[Résumé]
Dans cette conclusion sous forme de citations, les dates indiquées sont
les dates auxquelles ces textes - extraits d’entretiens par courriel -
ont été écrits et publiés. Les auteurs de ces textes sont Michael Hart
(août 1998), John Mark Ockerbloom (septembre 1998), Robert Beard
(octobre 1998), Jean-Paul (juin 2000), Nicolas Pewny (février 2003),
Marc Autret (décembre 2006), Pierre Schweitzer (janvier 2007), Denis
Zwirn (août 2007), Catherine Domain (avril 2010) et Henk Slettenhaar
(juin 2011).
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Voici une conclusion sous forme de citations. Les dates indiquées sont
les dates auxquelles ces textes - extraits d’entretiens par courriel -
ont été écrits et publiés.
# Août 1998
«Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans
véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous
diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut
concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont
habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement.»
(Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg en 1971)
# Septembre 1998
«Je me suis passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre
la littérature accessible au plus grand nombre. (…) Je suis très
intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de
communication de masse ces prochaines années. J'aimerais aussi rester
impliqué dans la mise à disposition gratuite de livres sur l'internet,
que ceci fasse partie intégrante de mon activité professionnelle, ou
que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps libre.» (John
Mark Ockerbloom, créateur de l’Online Books Page en 1993)
# Octobre 1998
«Le web sera une encyclopédie du monde faite par le monde pour le
monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles qui
ne soient pas disponibles, si bien que l'obstacle principal à la
compréhension internationale et interpersonnelle et au développement
personnel et institutionnel sera levé. Il faudrait une imagination plus
débordante que la mienne pour prédire l'effet de ce développement sur
l'humanité.» (Robert Beard, cofondateur du portail yourDictionary.com
en 2000)
# Juin 2000
«La navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre
d'intérêt et je clique méthodiquement sur tous les liens qui s'y
rapportent) ou en louvoiements (de clic en clic, à mesure qu'ils
apparaissent, au risque de perdre de vue mon sujet). Bien sûr, les deux
sont possibles avec l'imprimé. Mais la différence saute aux yeux:
feuilleter n'est pas cliquer. L'internet a donc changé mon rapport à
l'écriture. (...) C'est finalement dans la publication en ligne
(l'entoilage?) que j'ai trouvé la mobilité, la fluidité que je
cherchais.» (Jean-Paul, créateur du site hypermédia cotres.net en 1998)
# Février 2003
«Je vois le livre numérique du futur comme un "ouvrage total"
réunissant textes, sons, images, vidéo, interactivité: une nouvelle
manière de concevoir et d'écrire et de lire, peut-être sur un livre
unique, sans cesse renouvelable, qui contiendrait tout ce que l'on a
lu, unique et multiple compagnon. Utopique? Invraisemblable? Peut-être
pas tant que cela!» (Nicolas Pewny, fondateur des éditions du Choucas
en 1992)
# Décembre 2006
«Il y a au moins deux axes qui émergent [pour le livre numérique]: (a)
une interface de lecture/consultation de plus en plus attractive et
fonctionnelle (navigation, recherche, restructuration à la volée,
annotations de l’utilisateur, quizz interactif...); (b) une intégration
multimédia (vidéo, son, infographie animée, base de données, etc.)
désormais fortement couplée au web. Aucun livre physique n’offre de
telles fonctionnalités. J’imagine donc l'e-book de demain comme une
sorte de wiki cristallisé, empaqueté dans un format. Quelle sera alors
sa valeur propre ? Celle d'un livre: l'unité et la qualité du travail
éditorial!» (Marc Autret, infographiste et créateur du site Indiscripts
en 2009)
# Janvier 2007
«La chance qu'on a tous est de vivre là, ici et maintenant cette
transformation fantastique. Quand je suis né en 1963, les ordinateurs
avaient comme mémoire quelques pages de caractères à peine.
Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des milliards de
pages, une vraie bibliothèque de quartier. Demain, par l'effet conjugué
de la loi de Moore et de l'omniprésence des réseaux, l'accès instantané
aux oeuvres et aux savoirs sera de mise. Le support de stockage lui-
même n'aura plus beaucoup d'intérêt. Seules importeront les commodités
fonctionnelles d'usage et la poétique de ces objets.» (Pierre
Schweitzer, concepteur du projet @folio en 1996)
# Août 2007
«Le livre numérique n'est plus une question de colloque, de définition
conceptuelle ou de divination par certains "experts": c'est un produit
commercial et un outil au service de la lecture. (…) Il suffit de
proposer des textes lisibles facilement sur les supports de lecture
électronique variés qu'utilisent les gens, l'encre électronique pouvant
progressivement envahir tous ces supports. Et de les proposer de
manière industrielle. Ce n'est pas et ne sera jamais un produit de
niche (les dictionnaires, les guides de voyage, les livres pour non
voyants...): c'est en train de devenir un produit de masse, riche de
formes multiples comme l'est le livre traditionnel.» (Denis Zwirn,
fondateur de la librairie numérique Numilog en 2000)
# Avril 2010
«Internet a pris de plus en plus de place dans ma vie! Il me permet
depuis le 1er avril d'être éditeur grâce à de laborieuses formations
Photoshop, InDesign et autres. (…) Décidément il y aura toujours des
rebondissements inattendus aux inventions, entre autres. Quand j'ai
commencé à utiliser l'internet [en 1999], je ne m'attendais vraiment
pas à devenir éditeur. » (Catherine Domain, fondatrice de la librairie
Ulysse en 1971)
# Juin 2011
«Je n'ai jamais aimé lire un livre sur un ordinateur ou sur un PDA.
Maintenant, avec l’arrivée de tablettes comme le Kindle et l’iPad, je
suis finalement devenu un lecteur de livres numériques. Je vois un
expansion énorme avec l'arrivée de tablettes faciles à utiliser et avec
un choix considérable de livres grâce au commerce électronique et à des
sociétés comme Amazon. (…) J'utilise également des livres en ligne pour
apprendre l'art de l'innovation!» (Henk Slettenhaar, fondateur de la
Silicon Valley Association suisse en 1992)