1995 > ÉDITEL, ÉDITEUR LITTÉRAIRE NÉ SUR LA TOILE

[Résumé]

Éditel est le premier éditeur électronique francophone non commercial.

Le site est lancé en avril 1995 sous la houlette de Pierre François

Gagnon, poète et essayiste québécois. Pierre François relate en juillet

2000: «En fait, tout le monde et son père savent ou devraient savoir

que le premier site d’édition en ligne commercial fut CyLibris [créé en

août 1996 à Paris par Olivier Gainon, ndlr], précédé de loin lui-même,

au printemps de 1995, par nul autre qu’Éditel, le pionnier d’entre les

pionniers du domaine, bien que nous fûmes confinés à l’action

symbolique collective, faute d’avoir les moyens de déboucher jusqu’ici

sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable.»

D’abord site pionnier de l'édition littéraire francophone, puis premier

site web d'auto-édition collective de langue française, Éditel devient

au fil des ans un site de cyberédition non commerciale, en partenariat

avec quelques auteurs «maison», ainsi qu'un webzine littéraire. Un blog

lui succède quelques années plus tard.

***

Éditel, premier éditeur électronique francophone non commercial,

apparaît sur la toile en avril 1995 sous la houlette de Pierre François

Gagnon, poète et essayiste québécois.

Pierre François décide d’utiliser le numérique pour la réception des

textes, leur archivage et leur diffusion. Il relate en juillet 2000:

«En fait, tout le monde et son père savent ou devraient savoir que le

premier site d’édition en ligne commercial fut CyLibris [créé en août

1996 à Paris par Olivier Gainon, ndlr], précédé de loin lui-même, au

printemps de 1995, par nul autre qu’Éditel, le pionnier d’entre les

pionniers du domaine, bien que nous fûmes confinés à l’action

symbolique collective, faute d’avoir les moyens de déboucher jusqu’ici

sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable

(...). Nous sommes actuellement trois mousquetaires [Pierre François

Gagnon, Jacques Massacrier et Mostafa Benhamza, ndlr] à développer le

contenu original et inédit du webzine littéraire qui continuera de

servir de façade d’animation gratuite, offerte personnellement par les

auteurs maison à leur lectorat, à d’éventuelles activités d’édition en

ligne payantes, dès que possible au point de vue technico-financier.

Est-il encore réaliste de rêver à la démocratie économique?»

Quant à l’avenir, «tout ce que j'espère de mieux pour le petit éditeur

indépendant issu, comme Éditel, directement du net et qui cherche à y

émerger enfin, c'est que les nouveaux supports de lecture, ouverts et

compatibles grâce au standard OeB (Open eBook), s'imposeront d'emblée

comme des objets usuels indispensables, c'est-à-dire multifonctionnels

et ultramobiles, intégrant à la fois l'informatique, l'électronique

grand public et les télécommunications, et pas plus dispendieux qu'une

console de jeux vidéo.»

Quel est son meilleur souvenir lié à l'internet? «La découverte de

quelques amitiés affinitaires, indéfectibles, m'enchante encore, tandis

que l'étroitesse de vision, le scepticisme négatif qu'affichait la

vaste majorité des auteurs de science-fiction et de fantastique vis-à-

vis du caractère pourtant immanent et inéluctable de ce qui n'est après

tout qu'un fantasme à la Star Trek, qui hante depuis longtemps

l'imaginaire collectif, soit l'e-book tout communicant qui tienne dans

le creux de la paume, ne cesse pas de m'étonner et de me laisser

pantois rétrospectivement.»

Une conclusion? «Je dirai, pour conclure, que je me trouve vraiment

fait pour être "éditeur en ligne, poète et essayiste, et peut-être même

un jour, romancier"! Fait à noter, c'est curieusement de la part des

poètes, toujours visionnaires quand ils sont authentiques, que le

concept de livre numérique a reçu le meilleur accueil!»

Après avoir été le premier site web d'auto-édition collective de langue

française, Éditel devient un site de cyberédition non commerciale, en

partenariat avec quelques auteurs «maison», ainsi qu'un webzine

littéraire. Un blog lui succède quelques années plus tard. Le blog

prend ensuite la forme d’une vitrine de diffusion web pour quelques

livres.

L'ebook a 40 ans (1971-2011) · 第 17 / 66 题