Puis, en se relevant, le plus jeune disait à l’autre

-- Oui, mon bon Jim, la prière est douce au coeur affligé.

-- Prier, penser, espérer, très bon, répondait Jim.

Ensuite Halleck, le jeune missionnaire vieilli avant l’âge, se

détournait avec un soupir, et, moissonneur infatigable, partait

pour récolter des âmes.

Un jour l’Indien revint seul et portant une forme humaine:

enveloppée d’un suaire noir.

Il creusa une tombe à côté de celle de la sainte et y déposa son

précieux fardeau.

Pendant plusieurs mois on le vit errer dans les bois

environnants; quand l’hiver arriva, la neige n’était pas plus

blanche que ses cheveux.

Le printemps suivant, au grand réveil de la nature, on trouva des

ossements blanchis étendus au pied du Sumac, qui portait la

petite croix défigurée, hélas, par bien des orages.

C’étaient les restes du fidèle Jim, du bon Indien dévoué jusqu’à

la mort.

Jim l'indien · 第 5 / 6 题