_Dès le XVIIIe siècle, nos encyclopédistes surent préparer la force
d'apostolat qui devait d'abord, par les armées de la Révolution et de
l'Empire, ensuite, par l'action de leurs disciples parlementaires,
imposer à l'Europe monarchiste de 1848, après treize siècles
d'oppression féodale, la suprématie latine de la Loi sur les dynasties
barbares. C'est encore chez nous, aujourd'hui, que la passion de la
fraternité internationale puissamment développée, convertit l'État aux
espoirs de paix définitive, et entreprend de soumettre les autocraties
sanguinaires, même s'il faut pour cela quelque lutte suprême._
_Aussi nos écrivains, depuis vingt ans, s'ingénient-ils à découvrir
les talents des élites voisines. Ils établissent des unions entre les
mentalités des peuples. M. de Vogüé nous enseigna de la sorte plusieurs
raisons d'admirer Tolstoï et Dostoïevski. Nous comprenons les idées
graves, profondes et vivantes du Nord, qu'Ibsen incarna dans les
personnages de ses tragédies. Meredith, Kipling, Wells, après Swinburne
et Oscar Wilde, recueillirent les tributs légitimes de nos louanges.
Les poèmes de Carducci, les drames si noblement méditerranéens que
composa d'Annunzio, les pensées d'Ugo Ojetti, nous captivèrent. Et
l'on alla prônant les créateurs qui s'évertuent par delà les mers
septentrionales, les Alpes ou le Rhin._
_Cette affection très sincère de nos intelligences pour les
chefs-d'œuvres étrangers, a malheureusement secondé, parfois, quelques
jalousies d'écoles. Il fut une heure où cet amour fut exagérément
affecté par les auteurs méconnus qui déniaient à leurs émules célèbres,
les talents vantés par certains dilettantes ou par certaines foules.
En outre le sentiment politique dicta des verdicts littéraires. A
l'internationalisme enthousiaste, les Hauptmann, les Sudermann, les
Matilde Serao, les Thomas Hardy, tant d'autres non moins secondaires
durent leur renommée parisienne. Très-supérieur à ceux-ci, Maxime Gorki
peut cependant remercier l'opinion de notre jeunesse, adversaire de
l'autocratie russe. Il incarne le prestige du rebelle intelligent.
Nous aimâmes tout de suite les observations du chemineau réaliste et
libertaire. Ses façons de rude examinateur interrogeant la vie sans
indulgence nous séduisirent; sa pitié malveillante pour la bêtise des
humbles nous enchanta. Enfin nous honorâmes ses manières de Diogène
incorruptible aboyant au fond d'un tonneau. Un étranger, qui décrit les
mœurs de ses compatriotes fort éloignés de nous, a toutes chances de
nous intéresser; même si elles étaient plates et vaines, ses peintures
nous plairaient par l'imprévu de détails spéciaux à la race du conteur.
Telle histoire de paysan ou de boutiquier, pour fade et banale qu'elle
soit en elle-même, peut devenir singulière et poignante, grâce aux
locutions curieuses traduites d'un patois de la Chersonèse, grâce au
caractère soudain révélé d'individus très différents de nous-mêmes, et
influencés par des dogmes, des traditions tout autres. Gorki bénéficia
de cet avantage. Autant que Gogol, il nous introduit dans un monde
d'âmes enfantines, passives, ébaubies, résignées à leurs instincts et à
leurs maîtres, toujours asiatiques un peu. Cette nouveauté nous plut.
Bientôt les louanges de Gorki retentirent. L'on répétait à l'envie que
nous ne possédions pas un écrivain capable d'une pareille sincérité. On
se trompait du moins jusqu'aujourd'hui._
_Il est toujours utile de réconforter la foi dans notre excellence en
attirant l'attention du public sur ceux d'entre nous qui manifestent
le génie national. Les adorateurs de Gorki se défendront mal d'une
extrême sympathie pour l'œuvre de M. Morel pour ce volume. Sans que le
cachet de l'exotisme ajoute aux qualités de ce conteur une vertu toute
extérieure et trop alliciante, il réussit à surprendre notre sympathie
par la rude évocation de types tragiquement nets. Il les érige dans
leur décor propre, et ils vivent en toute vérité._
_Or la vérité constitue le mérite si rare de ce livre. Il la contient
précise, soudaine, effroyable, ironique envers soi. La fatalité des
lois économiques écrasant les foules industrielles est subie par les
travailleurs non sans une abnégation analogue à celle des multitudes
religieuses qui dans l'Inde, naguère, laissaient le char de Shiva
écraser les dévots précipités sous les roues saintes. Certes, il y
a les grèves, les émeutes, les protestations électorales. Mais la
secousse d'énergie apaisée, chacun reprend le collier de misère et
convaincu qu'une nécessité quasi divine l'emportera longtemps sur les
efforts de ses frères. Hagard, farouche, le peuple se remet à l'œuvre
de produire pour l'aisance des élites favorisées, la richesse de la
patrie. La substitution progressive d'actionnaires anonymes au patron
réel et haï, ne cesse de confirmer le caractère fatal du salariat. Au
loin, épars, intangibles, vagues, les uns presque pauvres peut-être,
les autres étrangers, tous ignorants des supplices que leur capital
inflige, les actionnaires sont devenus une entité que le prolétariat se
définit mal. Ennemie nébuleuse, incorporelle, insaisissable, en tout
cas phénomène subtil et dangereux comme le choléra. Car si les meneurs
de syndicats s'assimilent à demi les thèses du collectivisme, l'énorme
masse de leurs commettants n'y comprend goutte. Elle crie «Vive la
Sociale!» comme les gens de 1830 criaient «Vive la Charte!», ceux de
1790 «Vive la Liberté!» et ceux d'autrefois «Vive Notre-Dame!», par
besoin spontané de lutte contre les Huguenots, la dynastie franque et
les Bourgeois, causes personnifiées du malaise général. Aujourd'hui
l'amorphisme de la tyrannie capitaliste la rend quasi divine. Et
l'effroi, comme la haine qu'elle inspire maintenant, acquièrent des
apparences religieuses._
_C'est l'empire de cette terrible force sur l'individu que M. Morel
exprime dans les contes réunis en ce volume. De page en page, se
convulsent la douleur, l'ivresse et la bêtise des troupeaux humains
réduits à l'état indécis d'éléments. Rien dans les littératures
antérieures ne put être suggéré par des observations semblables; seuls
les tragiques grecs imputèrent à l'ανάγκη une pareille influence sur
les crimes et les guerres. La mentalité de la foule industrielle, de
l'homme-outil, est une chose particulière à ce temps. Jadis l'artisan
faisait à lui seul, un objet total. Qu'il abattit un arbre dans la
forêt, qu'il forgea une dague ou qu'il construisit une huche, il
possédait le sens tonique de créer. Il pouvait se satisfaire devant
un ensemble sorti de ses mains ingénieuses. Rares étaient ceux qui
remplissaient les tâches purement mécaniques de l'ouvrier contemporain.
Et ces tâches semblaient si pénibles qu'on les réservait aux criminels,
ou condamnés aux mines. Lisez le très beau conte qui a pour titre_
Multitude-Solitude _et que l'art vigoureux de M. Morel semble avoir
choyé; apprenez le labeur monotone et indéfini des trieuses dans un
puits du Nord; quelle impression funèbre on éprouve, à s'imaginer la
pente lente de la personnalité, saisie dans la continuité du mouvement
producteur, celui qui commence au coup de pioche détachant la boule
dans la galerie souterraine, et qui s'achève avec le geste de la
fillette remplissant la corbeille. Ce mouvement général semble l'_Être
_unique dont ce hercheur et la trieuse, aux deux extrémités de son
élan, paraissent les organes analogues aux mécanismes charriant les
bennes, hissant les cages, ventilant la mine, versant le charbon,
l'emportant sur les trucks des trains en partance pour mille usines
différentes qu'il alimentera._
_M. Morel a parfaitement suggéré cette absorption de l'ouvrier par
l'usine, qui le dévore, le savoure, le digère, puis l'excrète sous
forme d'invalide ou de cadavre. Cela, le singulier talent de l'auteur
nous a permis de le concevoir, en objectivant à nos yeux les heures
pathétiques des existences ainsi consommées._
_Amour angoissé puis mortel de La Marie pour le mineur qui l'a prise,
entre tant d'autres, et qui la chasse à coups de pierres quand elle
le découvre par mégarde aux bras d'une rivale. Stupidité touchante
et avilie de Bécu, qui paie sa boisson avec l'argent destiné au
cercueil de son enfant. Ignorances, souffrances, brutalités de tout
ce peuple houiller, grouillant à la surface de la plaine flamande,
sous les longues pluies froides, dans les cases des corons, à
la lueur des astres électriques qui bleuissent les vitrages des
ateliers, les courbes des rails, les fils du télégraphe, les
flaques d'eau semées dans la sombre étendue de mâchefer et de
boue. Toutes ces peines vivantes accomplissent le drame de leur
effacement au bénéfice de la_ Force _immatérielle, accroupie, là,
parmi les bâtisses lugubres et retentissantes, dans le paysage de
désolation . . . . . . . . . . . . . . ._
_Quel décor plus tragique: cités de briques noirâtres frangées de
maigres potagers, chemins d'escarbilles entre les terrains chauves,
groupes de passants aux hardes flasques, déteintes, et qui se frôlent
en affectant le verbe le plus canaille, le ton le plus abject. Cabarets
aux salles basses empuanties d'odeur aigre, de pétrole et de sueur.
Immondes injures proférées par les bouches d'enfants malingres et
hâves qui cruellement se bousculent. Et ce ciel fumeux qui pleure
sur l'infortune de la multitude hargneuse ou saoule. Telles sont les
lignes, les couleurs, les cortèges et les voix de l'un de ces lieux où
se recrutent les milices de la prochaine révolution sociale, celle qui
changera les institutions humaines._
_M. Morel façonne magistralement les statues littéraires des individus
que forment ce climat, ces parentages et ces mœurs. Frère de l'art qui
valut à Constantin Meunier tant de noblesse, celui-ci appartient en
toute originalité au nouveau conteur. Depuis l'époque où Zola composait
Germinal, deux générations surgirent dans le bassin minier du Nord.
Elles présentent à l'observateur des caractères très différents de
ceux que nota le romantisme lyrique du maître défunt. Tout a pris
là-bas un autre aspect. La magie de la science a modifié l'usine et
son outillage. Les personnalités se sont mieux diluées dans la masse.
Les rancœurs d'une population athée, rebelle, ironique, graveleuse et
complètement adaptée à ses tâches, ont marqué plus profondément de leur
empreinte les descendances: ce qui s'avère dans ce livre._
_Il m'étonnerait fort qu'on ménageât la faveur à cet ouvrage d'un
Gorki français qui vient d'ajouter plusieurs pages insignes à l'étude
contemporaine du peuple, essayée par les auteurs de_ Jacquou le
Croquant, _de_ La Vie d'un simple, _de_ La Maternelle.
_Pour épris que nous soyons de tentatives étrangères, il sied que nous
aimions les nôtres aussi, lorsqu'elles offrent à l'esprit tant de
chances pour s'instruire et s'accroître, en apprenant plus de douleurs
et plus de joies, en participant à plus de vies. Savoir rassembler et
serrer autour d'un personnage les forces de l'univers est l'intuition
philosophique seule capable de justifier l'usage des belles lettres._
_A Courrières, des héros se sont révélés au printemps de 1906._
_Cet admirable Pruvost qui sut vingt jours, dans la mine délétère,
faire survivre les courages de ses compagnons, qui les mena vers le
salut, en dépit des âmes ébranlées par les horreurs du réel et par
les terreurs de l'imaginaire. Quelle relation d'un siège, quel récit
d'une bataille comprirent jamais des péripéties plus atroces que
celle de cette longue angoisse? La viande arrachée au cadavre d'un
cheval pourrissant, l'avoine, les échardes, l'urine humaine, l'eau
sale qui composèrent la nourriture et la boisson de ces malheureux
n'étaient pas pour les nantir d'énergie. Celui qui les réconforta par
l'aliment sublime de sa parole rude et bonne, de son exemple, celui-là
mérita plus que tout autre d'être enrôlé dans notre Légion d'honneur.
Élève d'une École des Mines, Nény a montré ce que l'instruction et
l'intelligence apportent de force aux caractères qu'elles façonnent._
_Et voici maintenant un livre qui marque de quelles peines naissent ces
courages._
_Certains aiment répéter qu'il n'est plus en France, de cœurs
valeureux. Pruvost dément cette opinion. Il offrit la preuve manifeste
qu'au milieu de notre peuple se préservent et se perpétuent les
qualités du chef. Car grouper des compagnons à l'heure du péril, les
guider dans les chemins de douleur, les contraindre à subsister,
à marcher, à espérer et à vaincre, c'est là l'œuvre propre du
chef. Pruvost témoigna que, parmi nous, se conservent latentes, les
vertus des humbles officiers légendaires encadrant les soldats de la
Révolution et de l'Empire, les maintenant, décimés, sur le plateau
de Praszen, malgré la victoire momentanée des masses ennemies, les
conduisant à l'assaut d'une Saragosse fumeuse et meurtrière, les
ramenant à reculons et face aux cosaques, depuis Smolensk jusqu'à la
Bérésina._
_En ce Pruvost s'éternise le type du héros français. Pendant la
bataille contre la nature inclémente, contre la terre avare, contre les
gaz assassins, ils parurent tels que les aïeux dans la guerre contre
les tyrans d'autrefois. J'eusse voulu que M. Fallières allât lui-même
sur le carreau de la fosse attacher la croix contre ces poitrines
amaigries. J'eusse voulu que, représentée par sa jeunesse en armes, ses
plus somptueux régiments de cavalerie et d'infanterie en lignes sous
les drapeaux déployés, la France acclamât de ses fanfares, les héros du
travail._
_Rien n'eût été trop magnifique pour attester l'hommage de la nation à
ceux qui la servent en multipliant leur vigueur morale, leur esprit de
solidarité. Décorant ces mineurs, elle vénère en leurs personnes les
mille victimes du devoir social englouties dans les souterrains de la
houille, sous les éboulements. Elle enseigne au monde ceci: l'ouvrier
atteint en besognant pour produire l'aise humaine, mérite autant que le
soldat blessé en combattant pour détruire les adversaires de nos idées
essentielles, de nos idées libératrices._
_Pruvost, c'est le peuple qui, par son labeur opiniâtre, constitue
la richesse de la patrie, donc la puissance de ses concitoyens à
l'époque où l'argent commande et même dote d'efficacité les courages
militaires en mettant les inventions de la science dans les mains
des états-majors. Aujourd'hui, les grands États achètent la paix au
prix d'un énorme appareil de guerre. L'ouvrier d'industrie fournit le
principal de ce prix. Aux mineurs, aux verriers, aux forgerons, aux
tisserands, à tous ceux qui manient le fer et le feu dans les enfers
des usines, nous devons cet or sacré, garantie contre les massacres et
les ruines du pire fléau. Si les Germains hésitent à nous attaquer,
c'est que les Russes, débiteurs loyaux et reconnaissants, annoncèrent
l'union avec la nôtre de leur force que les dépêches anglaises et les
révolutionnaires européens décrient faussement, puisque cette simple
déclaration de Pétersbourg suffit pour amener la conciliation entre les
diplomates d'Algésiras._
_A l'ouvrier, nous devons les motifs de notre quiétude relative. La
richesse qu'engendre l'effort assidu de ses muscles assure la vie de
nos principes, de nos mœurs et de nos traditions. Il est le citoyen
tutélaire, le palladium de toutes les patries. Sans lui, le soldat
se trouverait, à l'heure dangereuse désarmé. Nos arts latins, notre
pensée romaine, notre République législative, notre indépendance
spirituelle et civique dépendent de son obstination à produire, en
échange d'un salaire médiocre, les objets de nos négoces, les causes
de nos millions. Afin que nous jouissions tous de cette sécurité, il
livre, par morceaux, son existence aux catastrophes, aux accidents, aux
maladies professionnelles. Il ignore, presque toujours, la longévité.
L'excès de labeur, l'excès d'alcool le tuent avant la vieillesse. Sans
l'excitation du vin, pourrait-il réaliser un effort aussi considérable!
Et chaque année, cent cinquante mille tuberculeux expient, en mourant,
le péché d'alcoolisme héréditaire._
_L'agriculteur fournit le pain quotidien des français. Il ne crée
pas la fortune indispensable à leur défense. Peu s'exporte de ce
qu'il cultive, de ce qu'il transforme dans les champs. Il oblige les
parlementaires au protectionnisme le plus néfaste. Au contraire,
l'ouvrier livre tout de lui-même. Chacune de nos excellences est pétrie
de sa chair, de son sang, de ses larmes. La table sur laquelle nous
écrivons le verre que nous vidons, l'habit que nous portons, le mur
que nous regardons: tout naît de sa peine. Notre vie est faite en ses
minuties, par les soins douloureux du travailleur manuel._
_Or, il a livré pour nous, à la nature souterraine, un épouvantable
combat. Mille de ses frères ont péri; et nous savons aujourd'hui,
dans quelles tortures. Si mille soldats avaient péri de même sous les
décombres d'une citadelle assiégée, nous ne saurions qu'imaginer à la
gloire de ces héros. Il sied que notre dévotion s'affirme pareillement
à l'égard des travailleurs morts pour la puissance de la patrie. Sur
le sol de Courrières, un édifice ne doit-il pas s'ériger, consacrant,
grâce à l'art d'un illustre sculpteur, la religion du sacrifice
consenti par l'individu afin que la société progresse. Depuis longtemps
M. Rodin parfait la maquette d'un monument au Travail. L'heure ne
sonne-t-elle pas de dresser ce symbole du génie laborieux sur le
tombeau des Mille?_
_A la gloire de l'ouvrier, la nation reconnaissante dédierait l'œuvre
de son plus beau talent._
_Nul hommage qui puisse dépasser la mesure du sacrifice. Si les lois
de l'évolution économique s'opposent encore aux désirs légitimes
du prolétariat, si l'on ne peut lui tailler sa juste part dans les
bénéfices sans détruire l'industrie même qui le nourrit, si, par
l'iniquité des choses fatales, l'ouvrier reste, comme l'employé,
contraint de subir ces influences de la vie générale, il a du moins
conquis le respect des penseurs, des élites intelligentes, jadis
insoucieuses de sa dignité. C'est ce sentiment de respect, de gratitude
et d'amour fraternel qu'il nous appartient de manifester le plus
généreusement autour du sépulcre noir._
_Et je suis extrêmement heureux d'écrire ces lignes au seuil d'une
œuvre d'un écrivain du Nord, un qui connaît les âmes des corons et les
humbles intelligences engainées dans la blouse du mineur. M. Morel,
le premier, élève ce monument littéraire en l'honneur de nos héros,
monument de sincérité, de pitié, de vérité. Il convient de le louer
pour avoir uni son rare talent au service d'une si noble cause._
_Paul ADAM._
[Illustration]