et mis comme des petits employés. Mais l’un d’eux, fier d’être officier
de réserve, avait revêtu son uniforme. Ils allaient, encadrés par des
musiques militaires, ils allaient, portant devant eux un drapeau
tricolore sur lequel on lisait: «Oublier, jamais!» Et quelle que fût la
banalité des fanfares, elles retentissaient dans les cœurs. Ce sont des
instincts antiques et sauvages que ceux qu’éveillent en nous ces
trompettes de cuivre. Elles existaient déjà voici longtemps, longtemps,
à l’aurore de l’âge du bronze, dans la grande barbarie des temps
héroïques. Les airs qu’elles sonnent sont restés les plus près de cette
barbarie. Avant même les temps lointains ou disparaît la ruine de Troie,
ils annonçaient les villes prises d’assaut, les rouges incendies, les
femmes violées, les cadavres spoliés, nus sur les champs de carnage, les
hommes en cuirasse hurlant près des galères. Voilà pour quoi ça
secoue... Parfois, sous nos yeux, un vieux cheval de fiacre, se
souvenant qu’il avait été dans la cavalerie, levait la tête et
reniflait. Parfois un cavalier et une amazone arrivaient au petit trot.
Leurs chevaux aussi pointaient les oreilles et dansaient. Alors le
cavalier se tournait à demi sur sa selle, rappelant de loin, avec sa
petite moustache, sa cravate haute et sa redingote, un de ces
romantiques qui revécurent par l’imagination les grandes batailles que
leurs pères avaient livrées. Et la petite amazone avait elle-même le
cœur tout secoué par ces cuivres. Elle pilait du poivre en même temps,
et on ne saura jamais pourquoi elle serrait les lèvres: à cause de son
âme émue, ou qu’elle avait l’assiette indécise et un peu froissée.
C’est ainsi que ce cortège montait vers Courbevoie, à la fois semblable
à un astre et à un refrain de café-concert.
Ces impressions que je ressentais d’une façon confuse, Bonaventure
Espérandieu, que je ne connaissais pas encore, les traduisait à côté de
moi dans une espèce de soliloque lyrique. On eût dit qu’il rêvait tout
éveillé, et, quand il s’arrêtait, un seul mot prononcé par moi presque
involontairement le faisait repartir. Je le suivis tout naturellement
quand il se leva. Je le suivis exactement comme les gamins suivaient la
fanfare--et il me mena vers l’Arc de Triomphe. C’est à ce moment que je
remarquai ses yeux: des yeux extraordinairement brillants, profonds,
plus qu’humains, dont l’iris était à la fois agrandi et brouillé par une
ivresse habituelle--des yeux d’archange enchaîné en enfer.
Il murmura d’une voix basse.
--Hein? Vous ne l’avez jamais regardé, vous ne l’avez jamais regardé?
Personne ici ne sait plus ce qu’il veut dire.
L’Arc énorme et harmonieux dominait Paris. Son porche immense semblait
fait pour encadrer le soleil. Il abritait des pigeons sauvages et des
noms héroïques. Il s’élevait sur ses quatre pieds comme si, jailli du
sol d’un seul coup, il fût demeuré figé dans le redressement d’un
orgueil éternel.
Bonaventure murmura encore:
--Il ouvre sur le ciel et sur la gloire.
Puis il ajouta:
--Il faut le regarder du côté des groupes de Rude. Etex était un cochon!
Il montrait du doigt l’_Invasion_ brandissant sa torche, faisant fouler,
aux pieds de ses cavales, les vieilles femmes et les vierges; mais en
face, des adolescents et des vieillards, la bouche pleine de cris, les
yeux forts de courage, épaule contre épaule montaient vers le triomphe
ou la mort.
--On ne sait plus maintenant, répéta-t-il, ce que ça signifie. Ah!
passer là-dessous, un lendemain de victoire!
Il récita: «Nous irons à Sparte, maudire le sol où fut cette maîtresse
d’erreurs sombres, et l’insulter, parce qu’elle n’est plus!»... O mon
pays, toi seul as la lumière, l’ingénuité malgré tout, la gaieté: et tu
mourrais!
Je ne suis qu’un bourgeois de Paris, assez riche, peu lettré. Je ne
comprenais pas que cette Sparte dont il parlait était une autre Sparte,
plus proche de nous, et dont nous avions souffert l’insulte; mais sa
passion m’entraînait, je lui demandai naïvement:
--Vous êtes poète?
--Moi? dit-il. Si vous voulez: j’ai inventé une lyre, une lyre... Mais
non, je ne suis qu’un pauvre expérimentateur de physique, vivant au fond
d’un grenier, à Montmartre. Et pourtant, pourtant... Ah! si la guerre
éclatait!
Elle éclata! Tous s’en souviennent, de ce jour noir. Elle éclata malgré
toutes les prières, les reculades, les agenouillements. Elle éclata,
parce qu’on avait trop parlé de paix, trop adoré la paix, trop prêché en
même temps la guerre entre classes à la place de la guerre entre
peuples; comme si ces gens, là-bas, n’étaient pas, eux aussi, d’une
autre classe, puisqu’ils avaient un autre idéal! Les imbéciles qui
avaient chanté ces romances, les aliénés qui avaient suscité ces haines,
se réveillèrent un matin devant la menace d’une défaite et l’évidence
que cette défaite signifierait la ruine matérielle de quarante millions
d’hommes, à qui le vainqueur imposerait des conditions telles qu’il leur
serait désormais impossible de gagner leur pain. Car ce n’est plus pour
se voler des terres qu’on se bat, aujourd’hui, c’est pour s’emparer du
travail, pour être seul à pouvoir travailler, et faire de l’or. Ah! tout
ce désarroi, tous ces politiciens lâches qui récriminaient les uns
contre les autres, et qui tous avaient raison, hélas! de récriminer; et
ceux--les fous inutiles--qui demandaient «la vie des coupables». Je
rougis encore de honte, quand j’y pense. On se reprit assez vite,
pourtant. On savait que ce n’était pas seulement une question d’honneur
ou de territoires, qu’on allait combattre pour n’être pas condamné à
mourir de faim; et les hommes partirent graves et résolus, à travers les
rues muettes.
Seule la figure de Bonaventure éclatait de joie, quand il vint me
trouver.
--Vous n’êtes jamais venu dans mon grenier, me dit-il. C’est le moment!
Et puis, vous m’aiderez. J’ai besoin d’argent. Vous me donnerez de
l’argent, n’est-ce pas?
Je m’aperçus que depuis quelques mois il avait dû boire plus encore que
de coutume. Ses traits étaient gonflés dans sa face blême, et ses mains
tremblaient. Je l’accompagnai sans confiance, presque sans curiosité,
heureux cependant d’une démarche où je trouvais la distraction d’une
horrible angoisse: quelques jours seulement nous séparaient de la grande
bataille, et après... je frémissais en y pensant.
Bonaventure, en passant devant la boutique d’un armurier, me pria
d’acheter quelques cartouches pour fusil de chasse. Nous montâmes
ensuite jusqu’à son logis. C’était pis qu’un grenier: un bouge. Dans un
coin, les draps sales et défaits d’un mauvais lit. Au milieu de la
pièce, une table à tréteaux portant des instruments de physique
dépareillés. Rien que du désordre, et en moi l’impression douloureuse
que j’avais affaire à un fou, qui vivait dans un rêve grossier,
entretenu par la débauche. Il se mit à rire comme un enfant.
--Ça ne vous paraît pas engageant, dit-il. Bah! Le Bon faisait ses
expériences sur un coin de table, avec des boîtes de carton. Mais tenez,
voici la lyre!
C’était une lyre, en effet, ou plutôt une sorte de cythare qui se
distinguait des instruments ordinaires par quelques cordes d’aspect
singulier, les unes d’une longueur démesurée, les autres extrêmement
courtes.
--Mais vous n’êtes pas fort, dit Bonaventure. Il faut commencer avec
vous par la démonstration pour débutants.
Il tendit sur un chevalet une corde en boyau qu’il pinça d’un coup
d’ongle. Elle rendit un son clair, qui s’éteignit lentement.
--Elle donne le _la_, continua Bonaventure, le _la_ de la troisième
octave.
Tout en parlant, il saupoudrait la corde d’une poudre jaunâtre.
--Maintenant, dit-il, je prends un violon, le violon du tzigane fou,
n’est-ce pas... et je lui fais donner ce même _la_ de la troisième
octave.
Il avait saisi l’archet d’une main curieusement exercée, malgré son
tremblement. La note chanta dans l’air calme, et, au même instant, de
la corde tendue sur le chevalet, une légère explosion répondit.
--Vous avez compris?
--Non, dis-je.
--C’est l’expérience classique pratiquée devant les collégiens, fit
Bonaventure. Les vibrations _la_ du violon se communiquent à la corde
tendue sur le chevalet. Elle vibre par sympathie. Elle vibre seulement
aux vibrations de la note qu’elle rendrait si elle était touchée,
comprenez-bien. Et à ce moment, le fulminate de mercure dont elle est
saupoudrée, explosif très sensible, détone.
--Et alors, demandai-je, une cartouche, un obus?
--Une cartouche, un obus n’éclaterait que si leur détonateur était en
contact avec une corde tendue, en sympathie elle-même avec un instrument
de musique puissant... Je pourrais jouer tous les airs du monde sans
ébranler les cartouches que vous avez dans la poche.
J’avais oublié les cartouches. Je les jetai sur la table avec une
certaine anxiété. Bonaventure rit de nouveau.
--Seulement, dit-il, c’est ici que j’interviens. J’ai trouvé! Je suis
sûr que j’ai trouvé. Je ne vous donnerai pas mes formules exactes, et
ceci pour deux raisons: ou bien vous êtes scientifiquement nul, et alors
vous ne comprendriez pas. Ou bien vous pouvez vous assimiler ces
formules, et alors mes droits d’auteur courraient un risque. Mais je
vais employer une comparaison: aimez-vous qu’on taille un bouchon, un
bouchon de liège, à portée de vos oreilles?
Je frissonnai.
--Bonaventure, criai-je, vous savez bien que je ne puis le supporter!
Rien que l’allusion que vous venez de faire me détraque. J’en ai les
nerfs agacés et la chair de poule!
--Bien! fit Bonaventure. Et c’est un petit bruit, pourtant, un bien
petit bruit que celui d’un canif sur un bouchon. Mais c’est justement
parce que c’est un petit bruit. Sachez qu’au delà des sons que vous
entendez il existe des notes trop aiguës ou trop basses pour être
perçues par l’oreille. Leurs vibrations sont des multiples ou des
sous-multiples de celles qui vous parviennent, et elles ont des
propriétés particulières. Celles que produit le couteau mordant le liège
sont déjà presque de ce genre: elles attaquent vos cellules nerveuses.
Prolongées ou mieux choisies, elles les décomposeraient. Eh bien, j’ai
découvert le nombre de vibrations sonores qu’il faut pour décomposer et
faire éclater tous les explosifs connus, et je puis produire ces
vibrations.
--Alors? demandai-je, n’osant pas comprendre encore.
--Alors, je puis faire sauter ces cartouches devant vous, sur cette
table... N’ayez pas peur: tous les chasseurs savent qu’une cartouche qui
explose à l’air libre ne fait qu’éparpiller à quelques centimètres
autour d’elle le plomb qu’elle contient. Du reste, nous n’allons garder
que deux de celles que vous avez apportées et mouiller la poudre des
autres... Voilà qui est fait. Maintenant, regardez!
Il s’approcha de la lyre avec une espèce d’archet bizarre.
--Ce sont des vibrations très aiguës qu’il nous faut. Tenez-vous bien,
intéressant nerveux!
L’archet passa sur les cordes, toutes les cordes. Elles résonnèrent,
pleines, fortes, harmonieuses, en octaves qui s’élevaient toujours. Puis
ce fut le silence. Comment dirai-je? Un silence empli d’un bruit qu’on
n’entendait pas. Un silence qui dévasta tous mes nerfs, qui me fit mal à
crier. Et lui-même, ce Bonaventure, se mit à trembler de tous ses
membres, plus pâle, plus décomposé que moi, car ses nerfs étaient en
plus mauvais état, à cause de l’alcool.
--... Flouc!
Une légère lueur, un bruit mou, la pièce qui s’emplit de fumée: les
cartouches gisaient éventrées sur la table, et leur carton brûlait
lentement, comme de l’amadou.
--Voilà! dit Bonaventure, simplement.
Ce fut quelques heures à peine après cette expérience que nous partîmes
vers l’Orient terrible, enflammé, ensanglanté déjà. Bonaventure
emportait un autre instrument incomparablement plus puissant que le
modèle de son atelier, capable de communiquer très loin les vibrations
mystérieuses. Cet instrument était achevé, mais Bonaventure avait besoin
d’argent uniquement pour payer l’industriel qui l’avait construit sur
ses plans, et c’est pourquoi il avait réclamé mon aide, le malheureux!
Je payai, et une automobile nous emporta.
Ah! la France envahie, les gens en fuite sur les routes, les pauvres
carrioles pleines de femmes misérables et d’enfants affamés, les fermes
pillées par ces fuyards mêmes, toutes les horreurs de la panique! J’ai
vu ces choses, je les ai vues. Mais on ne les reverra plus jamais: le
monde est libéré de ces terreurs, aujourd’hui.
Je conduisais l’automobile. Bonaventure, à chaque instant, portait à ses
lèvres un flacon plein d’un alcool qui l’exaltait sans le griser: il ne
connaissait plus, depuis longtemps, la possibilité de l’ivresse, mais il
devenait fou. Et je me disais: «Il m’a rendu fou moi-même. Rien de tout
cela n’est vrai, rien! Nous marchons vers le ridicule, en même temps que
vers la captivité ou la mort.» Mais lui, il répétait perpétuellement,
avec un rire affreux:
--Et dire qu’Amphion bâtissait les villes aux sons de la lyre! Nous
autres...
Alors, il touchait du pied la grande lyre de fer étendue devant nous.
Elle rendait une lamentation formidable, un cri terrible, immense et
sombre. Et Bonaventure dressé, les bras en croix ricanait encore.
Comment nous arrivâmes, la nuit tombée, aux environs de Neucharmes, où
se trouvait concentrée, par son grand mouvement en avant, l’armée
ennemie; comment nous parvînmes à nous installer au sommet de la Nauve,
cette hauteur ardennaise d’où nous dominions des lieues et des lieues de
pays, je ne le sais plus. Nous étions affolés par l’imminence de l’acte,
nous marchions comme des somnambules, pénétrés cependant par cette
angoisse harassante que connaissent tous ceux qui ont tenté une grande
chose: «Nous sommes sûrs, mathématiquement sûrs du succès. Et pourtant!»
Bonaventure planta la lyre sur une dalle de grès rouge.
--C’est là, dit-il. Nos troupes sont loin derrière, hors de l’atteinte
des vibrations. C’est là!
A perte de vue, des feux de campements brillaient dans l’ombre. Parfois
d’un village plus fortement éclairé, les chants de soldats ivres
montaient vers nous. A nos pieds un cavalier passa, porteur sans doute
d’un ordre, et le retentissement des quatre fers de son cheval, lancé au
galop, nous fit blémir.
--Hâtons-nous, dit Bonaventure. Si on venait!
Mais quand il eut pris son grand archet, il cria, malgré nos craintes:
--Il faudrait pourtant quelque chose, quelque chose d’abord... Hourra!
J’ai trouvé:
_La victoire en chantant nous ouvre la barrière_...
La haute lyre sonna les premières notes de l’hymne héroïque. Elles s’en
allaient lentes, graves, puissantes. Un corbeau noir et triste s’envola
en gémissant. Au-dessus de nos têtes, les sapins s’agitèrent. Il
s’épandit de la terreur. Les soldats qui chantaient au loin se turent
étonnés, vaguement troublés déjà, ployés sous la menace et le mystère.
--Et maintenant, dit Bonaventure, maintenant!...
Ce fut encore, comme dans son grenier, un silence effrayant, un silence
strident, plein d’ombres mordantes, mais mille fois plus fortes, la ruée
perfide dans l’air nocturne des vibrations inouïes multipliées par
milliards, farouches et toutes puissantes, l’élan muet de la mort qui se
précipitait à son but.
--Ah! assez! criai-je. Tu ne vois donc pas, malheureux, que nous aussi
nous allons mourir!
C’était en nous la décomposition des cellules nerveuses, la secousse
mortelle, la dissolution de l’être. Nous n’y avions pas pensé. Oui nous
allions mourir. Je vis tomber Bonaventure, le premier. J’eus à peine le
temps ensuite de percevoir une conflagration géante, l’éruption d’un
volcan, le bruit de dix mille caissons éclatant à la fois, le
crépitement sec et successif de milliards de cartouches, pareil à celui
d’une machine à écrire manœuvrée par une main gigantesque. Un clocher à
la toiture en forme de bulle, tel qu’il y en a beaucoup dans l’Est,
s’ouvrit comme le couvercle d’une grosse marmite avant de tomber sur le
sol. Le cri de trois cent mille douleurs et de cent mille agonies
répondit à la lyre. Je perdis connaissance.
* * * * *
Quand je revins à moi, un homme me mettait une compresse d’eau glacée
sur le crâne.
--Et Bonaventure, demandai-je, mon ami?
On ne me répondit pas. Mais je vis une pauvre forme misérable, étendue à
mes pieds. Ses nerfs, à lui, n’avaient pas résisté. La farouche musique
de la lyre avait été trop forte pour ses cellules trépidantes et brûlées
d’alcool. Mais l’ennemi? Il n’y avait plus d’ennemi. Il n’y avait plus
que des débris sanglants, des blessés par centaines de mille, une
déroute sans nom, sans exemple, et comme il n’y en aura plus jamais,
parce qu’il n’y aura plus de guerre: on n’oserait plus.
_La Victoire en chantant_... Ah! cette nuit terrible!
FIN
15 novembre 1909.
TABLE
LA BICHE ÉCRASÉE 1
LE MIRACLE DE TOLLENAËRE 17
LA FORCE DU MAL 29
L’ACCIDENT 61
LE BON PÈRE 73
LA BONBONNIÈRE 85
REPOS HEBDOMADAIRE 101
LE RAT 113
LE MERLE 127
LES CHIENS 151
LE SECRET 167
LA PEUR 179
POUSSIÈRES 195
DEVANT LA MACHINE 211
LE BINOCLE 237
CASTOR ET ZULMA 251
LE NUMÉRO 13 267
LA COLLISION DE BRÉBIÈRES-SUD 279
LA RÉVÉRENDE 299
LA VICTOIRE EN CHANTANT 319
IMPRIMERIE CHAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS.--9802-5-10.
* * * * *
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