50.--LE BON FILS CONSOLÉ.

Un pieux jeune homme écrivait la lettre suivante, qui doit inspirer

une bien grande confiance en saint Joseph, surtout lorsqu'il s'agit

d'obtenir des graces de conversion.

«J'ai reçu cette année un grand nombre de faveurs par la puissante

intercession du glorieux Époux de Marie. La première a été la

conversion de mon excellent père.

Il ne s'était pas confessé depuis plus de quarante ans. Il y avait une

douzaine d'années qu'il n'était pas entré dans l'église paroissiale;

et, pour comble de difficultés, il était plein de préjugés contre

notre sainte religion qu'il n'avait jamais bien connue. Pour ramener

dans les bras de Dieu cette brebis égarée, il fallait un grand coup

de lumière et de miséricorde. J'avais essayé de le convaincre par le

raisonnement, j'avais prié et fait prier beaucoup pour lui: tout avait

été inutile. Il y a quelques semaines, je me sentis pressé d'aller

solliciter auprès de saint Joseph cette conquête si difficile.

C'était la première fois que j'implorais du saint Patriarche une

faveur particulière. J'allai donc me prosterner devant sa statue, et

je lui promis que, s'il m'accordait ce que je lui demandais, j'aurais

pendant toute ma vie une dévotion toute spéciale pour lui, et que je

m'efforcerais de répandre son culte autant que je le pourrais. À peine

ma prière terminée, je me sentis la plus grande confiance.

Je fis alors une première neuvaine avec toute la ferveur dont j'étais

capable. En même temps, j'écrivis à mon père pour tâcher de le décider

à porter un Cordon de saint Joseph que j'envoyai avec ma lettre. Il

eût été impossible de le lui faire accepter comme objet religieux;

mais, à ma demande, il consentit a le porter comme un petit souvenir

de moi.

Ma première neuvaine achevée, j'en commençai une nouvelle, et

incontinent je pus me rendre ce doux témoignage que mon espérance

n'avait pas été vaine. Béni soit à jamais le très bon et très puissant

saint Joseph!... La grâce était accordée. Dès le commencement de cette

seconde neuvaine, je reçus de mon père une touchante lettre, où il

m'exprimait, en des termes brûlant, la joie et la paix qui inondaient

son âme. Une lumière nouvelle venait de briller dans son coeur et dans

son intelligence. Le respect humain, les objections et les préjugés

contre la religion étaient tombés d'eux-mêmes, et une petite occasion

ménagée par saint Joseph s'étant présentée, mon père était allé se

confesser, comme poussé par une main invisible. Le lendemain, avec des

sentiments ineffables de bonheur et de tendresse, il recevait dans

son coeur le Dieu, si plein de miséricorde, qui venait réjouir sa

vieillesse, comme il avait autrefois réjoui sa jeunesse. La conversion

a été parfaite; saint Joseph ne fait pas les choses à demi. Depuis ce

jour de bénédiction, mon père prit part à tous les exercices de piété

de la paroisse. Tous ceux qui le connaissaient furent profondément

édifiés de cet heureux changement, et déclarèrent qu'il avait fallu

une main puissante pour opérer cette merveille. Et cette main

puissante, c'est la vôtre, ô grand et très-puissant saint Joseph! Je

vous remercierai pendant toute ma vie de cette grâce signalée...»

Après cela, pourrait-on recommander avec trop d'instances aux jeunes

gens la dévotion envers saint Joseph? Puissent-ils recourir à lui dans

tous leurs besoins spirituels et ceux de leurs proches! S'ils prient

avec ferveur et persévérance, ils ressentiront infailliblement les

effets de sa paternelle protection.

* * * * *

Les joies du pardon Petites histoires contemporaines pour la consolation des coeurs chrétiens · 第 56 / 61 题