribuer

à faire rendre aux routes espagnoles la justice qui leur est due. A

ceux qui les calomnient, l'automobile aura répondu en les faisant

connaître sous leur véritable jour, en les montrant suffisamment

adaptées à la locomotion nouvelle. Je souhaite que cette connaissance

puisse déterminer un véritable mouvement de tourisme vers ce pays

si capable d'exciter la curiosité, ce pays qui renferme tant de

merveilles de la nature et des hommes!

Touristes, allez visiter l'Espagne! Vous ne regretterez ni votre

temps ni vos peines.

Heureux touristes qui partirez pour le pays au ciel d'azur, vous

aurez devant vous d'adorables journées de joie et d'admiration!

Vous contemplerez les monuments uniques de la civilisation

arabo-espagnole, qui fut à son heure à la tête de toutes les autres,

qui brilla d'un incomparable éclat et à laquelle la nôtre doit tant

de choses.

Curieusement aussi vous étudierez les monuments des autres

civilisations qui se partagèrent les temps de la Péninsule. Ces

pierres vous feront suivre pas à pas les luttes formidables qui

constituent l'histoire de cet État.

Vous verrez ce pays et ses habitants si différents du nôtre et de

nous-mêmes. Vous admirerez ce ciel si blanc et cette mer si bleue et

ces nuits profondes d'étoiles et de rêve!

Vous irez de la curiosité à l'étonnement, de l'étonnement à

l'admiration, de l'admiration à l'enthousiasme et vous reviendrez

enchantés et ravis, mais regrettant d'avoir attendu si longtemps pour

voir ce pays que nous ignorons trop, nous Français, et qui possède

tant de choses capables d'intéresser notre âme de latins.

Les émotions fortes que vous aurez éprouvées, les spectacles

merveilleux que vous aurez admirés laisseront en vous un impérissable

souvenir.

* * * * *

Par ce milieu de septembre nous traversâmes toute la France pour

regagner notre foyer. Le brouillard obscurcissait le ciel et noyait

l'auto dans un voile opaque lorsque rapidement nous roulions dans les

sauvages forêts du massif Central.

Il y avait plus d'un mois que nous étions partis joyeux et avides

de grand air! Mélancoliques dès lors, à la fin du voyage, nous

regrettions notre belle liberté d'errants... mais au delà de la brume

des froides montagnes nos yeux voyaient toujours luire le soleil d'or

d'Andalousie!

Lyon, le 23 mars 1908.

[Illustration]

INDEX ALPHABÉTIQUE

A

Aguilar, 125

Alamo (rio del), 169

Albaycin, 105, 109

Alberique, 55

Alcala de Guadaira, 142, 155

Alcala la Real, 123

Alcarazas, 27

Alcazar de Séville, 148

Alcoy, 59

ALGÉSIRAS, 172

Alhambra de Grenade, 96, 115

ALICANTE, 64

Almendralejo, 228

ANDALOUSIE, 83

Antequeruela, 105

Anuar (sierra del), 122

Azulejos, 37

B

BARCELONE, 16

Basques (les), 283, 284

BASQUES (provinces), 284

Bayonne, 284

Baza, 88

Béhobie, 282

Benicarlo, 29

Benicassim, 33

Berruguete (Alonso), 101, 268

Béziers, 6

Biarritz, 283

Bidart, 283

Bidassoa (la), 281

Boissons glacées, 53

Bourg-Madame, 10

Bullones (sierra de), 210

BURGOS, 270

C

Cabezon, 269

Cabra (rio), 125

Cabra (sierra de), 125

Cabra, 125

CADIX, 156, 161

Camas, 221

Campina (la), 130

Canal de Castille, 269

Carmona, 140

Carrasquetta (col de la), 63

CASTELLON de la PLANA, 34

CASTILLE (Vieille), 265

CASTILLE (Nouvelle), 236

CATALOGNE, 13

Cervantès, 267

Chiclana de la Frontera, 167

Chirivel (rio), 83

Christophe Collomb, 165

Cid (le), 40, 272

CORDOUE, 127

Courses de taureaux, 216

Crevillente, 71

Cullar de Baza, 84

Cullar (sierra de), 84

D

Darro (rio), 105, 112

Denia, 36

Douanes, 11, 282

Douro (rio), 267

E

Ebre (l'), 26

Ecija, 138

Elche, 69

Escorial de Abajo, 259

Escorial de Arriba, 259

Escurial (l'), 259

Espagnolet (l'), 245

Estancias (sierra de las), 84

ESTRAMADURE, 227

F

Faisans (île des), 281

Fernan Nunez, 126

Flamenco, 145

G

Généralife, 107

Génil (rio), 106, 112, 139

GIBRALTAR, 176

Gibraltar (détroit de), 180, 210

Giralda de Séville, 151

Gitanos, 92

Gonzalve de Cordoue, 136

Goya, 246

Grao (le) de Valence, 49

Gredos (sierra de), 233

GRENADE, 96

Guadalantin (rio), 80

Guadalete (rio), 158

Guadalquivir (rio), 127

Guadarrama, 265

Guadarrama (sierra de), 265

Guadiana (rio), 228

Guadiana Menor (rio), 87

Guadix, 90

Guadix (rio), 90

H

Hospitalet, 25

Huerta de Valence, 37

I

Idiazabal, 279

Italica, 223

Irun, 281

J

Janda (laguna de la), 169

Jarana (sierra de), 93

JATIVA, 56

JEREZ, 156, 212

Jijona, 63

Jucar (rio), 55

L

La Carlota, 138

La Marina, 35

La Nouvelle, 7

La Plana, 35

La Rabida, 165

La Ribera, 35

Leon (isla de), 160

LORCA, 80

Los Santos, 227

Luisiana, 140

Luna (sierra de la), 171

M

Machuca (Pedro), 99

MADRID, 237, 256

Manzanarès (rio), 237, 258

MERIDA, 228

Miranda de Ebro, 276

Mojados, 266

Molins de Rey, 20

Montesa (rio), 56

Montlouis, 9

MONTPELLIER, 4

Morena (sierra), 227

Mosquée de Cordoue, 132

MURCIE, 73

Murillo, 165, 245

N

NARBONNE, 6

Navalcarnero, 237

Navalmoral de la Mata, 233

Nevada (sierra), 113

O

Olmedo, 266

Oranges, 35

Oria (rio), 280

Orihuela, 72

Oroncillo (rio), 275

Oropesa (province de Castellon), 32

Oropesa (province de Tolède), 233

P

Palancia (rio), 37

Palos, 165

Pancorbo (gorges de), 276

Péages, 12, 277

Perche (col de la), 9

PERPIGNAN, 8

Pézenas, 6

Pisuerga (rio), 269

Pizarre (François), 232

Prades, 8

Prado (musée du), 244

Priego, 124

Processions, 49, 74

Puerto de Lumbreras, 81

Puerto Real, 159

Puerto de Santa Maria, 157

Puycerda, 10

R

Ribas, 13

Ripoll, 14

Ronquillo (el), 224

Routes, 58, 221, 286

S

Sagonte, 37

Saint-Jean de Luz, 282

Saint Sébastien, 280

San Fernando, 160

Santiponce, 223

Secco (rio), 38

Segura (rio), 73

Serpis (rio), 61

SÉVILLE, 142, 216

Silla del Moro (le), 107

T

Tage (le), 232

TANGER, 181

TALAVERA de la REINA, 236

TARIFA, 171, 211

Tarifa (cap de), 180

TARRAGONE, 22

Têt (la), 8

Tinto (rio), 165

TOLÈDE, 247

Toldos, 153

TOLOSA, 280

Torquemada, 269

TORTOSA, 26

Tosas (col de), 13

Totana, 78

Triana (faubourg de), 221

TRUJILLO, 232

Turia (rio), 38

U

Uldecona, 29

Utrera, 155

V

VALENCE, 38

VALENCE (province de), 29

VALLADOLID, 267

Le Tour de l'Espagne en Automobile Etude de Tourisme · 第 14 / 15 段