[Note 116: Claire-Clémence de Maillé, fille du maréchal de Brézé,
mariée le 11 février 1641 au grand Condé, qui n'en vouloit pas et qui
ne l'aima jamais. Elle montra du courage pour le défendre en 1650.
Délaissée, elle eut des amants. Mademoiselle (t. 2, p. 51) cite, en
1649, Saint-Mesgrin. En 1671, un de ses valets de pied, Duval, et un
page, Rabutin, qui apparemment jouissoient de ses bonnes grâces,
mettent l'épée à la main l'un contre l'autre; elle accourt, elle est
blessée. Toute la cour retentit de l'esclandre. Rabutin s'enfuit; il
s'éleva aux premiers honneurs de l'armée impériale en Hongrie
(Saint-Simon, _note à Dangeau_, t. 4, p. 479). À partir de ce moment,
madame la princesse fut enfermée à Châteauroux; son fils lui cacha la
mort de Condé. Elle mourut le 16 avril 1694 (Dangeau, 18 avril).
Madame de Motteville (t. 4, p. 80) lui a rendu quelque justice: «La
douleur l'avoit embellie... Elle avoit des qualités assez louables;
elle parloit spirituellement quand il lui plaisoit de parler, et, dans
cette guerre (de Bordeaux), elle avoit paru fort zélée à s'acquitter
de ses devoirs. Elle n'étoit pas laide: elle avoit les yeux beaux, le
teint beau et la taille jolie. Sans se faire toujours admirer de ceux
qui la conduisoient et de ceux qui étoient auprès d'elle, elle a du
moins cet avantage d'avoir eu l'honneur de partager les malheurs de M.
le Prince.»]
[Note 117: Boligneux est une «paroisse avec titre de comté, dans
la Bresse». (Expilly, t. 1, p. 717.)
Madame de Sévigné parle (31 juillet 1680) de Louis de La Palu, comte
de Boligneux, cousin de M. de la Trousse; ailleurs (15 septembre
1677), elle dit: «La vieille Boligneux, qui étoit ma tante.»
Il y avoit en 1690 un régiment de Boligneux dans l'armée de Boufflers
(Dangeau, 16 septembre 1690).
Saint-Simon dit de Bouligneux, lieutenant-général, tué devant Verne en
1704 (t. 4, p. 384), que c'étoit un homme «d'une grande valeur, mais
tout à fait singulier».]
[Note 118: «On dit que messieurs de La Feuillade ne sçauroient
prouver qu'ils soient venus des anciens vicomtes d'Aubusson, ni même
que le grand-maître cardinal d'Aubusson fût de leur maison. Je laisse
à examiner ce fait aux généalogistes.» (Am. de La Houssaye, t. 1, p.
131.)
Et moi aussi. La Feuillade (François d'Aubusson) étoit neveu de
l'archevêque d'Embrun, dont on se moqua si souvent à la cour. Il étoit
un peu couard. Bussy raconte dans ses Mémoires manuscrits (cabinet de
M. Montmerqué) qu'il ne fut pas très satisfait de ce que l'_Histoire
amoureuse_ contenoit sur son compte. Il avoit été compagnon d'armes et
ami de Bussy. Il fut lié avec Fouquet; il l'avertit de sa prochaine
disgrâce (Mottev., t. 5, p. 140).
Ce fut le favori de Louis XIV quand Lauzun fut frappé de déchéance. À
chaque page, dans les _Etats du comptant_ (Archives nat., sect. hist.,
carton K; p. 120, nº 12), il est question des gratifications que le
roi lui accorde; il les payoit en adulations byzantines. La place des
Victoires est une place de son fait.
Sur la fin de sa vie, Louis XIV s'en dégoûta. Il mourut en septembre
1691, à soixante ans passés. Son père, qu'il n'avoit pas connu, étoit
mort au combat de Castelnaudary, en 1631.
Saint-Simon lui attribue la plate réponse que le maréchal de Grammont
fit un jour à Louis XIV, lorsque le roi le surprit battant un valet.
La Feuillade avoit servi de confident dans l'histoire des amours de
mademoiselle de Fontanges.]
[Note 119: Son père, François Annibal d'Estrées, marquis de
Coeuvres, maréchal de France, né en 1573, mourut à
quatre-vingt-dix-sept ans, le 5 mai 1670.
Tallemant (t. 1, p. 383) dit qu'il étoit dissolu au dernier point,
ayant, selon le bruit public, couché successivement avec ses six
soeurs. Il eut en premières noces 1º le marquis de Coeuvres, 2º le
comte d'Estrées, 3º l'évêque de Laon, et en secondes noces le marquis
d'Estrées.
Il étoit fils d'Antoine d'Estrées, premier baron du Boulonnois, et
neveu de la «charmante» Gabrielle. Il avoit épousé la fille de
Montmor, trésorier de l'épargne, veuve du maréchal de Thémines. La
satire 3 de Régnier lui est dédiée.
Son fils aîné, en 1648, sert en Catalogne avec le titre de maréchal de
camp.
En 1615, le père est maître de la garde-robe de Monsieur, qui est bien
jeune alors; il fut employé dans les ambassades, à Bruxelles, pour
enlever le prince de Condé (Fontenay-Mareuil, t. 1, p. 21), et surtout
à Rome, où il montra de l'habileté. Ses Mémoires sont intéressants
pour l'histoire diplomatique.
C'est lui qui, avec le marquis de Rambouillet, est le premier des
jeunes gens de la cour roulant carrosse sous Henri IV (Tallem., t. 1,
p. 112).
Le marquis de Coeuvres fut fiancé en 1647 (Mottev., t. 2, p. 216)
avec mademoiselle de Thémines, fille de la seconde femme de son père.
Il fit partie de l'assemblée de la noblesse en 1649 (Mottev., t. 3, p.
272), réunie pour combattre les prétentions de La Rochefoucauld et de
quelques autres. Il se battit en duel avec Plessis-Chivray, frère de
la maréchale de Grammont. Ce fut «un des plus beaux combats de la
Régence» (Tallem., t. 4, p. 435); il n'y eut pas de raillerie. En 1650
il est à Laon, place de son père (_Catal. de la Bibl. nat._, t. 2,
[histoire] nº 1632). En 1670 (Daniel, t. 2, p. 394) il est colonel du
régiment d'Auvergne.
Le comte d'Estrées, son frère, fut maréchal de France; l'évêque de
Laon devint cardinal.]
[Note 120: La date est précise. Si ce n'est que de l'appareil et
si elle ne rend pas la lettre authentique, au moins est-il impossible
de nier que dans tout ce qui précède et dans tout ce qui suit, Bussy
raconte avec une grande clarté et avec des détails fort intéressants
des faits qui ont une valeur véritable. L'histoire de la Fronde et du
ministère de Mazarin est éclairée, grâce à ce livre badin, d'une
lumière qui, sans l'_Histoire amoureuse_, lui manqueroit. Les
historiens qui ont souci de la tâche qu'ils se donnent ne peuvent
négliger, sans encourir de reproche, une source qui est, en certains
cas, unique, et qui est toujours bonne. Il ne faut pas que les grâces
trop raffinées du récit écartent la science sévère des enseignements
qui l'attendent dans ce livre. Nous croyons pouvoir déclarer, sans
crainte de rien donner à l'engoûment que l'annotateur a quelquefois
pour son texte, que l'ouvrage de Bussy-Rabutin peut prendre place
parmi les plus utiles mémoires écrits sur l'histoire du règne de Louis
XIV.]
[Note 121: Nous ne paraphraserons pas cette indication rapide.]
[Note 122: Je pense que ce M. de Vaux est un agent subalterne de
la police de l'abbé Fouquet ou un logeur du Marais.]
[Note 123: C'est celle à qui, dans la lettre célèbre de madame de
Sévigné (1672), madame de Longueville demande des nouvelles de son
fils. Elle étoit soeur de madame de Montbazon. Catherine-Françoise
de Bretagne est morte le 21 novembre 1692.
Tallemant (t. 4, p. 454) lui accorde du mérite. Elle savoit le latin:
«Les Vertus descendoient directement de François, comte de Vertus et
de Goello, baron d'Avaugour et seigneur de Clisson, de Champtocé,
etc., fils naturel de François II, duc de Bretagne, et d'Antoinette de
Maignelois, dame de Cholet.»
Amie intime, et en tout temps, de madame de Longueville, elle cherche
à la réconcilier un jour avec La Rochefoucauld, un autre jour avec son
mari (1654, Montp., t. 2, p. 442).
Elle resta demoiselle, ne put vivre chez sa mère, qui étoit trop peu
mère de famille, et alla d'abord chez madame de Rohan, puis à
Port-Royal.