M. Debierne[113] a activé du baryum en le laissant en solution avec

l'actinium. Ce baryum activé reste actif après diverses transformations

chimiques, son activité est donc une propriété atomique assez stable. Le

chlorure de baryum activé se fractionne comme le chlorure de baryum

radifère, les parties les plus actives étant les moins solubles dans

l'eau et l'acide chlorhydrique étendu. Le chlorure sec est spontanément

lumineux; son rayonnement Becquerel est analogue à celui du chlorure de

baryum radifère. M. Debierne a obtenu du chlorure de baryum activé 1000

fois plus actif que l'uranium. Ce baryum n'avait cependant pas acquis

tous les caractères du radium, car il ne montrait au spectroscope aucune

des raies les plus fortes du radium. De plus son activité diminua avec

le temps, et au bout de trois semaines elle était devenue trois fois

plus faible qu'au début.

[113] DEBIERNE, _Comptes rendus_, juillet 1900.

Il y a toute une étude à faire sur l'activation des substances en

dissolution avec les corps radioactifs. Il semble que, suivant les

conditions de l'expérience, on puisse obtenir des formes de

radioactivité induite atomique plus ou moins stables. La radioactivité

induite dans ces conditions est peut-être la même que la forme à

évolution lente que l'on obtient par activation prolongée à distance

dans une enceinte activante. Il y a lieu de se demander jusqu'à quel

degré la radioactivité induite atomique affecte la nature chimique de

l'atome, et si elle peut modifier les propriétés chimiques de celui-ci,

soit d'une façon passagère, soit d'une façon stable.

L'étude chimique des corps activés à distance est rendue difficile par

ce fait que l'activation est limitée à une couche superficielle très

mince, et que, par suite, la proportion de matière qui a pu être

atteinte par la transformation est extrêmement faible.

La radioactivité induite peut aussi être obtenue en laissant certaines

substances en dissolution avec l'uranium. L'expérience réussit avec le

baryum. Si, comme l'a fait M. Debierne, on ajoute de l'acide sulfurique

à une solution qui contient de l'uranium et du baryum, le sulfate de

baryum précipité entraîne de l'activité; en même temps le sel d'uranium

perd une partie de la sienne. M. Becquerel a trouvé qu'en répétant cette

opération plusieurs fois, on obtient de l'uranium à peine actif. On

pourrait croire, d'après cela, que dans cette opération on a réussi à

séparer de l'uranium un corps radioactif différent de ce métal, et dont

la présence produisait la radioactivité de l'uranium. Cependant il n'en

est rien, car au bout de quelques mois l'uranium reprend son activité

primitive; au contraire, le sulfate de baryum précipité perd celle qu'il

avait acquise.

Un phénomène analogue se produit avec le thorium. M. Rutherford

précipite une solution de sel de thorium par l'ammoniaque; il sépare la

solution et l'évapore à sec. Il obtient ainsi un petit résidu très

actif, et le thorium précipité se montre moins actif qu'auparavant. Ce

résidu actif, auquel M. Rutherford donne le nom de _thorium x_, perd son

activité avec le temps, tandis que le thorium reprend son activité

primitive[114].

[114] RUTHERFORD et SODDY, _Zeitschr. für physik. Chemie._, t. XLII,

1902, p. 81.

Il semble qu'en ce qui concerne la radioactivité induite en dissolution,

les divers corps ne se comportent pas tous de la même façon, et que

certains d'entre eux sont bien plus susceptibles de s'activer que les

autres.

_Dissémination des poussières radioactives et radioactivité induite du

laboratoire._--Lorsqu'on fait des études sur les substances fortement

radioactives, il faut prendre des précautions particulières si l'on veut

pouvoir continuer à faire des mesures délicates. Les divers objets

employés dans le laboratoire de chimie, et ceux qui servent pour les

expériences de physique, ne tardent pas à être tous radioactifs et à

agir sur les plaques photographiques au travers du papier noir. Les

poussières, l'air de la pièce, les vêtements sont radioactifs. L'air de

la pièce est conducteur. Dans le laboratoire, où nous travaillons, le

mal est arrivé à l'état aigu, et nous ne pouvons plus avoir un appareil

bien isolé.

Il y a donc lieu de prendre des précautions particulières pour éviter

autant que possible la dissémination des poussières actives, et pour

éviter aussi les phénomènes d'activité induite.

Les objets employés en chimie ne doivent jamais être emportés dans la

salle d'études physiques, et il faut autant que possible éviter de

laisser séjourner inutilement dans cette salle les substances actives.

Avant de commencer ces études nous avions coutume, dans les travaux

d'électricité statique, d'établir la communication entre les divers

appareils par des fils métalliques isolés protégés par des cylindres

métalliques en relation avec le sol, qui préservaient les fils contre

toute influence électrique extérieure. Dans les études sur les corps

radioactifs, cette disposition est absolument défectueuse; l'air étant

conducteur, l'isolement entre le fil et le cylindre est mauvais, et la

force électromotrice de contact inévitable entre le fil et le cylindre

tend à produire un courant à travers l'air et à faire dévier

l'électromètre. Nous mettons maintenant tous les fils de communication à

l'abri de l'air en les plaçant, par exemple, au milieu de cylindres

remplis de paraffine ou d'une autre matière isolante. Il y aurait aussi

avantage à faire usage, dans ces études, d'électromètres

_rigoureusement_ clos.

_Activation en dehors de l'action des substances radioactives._--Des

essais ont été faits en vue de produire la radioactivité induite en

dehors de l'action des substances radioactives.

M. Villard[115] a soumis à l'action des rayons cathodiques un morceau de

bismuth placé comme anticathode dans un tube de Crookes; ce bismuth a

été ainsi rendu actif, à vrai dire, d'une façon extrêmement faible, car

il fallait 8 jours de pose pour obtenir une impression photographique.

[115] VILLARD, _Société de Physique_, juillet 1900.

M. Mac Lennan expose divers sels à l'action des rayons cathodiques et

les chauffe ensuite légèrement. Ces sels acquièrent alors la propriété

de décharger les corps chargés positivement[116].

[116] MAC LENNAN, _Phil. Mag._, février 1902.

Les études de ce genre offrent un grand intérêt. Si, en se servant

d'agents physiques connus, il était possible de créer dans des corps

primitivement inactifs une radioactivité notable, nous pourrions espérer

de trouver ainsi la cause de la radioactivité spontanée de certaines

matières.

_Variations d'activité des corps radioactifs. Effets de

dissolution._--Le polonium, comme je l'ai dit plus haut, diminue

d'activité avec le temps. Cette baisse est lente, elle ne semble pas se

faire avec la même vitesse pour tous les échantillons. Un échantillon de

nitrate de bismuth à polonium a perdu la moitié de son activité en 11

mois et 95 pour 100 de son activité en 33 mois. D'autres échantillons

ont éprouvé des baisses analogues.

Un échantillon de bismuth à polonium métallique fut préparé avec un

sous-nitrate, lequel, après sa préparation, était 100000 fois plus actif

que l'uranium. Ce métal n'est plus maintenant qu'un corps moyennement

radioactif 2000 fois plus actif que l'uranium. Sa radioactivité est

mesurée de temps en temps. Pendant 6 mois ce métal a perdu 67 pour 100

de son activité.

La perte d'activité ne semble pas être facilitée par les réactions

chimiques. Dans des opérations chimiques rapides on ne constate

généralement pas de perte considérable d'activité.

Contrairement à ce qui se passe pour le polonium, les sels radifères

possèdent une radioactivité permanente qui ne présente pas de baisse

appréciable au bout de quelques années.

Quand on vient de préparer un sel de radium à l'état solide, ce sel n'a

pas tout d'abord une activité constante. Son activité va en augmentant à

partir de la préparation et atteint une valeur limite sensiblement

invariable au bout d'un mois environ. Le contraire a lieu pour la

solution. Quand on vient de la préparer, elle est d'abord très active,

mais laissée à l'air libre elle se désactive rapidement, et prend

finalement une activité limite qui peut être considérablement plus

faible que la valeur initiale. Ces variations d'activité ont été tout

d'abord observées par M. Giesel[117]. Elles s'expliquent fort bien en se

plaçant au point de vue de l'émanation. La diminution de l'activité de

la solution correspond à la perte de l'émanation qui s'échappe dans

l'espace; cette baisse est bien moindre si la dissolution est en tube

scellé. Une solution désactivée à l'air libre reprend une activité plus

grande quand on l'enferme en tube scellé. La période de l'accroissement

de l'activité du sel qui, après dissolution, vient d'être ramené à

l'état solide, est celle pendant laquelle l'émanation s'emmagasine à

nouveau dans le radium solide.

[117] GIESEL, _Wied. Ann._, t. LXIX, p. 91.

Voici quelques expériences à ce sujet:

Une solution de chlorure de baryum radifère laissée à l'air libre

pendant 2 jours devient 300 fois moins active.

Une solution est enfermée en vase clos; on ouvre le vase, on verse la

solution dans une cuve et l'on mesure l'activité:

Activité mesurée immédiatement 67

» au bout de 2 heures 20

» » 2 jours 0,25

Une solution de chlorure de baryum radifère qui est restée à l'air libre

est enfermée dans un tube de verre scellé, et l'on mesure le rayonnement

de ce tube. On trouve les résultats suivants:

Activité mesurée immédiatement 27

» après 2 jours 61

» » 3 jours 70

» » 4 jours 81

» » 7 jours 100

» » 11 jours 100

L'activité initiale d'un sel solide après sa préparation est d'autant

plus faible que le temps de dissolution a été plus long. Une plus forte

proportion de l'activité est alors transmise au dissolvant. Voici les

activités initiales obtenues avec un chlorure dont l'activité limite est

800 et que l'on maintenait en dissolution pendant un temps donné; puis

on séchait le sel et l'on mesurait son activité immédiatement:

Activité limite 800

Activité initiale après dissolution et dessiccation immédiate 440

Activité initiale après que le sel est resté dissous 5 jours 120

» » 18 jours 130

» » 32 jours 114

Dans cette expérience le sel dissous se trouvait dans un vase simplement

couvert d'un verre de montre.

J'ai fait avec le même sel deux dissolutions que j'ai conservées en tube

scellé pendant 13 mois; l'une de ces dissolutions était 8 fois plus

concentrée que l'autre:

Activité initiale du sel de la solution concentrée

après dessiccation 200

Activité initiale du sel de la solution étendue

après dessiccation 100

La désactivation du sel est donc d'autant plus grande que la proportion

du dissolvant est plus grande, l'énergie radioactive transmise au

liquide ayant alors un plus grand volume de liquide à saturer et un plus

grand espace à remplir. Les deux échantillons du même sel, qui avaient

ainsi une activité initiale différente, ont d'ailleurs augmenté

d'activité avec une vitesse très différente au début; au bout d'un jour

ils avaient la même activité, et l'accroissement d'activité se continua

exactement de la même façon pour tous les deux jusqu'à la limite.

Quand la dissolution est étendue, la désactivation du sel est très

rapide; c'est ce que montrent les expériences suivantes: trois portions

égales d'un même sel radifère sont dissoutes dans des quantités égales

d'eau. La première dissolution _a_ est laissée à l'air libre pendant une

heure, puis séchée. La deuxième dissolution _b_ est traversée pendant

une heure par un courant d'air, puis séchée. La troisième dissolution

_c_ est laissée pendant 13 jours à l'air libre, puis séchée. Les

activités initiales des trois sels sont:

Pour la portion _a_ 145,2

» _b_ 141,6

» _c_ 102,6

L'activité limite du même sel est environ 470. On voit donc qu'au bout

d'une heure la plus grande partie de l'effet était produite. De plus, le

courant d'air qui a barboté pendant une heure dans la dissolution _b_

n'a produit que peu d'effet. La proportion du sel dans la dissolution

était d'environ 0,5 pour 100.

L'énergie radioactive sous forme d'émanation se propage difficilement du

radium solide dans l'air; elle éprouve de même une résistance au passage

du radium solide dans un liquide. Quand on agite du sulfate radifère

avec de l'eau pendant une journée entière, son activité après celle

opération est sensiblement la même que celle d'une portion du même

sulfate laissée à l'air libre.

En faisant le vide sur du sel radifère on retire toute l'émanation

disponible. Toutefois la radioactivité d'un chlorure radifère sur lequel

nous avions fait le vide pendant 6 jours ne fut pas sensiblement

modifiée par cette opération. Cette expérience montre que la

radioactivité du sel est due principalement à l'énergie radioactive

utilisée dans l'intérieur des grains, laquelle ne peut être enlevée en

faisant le vide.

La perte d'activité que le radium éprouve quand on le fait passer par

l'état dissous est relativement plus grande pour les rayons pénétrants

que pour les rayons absorbables. Voici quelques exemples:

Un chlorure radifère, qui avait atteint son activité limite 470 est

dissous et reste en dissolution pendant une heure; on le sèche ensuite

et l'on mesure sa radioactivité initiale par la méthode électrique. On

trouve que le rayonnement initial total est égal à la fraction 0,3 du

rayonnement total limite. Si l'on fait la mesure de l'intensité du

rayonnement en recouvrant la substance active d'un écran d'aluminium de

0mm,01 d'épaisseur, on trouve que le rayonnement initial qui traverse

cet écran n'est que la fraction 0,17 du rayonnement limite traversant le

même écran.

Quand le sel est resté en dissolution pendant 13 jours, on trouve pour

le rayonnement initial total la fraction 0,22 du rayonnement limite

total et pour le rayonnement qui traverse 0mm,01 d'aluminium la fraction

0,13 du rayonnement limite.

Dans les deux cas le rapport du rayonnement initial après dissolution au

rayonnement limite est de 1,7 fois plus grand pour le rayonnement total

que pour le rayonnement qui traverse 0mm,01 d'aluminium.

Il faut d'ailleurs remarquer que, en séchant le produit après

dissolution, on ne peut éviter une période de temps pendant laquelle le

produit se trouve à un état mal défini, ni entièrement solide, ni

entièrement liquide. On ne peut non plus éviter de chauffer le produit

pour enlever l'eau rapidement.

Pour ces deux raisons il n'est guère possible de déterminer la vraie

activité initiale du produit qui passe de l'état dissous à l'état

solide. Dans les expériences qui viennent d'être citées des quantités

égales de substances radiantes étaient dissoutes dans la même quantité

d'eau, et ensuite les dissolutions étaient évaporées à sec dans des

conditions aussi identiques que possible et sans chauffer au-dessus de

120° ou 130°.

[Illustration: Fig. 13.]

J'ai étudié la loi suivant laquelle augmente l'activité d'un sel

radifère solide, à partir du moment où ce sel est séché après

dissolution, jusqu'au moment où il atteint son activité limite. Dans

les Tableaux qui suivent j'indique l'intensité du rayonnement I en

fonction du temps, l'intensité limite étant supposée égale à 100, et le

temps étant compté à partir du moment où le produit a été séché. Le

Tableau I (_fig._ 13, courbe I) est relatif au rayonnement total. Le

Tableau II (_fig._ 13, courbe II) est relatif seulement aux rayons

pénétrants (rayons qui ont traversé 3cm d'air et 0mm,01 d'aluminium).

TABLEAU I. TABLEAU II.

Temps. I. Temps. I.

0 » 21 0 » 1,3

1 jour 25 1 jour 19

3 » 44 3 » 43

5 » 60 6 » 60

10 » 78 15 » 70

19 » 93 23 » 86

33 » 100 46 » 94

67 » 100

J'ai fait plusieurs autres séries de mesures du même genre, mais elle ne

sont pas absolument en accord les unes avec les autres, bien que le

caractère général des courbes obtenues reste le même. Il est difficile

d'obtenir des résultats bien réguliers. On peut cependant remarquer que

la reprise d'activité met plus d'un mois à se produire, et que les

rayons les plus pénétrants sont ceux qui sont le plus profondément

atteints par l'effet de la dissolution.

L'intensité initiale du rayonnement qui peut traverser 3cm d'air et

0mm,01 d'aluminium n'est que 1 pour 100 de l'intensité limite, alors que

l'intensité initiale du rayonnement total est 21 pour 100 du rayonnement

total limite.

Un sel radifère, qui a été dissous et qui vient d'être séché, possède le

même pouvoir pour provoquer l'activité induite (et, par conséquent,

laisse échapper au dehors autant d'émanation) qu'un échantillon du même

sel qui, après avoir été préparé à l'état solide est resté dans cet état

un temps suffisant pour atteindre la radioactivité limite. L'activité

radiante de ces deux produits est pourtant extrêmement différente; le

premier est, par exemple, 5 fois moins actif que le second.

_Variations d'activité des sels de radium par la chauffe._--Quand on

chauffe un composé radifère, ce composé dégage de l'émanation et perd de

l'activité. La perte d'activité est d'autant plus grande que la chauffe

est à la fois plus intense et plus prolongée. C'est ainsi qu'en

chauffant un sel radifère pendant 1 heure à 130° on lui fait perdre 10

pour 100 de son rayonnement total: au contraire, une chauffe de 10

minutes à 400° ne produit pas d'effet sensible. Une chauffe au rouge de

quelques heures de durée détruit 77 pour 100 du rayonnement total.

La perte d'activité par la chauffe est plus importante pour les rayons

pénétrants que pour les rayons absorbables. C'est ainsi qu'une chauffe

de quelques heures de durée détruit environ 77 pour 100 du rayonnement

total, mais la même chauffe détruit la presque totalité (99 pour 100) du

rayonnement qui est capable de traverser 3cm d'air et 0mm,1 d'aluminium.

En maintenant le chlorure de baryum radifère en fusion pendant quelques

heures (vers 800°), on détruit 98 pour 100 du rayonnement capable de

traverser 0mm,3 d'aluminium. On peut dire que les rayons pénétrants

n'existent sensiblement pas après une chauffe forte et prolongée.

Quand un sel radifère a perdu une partie de son activité par la chauffe,

cette baisse d'activité ne persiste pas: l'activité du sel se régénère

spontanément à la température ordinaire et tend vers une certaine valeur

limite. J'ai observé le fait fort curieux que cette limite est plus

élevée que l'activité limite du sel avant la chauffe, du moins en est-il

ainsi pour le chlorure. En voici des exemples: un échantillon de

chlorure de baryum radifère qui, après avoir été préparé à l'état

solide, a atteint depuis longtemps son activité limite, possède un

rayonnement total représenté par le nombre 470, et un rayonnement

capable de traverser 0mm,01 d'aluminium, représenté par le nombre 157.

Cet échantillon est soumis à une chauffe au rouge pendant quelques

heures. Deux mois après la chauffe, il atteint une activité limite avec

un rayonnement total égal à 690, et un rayonnement à travers 0mm,01

d'aluminium égal à 227. Le rayonnement total et le rayonnement qui

traverse l'aluminium sont donc augmentés respectivement dans le rapport

690/470 et 227/156. Ces deux rapports sont sensiblement égaux entre eux

et égaux à 1,45.

[Illustration: Fig. 14.]

Un échantillon de chlorure de baryum radifère qui, après avoir été

préparé à l'état solide, a atteint une activité limite égale à 62, est

maintenu en fusion pendant quelques heures; puis le produit fondu est

pulvérisé. Ce produit reprend une nouvelle activité limite égale à 140,

soit plus de 2 fois plus grande que celle qu'il pouvait atteindre, quand

il avait été préparé à l'état solide sans avoir été notablement chauffé

pendant la dessiccation.

J'ai étudié la loi de l'augmentation de l'activité des composés

radifères après la chauffe. Voici, à titre d'exemple, les résultats de

deux séries de mesures. Les nombres des Tableaux I et II indiquent

l'intensité du rayonnement I en fonction du temps, l'intensité limite

étant supposée égale à 100, et le temps étant compté à partir de la fin

de la chauffe. Le Tableau I (_fig._ 14, courbe I) est relatif au

rayonnement total d'un échantillon de chlorure de baryum radifère. Le

Tableau II (_fig._ 3, courbe II) est relatif au rayonnement pénétrant

d'un échantillon de sulfate de baryum radifère, car on mesurait

l'intensité du rayonnement qui traversait 3cm d'air et 0mm,01

d'aluminium. Les deux produits ont subi une chauffe au rouge cerise

pendant 7 heures.

TABLEAU I. TABLEAU II.

Temps. I. Temps. I.

0 16,2 0 0,8

0,6 jour 25,4 0,7 jour 13

1 » 27,4 1 » 18

2 » 38 1,9 » 26,4

3 » 46,3 6 » 46,2

4 » 54 10 » 55,5

6 » 67,5 14 » 64

10 » 84 18 » 71,8

24 » 95 27 » 81

57 » 100 36 » 91

50 » 95,5

57 » 99

84 » 100

J'ai fait encore plusieurs autres séries de déterminations, mais, de

même que pour la reprise d'activité après dissolution, les résultats

des diverses séries ne sont pas bien concordants.

L'effet de la chauffe ne persiste pas quand on dissout la substance

radifère chauffée. De deux échantillons d'une même substance radifère

d'activité 1800, l'un a été fortement chauffé, et son activité a été

réduite par la chauffe à 670. Les deux échantillons ayant été à ce

moment dissous et laissés en dissolution pendant 20 heures, leurs

activités initiales à l'état solide ont été 460 pour le produit non

chauffé et 420 pour celui chauffé; il n'y avait donc pas de différence

considérable entre l'activité de ces deux produits. Mais, si les deux

produits ne restent pas en dissolution un temps suffisant, si, par

exemple, on les sèche immédiatement après les avoir dissous, le produit

non chauffé est beaucoup plus actif que le produit chauffé; un certain

temps est nécessaire pour que l'état de dissolution fasse disparaître

l'effet de la chauffe. Un produit d'activité 3200 a été chauffé et

n'avait plus après la chauffe qu'une activité de 1030. Ce produit a été

dissous en même temps qu'une portion du même produit non chauffée, et

les deux portions ont été séchées immédiatement. L'activité initiale

était de 1450 pour le produit non chauffé et de 760 pour celui chauffé.

Pour les sels radifères solides, le pouvoir de provoquer la

radioactivité induite est fortement influencé par la chauffe. Pendant

que l'on chauffe les composés radifères, ils dégagent plus d'émanation

qu'à la température ordinaire; mais, quand ils sont ensuite ramenés à la

température ordinaire, non seulement leur radioactivité est bien

inférieure à celle qu'ils avaient avant la chauffe, mais aussi leur

pouvoir activant est considérablement diminué. Pendant le temps qui suit

la chauffe, la radioactivité du produit va en augmentant et peut même

dépasser la valeur primitive. Le pouvoir activant se rétablit aussi

partiellement; cependant, après une chauffe prolongée au rouge, la

presque totalité du pouvoir activant se trouve supprimée, sans être

susceptible de reparaître spontanément avec le temps. On peut restituer

au sel radifère son pouvoir activant primitif en le dissolvant dans

l'eau et en le séchant à l'étuve à une température de 120°. Il semble

donc que la calcination ait pour effet de mettre le sel dans un état

physique particulier, dans lequel l'émanation se dégage bien plus

difficilement que cela n'a lieu pour le même produit solide qui n'a pas

été chauffé à température élevée, et il en résulte tout naturellement

que le sel atteint une radioactivité limite plus élevée que celle qu'il

avait avant la chauffe. Pour remettre le sel dans l'état physique qu'il

avait avant la chauffe, il suffit de le dissoudre et de le sécher, sans

le chauffer, au-dessus de 150°.

Voici quelques exemples numériques à ce sujet:

Je désigne par _a_ l'activité induite limite provoquée en vase clos sur

une lame de cuivre par un échantillon de carbonate de baryum radifère

d'activité 1600.

Posons pour le produit non chauffé:

_a_ = 100.

On trouve:

1 jour après la chauffe _a_ = 3,3

4 » » _a_ = 7,1

10 » » _a_ = 15

20 » » _a_ = 15

37 » » _a_ = 15

La radioactivité du produit avait diminué de 90 pour 100 par la chauffe,

mais, au bout d'un mois, elle avait déjà repris la valeur primitive.

Voici une expérience du même genre faite avec un chlorure de baryum

radifère d'activité 3000. Le pouvoir activant est déterminé de la même

façon que dans l'expérience précédente.

Pouvoir activant du produit non chauffé:

_a_ = 100.

Pouvoir activant du produit après une chauffe au rouge de trois heures:

2 jours après chauffe 2,3

5 » » 7,0

11 » » 8,2

18 » » 8,2

Pouvoir activant du produit non chauffé qui

a été dissous, puis séché à 150° 92

Pouvoir activant du produit chauffé qui a

été dissous, puis séché à 150° 105

Recherches sur les substances radioactives · 第 9 / 10 段