[Note 145: D'abord on chante (_Rec._ de Maurepas, t. 4, p. 271):
Fouilloux, sans songer à plaire,
Plaît pourtant infiniment
Par un air libre et charmant.
En 1692 on parle, toujours dans les chansons, de «sa rouge trogne»; on
dit:
Aussi rouge qu'une écrevisse,
ou bien: «C'est Baron qui l'enivre». «Elle étoit grande et fort
éclatante (Sourches, t. 1; p. 39) mais plus belle de loin que de près.
Elle eut ensuite la petite vérole, qui la rendit extrêmement laide, et
elle n'eut pas d'enfants.» Ainsi passe la beauté des dames.
Bénigne de Meaux du Fouilloux (V. la notice de M. de la Morinerie)
avoit un frère que les Mémoires de M. de *** (p. 531) nomment «le
Fouilloux», que la table du premier volume de Quincy nomme
«Fouilleuse», que le texte (t. 1, p. 158) nomme «M. de Fouilleux», qui
étoit enseigne des gardes de la reine, rustique, mais spirituel et
gaillard (Tallem., t. 1, p. 355). Après avoir fait rougir les filles
de la reine par ses mots vigoureux, il fut tué de la propre main de
Condé, paroît-il, au combat du faubourg Saint-Antoine (V. Mottev., t.
4, p. 338). «C'estoit une espèce de favori que le cardinal poussoit
auprès du roi» (Montp., t. 2, p. 274).
Le roi eut toujours de l'amitié pour mademoiselle du Fouilloux. Son
nom étoit fameux en province. En 1662, à Uzès, Racine le vante (Lettre
à La Fontaine). Louis XIV l'accabla de prévenances (V. Lettre à Talbot
en mai 1664, t. 5 des _Oeuvres_, p. 184); le 16 mars 1661, il lui
donne 50,000 écus sur un pot de vin des gabelles (V. le _Journal des
bienfaits du Roi_, et Choisy, p. 592). Devenue marquise d'Alluye
(1697), elle fut l'intime amie de la comtesse de Soissons (Choisy, p.
610), avec qui elle fut compromise un moment et s'exila lors de
l'affaire des poisons (Sévigné, lettre du 26 janvier 1680).]
[Note 146: D'Alluye (Somaize, t. 1, p. 94) a inventé l'expression:
«Je suis pénétré de vos sentiments; je suis pénétré de votre douleur».
il étoit de la Société de l'hôtel de Rambouillet.
Estre d'une grande naissance,
lui écrivoit Beauchâteau en 1657,
Avoir du bel esprit le pur raffinement,
Faire dans les combats esclater sa vaillance,
Vivre à la cour et sans empressement,
Marquis, croyez asseurement
Que c'est de vous ce que l'on pense.
La maison d'Escoubleau (ce nom vient d'un château de
Châtillon-sur-Sèvre) s'étoit divisée en deux branches: celle de
Sourdis, et, au XVe siècle, celle d'Alluye, qui se réunirent.
Paul d'Escoubleau, marquis d'Alluye, étoit le deuxième fils de Charles
d'Escoubleau de Sourdis, marquis d'Alluye, gouverneur d'Orléans, dont
nous avons parlé. Son frère aîné, le marquis d'Alluye, étoit mort en
campagne au mois d'août 1638 (Montglat, p. 68). Il devint, par cette
mort, marquis d'Alluye. «Ne pouvant avoir la survivance du
gouvernement d'Orléans», il se fait frondeur en 1649 (Montglat, p.
206). C'est chez lui que se rassemblent les nobles qui protestent
alors contre les tabourets de certaines personnes titrées. «Mardi
matin, 5 octobre, encore assemblée de la noblesse opposante, que l'on
appelle anti-tabouretiers, chez le marquis de Sourdis, lui absent, et
son fils, le marquis d'Alluye, présent.
«Jeudi 7, la noblesse opposante aux tabourets s'assemble encore chez
le marquis d'Alluye, en l'hôtel de Sourdis.» (_Mém. manusc._ de
Daubuisson-Aubenay, ms. Bibl. Maz. H. 1719, in-fol.)
Il avoit lui-même, avant d'entrer dans la Fronde, nettement indiqué
ses prétentions (Mottev., t. 3, p. 259). «M. le marquis d'Alluye
demande qu'on retire, par récompense, de M. de Tréville, le
gouvernement du comté de Foix, qu'il a perdu par la mort du comte de
Cramail, son grand-père, qui l'avoit acheté, et qu'on lui donne la
survivance de celui du marquis de Sourdis, son père.»
Le refus de la cour le fait entrer dans la cabale du duc d'Orléans
(Aubery, liv. 5, p. 423).
Quand les troubles s'apaisent, d'Alluye est de toutes les fêtes (V.
Loret et les _Ballets_ de Benserade). Il se jeta très courageusement
dans la galanterie. Il n'aimoit pas la guerre, quoi qu'en dise
Beauchâteau, et ne l'avoit apprise qu'à contre-coeur en 1644. Il
aima d'abord madame de Boussu, que Guise épousa et délaissa. «Ce M. le
marquis, dit Tallemant, se vante de sçavoir un secret pour entrer
partout.» Il s'en servit pour entrer le premier chez madame de
Saint-Germain Beaupré. (Agnès de Bailleul), belle-soeur du maréchal
Foucault. _Les logements de la cour_ (1659) placent M. de
Saint-Germain Beaupré et M. d'Alluye au château de Saint-Germain,
«l'un sur le devant, l'autre sur le derrière.»
D'Alluye étoit lié avec madame Cornuel (Tallem. t. 9, p. 51); c'est
bien le moins, puisqu'elle étoit si liée avec son bon homme de père.
On est autorisé à le croire un peu philosophe lorsqu'on lit dans
Tallemant (t. 8, p. 89): «La veille de Pâques fleurie, madame de
Saint-Loup, M. de Candale, la comtesse de Fiesque, le marquis de la
Vieuville, mademoiselle d'Outrelaise, parente de Fiesque, et le
marquis d'Alluye, furent manger du jambon, un matin, aux Tuileries.»
On est autorisé à ne pas le croire très belliqueux (et nous ne l'en
blâmerons pas), lorsqu'on rencontre ce couplet:
D'Alluy s'en va dans Orléans
Au moindre petit bruit de guerre:
C'est un fort bon gouvernement,
Qui n'est point dessus la frontière;
Si par hasard il y étoit,
Au diable si l'on l'y voyoit!
Il est fâcheux que viennent après cela ces trois vers:
Gloire au brave marquis d'Alluy
Et au triste Montluc, son frère:
Ce sont deux grands donneurs d'ennui.
L'amitié que d'Alluye avoit pour mademoiselle de Fouilloux étoit comme
le secret de Polichinelle; tout le monde en connoissoit les détails.
Le marquis de Sourdis n'approuva pas leur mariage.
Après la mort de son père, d'Alluye garda son nom, sous lequel il
étoit depuis si long-temps connu. Il fut, comme sa femme, l'ami de la
comtesse de Soissons et l'ennemi de La Vallière (Mottev., t. 5, p.
174).
En 1680, il est exilé à Amboise, dit madame de Sévigné (16 février
1680). Elle se rétracte (le 21 février) et dit qu'il est à Hambourg.
«Il parloit trop.»]
[Note 147: Un Méneville, lieutenant de la mestre de camp (aux
gardes) est tué à Castelnaudary en 1632 (Daniel, t. 2, p. 282);
mademoiselle de Meneville est peut-être sa fille.
En 1654 commence l'amour de Brion.
En 1656 mademoiselle de Meneville a la rougeole. Loret dit:
Agréable sujet d'amour,
Des plus beaux qui soient à la cour.
Et un vaudeville ajoute:
Cachez-vous, filles de la Reine,
Petites,
Car Méneville est de retour,
M'amour,
vaudeville que commente, en 1657, mademoiselle de Montpensier (t. 3,
p. 200).
«Les filles de la Reine sont toutes bien faites et assez jolies.
Méneville est fort belle. La reine me fit l'honneur de me parler de
ses amours avec le duc de Damville, dont j'avois entendu parler (il y
avoit déjà trois ou quatre ans que cela duroit), et que de trois en
trois mois Damville disoit qu'il la vouloit épouser. Madame la
duchesse de Ventadour, sa mère, ne le vouloit pas. Jamais homme ne
s'est trouvé à cinquante ans n'être pas maître de ses volontés et ne
se pouvoir marier à sa fantaisie. La reine me conta que Meneville
n'osoit sortir la plupart du temps; que, quand il alloit à quelque
voyage, il lui laissoit son aumônier pour lui dire la messe et pour la
garder. Jamais galanterie n'a été menée comme celle-là.»
Madame de Motteville (t. 5, p. 76), à la date de 1661, entre dans des
détails qui suffisent:
«Le duc de Damville, le Brion de jadis, mourut aussi dans ce même
temps. Par sa mort il échappa des chaînes qu'il s'étoit imposées
lui-même, en s'attachant d'une liaison trop grande à mademoiselle de
Méneville, fort belle personne, fille d'honneur de la reine-mère. Il
lui avoit fait une promesse de mariage, et ne la vouloit point
épouser. Le roi et la reine-mère le pressant de le faire, il reculoit
toujours, et, quand il mourut, sa passion étoit tellement amortie
qu'il avoit fait supplier la reine-mère de leur défendre à tous deux
de se voir. Il offroit de satisfaire à ses obligations par de
l'argent; mais elle, qui espéroit d'en avoir par une autre voie,
vouloit qu'il l'épousât pour devenir duchesse. La fortune et la mort
s'opposèrent à ses désirs, et la détrompèrent de ses chimères. Son
prétendu mari s'étoit aperçu qu'elle avoit eu quelque commerce avec le
surintendant Fouquet, et qu'elle avoit cinquante mille écus de lui en
promesses. Elle ne les reçut pas, et perdit honteusement en huit jours
tous ses biens, tant ceux qu'elle estimoit solides que ceux où elle
aspiroit par sa beauté, par ses soins et par ses engagemens. Ils
paroissoient honnêtes à l'égard du duc de Damville, et n'étoient pas
non plus tout à fait criminels à l'égard du surintendant. On le connut
clairement, car il arriva pour son bonheur que l'on trouva de ses
lettres dans les cassettes du prisonnier qui justifièrent sa vertu.
Pour l'ordinaire, les dames trompent les hommes par de beaux
semblants, et, ne les considérant point en effet, leur font le moins
de libéralités qu'elles peuvent; mais toutes ces choses sont toujours
mauvaises devant Dieu et honteuses devant les hommes.»]
[Note 148:
Seigneur franc et bien sincère,
dit Loret; «fort bon garçon», dit Mademoiselle (t. 2, p. 432). De son
nom François-Christophe de Lévis, comte de Brion, parent de la Vierge
comme tous les Lévis, ce que tous les Lévis affirment et ce que
Scarron garantit.
Il fut créé duc de Damville (Dampville, écrivoit Gaston) après la mort
de son oncle maternel, Henri II de Montmorency. La duché-pairie de
Damville fut achetée le 27 novembre 1694, et réérigée pour le comte de
Toulouse (Saint-Simon, t 1, p. 142).
Brion avoit été toute sa vie à Monsieur, dont il étoit premier écuyer
(Montp., t. 3, p. 457). Il joua un certain rôle dans la Fronde (Retz,
p. 331), «avec fort peu d'esprit (Retz, p. 32) et beaucoup de
routine». Il a voulu «de jour en jour» (il faisoit tout _de jour en
jour_) épouser madame de Chalais, soeur de Jeannin. Il avoit été
capucin. Il voulut aussi épouser mademoiselle d'Elbeuf, et ne put se
résoudre ni à la quitter ni à l'épouser. Quand on le pressoit, il se
déclaroit malade. Lorsqu'il aima Meneville, ce furent les mêmes
pratiques. Tout cela n'indique pas un héros. Il dansoit agréablement
et se déguisoit au besoin (Mottev., t. 2, p. 327; Loret, février
1657).
Il avoit fait bâtir dans l'enclos du Palais-Royal un petit palais fort
commode, dont Louis XIV se servit quelquefois pour ses aventures
particulières.]
[Note 149: Voir les lettres de madame de Sévigné et de Bussy.]
[Note 150: Née à Paris, place Royale, le 5 février 1626. Par
exemple, nous ne parlerons pas long-temps de celle-là. Quel écrivain!
quel esprit! et pour nous quelle source abondante! Napoléon, qu'on a
voulu faire et qui n'est pas un oracle en littérature, lui préfère
madame de Maintenon. C'est loin d'être la même chose, cela soit dit
sauf le respect que nous devons à un aussi solide écrivain que madame
de Maintenon.
Bussy s'est repenti d'avoir fait la guerre à sa cousine. Il n'étoit
pas seul à croire que le comte de Lude l'aimoit avec profit. Voici un
couplet qui est de la même opinion. Il faut avouer que le couplet peut
n'être qu'un écho de l'_Histoire amoureuse_:
Froulay, Brégis, l'Archevesque et Bonnelle,
Montmorillon, Thoré,
Chastillon et Condé,
Pommereuil et Gondy,
De Lude et Sevigny,
Saint-Faron et Montglas,
Font l'amour sans soupirs, sans larmes, sans hélas!
Madame de Sévigné est la Sophronie de Somaize (t. 1, p. 221):
«Sophronie est une jeune veuve de qualité. Le mérite de cette
précieuse est égal à sa grande naissance. Son esprit est vif et
enjoué, et elle est plus propre à la joye qu'au chagrin; cependant il
est aisé de juger par sa conduite que la joye, chez elle, ne produit
pas l'amour: car elle n'en a que pour celles de son sexe, et se
contente de donner son estime aux hommes; encore ne la donne-t-elle
pas aisément. Elle a une promptitude d'esprit la plus grande du monde
à connoistre les choses et à en juger. Elle est blonde, et a une
blancheur qui répond admirablement à la beauté de ses cheveux. Les
traits de son visage sont déliez, son teint est uny, et tout cela
ensemble compose une des plus agreables femmes d'Athènes (Paris).
Mais, si son visage attire les regards, son esprit charme les
oreilles, et engage tous ceux qui l'entendent ou qui lisent ce qu'elle
écrit. Les plus habiles font vanité d'avoir son approbation. Ménandre
(Ménage) a chanté dans ses vers les louanges de cette illustre
personne; Crisante (Chapelain) est aussi un de ceux qui la visitent
souvent. Elle aime la musique et hait mortellement la satyre. Elle
loge au quartier de Léolie» (au Marais, rue Saint-Anastase, d'abord).]
[Note 151: Tout encore a été dit sur cette femme. Amie de Molière,
elle devina Voltaire; elle eut de l'esprit autant que Madame Cornuel;
elle étoit réellement l'institutrice de tous les jeunes seigneurs de
la cour. La Fare, juge d'un goût délicat, a dit: «Je n'ai point vu
cette Ninon dans sa beauté; mais à l'âge de cinquante ans, et même
jusques audelà de soixante-dix, elle a eu des amans qui l'ont fort
aimée, et les plus honnêtes gens pour amis. Jusqu'à quatre-vingt-sept
elle fut recherchée encore par la meilleure compagnie de son temps.
Elle est morte avec l'agrément de son esprit, qui étoit le meilleur et
le plus aimable que j'aye connu en aucune femme.»
Et les chansons, si souvent méchantes:
On ne verra de cent lustres
Ce que de notre temps nous a fait voir Ninon,
Qui s'est mise, en dépit du ...
Au nombre des hommes illustres.
Mettons deux portraits à côté l'un de l'autre: le premier de Somaize
(t. 1, p. 176): «Pour de la beauté, quoy que l'on soit assez instruit
qu'elle en a ce qu'il en faut pour donner de l'amour, il faut pourtant
avouer que son esprit est plus charmant que son visage, et que
beaucoup échapperoient de ses mains s'ils ne faisoient que la voir; et
c'est cette aimable qualité qui a si long-temps attaché _Gabinius_
(Guiche) auprès d'elle. Cette illustre personne est connue pour un des
plus accomplis courtisans, et il est vray qu'il ne la cherchoit que
pour son esprit, non pas dans la pensée, que beaucoup ont eue, qu'il y
avoit quelque intrigue entre eux, ce que l'on n'a jamais que soupçonné
sur les conjectures de ses visites.»
Le second, de Saint-Simon (t. 5, p. 63), à la date de 1705, année où
mourut Ninon: «Ninon eut des amis illustres de toutes les sortes, et
eut tant d'esprit qu'elle se les conserva tous, et qu'elle les tint
unis entre eux, ou pour le moins sans le moindre bruit. Tout se
passoit chez elle avec un respect et une décence extérieures que les
plus hautes princesses soutiennent rarement avec des faiblesses. Elle
eut de la sorte pour amis tout ce qu'il y avoit de plus frayé et de
plus élevé à la cour, tellement qu'il devint à la mode d'être reçu
chez elle, et qu'on avoit raison de le désirer par les liaisons qui
s'y formoient. Jamais ni jeu, ni ris élevés, ni disputes, ni propos de
religion ou de gouvernement, beaucoup d'esprit et fort orné, des
nouvelles anciennes et modernes, des nouvelles de galanteries, et,
toutefois, sans ouvrir la porte à la médisance; tout y étoit délicat,
léger, mesuré, et formoit les conversations qu'elle sut soutenir par
son esprit et par tout ce qu'elle sçavoit de faits de tout âge. La
considération, chose étrange! qu'elle s'étoit acquise, le nombre et la
distinction de ses amis et de ses connoissances, continuèrent quand
les charmes cessèrent de lui offrir du monde, quand la bienséance et
la mode lui défendirent de plus mêler le corps avec l'esprit. Elle
sçavoit toutes les intrigues de l'ancienne et de la nouvelle cour,
sérieuses et autres; sa conversation étoit charmante; désintéressée,
fidèle, secrète, sûre au dernier point, et, à la foiblesse près, on
pouvoit dire qu'elle étoit vertueuse et pleine de probité. Elle a
souvent secouru ses amis d'argent et de crédit, est entrée pour eux
dans des choses importantes, a gardé très fidèlement des dépôts
d'argent et des secrets considérables qui lui étoient confiés. Tout
cela lui acquit de la réputation et une considération tout à fait
singulières.
Elle avoit été amie intime de madame de Maintenon tout le temps que
celle-ci demeura à Paris. Madame de Maintenon n'aimoit pas qu'on lui
parlât d'elle, mais elle n'osoit la désavouer. Elle lui a écrit de
temps en temps jusqu'à sa mort avec amitié.»]
[Note 152: Devant Gênes (en 1638) tombe un «Esquilli, cadet de
Vassé» (Montglat, p. 72). Lisez Ecqvilly (Retz), et surtout
Esquevilly.
Les Vassé, très ancienne maison du Maine, nommoient leur aîné Vidame
du Mans, et leur cadet d'Ecquevilly. Le d'Ecquevilly mort à Gênes est
un cadet du père de Vassé. Retz parle des Vassé comme de ses parents,
et madame de Sévigné s'honore de leur alliance (Lettres de 1688).
Vassé (Henri-François, mort en 1684) eut d'abord la présidente
l'Escalopier, dont il faut lire l'historiette (Tallem. des Réaux,
deuxième édit., t. 6, p. 175). Cela fit un bruit terrible. Vassé étoit
étourdi. Il fit l'amoureux de madame de Sévigné (t. 7, p. 217).
Rouville l'appeloit «Son Impertinence».
Ninon, lui trouvant l'haleine forte, le blâmoit d'en être si libéral.
Vassé étoit d'une belle humeur; il enleva un jour, pour rire, une
jeune mariée.
On ne peut les punir assez,
Ces godelureaux, ces Vassez.
Mais à tout péché miséricorde! Le 20 janvier 1651, Loret prend la
parole pour annoncer que
L'on dit encor que Vassé mesmes
N'a plus de dessein pour la Tresmes,
Mais pour la jeune de Lansac.
Il épousa en effet Marie-Magdeleine de Saint-Gelais, fille du marquis
de Lansac.
Le temps des guerres civiles étoit venu. En 1649, Vassé commanda un
régiment de cavalerie (Retz, p. 134). Cette même année il fait partie
des nobles assemblés pour l'affaire des tabourets, et dont voici la
liste. Il y a là bien des noms de connoissance:
Orval, Saint-Simon, La Vieuville, Vassé, Vardes, Leuville, Montrésor,
Orval, Coeuvres, Brancas, Fontenay, Clermont-Tonnerre, Argenteuil,
Louis de Mornay, Villarseaux, La Vieuville, Montmorency, Roussillon,
Savignac, de Béthune, Humières, le chevalier de Caderoux, Ligny,
Termes, Spinchal, Hautefort, Châteauvieux, de Vienne, La Vieuville,
Saint-Simon, commandeur de Canion, de Rouxel, de Medavy, de l'Hôpital,
de Crevant, Seguier, le chevalier de La Vieuville, d'Alluye, Marginor,
Froulay, Monteval, d'Hautefort, d'Aspremont, Vandy, de La Chapelle,
Argenteuil, Thiboust, de Boissy, Congis-Moret, Sévigné, Rouville,
Saint-Simon, Mallet, Moreil, Caumesnil, Sévigné, Somon, Congis, de
Clermont, Monglat, Canaple, Largille, Maulevrier, d'Albret (Omer
Talon, p. 367).
En 1652 (Montp., t. 2, p. 232) le marquis de Vassé est mestre de camp
du régiment de Bourgogne.
On auroit de la peine à écrire les annales de sa vie.
En 1680 (2 février) madame de Sévigné écrit: «J'avois préparé un petit
discours raisonné et je l'avois divisé en dix-sept points comme la
harangue de Vassé.» L'allusion n'est pas pour nous. Le fils de Vassé
(vidame du Mans) épousa la deuxième fille du maréchal d'Humières, qui
se remaria à Surville, cadet d'Hautefort (Saint-Simon, t. 3, p. 188).
Vassé survécut à son fils, dont la veuve prit le nom lorsque le père
fut mort à son tour. Elle avoit un fils (Sourches, t. 2, p. 71).
Les bibliophiles connoissent le _Catalogue de la Bibliothèque de la
marquise de Vassé_ en 1750.]
[Note 153: Voyez Walckenaer (t. 1, p. 21, 186, 269, 275, 276, 278,
285, 286, etc.): «Ce Sevigny n'étoit point un honnête homme.» (Tallem.
des Réaux, chap. 244.)]
[Note 154: François Amanieu, seigneur d'Ambleville, tué lui-même
en duel en 1672, cadet de Miossens, qui fut maréchal d'Albret.
Il courtisoit madame de Gondran, maîtresse de Sévigné, et ne pouvoit
souffrir de ne réussir pas. Un jour il apprend que Sévigné a dit à
madame de Gondran que c'étoit un amoureux sans vigueur, un Candale, un
Guiche; il envoie Saucourt, un bon patron, demander des excuses.
Sévigné nie avoir dit le mal, mais refuse de s'excuser. Le duel fut
arrêté ainsi et eut lieu derrière le couvent de Picpus (Voy. Conrart,
p. 86), le vendredi 3 février 1651 à midi; Sévigné y trouva la mort, à
vingt-sept ans.
Si madame de Gondran ne prit pas des voiles de veuve, M. de Gondran,
ami de Sévigné, le regretta innocemment.]
[Note 155: Je ne sais rien de particulier sur cette dame.]
[Note 156: Madame de Sévigné badine à plusieurs reprises (par
exemple, le 1er mars 1680) sur la liaison qu'on supposoit avoir existé
entre elle et M. du Lude. Il resta son ami.
Du Lude a mérité les éloges que Bussy lui donne. Il étoit galant et
honnête; la marquise de Gouville (1655) et madame de La Suze (Somaize,
t. 1, p. 67) ont accepté ses hommages. Favori du roi de bonne heure,
et long-temps, du Lude, à l'Arsenal, où il logea en qualité de
grand-maître de l'artillerie, réunissoit une société qui gardoit le
culte des divinités adorées à l'hôtel de Rambouillet (Walck., t. 4, p.
131).
On voit sous Louis XI un Jean de Daillon, «maître Jean des Habiletez»,
disoit le roi, qui faisoit argent de tout. C'est un aïeul. Le père de
du Lude, gouverneur de Gaston, épousa une Feydeau, qui lui donna cent
mille pistoles (trois millions). (V. Amelot de la Houssaye, t. 2, p.
170.) Il étoit camarade de Théophile et de Desbarreaux (Tallem., t. 4,
p. 46).
En 1648 et 1649 Retz et Mazarin se servent du canal de madame du Lude
la mère pour leurs conférences: «À l'égard de ces fréquentes et
réglées visites chez la comtesse du Lude, elles ne passoient que pour
des rendez-vous de galanterie: On les attribuoit aisément au mérite de
mademoiselle du Lude, sa fille, qui étoit une très belle personne.
(Aubery, liv. 5.)
Du Lude le fils, Henri de Daillon, grand diseur de mots fins
(_Menagiana_), beau danseur, un Achille au jeu de la bague, épousa
d'abord Éléonore de Bouillé.
«Toujours dans ses terres, elle ne se plaisoit qu'aux chevaux, qu'elle
piquoit mieux qu'un homme, et chasseuse à outrance. Elle faisoit sa
toilette dans son écurie et faisoit trembler le pays. Vertueuse pour
elle, et trop pour les autres, elle fit châtrer un clerc en sa
présence, pour avoir abusé, dans son château, d'une de ses
demoiselles, le fit guérir, lui donna dans une boîte ce qu'on lui
avoit ôté et le renvoya.» (Saint-Simon, _Notes à Dangeau_.)
En secondes noces (1681) il épousa la veuve du comte de Guiche, qui
avoit alors trente-huit ans, et qui mourut le 25 janvier 1726. On la
fit dame d'honneur de la Dauphine. Le roi l'avoit aimée (Saint-Simon,
t. 1, p. 217, et La Fare), et il ne cessa de la considérer, de bien
traiter son mari.
Le comte du Lude, sans exploits militaires, avoit conquis des grades.
Pour le dédommager de ce qu'il n'avoit pas été compris dans la
promotion des maréchaux nommés le 30 juillet 1675, il avoit été
déclaré duc le lendemain. Il étoit chevalier des ordres du roi et
premier gentilhomme de la chambre. De 1669 à 1685 (Daniel, t. 2, p.
553) il occupa le poste de grand-maître de l'artillerie.
En 1685 il dut se faire traiter pour la fistule hémorrhoïdale
(Sourches, t. 1, p. 82), non sans soupçon de quelque vieux vice
italien. Sa femme, à ce moment, le flattoit d'une grossesse qui se
trouva fausse. Il mourut en août 1685 et laissa «une grosse
dépouille».
Abraham du Pradel nomme madame du Lude parmi les grandes dames qui
aimoient et recherchoient les curiosités.]
[Note 157: Jeanne de Montluc, comtesse de Carmain (Cramail ou
Cramailles), mariée à Charles d'Escoubleau-Sourdis, marquis d'Alluye,
morte le 2 mai 1657.]
[Note 158: Je ne peux pas donner ici une large place à un pédant,
quelque amoureux qu'il ait été. On lit dans le _Menagiana_ inédit (de
La Monnoye) ce passage qui nous concerne:
«C'est un bel esprit que M. de Bussy-Rabutin, mais il ne sçavoit rien.
Son histoire des _Amours des Gaules_ est toute remplie de fables et de
mensonges.»
Etc., etc.
«Comme les poètes sont susceptibles de colère, j'ai fait cette
épigramme contre M. de Bussy:
Francorum proceres media, quis credet! in aula,
Bussiades scripto læserat horribili;
Poena levis! Lodoix, nebulonem carcere claudens,
Retrahit indigno munus equestre duci.
Sic nebulo gladiis quos formidaret iberis
Quos meruit francis fustibus eripitur.»
Oui, Vadius, vous écrasâtes votre ennemi sous des vers d'un tel
poids.]
[Note 159: La Place (t. 4, p. 359) nomme un d'Arcy, page de
musique sous Henri IV, qui vécut jusqu'à l'âge de 103 ans, et jouit de
son franc parler sous Louis XIV.
D'Arcy qui est ici en scène étoit frère du comte de Clère, fils du
marquis de Fontaine Martel. Tous les deux figurent dans la cavalcade
faite à l'occasion de la majorité du roi en 1651. Le 26 septembre
1689, Dangeau apprend qu'il est nommé gouverneur du duc de Chartres
avec 2,400 fr. d'appointements. À Nerwinde, il pousse son élève au feu
(La Place, t. 2, p. 235); lui-même tombe sous les chevaux (_Racine à
Boileau_, 6 août 1693).
Son frère, M. de Fontaine-Martel, en 1692, est nommé premier écuyer de
la duchesse de Chartres (Dangeau, t. 4, p. 9). D'Arcy étoit chevalier
de l'ordre (1688) et conseiller d'État d'épée; il avoit été
ambassadeur en Savoie. Il mourut en 1694, à 60 ans, devant Maubeuge,
non marié et pauvre. Son neveu Cayeu le remplaça. Saint-Simon (t. 1,
p. 136) lui rend bon témoignage:
«D'une vertu et d'une capacité peu communes, sans nulle pédanterie et
fort rompu au grand monde, et un très vaillant homme sans
ostentation.»
«Il est fort regretté de tout le monde», dit Dangeau (7 juin 1694).]
[Note 160: Walckenaer (t. 2, p. 458) la présume belle-fille du
comte de l'Isle qui, en 1654, sert en Catalogne sous Conti. Dans un
acte (signé =Guénégaud=) du 25 février 1649, on voit «le sieur de l'Isle
lieutenant des gardes du corps de Sa Majesté». Quant à la vicomtesse,
Basse-Bretonne, «elle n'est pas belle, mais elle est fort coquette, et
danse admirablement.» (Tall., =CCCXXIX=, t. 9, p. 207.) Certaines pièces
du cabinet de M. de Montmerqué donnent à croire qu'elle avoit une fort
mauvaise réputation. (V. la _Carte de la Braquerie_.)]
[Note 161: Morte à Paris le 18 ou le 27 février 1695 (Dangeau), à
soixante-dix-sept ans, Cécile-Elizabeth Hurault de Chiverny épouse, le
8 février 1645 (ou 1643), François de Paule de Clermont, marquis de
Montglat.
«Cette jeune personne (Montp., t. 1, p. 418), qui étoit d'agréable
compagnie, fut depuis toujours auprès de moi.»
Elle commença par aimer La Tour Roquelaure (Tallem., t. 7, p. 139); le
duc d'Elbeuf l'eut ensuite (Tallem., t. 4, p. 309). Voici, puisée à la
même source, une historiette (t. 5, p. 371) qui nous fait entrer dans
sa vie privée et lui donne un nouvel amant:
«Au carnaval de 1652, madame de Montglas fit une plaisante
extravagance chez la présidente de Pommerueil. On y devoit jouer
Pertarite, roy des Lombards, pièce de Corneille qui n'a pas réussy.
Mademoiselle de Rambouillet dit à Segrais, garçon d'esprit, qui est à
cette heure à Mademoiselle, qu'elle n'avoit point veû l'Amour à la
mode et qu'elle l'aymeroit bien mieux. «Dites-le à la comtesse de
Fiesque.» La comtesse le dit à Hippolite: c'est le fils du président
de Pommerueil du premier lict, un benais qu'on appelloit ainsy parce
qu'on luy faisoit la guerre qu'il estoit amoureux de sa belle-mère.
Hippolite, qui estoit espris de la comtesse, alla dire aux comédiens
que, quoy qu'il en coustast, il falloit absolument jouer l'Amour à la
mode, et les envoya changer d'habits. On joue: madame de Montglat
réclame et fait bien du bruit. La comtesse et elle se harpignèrent;
les autres ne dirent rien. Au troisiesme acte, patience luy eschappe;
elle crie, tout haut: «Mon carrosse est-il venu?--Non, Madame.--Celuy
de l'abbé de Richou y est-il? (Notez que c'étoit son galant.)--Ouy,
Madame.» Elle sort, et, par une plaisante rencontre, le comédien qui
estoit sur le théâtre dit:
Retraite ridicule et fort extravagante.
«C'estoit justement où il en estoit, et, dans la comédie, une femme se
retiroit comme cela brusquement. Cela fit rire jusqu'aux larmes.»
Un couplet s'exprime ainsi:
Le rendez-vous du beau monde,
Montglas, n'est plus que chez vous;
Et là chacun se fait les yeux doux
Sans qu'on s'y morfonde;
Près de vous l'on parle haut et bas;
L'on s'y chauffe, et l'on ne s'y brusle pas.
À la fin des Mémoires de Mademoiselle se trouve le portrait de madame
de Monglat:
«Vous estiez fort jolie, vous aviez le teint beau et vif, la bouche
agréable, les plus belles dents qu'on puisse voir, le nez un peu
retroussé, mais d'une manière qui ne vous sied pas mal, les yeux
noirs, les cheveux bruns, mais en la plus grande quantité du monde;
vous aviez la gorge belle, comme vous l'avez encore; l'air impérieux
et le ton, etc.; les bras, les mains, le coude!
«Vous n'estes point médisante, vous excusez facilement les autres,
vous estes bonne amie.»
_Delphiniane_ (Somaize, t. 1, p. 282) «a beaucoup d'esprit; elle lit
tous les beaux livres, elle aime les vers, elle connoist tous les
auteurs, elle corrige leurs pièces.»
Sa belle-mère avoit été gouvernante des enfants de Henri IV. Son mari
fut d'abord premier écuyer de Gaston.
«François de Paule de Clermont, marquis de Montglat, étoit de
l'illustre et ancienne maison de Clermont, originaire d'Anjou, d'où
sont sorties les branches de Clermont, de Galerande, d'Amboise, de
Saint-Georges et de Resnel. Il étoit chef de la branche de
Saint-Georges. Il fut chevalier des ordres du roi, grand-maître de la
garde-robe et maréchal de camp. Il mourut le 7 avril l'an 1675.» (_Le
Père Bougeant_, Avertiss. en tête des Mémoires.)
Bussy, qui fut l'un des amants de madame de Montglat, et, par
conséquent, l'un des oppresseurs de M. de Monglat, ne se fait pas
faute de rire de ses infortunes.
«J'attends ici un de ces maris dont la tête n'est pas incommodée des
corniches; ce qu'il y porte va dans le superlatif. Je voudrois bien
vous faire connoître le personnage sans vous le nommer. Il n'est pas
si beau qu'Astolfe ni que Joconde; mais, en récompense, il est quatre
fois plus malheureux. Ne le connoissez-vous pas à cela? C'est un mari
tout à fait insensible. Il ne ressemble pas au pauvre Sganarelle, qui
étoit un mari très marri. On ne comprend pas celui-ci: car, quoiqu'il
porte des cornes sur la tête, il les tient fort au dessous de lui. Si
vous n'y êtes pas encore, vous n'en êtes pas loin. Attendez: c'est un
mari gros et gras et bien nourri. Y êtes-vous? C'est un mari dont le
malheur m'est particulièrement connu. Oh! pour celui-là, vous y êtes.»
(Bussy à Sév., 9 juin 1668.)
Bussy pendant long-temps poursuivit sa maîtresse infidèle de sa colère
et de ses injures, ne voulant pas comprendre qu'elle fût bien vue,
considérée encore; «qu'elle eût, par sa bonté, son amabilité et une
conduite plus régulière, conservé l'amitié de toutes les femmes avec
lesquelles elle s'étoit liée.» (Walck., t. 3, p. 171.)
Il écrit à madame de Sévigné (26 juin 1688): «J'ai fait toute la peur
à madame de Monglas; et, lorsqu'elle attendoit la honte de paroître en
public manquer de bonne foi, je lui viens de faire dire par la
comtesse de Fiesque qu'après les sentimens que j'avois eus pour elle,
je ne lui voulois jamais faire de mal. Je ne sais comment elle recevra
cela, mais je sais bien pourquoi je l'ai fait.»
Le 1er juillet il dit: «Elle a reçu mes honnêtetés avec la joie et la
reconnoissance qu'elles méritoient.» Bussy l'a aimée sincèrement, et
c'est là le plus beau trait de sa vie légère.]
[Note 162: Chez son oncle, qui habitoit le Temple.]
[Note 163: Mon indépendance.]
[Note 164: Dans quelques _Almanachs d'amour_ du temps, à la fin
des poésies de madame de La Suze, et dans quelques unes des éditions
hollandaises de l'_Histoire amoureuse_, on trouve, plus ou moins
nombreuses, des Maximes d'amour. J'ai imprimé celles-ci d'après le
texte que les Mémoires de Bussy nous donnent. Tout cela est coulant,
gracieux et de bonne mine.]
[Note 165: Le marquis de Langeais, déclaré impuissant en justice.]
[Note 166: Celui qui contentoit tout le monde et sa femme.]
[Note 167: _Vi capitur corpus, non cor insilitur._ Décidément tout
ce style n'est pas du premier venu.]
[Note 168: À la fin de l'année 1654, Bussy servoit sous Conti en
Catalogne; c'étoit le temps où il étoit l'ami du prince et lui donnoit
la primeur de toutes ses jovialités. Conti lui demanda de faire pour
lui la revue de la Braquerie, c'est-à-dire du corps des galants et des
galantes de la cour. Conti lui-même, à ce que disent les Mémoires de
Bussy, avoit fait la carte du pays de Braquerie. Toutes ces
gentillesses couroient le monde en manuscrit, comme tant d'autres
pièces de ce genre. En 1668 seulement fut imprimée, en Hollande, la
_Carte géographique de la Cour_, que nous réimprimons sous le titre
que les Mémoires de Bussy lui donnent. Selon toute apparence, c'est à
la fois l'oeuvre de Bussy-Rabutin et du prince de Conti. M. Bazin ne
devoit pas l'attribuer exclusivement à ce dernier, et M. P. Pâris a eu
raison de rectifier là-dessus, en publiant à son tour la Carte du pays
de Braquerie, les détails du titre que M. Bazin lui imposoit.
M. Bazin a fait son édition au moyen de la Carte imprimée en 1668 et
de deux copies manuscrites qui, comme toutes les copies manuscrites de
pamphlets à la mode, présentent quelques variantes. Nous suivons, à
peu de chose près, le texte qu'il a donné, et que M. Paulin Paris a
mis à la fin du tome 4 de son Tallemant des Réaux. Je n'ai pas cru
devoir transcrire ses notes telles qu'elles.]
[Note 169: Dames galantes.]
[Note 170: Les Maris.]
[Note 171: Galants.]
[Note 172: Ou Garsentins.]
[Note 173: Le pays de la Pruderie.]
[Note 174: La Galanterie éhontée.]
[Note 175: Ici M. Bazin avoit adopté une leçon que je n'ai pas cru
devoir préférer à l'imprimé.]
[Note 176: Mademoiselle de Guerchy, fille de la première comtesse
de Fiesque, fut aimée de Châtillon, comme nous l'avons vu. C'est elle
qui fut mortellement blessée d'une piqûre dans l'opération d'un
avortement, et que Vitry, son amant, tua d'un coup de pistolet (1672).
Elle étoit fille d'honneur de la reine-mère.
Cette _Petite Fronde_ est datée de 1656.
Guerchy, tu ravis le monde;
Pons est celle qui te seconde;
Saint Maingrin passe les trente ans;
Ségur s'en va vieille et mourante;
Pour Neuillant, les moins médisants
Disent qu'elle est rousse et méchante.
Mademoiselle de Pons est celle que Guise aima et délaissa;
mademoiselle de Ségur étoit laide et sage; mademoiselle de Neuillant
devint la sévère madame de Navailles; quant à mademoiselle de
Saint-Mesgrin, Loret (1er octobre 1650) en parle, et ce qu'il en dit
montre que notre beau financier, Jeannin de Castille, tranchoit du
monarque et du coq.
Saint Maigrin, fille de la reine,
Avec sa belle gorge pleine
Et son accueil doux et benin,
S'est fort acquis monsieur Janin,
Dont l'on dit qu'elle est adorée,
Tant le matin que la soirée.
Je ne croye pas que cet amant,
Dans son nouvel embrazement,
Lui fasse faire aussi grand'chère
Comme Gaston luy faisoit faire.
Une autre chanson, qui est de Benserade et datée de 1652, ne viendra
pas mal maintenant:
Guerchy, deux coeurs brûlent pour vous.
Les deux coeurs, disent les clefs, sont le coeur de M. de Jars,
commandeur de Malte, et le coeur de M. de Joyeuse (de la maison de
Lorraine).
Guerchy, deux coeurs brûlent pour vous;
L'amour qui les assemble
Les feroit plaindre ensemble
Sans être jaloux;
Malte et la Lorraine
Sont dessous vos lois;
Mais tirez-nous de peine:
À laquelle des trois
Donnez-vous votre choix?
C'est donc à tort que M. A. Bazin corrige _Malte et Lorraine_ et met
_Metz en Lorraine_, à cause que le chevalier de Lorraine n'est venu au
monde qu'en 1643, et parcequ'il suppose que Metz en Lorraine
signifieroit le maréchal de Schomberg, gouverneur de la ville et beau
galant.]
[Note 177: Jeannin de Castille.]
[Note 178: Ailleurs =Précy=.]
[Note 179: L'abbé Fouquet, dit la Clef.]
[Note 180: Mademoiselle de La Roche Posay, mariée au financier Le
Page, qui prit le nom de Saint-Loup. Ce fut, nous l'avons dit, la
première maîtresse de Candale.]
[Note 181: Candale, colonel général de l'infanterie, en
survivance.]
[Note 182: Fille du maréchal de Châtillon, soeur de madame de
Wurtemberg, bel esprit et poète. Elle avoit abjuré.]
[Note 183: Mademoiselle de Pons, dont nous avons parlé.]
[Note 184: Le duc de Guise.]
[Note 185: Malicorne, écuyer du duc de Guise.]
[Note 186: Où mademoiselle de Pons avoit dû se réfugier.]
[Note 187: Marie de Bailleul, veuve du marquis de Nangis, et
remariée en 1645 à Louis Châlon du Blé, marquis d'Uxelles.]
[Note 188: M. de Clérambault, écuyer de Madame (René Gillier,
baron de Puygarreau, en Poitou).]
[Note 189: Fille de Bordeaux, intendant des finances, femme de
Pommereuil, président au grand Conseil.]
[Note 190: Retz.]
[Note 191: Anne de la Magdelaine de Ragny, mariée en 1632 à
François de Bonne, duc de Lesdiguières.]
[Note 192: Retz, son cousin-germain.]
[Note 193: Roquelaure.]
[Note 194: Madame de Puisieux.]
[Note 195: Le garde des sceaux Châteauneuf.]
[Note 196: =Biron=. Ce n'est pas madame de Brion, morte en 1651.]
[Note 197: Charles de Sévigné seigneur de Montmoron, cousin issu
de germain de Henri, marquis de Sévigné.]
[Note 198: Du Lude.]
[Note 199: Bussy. Mais ceci feroit croire que la carte n'est pas
de Bussy, ou que Bussy se vante, ou encore qu'il ne faut pas prendre
pour des paroles d'Évangile tout ce que nous rencontrons.]
[Note 200: La princesse d'Harcourt.]
[Note 201: Hé! hé! Cela n'est pas dans l'Oraison funèbre.]
[Note 202: Marie de Rohan.]
[Note 203: Laigues.]
[Note 204: Fille d'un conseiller au Parlement nommé Henry, soeur
de Gerniou, veuve du fils du ministre Ferrier, et femme du conseiller
Menardeau, seigneur de Champré.]
[Note 205: Ailleurs _dix_.]
[Note 206: Veuve du président de la Barre, remariée en 1650 à
Isaac Arnauld, mestre de camp général des carabins (carabiniers) et
lieutenant général, mort en 1652.]
[Note 207: Clérambault, déjà cité.]
[Note 208: Sibille-Angélique-Émilie d'Amalby, mariée en 1643 à
Cominges, cousin de Guitaut.]
[Note 209: Le maréchal du Plessis, dit la Clef.]
[Note 210: Fille aînée du président Bailleul, mariée à N. Girard,
seigneur du Tillet.]
[Note 211: Soeur de la marquise d'Uxelles, belle-soeur du
maréchal Foucault.]
[Note 212: Son mari.]
[Note 213: Femme peu aimable, dont Tallemant a parlé en passant.]
[Note 214: Madame de La Fayette, mariée en 1655.]
[Note 215: Retz.]
[Note 216: Julie-Lucie d'Angennes de Rambouillet, mariée en 1645 à
Charles de Sainte-Maure, marquis de Montausier.]
[Note 217: Je crois qu'il faut lire Fiennes, comme sur l'imprimé.
Ce ne peut être là, en 1654, le portrait de madame de Pienne,
c'est-à-dire de la comtesse de Fiesque. Cependant on pourroit
reconnoître le petit Guitaut dans le gouverneur.]
[Note 218: La mère, «la borgnesse».]
[Note 219: Anne d'Autriche.]
[Note 220: Louis XIV.]
[Note 221: Les enfants, les filles, mesdemoiselles de Beauvais?]
[Note 222: Mademoiselle de Guise, née en 1615.]
[Note 223: Montrésor.]
[Note 224: La duchesse, soeur de Condé.]
[Note 225: Faut-il voir là Condé, Conti, Nemours et La
Roche-Foucauld? Pour les deux premiers noms, cela répugne. Mais après
tout, nous n'avons affaire qu'à un pamphlet.]
[Note 226: Par la dévotion.]