Les chapitres précédens suffiront, j'espère, pour répondre
victorieusement à une inculpation de Mme de Hautcastel, qui n'a pas
craint de dénigrer mon premier voyage, sous le prétexte qu'on n'a pas
l'occasion d'y faire l'amour. Elle ne pourrait faire à ce nouveau
voyage le même reproche; et, quoique mon aventure avec mon aimable
voisine n'ait pas été poussée bien loin, je puis assurer que j'y trouvai
plus de satisfaction que dans plus d'une autre circonstance, où je
m'étais imaginé être très-heureux, faute d'objet de comparaison. Chacun
jouit de la vie à sa manière; mais je croirais manquer à ce que je dois
à la bienveillance du lecteur, si je lui laissais ignorer une découverte
qui, plus que toute autre chose, a contribué jusqu'ici à mon bonheur (à
condition toutefois que cela restera entre nous): car il ne s'agit de
rien moins que d'une nouvelle méthode de faire l'amour, beaucoup plus
avantageuse que la précédente, sans avoir aucun de ses nombreux
inconvéniens. Cette invention étant spécialement destinée aux personnes
qui voudront adopter ma nouvelle manière de voyager, je crois devoir
consacrer quelques chapitres à leur instruction.