Contre les contradicteurs de la vérité.
Je veux m’entretenir un instant en votre présence, ô mon Dieu! avec ceux
qui reconnaissent pour véritables toutes les révélations dont la parole
de votre Vérité a éclairé mon âme. Pour ceux qui les nient, qu’ils
s’assourdissent eux-mêmes tant qu’ils voudront de leurs aboiements; je
les inviterai de toutes mes forces à rentrer dans le calme, pour
préparer en eux la voie à votre Verbe. S’ils s’y refusent, s’ils me
repoussent, je vous en supplie, mon Dieu, «ne me laissez pas dans votre
silence»; oh! parlez à mon cœur en vérité; car il n’appartient qu’à vous
de parler ainsi, et ces insensés, qu’ils restent dehors, soulevant de
leur souffle la terre poudreuse qui aveugle leurs yeux; et j’entrerai
dans le plus secret de mon âme; et mes chants vous diront mon amour, et
mes gémissements, les ineffables souffrances de mon pèlerinage; et mon
cœur, toujours élevé en haut dans la chère souvenance de Jérusalem,
n’aura de soupirs que pour Jérusalem, ma patrie, Jérusalem, ma mère,
Jérusalem et vous, son roi, son soleil, son père, son protecteur, son
époux, ses chastes et puissantes délices, son immuable joie; joie
au-dessus de toute parole; sa félicité parfaite, son bien unique et
véritable, vous, le seul bien, le bien en vérité et par excellence; non,
mes soupirs ne se tairont pas que vous ne m’ayez reçu dans la paix de
cette mère chérie, dépositaire des prémices de mon esprit, foyer d’où
s’élancent vers moi toutes ces lumières, et que votre main n’ait
rassemblé les dissipations, réformé les difformités de mon âme, pour la
soutenir dans une impérissable beauté, ô ma miséricorde! ô mon Dieu!
Quant à ceux qui ne contestent point ces vérités, dont la vénération,
d’accord avec la nôtre, élève au plus haut point d’autorité les saintes
Écritures tracées par Moïse, votre saint serviteur, mais qui trouvent à
reprendre dans mes paroles, voici ce que je leur réponds: «Seigneur
notre Dieu, soyez l’arbitre entre mes humbles révélations et leurs
censures».