La bourgeoisie prenait assez généralement le dimanche.]

[44: En 1797, j'arrivai à Paris avec un de mes camarades, qui avait avec

lui un sac de 1,200 francs. C'était au mois de novembre; nous

descendîmes avec la messagerie rue des Fossés-Saint-Victor, vers six ou

sept heures du soir; nous y prîmes un fiacre pour nous rendre à notre

hôtel, rue de Richelieu. En arrivant, nous descendons, et prenons nos

effets avec tant de précipitation, que mon camarade oublie son sac.

Nous étions l'un et l'autre fort jeunes. C'était jour d'Opéra, nous

voulûmes finir notre journée à ce spectacle; il allait se terminer,

lorsque la mémoire rappela à mon compagnon son sac. Comment faire pour

courir après le fiacre? aucun de nous deux n'avait pris son numéro; il

était fort en peine, lorsqu'il me vint une idée.

J'avais remarqué que le fiacre était blanc, et avait un cheval de ce

poil avec un autre d'une autre couleur.

Je lui observai que peut-être le cocher ne se serait pas aperçu de notre

oubli, et qu'il se serait placé près de l'Opéra, espérant finir la

journée par ramener quelqu'un de son quartier; qu'il fallait nous mettre

à visiter toutes les voitures qui étaient autour de l'Opéra. Nous

trouvâmes effectivement la nôtre, qui était une des premières à la tête

de la file de celles qui devaient commencer à être appelées à la sortie

du spectacle. Nous montâmes dedans, et dîmes au cocher de nous conduire

rue des Fossés-Saint-Victor: il ne nous reconnut pas. Nous nous mîmes à

chercher dans la voiture, et nous trouvâmes le sac, qu'il avait

cependant mis dans le coffre de sa voiture. Comme il passait devant la

porte de notre hôtel, nous l'arrêtâmes. Il nous vit descendre avec notre

argent, et n'osa pas réclamer la moindre chose; il préféra avoir l'air

de ne pas s'être aperçu que ce sac était dans sa voiture, et se repentit

assurément d'avoir voulu gagner encore un petit écu en restant à la

sortie de l'Opéra.]

[45: Je dois faire observer que la plupart de ces jeunes femmes et de

ces jeunes gens avaient de vieux parens qui les élevaient dans un

éloignement total du nouvel ordre de choses établi en France, et qui

propageaient ainsi une opposition dans laquelle leurs enfans n'avaient

aucun intérêt de se ranger.

Une fois qu'ils furent échappés de la cage dans laquelle on les tenait

renfermés, ils firent tous comme ceux qui avaient pris leur parti depuis

dix ans.]

[46: On a méchamment imprimé, dans le commencement de 1814, un état des

prisonniers existans dans les maisons de détention de Paris, et l'on a

mis cela sur le compte des prisons d'État: c'est l'esprit de parti qui a

voulu confondre les détenus de toute espèce pour favoriser ses projets.

Il a mis les maisons de correction, celle pour dettes, celle des filles

publiques, celle des fous, etc., etc., dans la même catégorie. Tout ce

qui pouvait exciter la vengeance contre le gouvernement impérial lui

convenait.]

[47: Il n'y a eu de détention sous des noms supposés que dans deux cas,

pour éviter toute entreprise de communiquer au dehors. Elles

concernaient deux chefs d'insurgés espagnols, qui, dans les registres du

greffe, avaient d'autres noms; mais les conseillers d'État les

visitaient comme les autres tous les ans.

On avait pris le parti de leur donner de faux noms, pour que des

suborneurs n'entreprissent point de les faire évader.]

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 4 · 第 48 / 48 题