Invocation.--Ses premières années.--Péchés de son enfance; Haine de
l’étude; Amour du jeu.
I
Grandeur de Dieu.
«Vous êtes grand, Seigneur, et infiniment digne de louanges; grande est
votre puissance, et il n’est point de mesure à votre sagesse[57]». Et
c’est vous que l’homme veut louer, chétive partie de votre création,
être de boue, promenant sa mortalité, et par elle le témoignage de son
péché, et la preuve éloquente que vous résistez, Dieu que vous êtes, aux
superbes! Et pourtant il veut vous louer, cet homme, chétive partie de
votre création! Vous l’excitez à se complaire dans vos louanges; car
vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce
qu’il repose en vous.
[57] Ps. XCV, 4, et CXLVI, 5.
Donnez-moi, Seigneur, de savoir et de comprendre si notre premier acte
est de vous invoquer ou de vous louer, et s’il faut, d’abord, vous
connaître ou vous invoquer. Mais qui vous invoque en vous ignorant? On
peut invoquer autre que vous dans cette ignorance. Ou plutôt ne vous
invoque-t-on pas pour vous connaître? «Mais est-ce possible, sans
croire? Et comment croire, sans apôtre?[58]» Et: «Ceux-là loueront le
Seigneur, qui le recherchent[59]». Car, le cherchant, ils le trouveront,
et le trouvant, ils le loueront. Que je vous cherche, Seigneur, en vous
invoquant, et que je vous invoque en croyant en vous! car vous nous avez
été annoncé. Ma foi vous invoque, Seigneur, cette foi que vous m’avez
donnée, que vous m’avez inspirée par l’humanité de votre Fils, par le
ministère de votre apôtre.
[58] Rom., X, 14.
[59] Ps. XXI, 27.