promises n'ont pas eu lieu. Il y avait bien déjà, à l'époque de la
promesse, quelques esquisses de prêtes; mais le jeu de la _Camera
obscura_, par lequel elles devaient s'accroître de façon à atteindre
aux proportions d'un volume, a été interrompu. Le temps d'_incipere
ludum_ était là d'une manière pressante. Je pouvais désormais mieux
employer mon instrument.
Certains de mes amis assuraient que je n'avais eu depuis que peu ou
rien: d'autres pensaient que l'instrument m'avait encore rendu de bons
services. Si ce dernier fait est réel, il m'est permis de répéter
l'adage: _Non lusisse pudet._
Cependant un puissant intérêt a engagé les éditeurs à publier une
nouvelle édition du petit livre d'Hildebrand, et ils exprimèrent le
désir (le mot reste naturellement sur leur compte), de l'enrichir de ce
qu'ils savaient être enfermé depuis longtemps en portefeuille. L'auteur
devait-il refuser? C'eût été vraiment le _lusisse pudet._
Je ne sais si les pièces publiées à cette occasion valent plus ou
moins que les autres. Mais cela m'étonnerait, parce qu'elles sont
toutes des produits d'un même esprit et d'un même temps. Il y a
beaucoup de choses dans le volume complet que je t'offre maintenant
pour la troisième fois, que je sentirais, considérerais et exposerais
autrement. Beaucoup de choses ont perdu le mérite de l'à-propos. Mais
je le donne tel qu'il est et pour ce qu'il est. _Il faut juger les
écrits d'après leur date_; c'est toujours une excellente maxime. Si en
ce moment je trouvais l'occasion d'employer la même forme d'écrire, je
croirais être obligé à donner quelque chose de plus intéressant et de
plus spirituel, et surtout qui atteste une plus profonde connaissance
des hommes et une contemplation plus féconde de la vie. Si j'y étais
impuissant, je devrais dire que j'ai vécu une douzaine d'années
inutilement.
Mon digne ami, depuis que je t'ai dédié pour la première et la deuxième
fois la plus grande de partie ces morceaux insignifiants, il s'est fait
passablement de vide en nous et hors de nous. La vie est maintenant
pour nous une chose claire; nous pouvons bien dire qu'elle nous est
connue, et nous sommes fixés de différentes manières sur ce qu'elle
a de sérieux et sur nous-mêmes. Il s'est éveillé des inquiétudes en
nous, et il s'est fait sombre là-haut. Des larmes ont coulé dont notre
joyeuse jeunesse, malgré toute la vivacité de son imagination, n'avait
pas d'idée. Heureux si nous avons appris à connaître des joies et aussi
des consolations dont la force et le bonheur n'avaient pas rempli nos
jeunes cœurs! Ce sont elles: et les mêmes que notre joyeuse jeunesse
nous a données, elle les a à sa disposition et elle les donne à qui en
a besoin. Remercions Celui qui nous a donné un cœur pour tout sentir,
un cœur _auquel rien d'humain n'est étranger_, et qui ne reste pas non
plus sans émotion en présence des choses divines. Aussi dans ce temps
de jeunesse de notre esprit que ce volume nous rappelle, nous restons
de temps en temps muet, mis en contact avec le grand, avec le sublime.
Le temps est venu d'y donner tout à fait notre cœur et de voir sous
leur vraie lumière toutes choses, et avant tout, nous-mêmes. Non, la
question n'est plus de _jouer_, mais bien de _redevenir enfants._ Et
celui-là seulement est un _enfant_, dans lequel la force, la sagesse et
la joie qui sont propres à l'homme se retrouvent!
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
AVANT-PROPOS
I. Les petits garçons
II. Malheurs d'enfants
III. Une ménagerie
IV. Un homme désagréable dans le bois de Haarlem
V. Humoristes
VI. Le trekschnit, la diligence, le bateau à vapeur
et le chemin de fer
VII. Jouissance des plaisirs
VIII. Les amis éloignés
IX. L'hiver à la campagne
X. Le progrès
XI. L'eau
XII. Enterrer!
XIII. Une exposition de tableaux
XIV. Le vent
XV. Réponse à une lettre de Paris
XVI. Antoine le chasseur
TYPES HOLLANDAIS.
I. Le batelier
II. Le domestique du batelier
III. Le barbier
IV. Le cocher de louage
V. La jeune fille du Brabant du nord
VI. Le voiturier limbourgeois
VII. Le pêcheur de Marken
VIII. Le chasseur et le polsdrager
IX. Le pêcheur à la ligne de Leyde
X. La paysanne de la Hollande du nord
XI. Le paysan de la Hollande du nord
XII. La garde
Épilogue et dédicace à un ami
Deuxième édition
Annexé à la troisième édition pour faire suite aux
pièces précédentes.
FIN DE LA TABLE.