humaine, à tout ce qui est frappé, vaincu, perdu. Il faut reconnaître à
l’honneur de l’humanité que, sous ses formes tourmentées et affligées,
la vie nous semble plus touchante qu’en la plénitude de sa force. Chacun
admire un arbre vigoureux, une belle forêt dans leur tranquille majesté;
mais quand l’ouragan s’abat sur eux, les secoue, les tord, les déchire,
nous prenons parti pour l’arbre contre l’ouragan, et ses branches
cassées, son tronc qui résiste et se défend, nous attendrissent bien
plus. Et de même à certaines heures, nos yeux sont moins fascinés par
les splendeurs du soleil levant que par une pauvre petite lumière qui
lutte dans les ombres du soir contre le vent et la pluie. Il y a des
hommes qui ne savent pas résister à un cri de détresse. L’or attire le
voleur; le cadavre attire le vautour; ceux-là, c’est le malheur qui les
attire. Par je ne sais quelle secrète dispensation, ils ont reçu comme
un sacre qui en a fait des sauveurs, et comme d’autres sont nés pour
blesser et détruire, ils sont venus, pour panser les plaies et adoucir
les souffrances. S’inquiétant moins de rechercher l’origine d’une
catastrophe que de soulager ceux qui en pâtissent, ils ont déclaré au
mal une guerre pacifique. Sa grandeur ne les décourage pas; la petitesse
de leurs efforts, comparée à l’infini des misères et des souillures, ne
leur fait point tomber les bras. Aux yeux des sceptiques, ils sont de
pauvres fous qui veulent boire la mer; les sages positifs sourient de
leur candeur; mais ils ne s’inquiètent ni des uns ni des autres, et font
ce que le cœur leur a ordonné. Sous leur impulsion, il s’est organisé
dans le monde une œuvre réparatrice qui s’adresse aussi bien aux misères
physiques, à la maladie, à la pauvreté, qu’aux misères morales, aux
infirmités de la volonté, aux souffrances du cœur. La miséricorde a sa
tradition comme le crime, et c’est dans cette tradition qu’il est bon
d’entrer de bonne heure.
Je ne suis pas d’avis qu’on écrase la jeunesse sous le spectacle des
laideurs et des souillures, ni qu’on lui assombrisse l’horizon par une
révélation trop précoce des tristesses de la terre. Mais il n’est pas
moins fâcheux de lui cacher tout. Autre chose est d’être abreuvé tous
les jours de récits navrants, épouvanté par des scènes déchirantes;
autre chose est de savoir qu’il y a des êtres qui souffrent et d’être
initié avec tact, aux épreuves de la vie. Arrivé à la limite de
l’adolescence, un jeune homme, à qui l’on a évité tout ce qui parle de
la souffrance ou de la mort, est comme une victime qu’on aurait désarmée
de propos délibéré, pour la livrer plus sûrement à ses meurtriers. Il
ignore une des lois primordiales de la vie, la loi de la douleur. Cela
constitue pour son propre compte une lacune grave, et diminue en même
temps sa faculté d’être utile au prochain. Comment celui qui ignore la
souffrance peut-il y compatir ou la soulager?
Il y a beaucoup de bonnes raisons pour que nous fassions se rencontrer
la jeunesse et la douleur. La douleur mûrit, assagit, affermit. C’est
par ce baptême de feu qu’on entre vraiment au sanctuaire de l’humanité.
On n’est pas un homme quand les flots de misère ne battent pas votre âme
comme les flots des mers battent leurs rivages. La douleur a en outre le
don de nous purifier. Une certaine légèreté d’esprit est incompatible
avec elle. En fraternisant avec la douleur, nous concluons une alliance
puissante, grâce à laquelle nous vivrons mieux.
Ne craignez pas que cela diminue la joie. C’est une erreur. La joie,
comme tout ce que l’humanité a de saint et de grand, ne fleurit que sous
le régime de la loi commune, et non sous celui du privilège ou de la
fantaisie. Celui qui aspire au privilège et veut se soustraire à la loi
commune de souffrance et de peine, au lieu d’élargir sa vie, la
rétrécit. Il offre à la joie, pour l’y cultiver, le réduit obscur où
végète l’égoïsme, comme on offrirait une cave à une fleur. La sympathie
élargit la poitrine et augmente la faculté d’être heureux.
Au surplus, pour s’empêcher de compatir à la souffrance, il faudrait que
la jeunesse se fît violence à elle-même. Quoi de plus généreux qu’un
jeune cœur? quoi de plus prêt à s’attendrir et à voler au secours, sans
regarder en arrière? La vie nous fait souvent un visage renfrogné; les
méchancetés et les ingratitudes nous durcissent le cœur. Quelques-uns
deviennent pachydermes en avançant en âge. Mais en général, quand on est
jeune, on n’a pas les sens émoussés pour la douleur d’autrui. Il y a des
jours où l’on veut du bien à tout l’univers, où l’on souhaite la
bienvenue aux passants inconnus, où l’on pardonne à tous ses offenseurs,
où le cœur est voué à tout ce qui peine et pleure, où l’on voudrait
prendre dans sa main, pour les réchauffer, les pieds des petits enfants,
où l’on suspend en esprit des couronnes aux cercueils qui s’en vont sans
un signe ami. Et il faudrait anéantir tout cela? Non, non! ne résiste
pas au mouvement qui t’entraîne vers la pitié. Cours à l’action
réparatrice, apporte ton tribut au saint labeur d’espérance et de bonté!
Qui serait mieux préparé à cette tâche que la jeunesse? Elle manque
d’expérience. Mais l’expérience s’acquiert auprès de ceux qui la
possèdent, et, certes, ceux-là n’en sont point avares. Ils ne craignent
pas les concurrents. D’ailleurs, manquer d’expérience n’équivaut pas à
manquer de moyens. Pour l’œuvre de pitié, la jeunesse a des moyens si
puissants qu’on peut dire qu’elle possède des grâces d’état. On nous
raconte qu’une fleur, une araignée ont suffi pour charmer les longs
ennuis de certains prisonniers. Pour charmer la douleur, l’adoucir, la
consoler, rien ne vaut le contact de la jeunesse. Elle porte avec elle
la vie et l’espérance. Sans beaucoup parler, ni chercher de moyens
compliqués, elle nous fait plus de bien que certains consolateurs
officiels. Si l’on savait ce que peut un sourire, une visite, un petit
don amical, sur certaines vies obscures et déshéritées, comme on
donnerait volontiers ces humbles présents dont on a les mains pleines!
Le vieux rabbin Hillel, contemporain de Jésus, résumait tous ses
conseils à la jeunesse dans ce seul mot: _Sois bon, mon enfant!_ Que de
choses on ferait, et que d’autres on abandonnerait pour toujours, si
l’on prenait cette devise comme règle de conduite! La bonté, c’est après
quoi nous soupirons tous, parce que tous, nous souffrons. Ouvrir les
yeux, cultiver en soi le sens délicat des souffrances humaines, afin de
les deviner; apprendre à toucher les blessures d’une main légère,
pourquoi si peu d’hommes se soucient-ils de s’y appliquer? C’est
cependant la chose du monde la plus humaine. Pourquoi préférons-nous
travailler à l’œuvre inhumaine qui consiste à froisser, à tourmenter, à
faire couler des larmes?... _Sois bon, mon enfant!_
Sur le chemin obscur que parcourent les hommes, la bonté seule y voit
clair. Elle a la révélation des choses que nul n’aperçoit. C’est pour
cela que, par sa simple présence, elle prouve tout. Elle rassure, elle
signifie pour quiconque souffre et peine, fût-il le dernier et le plus
misérable de tous: tu n’es pas oublié. C’est pour cela que l’homme, tout
méchant qu’il soit, a reconnu la bonté pour divine, et jamais Dieu ne
lui est apparu plus clairement que sous la figure d’un homme qui, ému de
pitié pour sa douleur comme pour sa méchanceté, s’est sacrifié afin de
le délivrer de l’une comme de l’autre.
XVII
SURSUM CORDA!
Honorer Dieu
Aimer l’humanité,
Agir en brave
Triades gauloises.
«... Dieu saint! Je me donne aujourd’hui à toi de la manière la
plus solennelle... Je renonce à tous les maîtres qui ont dominé
sur moi, aux joies du monde et aux convoitises de la chair. Je
renonce à tout ce qui est périssable, afin que Dieu soit mon
tout. Je te consacre tout ce que je suis et tout ce que j’ai:
les facultés de mon esprit, les membres de mon corps, mon temps
et mes ressources... Daigne m’employer, Seigneur, comme un
instrument destiné à ton service...
«... Que le nom du Seigneur me soit en témoignage éternel que je
lui ai signé cette promesse avec la ferme et bonne volonté de la
tenir.
Strasbourg, le 1er Janvier 1760.
Jean-Frédéric Oberlin[11].
[11] Tel fut le point de départ d’une des existences les plus nobles
et les plus fécondes qui aient honoré la France et l’humanité.
Jean-Frédéric Oberlin, né à Strasbourg le 31 août 1740, devint, en
1767, le «ministre catholique évangélique» (c’est le titre qu’il
s’était donné) de la rude paroisse du Ban-de-la-Roche, perdue dans
un vallon des Vosges. Il en fut, pendant près de soixante ans,
l’apôtre, le civilisateur et le bienfaiteur, et y mourut dans sa 86e
année, le 1er juin 1826.
Il renouvela, dans sa trentième année, l’engagement qu’il avait
signé dix ans auparavant. Au déclin de sa vie, relisant une fois de
plus son «acte de consécration», il ajouta en marge: «Seigneur, aie
pitié de moi!» Il était alors dans sa 82e année. Il mourut quatre
ans plus tard (1er juin 1826). La devise qu’il s’était choisie était
celle-ci: _Marche devant Dieu._ Dans son testament il avait écrit
ces paroles: «Puissiez-vous oublier mon nom, et ne retenir que celui
de Jésus-Christ.»
Si le grain de blé qui sommeille sous les noirs sillons savait ce qu’il
est, il se réjouirait en pensant qu’il résume la peine du laboureur et
le soleil de Dieu; qu’il sera le pain de l’avenir, qu’il en est
aujourd’hui l’espérance. Il s’associerait librement à sa destinée,
l’accomplissant avec amour, à travers la germination, la floraison et la
maturité, et jusqu’à l’écrasement sous la meule du moulin.
Si l’homme se rendait compte de ce qu’il est et peut devenir, il ferait
de même.
J’ai essayé, dans ce livre, de faire sentir ce que notre destinée a de
grand. Mon désir est de le dire une fois encore en quelques lignes
brèves.
Qu’est-ce qu’un homme?
Un homme, c’est celui qui croit à la vie, à «la fuite utile des jours»,
au labeur fécond, à la douleur libératrice; c’est celui qui se confie à
la volonté qui est au fond des choses.
Un homme, c’est celui qui a le cœur fraternel, qui ne conçoit pas son
bonheur séparé du bonheur des autres, qui reste uni à l’ensemble, marche
dans le rang et aime l’humanité, comme il aime sa famille et sa patrie,
de toute l’émotion de ses entrailles et de toute sa puissance de
sacrifice.
Un homme, c’est celui qui essaye de se gouverner, non selon ses
passions, ses intérêts ou le caprice et la violence d’autrui, mais selon
la loi de justice.
Un homme, c’est celui qui sait combattre et souffrir pour tout ce qui
est bon, pour tout ce qu’on aime, pour tout ce qu’on adore. C’est celui
qui sait haïr le mal et lui faire une guerre sans merci, sachant bien
que notre ennemi suprême, le seul au fond, c’est le mal.
Un homme, enfin, c’est celui qui sait mourir; qui comprend que donner sa
vie, ce n’est pas la perdre, mais la sauver; c’est pénétrer de
l’éphémère dans l’éternel.
* * * * *
Petit soldat, sur le grand champ d’honneur de l’humanité, à ton poste
maintenant! Fais de ton mieux: Sois vaillant, sois juste, aie confiance!
Tu sers une bonne cause sous un bon chef.
Quand on demandait aux vieux Gaulois ce qu’ils craignaient, ils
répondaient avec une ironie superbe: «Nous ne craignons qu’une chose,
c’est que le ciel s’écroule!» Si tu es bien pénétré de la valeur
inestimable de la vie, ta poitrine deviendra ferme, comme celle de ces
rudes aïeux; et quand, sur le chemin du devoir, tu te sentiras trembler
devant le péril, quelqu’un qui est plus grand que le ciel et que tout le
monde visible te dira: _Ne crains rien; je suis avec toi._
TABLE ANALYTIQUE
CHAPITRE I
A LA CONQUÊTE DE L’ÉNERGIE Pages
Vivre c’est la grande affaire. Pour bien vivre, il faut être,
avant tout, pourvu d’énergie. Vanité des autres avantages
en l’absence de l’énergie. Prééminence de la force morale
sur toute autre puissance. Courage physique et vaillance de
l’âme. L’énergie morale, objet à la fois de notre admiration
et de nos regrets. Elle est ce qui nous manque le plus. 13-24
CHAPITRE II
LE PRIX DE LA VIE
Pour se procurer la force morale, il faut aller aux sources
où elle se puise. Le but de ce livre est d’indiquer
quelques-unes de ces sources. Au premier rang se place
l’idée même qu’on se fait de la vie. Le respect de la vie
est une source de force. L’homme devient plus ferme à
mesure qu’il sent mieux ce qu’il vaut, et qu’il discerne
plus clairement son but. Chacun de nous est une espérance
de l’humanité, une espérance de Dieu, et notre but est de
devenir des puissances pour la justice. Le dogme essentiel
est de croire à la vie; l’hérésie capitale consiste à
manquer d’espérance. 27-30
CHAPITRE III
L’OBÉISSANCE
Pour réaliser le but de la vie, l’obéissance est
indispensable. Elle est une autre source de force morale.
Malentendus au sujet de l’obéissance. Elle n’est pas
l’asservissement: elle est la mère de la liberté. Rôle de
la tradition et de l’autorité dans l’initiation à la vie.
La Loi, extérieure d’abord, puis intérieure. La liberté
consiste à associer sa volonté à la loi qui est au fond
des choses. L’obéissance aveugle et le respect de la
conscience individuelle. Impersonnalité de la conscience.
Servitude volontaire. Elle est la proclamation de la
solidarité, et son instrument le plus puissant. La
résignation. 39-55
CHAPITRE IV
LA SIMPLICITÉ
L’ambition vulgaire a pour objet de se séparer de l’ensemble
pour conquérir une place privilégiée. Cette ambition est
une source de faiblesse et d’avilissement. Il y a une autre
ambition, la seule bonne, qui résulte de la conviction que
le progrès de l’homme consiste à devenir meilleur. Celui qui
sait cela reste simple. La vraie grandeur pour lui est
intérieure. Persuadé que c’est par les racines que nous
vient la force, il reste en contact avec le robuste sillon
populaire. 59-68
CHAPITRE V
LA GARDE INTÉRIEURE
Rôle de la vigilance dans le monde. L’ennemi, c’est tout ce
qui affaiblit la vie et nous empêche d’être ce que nous
devons être. Fausse sécurité. Le mal en nous; chacun porte
en soi de quoi le détruire. Les batailles de l’âme. Leur
nécessité. La vigilance augmentée par le sentiment de la
responsabilité Nous ne sommes pas seuls en cause. Chacun
est le gardien des intérêts du prochain.
Le juge intérieur. Hommes de conscience et hommes de galerie.
Le recueillement et la prière.
Batailles perdues. Les vaincus et les blessés. Clémence et
pardon. C’est une force aussi que d’avoir été quelquefois
vaincu. 71-83
CHAPITRE VI
L’ÉDUCATION HÉROÏQUE
_Nihil mirari._ L’admiration et l’esprit de dénigrement ou
de raillerie. Nous vivons de respect, nous périssons par
la moquerie: chasse le moqueur!
Les héros. Leur rôle de pionniers et d’initiateurs. C’est
grâce à l’enthousiasme que leur influence pénètre jusqu’à
nous.
Puissance de l’exemple.
L’héroïsme obscur. Si le pessimisme avait raison, il y a
longtemps que la société aurait fait naufrage. Le bien
qu’on ignore fait équilibre au mal qu’on ne connaît que
trop. Cherchez le bien! 87-99
CHAPITRE VII
LES COMMENCEMENTS DIFFICILES
La jeunesse qui souffre. Difficultés d’ordre matériel et
spirituel. L’école de misère; ce qu’on y apprend. Ceux qui
ont souffert et lutté sont la force du monde. Des dangers
que fait courir à la jeunesse une vie trop facile.
Pauvreté volontaire. 103-120
CHAPITRE VIII
L’EFFORT ET LE TRAVAIL
L’homme craint l’effort comme un ennemi, et c’est son
meilleur ami. L’effort n’est pas seulement un signe de
vie; mais une source de vie.
Le travail. Graves erreurs au sujet du travail. Il ne
saurait être considéré exclusivement comme un gagne-pain
ou comme une marchandise. Conséquences funestes des idées
médiocres qui ont cours sur le travail. Le travail est
l’organe par lequel l’homme s’assimile la vie, dans le
sens le plus large de ce mot. Celui qui ne travaille pas
s’exclut de la vie. Le labeur aimé. _Fac et spera!_ 123-139
CHAPITRE IX
LA FIDÉLITÉ
Vies incohérentes: vies perdues. Mettons de l’unité dans
notre vie. Le perpétuel assaut que nous livrent les
circonstances. Lutte pour la stabilité. L’homme est un
voyageur qui convoite une patrie.
Caractères sûrs et caractères mobiles. Les virtuoses du
changement. Avilissement de la parole humaine.
L’honnêteté. Morale du dimanche et morale de tous les
jours. Duplicité de l’existence. 143-156
CHAPITRE X
LA GAITÉ
La splendeur du bien et la morale sinistre. Quittez tout air
sombre! La gaîté vaillante et ses triomphes. Œuvre néfaste
des grincheux. 159-167
CHAPITRE XI
L’HONNEUR VIRIL
L’honneur est-il chose différente pour l’homme et pour la
femme? Il nous plaît d’accorder que pour l’homme,
l’honneur consiste surtout dans le courage. Et c’est pour
ce motif que nous l’engageons à se garder pur. Le respect
de soi-même est une école d’énergie. Malgré les
difficultés qu’elle présente, la chasteté est le seul
idéal acceptable. Différence entre la chasteté monacale et
celle que nous recommandons. Il ne faut pas mépriser la
nature; mais la suivre en la respectant. Les sources de
la vie, confiées à la garde de l’homme. Noblesse oblige.
L’amour est frère de la vaillance. Tout acte contraire au
véritable amour est entaché de lâcheté. L’amour respecté
est une source de force, de joie, de poésie. 171-184
CHAPITRE XII
AUX INFIRMES
Fonction sociale de l’infirme. Il est un perpétuel memento
qui nous rappelle à la fraternité humaine.
L’infirme est une protestation éloquente contre le droit du
plus fort et la réfutation de ce droit. Puissance des
êtres désarmés.
Les forts confondus par les faibles.
L’infirme, maître dans la science de souffrir. Vous qui
êtes forts, allez lui demander des leçons.
L’infirme un consolateur. C’est dans la douleur qu’est le
salut du monde. 187-196
CHAPITRE XIII
LA PEUR
La barbarie et les civilisations raffinées, milieux
d’élection de la peur. La peur est l’esclavage par
excellence. Les exploiteurs de la peur.
La morale de la peur. La crainte des conséquences est le
commencement de l’immoralité.
La peur du ridicule.
Lutte contre la peur. Son royaume est en nous. Moyens de
la combattre. Les petits moyens. Le grand moyen. L’amour
est le secret du vrai courage. Celui-là seul est un
vivant et jouit de la vie, qui à tout moment est résolu
au sacrifice de soi-même, par amour. 199-215
CHAPITRE XIV
LE COMBAT
De l’emploi de l’énergie. Vivre c’est agir, agir c’est
combattre. Il y a combat et combat. La lutte pour
l’existence ne saurait être la loi de l’humanité, car le
but de l’humanité n’est pas l’existence, mais la justice.
Le combat suprême d’un être se fait pour son bien suprême.
La guerre. Choses très diverses que renferme ce vocable.
On ne saurait ni l’approuver ni la condamner en bloc.
Dans le sens étendu de ce mot, le combat durera tant que
durera le monde. Beauté du combat pour la justice. Son
caractère dominant est la loyauté. A bas les armes
louches! Le conflit loyal est une des formes les plus
énergiques de la collaboration. 219-236
CHAPITRE XV
L’ESPRIT DE LA DÉFENSE
La défense n’est pas un droit mais un devoir. Vengeance et
défense. La juste défense est impersonnelle.
La non-résistance. Le Christ commenté par Tolstoï. Ce qu’il
faut penser de la parole: ne résistez pas au méchant.
Elle indique l’esprit de la défense; mais le Christ
lui-même ne l’a pas prise à la lettre.
Les armes de la douceur.
Ceux qui disent: mêlons-nous de ce qui nous regarde.--«Ne
laisse pas faire aux autres, ce que tu ne voudrais pas
qu’on te fît à toi-même.»
Défense des faibles, des absents, des morts. 239-254
CHAPITRE XVI
LA BONTÉ RÉPARATRICE
L’énergie secourable. Ceux qui blessent et ceux qui
guérissent. La tradition de la miséricorde sur la terre.
Il faut entrer dans cette tradition quand on est jeune.
La jeunesse et la douleur. Vertu consolatrice de la
jeunesse. Sois bon, mon enfant! 257-265
CHAPITRE XVII
SURSUM CORDA
Ce que c’est qu’un homme. 269-272
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Édition complète avec une préface par J. F. Astié.
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Avis aux jeunes gens et aux jeunes femmes de toutes les
classes de la société, par William Cobbett. Précédé d’une
vie de l’auteur par F. Vernes-Prescott. 2e éd. (Ouvrage
adopté par le ministère de l’instruction publique).
Un vol. in-12. 3 fr. 50
Montaigne moraliste et pédagogue, par Mme Jules Favre, née
Velten. 1 vol. in-12. (Ouvrage adopté par le ministère de
l’instruction publique). 3 fr. 50
La morale de Cicéron, par Mme Jules Favre, née Velten.
(Ouvrage adopté par le ministère de l’instruction
publique.) Un vol. in-12. 4 fr.
Pensées pour chaque jour. Morale. Éducation. Un vol. in-16,
relié. (Ouvrage adopté par le ministère de l’instruction
publique). 1 fr. 50
Histoire de la philosophie européenne, par Alfred Werner,
professeur à l’Université de Strasbourg. 5e édit. revue
et augmentée. 1 vol. in-8º. 12 fr.
Bar-le-Duc, Imprimerie Comte-Jacquet.