DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce est cultivée dans l’Afrique

tropicale, aux îles du Cap-Vert, dans les Indes et l’Amérique

tropicale.

OBSERVATIONS. — D’après la figure du _Botanical Magazine_, les

étamines sont extrorses, les anthères placées côte à côte et

le connectif es dilaté au-dessus des loges.

7. =A. cherimolia= Mill. ; DC. _Prodr._ I, p. 85 ; Hook. f. _Niger

Fl._ p. 205 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16.

« Cape Verde and West Africa (cult.) » (Hooker).

DISTRIB. GÉOGR. — Plante originaire du Pérou, cultivée çà et

là dans l’Afrique tropicale et aux îles du Cap-Vert.

OBSERVATIONS. — Etamines extrorses ; anthères à loges longues et

étroites, placées côte à côte ; filet très court ; connectif

non prolongé en arrière, épaissi à la partie supérieure en une

masse plate, peu épaissie, au-dessus des loges.

8. =A. muricata= L. ; DC. _Prodr._ I, p. 84 ; Hook. f. _Niger Fl._

p. 204 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16.

Fleurit en avril.

« Sierra Leone (cult.), _Vogel_ » (Hooker).

EXSICCATA. — Sénégal : Hortis, _Leprieur !_

Dans les jardins du bas Sénégal. Dakar, Rufisque, Gambie. J’en

ai vu à l’état sauvage entre Médine et Bafoulabé, _Derrien !_

DISTRIB. GÉOGR. — Plante cultivée, qui croît au Mexique, dans

les Antilles, au Brésil, au Pérou, dans les Indes, à Java, sur

la côte occidentale de l’Afrique et aux îles du Cap-Vert.

OBSERVATIONS. — Etamines extrorses ; anthères à loges très

longues et étroites, placées côte à côte ; filet à peine égal

au 1/5e de l’anthère ; connectif non prolongé en arrière,

dilaté au sommet en une petite masse tronquée, surmontant et

recouvrant les loges, à face supérieure polygonale, inclinée.

9. =A. palustris= L. ; DC. _Prodr._ I, p. 84 ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 16 ; _Bot. Mag._ pl. 4226. — _A. chrysocarpa_

Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 6.

Fleurit en avril, mai.

« Crescit in paludibus promontorii Viridis (cap Vert) et in provincia

M’Boro, in regno Cayor » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, _Leprieur_ » (Oliver).

EXSICCATA. — Casamance, _Leprieur !_

Pays de M’Boro, royaume de Cayor. In paludibus torfosis,

_Leprieur !_ Sénégal, _Perrottet !_

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur la côte de

Guinée et au Gabon. Elle est commune dans les Antilles, l’Amérique

équatoriale et méridionale.

OBSERVATIONS. — Etamines extrorses, à loges longues et étroites,

placées côte à côte ; connectif s’épaississant graduellement

vers la partie supérieure et formant au sommet une petite masse

recouvrant en partie les loges, tronquée, à face supérieure plane,

inclinée, triangulaire.

10. =A. senegalensis= Pers. ; DC. _Prodr._ I, p. 86 ;

Deless. _Ic._-I, pl. 86 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 5 ;

Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16. — _A. arenaria_ Sch. et

Th. _Guin. Pl._ II, p. 31 ; Brunner, _Ergebn._ no 20.

Fleurit de février en mai.

« Frequens occurrit ad basin collium a provincia M’Boro usque ad

Casamanciam » (Guill. et Perr.).

« Sierra Leone, _Don, Barter_ » (Oliver).

« Senegambia, Sierra Leone, _Perrottet, Afzelius, Don_ » (Hooker).

« In Senegalia, _Roussillon_ » (DC.).

EXSICCATA. — Terrains sablonneux du cap Vert, _Leprieur !_

Très commun dans les environs du rio Nunez, _Heudelot_ (no 781) !

Prope Itou, Casamance. Existe-t-il aussi dans le royaume de

Cayor ? _Leprieur !_

M’Boro, _Perrottet !_

Assez commun dans le haut Sénégal, entre Médine et Kita,

_Derrien !_

Fangalla, _Derrien !_

Sénégal, _Leprieur ! Roussillon_ (no 69) !

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de

Guinée, dans la baie de Benin, sur les bords du Niger, du Congo,

du Zambèse, dans le Benguela et l’Angola, aux îles du Cap-Vert,

au milieu du Soudan dans le Bornou, dans le Sennaar, sur le haut

Nil, etc.

OBSERVATIONS. — Les étamines de cette espèce sont semblables à

celles de l’_A. glauca_. L’anthère a été mal représentée

sur la planche de Delessert.

On rencontre quelquefois une forme à feuilles glabres. Cette forme se

distingue de l’_A. glauca_ par la disposition des nervures. Elle a

des pétioles d’un centimètre et les nervures de la même couleur

que les feuilles, tandis que l’_A. glauca_ a des pétioles très

courts et des nervures presque toujours noirâtres.

11. =A. glauca= Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 33 ; Guill. et

Perr. _Fl. Sénég._, p. 5 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 206 ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 17. — _A. senegalensis_ var. H. Bn,

_Adansonia_, 8, p. 380.

Fleurit en juin.

« Crescit frequens in collibus arenosis regni Cayor » (Guill. et

Perr.).

« Senegambia, _Brunner_ and others » (Oliver), (Hooker).

EXSICCATA. — In siccis regni Cayor prope Tielimane, Gatitoye,

_Leprieur !_

Sénégal, _Perrottet ! Leprieur ! Boivin_ (no 421) ! _Adanson !_

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de

Guinée.

OBSERVATIONS. — Étamines extrorses, à loges longues et étroites,

placées côte à côte ; filet très court, à peine égal au 1/5e de

l’anthère ; connectif épaissi assez brusquement au sommet, ayant

la forme d’une pyramide renversée, tronqué, à face supérieure

horizontale, carrée, recouvrant entièrement les loges supérieures,

un peu prolongé en corne vers le centre de la fleur.

M. H. Baillon (_Adansonia_, VIII, p. 380) regarde l’_A. glauca_

comme une variété de l’_A. senegalensis_. Nous ne croyons pas

qu’on puisse donner cette assimilation comme positive.

Dans l’_A. senegalensis_, la feuille est terminée brusquement

à la base, les pétioles sont toujours très distincts, longs

d’un centimètre environ. Les nervures et les ramifications

sont pubescentes-soyeuses, de la même couleur que la feuille ;

les nervures sont parallèles, régulières et nombreuses ;

les inférieures forment un angle droit avec la nervure médiane

dès leur naissance et sont parallèles au bord inférieur de la

feuille. Le fruit est jaune.

Dans l’_A. glauca_, la feuille est un peu rétrécie en coin, le

pétiole est presque nul et ne dépasse jamais 5 millimètres. Les

nervures et les ramifications sont glabres, ordinairement noirâtres ;

la feuille est entièrement glabre et glauque en dessous. Les

nervures sont irrégulières, non parallèles, ordinairement moins

nombreuses que dans l’_A. senegalensis_ ; les inférieures suivent

d’abord la direction de la nervure médiane ou sont obliques sur

cette nervure ; elles ne sont généralement pas parallèles au bord

inférieur de la feuille. Le fruit est vert, plus petit que celui

de l’_A. senegalensis_.

Toutefois ces différences, bien visibles sur les plantes du

Sénégal, paraissent moins tranchées sur les échantillons

recueillis sur le Niger et dans l’Angola, qui pourraient bien être

le passage entre les deux espèces, ainsi que la forme glabre qu’on

rencontre quelquefois au Sénégal. Je n’ai pas encore pu examiner

les échantillons de M. Welwitsch, qui auraient peut-être résolu

la difficulté ; mais M. Oliver, qui les a eus entre les mains,

a maintenu les deux espèces. Les étamines sont semblables dans

les deux plantes.

=4. UVARIA= L.

(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 23).

12. =U. ovata= A. DC. _Mém. Anon._ p. 29 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._

I, p. 21. — _Unona ovata_ Vahl ined., DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ;

DC. _Prodr._ I, p. 89, β. _afzeliana_ DC.

« In Sierra Leona » (DC.).

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été rapportée par Vahl de

la côte de Guinée, mais elle n’a pas été retrouvée depuis.

13. =U. gracilis= Hook. f. _Niger Fl._ p. 210 ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 22.

« Sierra Leone, _Don_ » (Hook.).

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.

14. =U. chamæ= Pal. Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ II, p. 42, pl. 83 ;

DC. _Prodr._ I, p. 88 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 7, pl. 3,

fig. 2 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 22. — _Unona macrocarpa_

DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ; DC. _Prodr._ I, p. 88. — _Uvaria

cylindrica_ Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 30.

Fleurit en avril, mai.

α. _parviflora_. — Feuilles petites, ovales-obtuses (de 3 à 6

centimètres de long sur 2 à 3 de large), ordinairement parsemées en

dessous de poils étoilés, à nervures et à pédoncules pubescents,

obovées, obtuses. Jeunes rameaux pubescents. Boutons petits. Calice

urcéolé, à dents très peu apparentes. Fleurs petites, plusieurs

ensemble.

« Crescit in sylvis arenosis prope Maloum ad promontorium Rubrum

Casamanciæ » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, _Leprieur_ » (Oliver).

« In Guinea » (DC.).

EXSICCATA. — Habitat in sabulosis prope Maloum, cap Rouge. Pays

des Feloupes, _Leprieur !_

β. _media_. — Feuilles assez grandes (de 6 à 12 centimètres de

long sur 3 à 5 de large), ovales ou ovales-allongées, présentant

souvent la plus grande largeur au-dessus du milieu, obtusément

acuminées, glabres. Jeunes rameaux, nervures et pédoncules glabres

ou finement pubescents. Boutons plus gros que dans la var. α. Calice

urcéolé, à dents peu apparentes. Fleurs assez grandes, souvent

solitaires.

« Senegambia, _Heudelot_ » (Oliver).

EXSICCATA. — Croît dans les lieux fertiles et humides de Karkandy,

_Heudelot_ (no 873) !

γ. _grandiflora_. — Feuilles très grandes (8 à 15 centimètres

de long sur 5 à 8 de large), ovales ou ovales-oblongues, obtuses ou

obtusément acuminées, à nervures et à pédoncules glabres. Jeunes

rameaux ordinairement glabres. Boutons très gros. Calice trilobé,

à lobes larges, obtus. Fleurs grandes, souvent solitaires.

Cette dernière variété, trouvée à Nupe, sur le Niger, par

M. Barter, n’a pas encore été rencontrée au Sénégal.

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur les bords

du fleuve San-Iago sur la côte d’Or, à Nupe sur le Niger, et

aux environs de Zanzibar sur la côte orientale de l’Afrique.

OBSERVATIONS. — Cette espèce est très variable. Elle est tantôt

glabre et tantôt pubescente ; les feuilles varient beaucoup de

forme et de dimension. Le calice est ordinairement urcéolé et se

déchire souvent en trois parties lors de l’anthèse, mais j’ai

vu des fleurs ouvertes dans lesquelles la déchirure n’avait pas eu

lieu. D’autres fois le calice est tout à fait trilobé, à lobes

arrondis, même dans le bouton. On pourrait être tenté d’établir

plusieurs espèces sur ces caractères, mais un examen attentif

montre qu’il n’y a là que des formes ou des variétés, car

chaque caractère varie séparément, les autres restant semblables,

de sorte qu’on peut trouver tous les passages entre les diverses

variétés de l’espèce. La fleur, quoique variant en dimension,

est toujours semblable, au moins pour ses caractères essentiels ;

les étamines ont toujours la même forme dans toutes les variétés

et présentent les caractères suivants :

Étamines extrorses ; loges longues et étroites, se touchant presque

à la partie inférieure, mais divergeant vers le haut, ce qui les

rejette un peu sur le côté ; filet presque nul ; connectif dilaté

au-dessus des loges, les recouvrant, à surface supérieure aplatie,

polygonale, inclinée, un peu prolongée en corne vers le centre de

la fleur.

Le même rameau porte souvent des feuilles de forme et de dimension

très différentes, de sorte qu’on rencontre tous les degrés entre

la forme à très grandes feuilles et celle à petites feuilles. Nous

croyons qu’il y a lieu d’établir les trois variétés que nous

venons d’énumérer.

15. =U. cristata= R. Br. _mss. in Herb. Mus. Brit._ ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 23.

« Sierra Leone, _Purdie_ » (Oliver).

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.

=5. POPOWIA= Endl.

(H. Baillon, _Hist. des plantes_, I, p. 284).

OBSERVATION. — Nous comprenons le genre comme l’a délimité

M. Baillon, en réunissant les _Clathrospermum_ (Benth. et

Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 29) aux _Popowia_ (Benth. et

Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 25).

16. =P. vogelii= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 316. — _Clathrospermum

vogelii_ Planch. inéd., Bentham in _Linn. Trans._ t. XXIII,

p. 479 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 25. — _Uvaria ? vogelii_

Hook. f. _Niger Fl._, p. 208, pl. 17.

« Sierra Leone, _Barter_ » (Oliver).

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de

Guinée et du golfe de Guinée et sur les rives du Niger.

OBSERVATIONS. — Il ne faut pas songer à distinguer cette espèce

des deux autres _Popowia_ de la région sans avoir la fleur ou le

fruit. Les différences des feuilles sont très légères et ne

donnent aucun caractère précis. Dans le _P. vogelii_, les feuilles

sont souvent un peu cordées à la base, tandis qu’elles sont

terminées brusquement ou en coin dans les deux autres espèces.

17. =P. heudeloti= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 320.

Fleurit en avril.

« Crescit in depressis fertilibus ad Karkandy Senegambiæ,

_Heudelot_ » (H. Bn).

EXSICCATA. — Croît dans les bas-fonds fertiles de Karkandy,

_Heudelot_ (no. 878) !

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée

ailleurs.

18. =P. barteri= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 324.

« Crescit in Africa tropica occidentali, ad Sierra Leone, ubi in

exped. anglic. ad flum. Nigrum, anno 1857-59, legit _Barter_ »

(H. Bn).

EXSICCATA. — Sierra Leone, _Barter !_

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée

ailleurs.

OBSERVATIONS. — Cette espèce a toutes les apparences extérieures

du _P. heudeloti_ H. Bn. On ne peut l’en distinguer qu’en

analysant la fleur pour voir la forme de l’étamine, dont le

connectif est en forme de coin dans le _P. heudeloti_ et en forme

de pioche dans le _P. barteri_. Le fruit de cette dernière espèce

est encore inconnu.

=6. HEXALOBUS= A. DC.

(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 24).

19. =H. crispiflorus= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 143. —

_H. grandiflorus_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 468, pl. 49 ;

Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 27.

Fleurit en avril.

« Crescit in ripis fluminorum Senegambiæ, _Heudelot_ » (Richard).

EXSICCATA. — Croît près des ruisseaux du Fouta-Djallon, _Heudelot_

(no 865) !

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes du

golfe de Guinée.

OBSERVATIONS. — A. Richard avait publié cette espèce en 1845,

dans la _Flore de Cuba_, d’après les échantillons recueillis

par Heudelot au Sénégal. Il avait donné la diagnose suivante :

« _Hexalobus crispiflorus_. — H. fol. elliptico-lanceolatis,

acuminatis, acutissimis, integris, coriaceis, superne glabris, subtus

ferrugineis ; fl. maximis axillaribus ; corolla gamopetala regulari,

sexpartita, campanulata, lobis lanceolatis margine sinuosis. Crescit

in ripis fluminorum Senegambiæ. Arbor procera. »

M. Bentham a publié la même espèce en 1862, dans son mémoire sur

les Anonacées africaines, d’après les échantillons rapportés

par MM. Mann et Barter de la côte de Guinée, et lui a donné le

nom de _H. grandiflorus_. Il n’avait pas vu la plante de Heudelot,

car il ne la cite pas dans son mémoire, mais il devait connaître

la diagnose donnée par Richard, quoiqu’elle fût égarée dans

la _Flore de Cuba_, car il cite ce dernier ouvrage à propos des

_Xylopia_. Il est probable qu’il n’aura pas osé identifier sa

plante avec une simple diagnose. La comparaison des échantillons

authentiques de Heudelot avec la plante de Mann, et la description et

l’excellente figure du mémoire de M. Bentham, nous permettent de

réunir les deux espèces avec certitude. Le nom donné par Richard,

étant plus ancien, doit être conservé.

Ajoutons que M. Bentham aurait été bien pardonnable s’il n’avait

pas connu les diagnoses d’un _Hexalobus_ et d’un _Xylopia_

du Sénégal isolées au milieu d’une flore des Antilles. On ne

saurait trop blâmer cette habitude qu’ont quelques auteurs de

donner dans une flore la description de plantes appartenant à une

flore très différente. Ces descriptions sont presque perdues pour

la science, puisque ce n’est que le hasard qui peut les faire

rencontrer. M. A. de Candolle condamne les différents genres de

publicité qu’il appelle _publicité incomplète_, dans lesquels

il comprend _une note sur les plantes d’Afrique dans une flore

américaine_ (A. DC. _Phytogr._ p. 21). C’est bien le cas qui se

présente ici, et il est probable que M. de Candolle a eu en vue

précisément l’exemple que nous venons de citer.

20. =H. senegalensis= A. DC. _Mém. Anon._ p. 37 ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 27. — _Uvaria monopetala_ Guill. et

Perr. _Fl. Sénég._ p. 8, pl. 2.

Fleurit de février en mai.

« Crescit in montosis saxosis regionis Galam et ad basim collium

prope Joal » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, _Leprieur_ et _Perrottet_, _Heudelot_ ; Gambia,

_Whitfield_ » (Oliver).

EXSICCATA. — Croît dans le Woolli, Saloum, Baol, _Heudelot_

(no 360) ! Sénégal, _Leprieur ! Perrottet !_

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les bords du

Niger et dans la région du haut Nil.

=7. XYLOPIA= L.

(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 28).

21. =X. æthiopica= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 53 (en note) ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 30. — _Unona æthiopica_ Dun. _Anon._

p. 113 ; DC. _Syst. veget._ I, p. 496 ; DC. _Prodr._ I, p. 91. —

_Uvaria æthiopica_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9. — _Habzelia

æthiopica_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 31. — _Hablitzia æthiopica_

Hook. f. _Niger Fl._ p. 206. — _Xylopia undulata_ (fruit seulement)

P. de Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ I, pl. 16. — _Unona ? undulata_

(fruit seulement) Dunal, DC. _Syst. veget._ I, p. 494 ; DC. _Prodr._

I, p. 9).

Fleurit en novembre et décembre.

« Crescit frequentissime hoc arbor elegans in Palmarum sylvis

Senegambiæ » (Guill. et Perr.).

« Sénégambie, _Leprieur, Perrottet, Ingram_ ; Sierra Leone,

_Afzelius, Dr Daniell_ » (Oliver).

« In Sierra Leone » (DC.).

EXSICCATA. — Crescit frequentissime hæc arbor elegans in Palmarum

silvis Senegambiæ, _Perrottet !_

Sénégal, _Adanson_ (no 197, A.) ! _Perrottet_ (no 9) ! _Heudelot_

(no 566) !

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de

Guinée, dan le golfe de Guinée, sur les bords du Niger et au Gabon.

OBSERVATIONS. — On sait que la figure de Palisot de Beauvois avait

été faite d’après deux échantillons d’espèces différentes

et attribués à tort à la même espèce. Le fruit appartient au

_Xylopia æthiopica_, et la fleur est celle du _Monodora myristica_

Dunal.

22. =X. parviflora= Vallot (non Benth.) (non Oliver). — _Uvaria

parviflora_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9, pl. 3, fig. 1. —

_Cœlocline parviflora_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 ; Hook. f. _Niger

Fl._ p. 207. — _X. acutiflora_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII,

p. 478 (non A. Rich.) ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32 (non

A. Rich.). — _X. acutiflora_ (fruit seulement) Dunal, _Anon._

p. 116, pl. 22. — Barter, _Exsicc._ no 426 et no 1035.

Feuilles alternes, ovales-oblongues, obtuses, obtusément acuminées

ou rétuses, coriaces, glabres en dessus, glabres ou pubescentes

en dessous, petites (2,5 à 6 cent. de long sur 1 à 3 cent. de

large) ; pétioles très courts (2 à 3 mill.). Fleurs petites (de

5 à 15 mill. de long), longuement acuminées, axillaires, 1 à 3

ensemble, sur de longs pédoncules (de 8 à 12 mill.) portant 2 ou

3 bractéoles squamiformes espacées, alternes. Calice trilobé,

à lobes aigus. Pétales longuement acuminés, linéaires,

soyeux. Fruits formés d’un petit nombre de baies subsessiles,

oblongues, épaisses, deux fois plus longues que larges, de la

grosseur d’une olive.

Fruits en mars et avril.

« Crescit ad oram sylvarum et in locis siccis riparum Casamanciæ

prope Maloum » (Guill. et Perr.).

EXSICCATA. — Crescit frequens ad oram sylvarum et in locis siccis

riparum Casamanciæ prope Maloum, _Perrottet_ (no 7) !

Casamance, _Perrottet !_

In sabulosis prope Maloum. Cap Rouge ; pays des Feloupes, _Leprieur !_

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de

Guinée, sur les rives du Niger et au Congo.

OBSERVATIONS. — Nous avons cru devoir donner une description

abrégée de cette espèce, qui a été méconnue par M. Bentham et

décrite par cet auteur sous le nom de _X. acutiflora_ A. Rich. (voyez

les observations au _X. acutiflora_.)

23. =X. dunaliana= Vallot. — _Unona acutiflora_

(fr. exclus.) Dun. _Anon._ p. 116, pl. 22 ; DC. _Syst. veget._

I, p. 498 ; DC. _Prodr._ I, p. 92. — _Cœlocline acutiflora_

(fr. exclus.) A. DC. _Mém. Anon._ p. 32, pl. 5, C. —

_Xylopia acutiflora_ (fr. exclus.) A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 55

(en note), (non Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 478), (non

Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32). — _Xylopia parviflora_

(fr. exclus.) Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 479 ; Oliver,

_Fl. trop. Afr._ I, p. 31. — _Unona oxypetala_ DC. _Syst. veget._ I,

p. 496 (ex descriptione) ; DC. _Prodr._ I, p. 91 (ex descript.). —

_Cœlocline ? oxypetala_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 (ex

descript.). — Mann, _Exsicc._ no 914.

Feuilles ovales-lancéolées, aiguës ou acuminées, raides, glabres,

petites (de 5 à 8 cent. de long sur 1,5 à 2,5 cent. de large) ;

pétioles très courts (2 à 3 mill.). Fleurs variables (de 0,5 à 2

cent. de long), tantôt allongées et acuminées, tantôt brusquement

coniques et très courtes, axillaires, solitaires, presque sessiles ;

pédicelles très courts, à peine de la longueur du pétiole,

recouvert par de petites bractées alternes, imbriquées. Calice

trilobé, à lobes aigus. Pétales soyeux, allongés acuminés,

ou courts triangulaires. Fruit inconnu.

« In Sierra Leona, _Smeathman, Afzelius_ » (DC.).

« Sénégambie, _Perrottet_ » (H. Baillon).

DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur les côtes

du golfe de Guinée et sur les bords du Niger.

OBSERVATIONS. — Nous avons donné une description abrégée de

cette plante à cause des confusions dont elle a été l’objet.

1o Cette espèce, qui est en partie l’_Unona acutiflora_ de Dunal,

a été l’objet de plusieurs erreurs. M. Bentham la donne sous le

nom de _X. parviflora_, tandis qu’il décrit cette dernière espèce

en la nommant _X. acutiflora_. Du reste, M. Bentham, qui, je crois,

n’a pas eu l’occasion de consulter les types du _X. parviflora_

recueillis par Perrottet, n’était pas certain d’avoir bien

déterminé ces deux plantes, comme il le fait remarquer dans

son mémoire : « I do not feel at all confident... in my having

correctly identified our specimens. » La description qu’il donne

du _X. acutiflora_ est en complet désaccord avec celle de Dunal.

Nous mettons ici en parallèle les caractères les plus distinctifs

des deux espèces controversées :

_Unona acutiflora_ Dun. (d’après la description et la figure

de Dunal). — Fleurs axillaires, presque sessiles, solitaires ;

pédoncules très courts, à peine de la longueur des pétioles (2

millim. envir.), recouverts par les bractéoles imbriquées. Fleurs

tantôt allongées et acuminées, tantôt brusquement coniques et

très courtes, variant ainsi de 0,5 à 2 centimètres.

_Uvaria parviflora_ Guill. et Perr. (d’après la description, la

figure et les échantillons de Perrottet). — Fleurs axillaires,

pédonculées, réunies par 1-3 ; pédoncules de 8 à 12 millim. de

long, portant 2 ou 3 bractéoles courtes, espacées. Baies peu

nombreuses, grosses et courtes, en forme d’olive.

La forme des feuilles est variable et ne peut guère servir, dans

une description, à distinguer les deux espèces. Les feuilles sont

aiguës, obtuses ou un peu acuminées dans l’_Unona parviflora_ ;

elles sont aiguës ou longuement acuminées dans l’_Uvaria

acutiflora_.

Dunal a décrit les feuilles de l’_Unona acutiflora_ comme aiguës,

mais M. A. de Candolle, qui décrit la plante d’après le même

échantillon, les donne comme acuminées. Du reste, dans la figure

de Dunal, les feuilles supérieures sont aiguës et les inférieures

longuement acuminées.

Ces éléments posés, nous allons aborder la discussion des espèces

de M. Bentham.

2o La plante recueillie par M. Mann à Bagroo river, décrite

par M. Bentham sous le nom de _X. parviflora_ et que j’ai pu

examiner au Muséum, a les feuilles longuement acuminées ; les

fleurs sont presque sessiles et variables, les unes allongées,

les autres très courtes, grosses et coniques, comme on en voit

dans la figure de l’_Unona acutiflora_ de Dunal et comme les

décrit M. Bentham, « petalis brevioribus crassioribus », au

_X. parviflora_. On voit que cette plante est très différente de

l’_Uvaria parviflora_ de Perrottet, qui a de longs pédoncules et

des feuilles obtuses, aiguës ou rarement brièvement acuminées,

tandis qu’elle s’accorde précisément avec la description de

l’_Unona acutiflora_ de Dunal. Le _Xylopia parviflora_ Benth. doit

donc être rapporté à l’_Unona acutiflora_ Dunal, c’est-à-dire

au _Xylopia dunaliana_ Vallot.

Études sur la flore du Sénégal · 第 4 / 6 段