Il ignorait encore l’Incarnation de Jésus-Christ.
Et je cherchais la voie où l’on trouve la force pour jouir de vous, et
je ne la trouvais pas que je n’eusse embrassé «le Médiateur de Dieu et
des hommes, Jésus-Christ homme[142]», Dieu souverain, béni dans tous les
siècles, qui nous appelle par ces paroles: «Je suis la voie, la vérité,
la vie[143]»; nourriture trop forte pour notre faiblesse, mais qui
s’unit à notre chair. Le Verbe s’est fait chair, afin que votre sagesse,
par qui vous avez tout créé, devînt le lait de notre enfance.
[142] I Tim., II, 5.
[143] Joan., XIV, 6.
Et je n’étais pas humble, pour connaître mon humble maître Jésus-Christ,
et les profonds enseignements de son infirmité. Car votre Verbe,
l’éternelle vérité, planant infiniment au-dessus des dernières cimes de
votre création, élève à soi les infériorités soumises. C’est dans les
basses régions qu’il s’est bâti avec notre boue une humble masure, pour
faire tomber du haut d’eux-mêmes ceux qu’il voulait réduire afin de les
amener à lui, guérissant l’orgueil au profit de l’amour. Il a voulu que
leur foi en eux cessât de les égarer, qu’ils s’humiliassent dans leur
infirmité, en voyant à leurs pieds, infirme sous les haillons de notre
tunique charnelle, la Divinité même, et que las, se couchant sur elle,
elle les enlevât avec elle en se relevant.