A monseigneur l'Enfant, Secretaire de monseigneur le Cardinal de

Lorraine.

Sonnet.

Esprit bien né, aux lettres florissant,

Si autrefois vostre benigne grace,

A pris en gré tous mes sermons d'Horace,

Ovide aussi voué au Roy puissant,

Je vous supply, de vostre obeissant

Voir le labeur, qui ses autres efface,

Bien humblement il s'offre à vostre face,

C'est un labeur d'un Philosophe yssant.

Long temps y à que debteur je me sens

A vostre Esprit tant noble entre cinq cens,

Et le Scavoir qui vous monstre honorable,

Merite bien que je vous soys donneur

De quelque escrit, qui rendra vostre honeur

Aux successeurs dignement perdurable.

A monseigneur Bertrand Thresorier du Roy.

On dict bien vray que l'oeuvre est couronné

De bonne fin, pour la fin de mon livre

J'ay ce petit Epigramme ordonné

En vostre nom digne de tousjours vivre:

Car l'Eternel qui ses graces vous livre,

Au rang heureux des hommes non pollus,

Le sainct Nectar qui mect l'ame à delivre,

Ja vous prepare avec tous ses Eslus.

Aux Compaignons de l'imprimerie.

Le boys tortu croissant parmy la vigne

Duquel Bacchus a esté plantateur,

Et dont on boyt aussi droict qu'une ligne,

Faict parler l'homme ainsi qu'un Orateur.

O mes amys, je suis vostre debteur,

Pour le travail que prenez à ceste heure,

Buvez à moy, soulageans le labeur,

Si qu'une goutte en voz Pots ne demeure.

A monseigneur, Claude de Granval, maistre d'hostel de ma dame la

Duchesse d'Aumale.

Que n'ay je du Grec Pindare

L'eloquence Riche et rare

Pour mieux chanter vostre nom,

Cher Seigneur, duquel la grace

Tant de merites ambrace

Par un immortel renom?

Que n'ay je la plume exquise

De Ciceron tant requise

Au facond stile latin,

Pour, au desir qui me presse,

Chanter de vostre maistresse

La grandeur, soir et matin?

Ou que ne suis je à Mauni

Avec vous d'un cueur uni

Dessoubs la fresche Ramee,

Pour escrire la beauté,

La douceur, la privauté

De ceste Duchesse aymee?

Je dy de ceste Duchesse

Loise, dont la Richesse

Fondee en toute vertu

Monstre l'honeur admirable

De la grace incomparable

Dont son Esprit est vestu.

Si ay je bien ceste envie

Que quelque jour de ma vie

A Mauni vous me voyez,

Et que la sur la verdure

Alors que le Printemps dure

Mes joyeux Sonnetz oyez.

Ce sont Sonnetz Poetiques,

Et sentences heroiques,

Pour tout courroux appaiser,

Ou gist l'honeur de ma Dame,

Dont le nom tourné, sans blasme

Contient: Loy de se baiser.

Ce ne sera sans escrire

Quelque chose, pour bien rire,

Avec tous voz alliez,

De Boyssay tant estimable,

Et des Houlles honorable

N'y seront point oubliez.

Tandis celluy qui domine

Terre et Ciel, et illumine

Les Espris des ignorans

Permette à vostre noblesse

Que vous passiez en liesse

Du Facond Nestor les ans.

Ad illustrissimum virum dominum voscum Regium, supplicum libellorum

magistrum de viris huiusce tempestatis illustribus, doctissimisque

oratoribus, et clarissimis Philosophie professoribus, ac Poetis.

Epistola.

Nisi prudens illa ac optimis moribus instituta vetustas, virorum

illustrium memoriam doctissimis scriptis commendasset, vir ornatissime,

Platonis Philosophiam, Marci Tullii inimitabilem phrasim, Titi Livii

ubertatem, Demosthenis fulmen in dicendo, atque alios complures

gravissimos authores ignoraremus, quorum disciplina multum frugis,

multúmque ornamenti posteris reliquit, Neque Deus optimus maximus Gallos

adeo esse infelices concessit, ut illi clarissimis oratoribus, ac

eloquentissimis Philosophie professoribus carerent, Inter quos Guilelmus

Budeus à Francisco Galliarum Rege generosissimo educatus, perpetuum

nominis sui splendorem posteritati commendavit, adeo claris codicibus in

lucem emissis, ut eorum eruditionem nulla unquam etas deletura sit: Nunc

vero sub invictissimo Francorum Principe Henrico, tanti nominis

Rhetores, Poete ac Philosophi elucescunt, ut antiquioribus cedere nullo

modo debeant. Quo sit honore afficiendus illustrissimus ille Gallandius,

testatur magno cum applausu universa Lutetie civitas, Petrum Ramum,

Regium eloquentie ac Philosophie Professorem ad Coelum effert eadem

urbs, in qua supremus Regis Senatus constitutus est. Carpentarius,

gymnasiarcha Burgundianus, erudictissimus vetustissimum Collegium suum

ab omni Barbarie vindicat, ac admirabili eloquentia illustrissimum

reddit, Salligneus in Hebraica Lingua, Greca, Latináque perfectissimus,

quid sibi aliud nisi apud posteros immortale decus pollicetur? Omitto

brevitatis caussa, multos Senatores doctissimos, qui iurisprudentie

humaniores litteras maximo cum honore, coniunxerunt, Quod si de aulicis

scribero licet, cuius existimationis esse debet Danesius ille Episcopus,

Delphini Regis excellentissimus Preceptor, cuius orationes Ciceroniane

elocutioni non cedunt? Neque cuiquam postponendum arbitror eruditissimum

illum virum Hectorem, Lotharingi Principis Pedagogum, in quo non solum

eloquentie claritas, sed syncere pietatis studium relucet, unde

generosissimus Princeps optimum iudicium, maturúmque Consilium à teneris

annis haurire affatin possit. Sed cum ii omnes veteribus eloquentie

professoribus postponendi non sint, non video cur et Gallici Poete

antiquis cedere debeant. Perpetuum splendoris sui specimen posteris

reliquit Clemens Marotus, Sangelasius, Petrus Ronsardus, Ioachinus

Bellaius, Olivarius Magnius, Maronis gravitatem, Nasonis eloquentiam,

Petrarche inventionem redolent, Quod si divinum ingenium illorum, sacre

scripture argumentum sibi aliquando proponat, ex eorum scriptis fructus

Deo hominibúsque suavis, atque acceptissimus proditurus est, Te vero,

vir optime, quo encomio efferam qui cum iurisprudentia eloquentiam

coniunxisti? Nulla erit etas que virtutum tuarum splendorem delere

possit, Neque unquam tua erga me merita ingrato silentio sum

abrogaturus.

Bene vale.

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NOTES SUR LA TRANSCRIPTION

La transcription conserve à l'identique l'orthographe de l'original; on

a toutefois résolu les abréviations conventionnelles et introduit la

distinction entre les lettres i/j et u/v selon l'usage.

La mention des "traicts nouveaux d'une Francoise letre" fait allusion au

fait que l'original est l'un des premiers ouvrages imprimés en

caractères de civilité.

Les Divins Oracles de Zoroastre, ancien Philosophe Grec, Interpretez en Rime Françoise, par François Habert de Berry; Avec un Commentaire moral sur ledit Zoroastre, en Poesie Françoise, et Latine. · 第 4 / 4 段