XXVI

Aucune femme chez lui.

Jamais aucune femme ne hantait chez lui; jamais aucune n’y a demeuré,

non pas même sa propre sœur, sainte veuve qui, jusqu’au jour de sa mort,

passa de longues années dans le service de Dieu, supérieure d’une maison

des servantes du Seigneur. Il ne reçut pas non plus ses cousines

germaines et ses nièces, qui s’étaient aussi consacrées à Dieu, quoique

les conciles aient fait exception en faveur de parentes si proches. Il

disait que bien qu’il ne pût naître aucun mauvais soupçon de sa

cohabitation avec sa sœur et ses nièces, néanmoins, comme elles ne

pouvaient se passer d’avoir d’autres femmes avec elles et de recevoir

des visites de celles du dehors, tout ce commerce de femmes pouvait être

un sujet de scandale et de chute pour les faibles, une occasion de

tentation ou de péché pour ceux qui demeuraient avec l’évêque ou avec

les autres ecclésiastiques, ou au moins une matière de médisance et de

soupçons pour la malignité. C’est pourquoi il disait qu’il ne fallait

jamais que des femmes demeurassent dans la même maison que des hommes

consacrés au service de Dieu, quelque chastes qu’ils fussent, de peur,

encore une fois, qu’il n’y eût là pour les faibles un sujet de scandale

et de chute. S’il venait des femmes pour le voir ou le saluer, il ne les

admettait jamais qu’en présence de plusieurs de ses prêtres, jamais il

ne leur parlait seul à seule qu’il n’y eût là quelqu’un de son intimité.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 28 / 306 题