D'où l'on conclura:
x = (353 x 27,46001)/28 = 346,192 pouces. C'est le volume qu'auroit
occupé ce même air sous une pression de vingt-huit pouces. Le 210e de
ce volume égale 1,650 pouce; ce qui donné pour les 5 degrés supérieurs
au dixième degré du thermomètre, 8,255 pouces; & comme cette correction
est soustractive, on en conclura que le volume de l'air, toute
correction faite, étoit avant la combustion de 337,942 pouces.
_Calcul après la combustion._
En faisant le même calcul sur le volume de l'air après la combustion,
on trouvera que la pression étoit alors de 27,77083 pouces - 0,51593
pouces = 27,25490 pouces. Ainsi, pour avoir le volume de l'air à 28
pouces de pression, il faudra multiplier 295 pouces, volume trouvé
après la combustion, par 27,25490 pouces, & le diviser par 28; ce qui
donnera pour le volume corrigé, 287,150 pouces.
Le 210e de ce volume est 1,368 pouce, qui, multiplié par six degrés,
donne pour correction négative de la température, 8,208 pouces.
D'où il résulte que le volume de l'air, toutes corrections faites,
étoit après la combustion de 278,942 pouces.
_Résultat._
pouces
Le volume, toutes corrections faites, avant
la combustion étoit de 337,942
Il étoit après la combustion de 278,942
-------
Donc quantité d'air absorbée par la combustion
du phosphore 59,000
-------
§. VIII.
_De la manière de déterminer le poids absolu des différens Gaz._
Dans tout ce que je viens d'exposer sur la manière de mesurer le volume
des gaz & d'y faire les corrections relatives au degré de pression & de
température, j'ai supposé qu'on en connoissoit la pesanteur spécifique,
& qu'on pouvoit en conclure leur poids absolu: il me reste à donner une
idée des moyens par lesquels on peut parvenir à cette connoissance.
On a un grand ballon A, _planc. V, fig. 10_, dont la capacité doit être
d'un demi-pied cube, c'est-à-dire, de 17 à 18 pintes au moins; on y
mastique une virole de cuivre _bcde_ à laquelle s'adapte à vis en _de_,
une platine à laquelle tient un robinet _fg_. Enfin le tout se visse,
au moyen d'un double écrou représenté, _figure 12_, sur une cloche BCD
dont la capacité doit être de quelques pintes plus grande que celle du
ballon. Cette cloche est ouverte par le haut, & la tubulure est garnie
d'une virole de cuivre _hi_, & d'un robinet _lm_; un de ces robinets
est représenté séparément, _figure 11_.
La première opération à faire est de déterminer la capacité de ce
ballon; on y parvient en l'emplissant d'eau, & en le pesant pour en
connoître la quantité. Ensuite on vuide l'eau, & on sèche le ballon en
y introduisant un linge par l'ouverture _de_; les derniers vestiges
d'humidité disparoissent d'ailleurs, lorsqu'on a fait une ou deux fois
le vuide dans le ballon.
Quand on veut déterminer la pesanteur d'un gaz, on visse le ballon
A sur la platine de la machine pneumatique, au-dessous du robinet
_fg_. On ouvre ce même robinet, & on fait le vuide du mieux qu'il est
possible ayant grand soin d'observer la hauteur à laquelle descend le
baromètre d'épreuve. Le vuide fait, on referme le robinet, on pèse le
ballon avec une scrupuleuse exactitude, après quoi on le revisse sur la
cloche BCD, qu'on suppose placée sur la tablette de la cuve ABCD, _même
planche, fig. 1_. On fait passer dans cette cloche le gaz qu'on veut
peser; puis ouvrant le robinet _fg_ & le robinet _lm_, le gaz contenu
dans la cloche passe dans le ballon A: en même tems l'eau remonte dans
la cloche BCD. Il est nécessaire, si l'on veut éviter une correction
embarrassante, d'enfoncer la cloche dans la cuve jusqu'à ce que le
niveau de l'eau extérieure concoure avec celui de l'eau contenue dans
l'intérieur de la cloche. Alors on ferme les robinets, on dévisse le
ballon & on le repèse. Le poids, déduction faite de celui du ballon
vuide, donne la pesanteur du volume d'air ou de gaz qu'il contient.
En multipliant ce poids par 1728 pouces, & divisant le produit par un
nombre de pouces cubes égal à la capacité du ballon, on a le poids du
pied cube du gaz mis en expérience.
Il est nécessaire de tenir compte dans ces déterminations de la hauteur
du baromètre & du degré du thermomètre; après quoi rien n'est plus aisé
que de ramener le poids du pied cube qu'on a trouvé à celui qu'auroit
eu le même gaz à 28 pouces de pression & à 10 degrés du thermomètre.
J'ai donné dans le paragraphe précédent le détail des calculs qu'exige
cette opération.
Il ne faut pas négliger non plus de tenir compte de la petite portion
d'air restée dans le ballon, quand on a fait le vuide; portion qu'il
est facile d'évaluer, d'après la hauteur à laquelle s'est soutenu le
baromètre d'épreuve. Si cette hauteur étoit, par exemple, d'un centième
de la hauteur totale du baromètre, il en faudroit conclure qu'il est
resté un centième d'air dans le ballon, & le volume du gaz qui y avoit
été introduit ne seroit plus que des 99/100 du volume total du ballon.