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Au retour de ce long pèlerinage, madame Guyon fit imprimer à Lyon une

explication du _Cantique des cantiques_ de Salomon, et quelques autres

écrits sur la contemplation. Ces doctrines, renouvelées de Platon et

des premiers contemplateurs chrétiens, consistaient à recommander aux

âmes pieuses, comme type de perfection, un amour de Dieu pour

lui-même, désintéressé de toute récompense comme de toute crainte.

L'Église s'émut de ces doctrines. Madame Guyon et le père Lacombe,

qui venait de rentrer à Paris, furent arrêtés. Le religieux,

interrogé, jeté à la Bastille, fut enfin renfermé au château de

Lourdes, dans les Pyrénées, pour y languir pendant de longues années

d'expiation. Madame Guyon, enfermée de son côté dans un monastère de

la rue Saint-Antoine, subit les interrogatoires sévères de l'Église,

et se lava victorieusement de toutes les accusations de scandale et

d'impiété. Elle devint l'édification du couvent qui lui servait de

prison. Madame de Maintenon, intercédée en sa faveur, lui fit rendre

la liberté. Madame Guyon courut rendre grâces à sa libératrice qui,

subissant la fascination générale, la rapprocha d'elle comme un foyer

de piété, d'éloquence et de grâce. Elle l'introduisit à Saint-Cyr,

maison où elle avait rassemblé l'élite des jeunes filles nobles du

royaume. Ce fut là que Fénelon rencontra madame Guyon. La conformité

de tendresse et d'exaltation de ces deux âmes également religieuses,

ne tarda pas à établir entre Fénelon et madame Guyon un commerce

spirituel où il n'y eut de séduction que la piété et de séduit que

l'enthousiasme.

Cours familier de Littérature - Volume 28 · 第 133 / 188 题