Un pieux jeune homme écrivait la lettre suivante, qui doit inspirer
une bien grande confiance en saint Joseph, surtout lorsqu'il s'agit
d'obtenir des graces de conversion.
«J'ai reçu cette année un grand nombre de faveurs par la puissante
intercession du glorieux Époux de Marie. La première a été la
conversion de mon excellent père.
Il ne s'était pas confessé depuis plus de quarante ans. Il y avait une
douzaine d'années qu'il n'était pas entré dans l'église paroissiale;
et, pour comble de difficultés, il était plein de préjugés contre
notre sainte religion qu'il n'avait jamais bien connue. Pour ramener
dans les bras de Dieu cette brebis égarée, il fallait un grand coup
de lumière et de miséricorde. J'avais essayé de le convaincre par le
raisonnement, j'avais prié et fait prier beaucoup pour lui: tout avait
été inutile. Il y a quelques semaines, je me sentis pressé d'aller
solliciter auprès de saint Joseph cette conquête si difficile.
C'était la première fois que j'implorais du saint Patriarche une
faveur particulière. J'allai donc me prosterner devant sa statue, et
je lui promis que, s'il m'accordait ce que je lui demandais, j'aurais
pendant toute ma vie une dévotion toute spéciale pour lui, et que je
m'efforcerais de répandre son culte autant que je le pourrais. À peine
ma prière terminée, je me sentis la plus grande confiance.
Je fis alors une première neuvaine avec toute la ferveur dont j'étais
capable. En même temps, j'écrivis à mon père pour tâcher de le décider
à porter un Cordon de saint Joseph que j'envoyai avec ma lettre. Il
eût été impossible de le lui faire accepter comme objet religieux;
mais, à ma demande, il consentit a le porter comme un petit souvenir
de moi.
Ma première neuvaine achevée, j'en commençai une nouvelle, et
incontinent je pus me rendre ce doux témoignage que mon espérance
n'avait pas été vaine. Béni soit à jamais le très bon et très puissant
saint Joseph!... La grâce était accordée. Dès le commencement de cette
seconde neuvaine, je reçus de mon père une touchante lettre, où il
m'exprimait, en des termes brûlant, la joie et la paix qui inondaient
son âme. Une lumière nouvelle venait de briller dans son coeur et dans
son intelligence. Le respect humain, les objections et les préjugés
contre la religion étaient tombés d'eux-mêmes, et une petite occasion
ménagée par saint Joseph s'étant présentée, mon père était allé se
confesser, comme poussé par une main invisible. Le lendemain, avec des
sentiments ineffables de bonheur et de tendresse, il recevait dans
son coeur le Dieu, si plein de miséricorde, qui venait réjouir sa
vieillesse, comme il avait autrefois réjoui sa jeunesse. La conversion
a été parfaite; saint Joseph ne fait pas les choses à demi. Depuis ce
jour de bénédiction, mon père prit part à tous les exercices de piété
de la paroisse. Tous ceux qui le connaissaient furent profondément
édifiés de cet heureux changement, et déclarèrent qu'il avait fallu
une main puissante pour opérer cette merveille. Et cette main
puissante, c'est la vôtre, ô grand et très-puissant saint Joseph! Je
vous remercierai pendant toute ma vie de cette grâce signalée...»
Après cela, pourrait-on recommander avec trop d'instances aux jeunes
gens la dévotion envers saint Joseph? Puissent-ils recourir à lui dans
tous leurs besoins spirituels et ceux de leurs proches! S'ils prient
avec ferveur et persévérance, ils ressentiront infailliblement les
effets de sa paternelle protection.
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