Égarement des superbes qui ont eu recours aux anges déchus comme
médiateurs entre Dieu et les hommes.
Qui trouver capable de me réconcilier avec vous? Devais-je solliciter
les anges? et par quelles prières? par quels sacrifices? Plusieurs,
ai-je ouï dire, travaillant pour revenir à vous, et ne le pouvant
d’eux-mêmes, ont tenté cette voie, et tombés bientôt dans un désir
curieux de visions étranges, ils ont mérité d’être livrés à l’illusion.
Superbes, ils vous cherchaient avec tout le faste de la science, le cœur
haut et non contrit; la conformité d’esprit leur a donné pour complices
de leur orgueil les puissances de l’air, dont les prestiges les ont
égarés lorsqu’ils cherchaient le Médiateur, médecin de leur âme, sans le
trouver; car ils n’avaient devant eux «que le diable transfiguré en ange
de lumière[251]»;
[251] II Cor., XI, 11.
Chair superbe, ce qui l’a séduite, c’est que le séducteur n’était pas
revêtu de chair! Hommes mortels et pécheurs! Mais vous, Seigneur, dont
ils cherchaient la paix avec orgueil, vous êtes indépendant de la mort
et du péché. Or, il fallait, au médiateur entre l’homme et Dieu, une
ressemblance avec Dieu et une ressemblance avec l’homme. Entièrement
semblable à l’homme, il était loin de Dieu; entièrement semblable à
Dieu, il était loin de l’homme; il n’était plus médiateur. Ainsi ce faux
médiateur, à qui votre justice secrète permet de séduire l’orgueil, a
quelque chose de commun avec l’homme, c’est le péché; et il prétend à
quelque chose de commun avec Dieu: libre du vêtement charnel de la
mortalité, il se donne pour immortel. Mais, comme la mort est la solde
du péché, il entre, par la communauté du péché, dans la communauté de la
mort.