Fénelon se dépouilla contre l'usage d'une abbaye qu'il possédait et
résista aux instances et aux exemples qui l'encourageaient à garder
ces richesses de l'Église. Le roi l'adjoignit aux évêques qui
scrutaient les doctrines de madame Guyon. Mais déjà la conférence
était dissoute, et Bossuet, seul rapporteur et seul oracle, rédigeait
à part le jugement. Fénelon, après en avoir discuté et fait modifier
les termes dans un sens qui excluait toute application de la censure
à la personne de madame Guyon, signa l'exposé des principes purement
théologiques de cette déclaration. La paix semblait tellement cimentée
entre ces deux oracles de la foi, en France, que Bossuet voulut
présider lui-même, comme pontife consécrateur, à l'élévation
ecclésiastique de son disciple et ami.
Le roi, son fils, son petit-fils, la cour entière assistèrent dans la
maison de madame de Maintenon, à Saint-Cyr, à la cérémonie où le génie
de l'éloquence consacrait le génie de la poésie.