Le vieillard suivait mes yeux, et s'écria d'une voix triomphante:
«Mon fils est rentré!»
Et tous deux nous nous rendîmes au pont-levis.
On aurait vraiment payé pour voir Wemmick m'adressant un salut de
l'autre côté du fossé, pendant que nous aurions pu nous serrer la main
par-dessus, avec la plus grande facilité. Le vieux était si enchanté de
faire manoeuvrer le pont-levis, que je n'offris pas de l'aider; je me
tins tranquille, jusqu'au moment où Wemmick eût traversé et m'eût
présenté à miss Skiffins. C'était une jeune femme qui l'accompagnait.
Miss Skiffins avait l'air d'être en bois, et ouvrait la bouche comme
celui qui l'escortait. Elle pouvait avoir deux ou trois ans de moins que
Wemmick, et, à juger par l'apparence, elle paraissait assez à son aise;
la coupe de ses vêtements, depuis le haut de la taille, par derrière et
par devant, la faisait ressembler beaucoup à un cerf-volant, et j'aurais
pu trouver sa robe d'un orange un peu trop décidé et ses gants d'un vert
un peu trop intense, mais elle paraissait être une excellente personne,
et montrait les plus grands égards pour le vieux. Je ne fus pas
longtemps à découvrir qu'elle rendait de fréquentes visites au château,
car lorsque nous entrâmes, et que je complimentai Wemmick sur son
ingénieux moyen de s'annoncer à son père, il me pria de fixer, pour un
instant, mon attention de l'autre côté de la cheminée, et disparut.
Bientôt on entendit un autre clic-clac, et un autre petit carré
s'ouvrit, sur lequel on lisait: