Aucune femme chez lui.
Jamais aucune femme ne hantait chez lui; jamais aucune n’y a demeuré,
non pas même sa propre sœur, sainte veuve qui, jusqu’au jour de sa mort,
passa de longues années dans le service de Dieu, supérieure d’une maison
des servantes du Seigneur. Il ne reçut pas non plus ses cousines
germaines et ses nièces, qui s’étaient aussi consacrées à Dieu, quoique
les conciles aient fait exception en faveur de parentes si proches. Il
disait que bien qu’il ne pût naître aucun mauvais soupçon de sa
cohabitation avec sa sœur et ses nièces, néanmoins, comme elles ne
pouvaient se passer d’avoir d’autres femmes avec elles et de recevoir
des visites de celles du dehors, tout ce commerce de femmes pouvait être
un sujet de scandale et de chute pour les faibles, une occasion de
tentation ou de péché pour ceux qui demeuraient avec l’évêque ou avec
les autres ecclésiastiques, ou au moins une matière de médisance et de
soupçons pour la malignité. C’est pourquoi il disait qu’il ne fallait
jamais que des femmes demeurassent dans la même maison que des hommes
consacrés au service de Dieu, quelque chastes qu’ils fussent, de peur,
encore une fois, qu’il n’y eût là pour les faibles un sujet de scandale
et de chute. S’il venait des femmes pour le voir ou le saluer, il ne les
admettait jamais qu’en présence de plusieurs de ses prêtres, jamais il
ne leur parlait seul à seule qu’il n’y eût là quelqu’un de son intimité.