VI

Fénelon fut oublié, en effet, dans la distribution des faveurs de

l'Église. Son oncle, l'évêque de Sarlat, fut obligé, pour soutenir son

neveu à Paris, de lui résigner le petit prieuré de Carénac, dépendant

de son évêché. Ce revenu de trois mille francs fut la seule fortune de

Fénelon jusqu'à l'âge de quarante-deux ans.

Il passa quelques semaines dans ce prieuré; il distribua aux indigents

de la contrée tout ce qu'il put retrancher de ce modique revenu à ses

besoins les plus restreints. Il y composa des vers, où le sentiment de

la solitude, qui porte à Dieu, se mêle aux sentiments de Dieu qui

remplit la solitude. Ces vers avaient la mollesse et la grâce de la

jeunesse; ils n'avaient pas la virilité de l'âme véritablement

poétique. Il le sentit lui-même et se résigna à la prose; mais il ne

cessa pas d'être le génie le plus poétique de son temps.

Cours familier de Littérature - Volume 28 · 第 118 / 188 题