C'est une histoire entièrement imaginée. On perdrait sa peine en voulant
donner à Djénane, à Zeyneb, à Mélek ou à André, des noms véritables, car
ils n'ont jamais existé.
Il n'y a de vrai que la haute culture intellectuelle répandue
aujourd'hui dans les harems de Turquie, et la souffrance qui en résulte.
Cette souffrance-là, apparue peut-être d'une manière plus frappante à
mes yeux d'étranger, mes chers amis les Turcs s'en inquiètent déjà et
voudraient l'adoucir.
Le remède, je n'ai, bien entendu, aucune prétention à l'avoir découvert,
quand de profonds penseurs, là-bas, le cherchent encore. Mais, comme
eux, je suis convaincu qu'il existe et se trouvera, car le merveilleux
prophète de l'Islam, qui fut avant tout un être de lumière et de
charité, ne peut pas vouloir que des règles édictées par lui jadis,
deviennent, avec l'inévitable évolution du temps, des motifs de
souffrir.
Pierre Loti.