[Note 94: François VI de La Rochefoucauld n'a rien oublié pour se
faire bien connoître. Il a laissé un petit livre, cinquante pages
immortelles, et des Mémoires: en 1658, il écrit: «Je suis d'une taille
médiocre, libre et bien proportionnée; j'ai le teint brun, mais assez
uni; le front élevé et d'une raisonnable grandeur; les yeux noirs,
petits et enfoncés, et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés.
Je serois fort empêché de dire de quelle sorte j'ai le nez fait, car
il n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que
je crois; tout ce que je sçais, c'est qu'il est plutôt grand que petit
et qu'il descend un peu trop bas. J'ai la bouche grande, les lèvres
assez rouges d'ordinaire et ni bien ni mal taillées. J'ai les dents
blanches et passablement bien rangées. On m'a dit autrefois que
j'avois un peu trop de menton; je viens de me regarder dans le miroir
pour savoir ce qui en est, et je ne sçais pas trop bien qu'en juger.
Pour le tour du visage, je l'ai ou carré ou en ovale; lequel des deux?
Il me seroit fort difficile de le dire. J'ai les cheveux noirs,
naturellement frisés; et avec cela assez épais et assez longs pour
pouvoir prétendre à une belle tête.
«J'ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine: cela fait
croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le
sois point du tout. J'ai l'action fort aisée, et même un peu trop, et
jusqu'à faire beaucoup de gestes en parlant. Voilà naïvement comme je
pense que je suis fait au dehors, et l'on trouvera, je crois, que ce
que je pense de moi là-dessus n'est pas fort eloigné de ce qui en
est.»
En 1648, il étoit encore prince de Marcillac; madame de Motteville
dit: «Ce seigneur étoit peut-être plus intéressé qu'il n'étoit tendre
(Mottev., t. 3, p. 128). Il avoit beaucoup d'esprit et l'avoit fort
agréable, mais il avoit encore plus d'ambition» (t. 3, p. 154).
En 1643, elle ajoutoit à son nom (t. 2, p. 9) cette phrase: «Ami de
madame de Chevreuse et de la dame de Hautefort, qui étoit fort bien
fait, avoit beaucoup d'esprit et de lumière, et dont le mérite
extraordinaire le destinoit à faire une grande figure dans le monde.»
Il n'est pas nécessaire d'être diffus lorsqu'il s'agit d'une personne
que tout le monde connoît si bien.]
[Note 95: Son affaire est bonne. C'est le _Desfonandrès_ de
Molière. Il avoit de la réputation; on le consulte lorsque Mazarin va
mourir. «Charlatan, dit Guy Patin, charlatan s'il en fut jamais; homme
de bien, à ce qu'il dit, et qui n'a jamais changé de religion que pour
faire fortune et mieux avancer ses enfants.»
Il fit avorter en effet, lorsqu'elle eut occasion de le désirer,
madame de Châtillon. Un petit Nemours, qui eût peut-être été un hardi
capitaine ou un brillant abbé, disparut ainsi.]
[Note 96: Bossuet a tout dit pour sa gloire. Ce fut un grand
général et un grand esprit. Le petit portrait que Bussy lui consacre
n'est pas une si mauvaise chose pour n'être pas une oraison funèbre.
C'est sur la dénonciation catégorique de Condé (Guy Patin, lettre du
18 août 1665) que Bussy fut arrêté. Condé ne lui pardonna jamais ce
qu'il avoit écrit de sa soeur, ni sans doute sa conduite en Berry au
temps de la Fronde.
Le père de Condé se croyoit de temps en temps oiseau, et chantoit;
sanglier, et donnoit des coups de boutoir. Son fils se crut tour à
tour, et avec délices, lièvre, mort, chauve-souris, salade. Il y a de
la folie dans la substance cérébrale de la race. C'est cette folie
qu'il faut accuser de certains travers de Condé (Lett. de Madame, 5
juin 1719): «Il alla à l'armée et il s'habitua à de jeunes cavaliers;
quand il revint, il ne pouvoit plus souffrir les dames.»
De ce temps (1643) date une chanson fine, qu'il y a quelque agrément à
se rappeler, lorsqu'on voit plus tard (en 1652, à Paris) Condé baiser
en pleine rue la châsse de sainte Geneviève. Le dialogue a pour
interlocuteurs Condé et son ami de La Moussaye (un Goyon). Les deux
improvisateurs descendent le Rhône en bateau sous un bel orage:
Carus amicus Mussæus,
Ah! Deus bone! quod tempus!
Landerirette!
Imbre sumus perituri,
Landeriri.
--Securæ sunt nostræ vitæ;
Sumus enim Sodomitæ,
Landerirette,
Igne tantum perituri,
Landeriri.
Le père de Condé avoit aussi, dit-on, ces défauts-là; son page,
Hocquetot ou Hecquetot (un Beuvron), lui étoit, à ce qu'il paroît,
trop dévoué, et l'on disoit, toujours en latin (Tall., ch. 2, p. 441):
Crimina sunt septem, sunt crimina Principis Octo.
La chansonnette de Condé et de son ami, toute réserve faite, vaut
mieux que cet affreux calembour. Condé troussoit le vers
gaillardement; on en a la preuve en françois dans les rondeaux du
comte de Maure. Il ne faudroit pas oublier ces poésies dans un recueil
des vers de la maison de Bourbon.
Condé se permettoit, à l'occasion, des entreprises plus humaines.
Revenant ivre de chez la Duryer, cabaretière à Saint-Cloud, il
rencontre madame d'Ecquevilly près Boulogne; elle avoit une suite, il
en avoit une; en un clin d'oeil il n'y eut qu'une bande, qui
disparut dans les fourrés du bois (V. Tallem., deuxième édit., chap.
212). _Humaines_, ai-je dit; je voulois dire: mieux appropriées à un
homme. Mais là encore il y a bien du prince chimérique.
Quelques petits témoignages ne peuvent nuire maintenant: «Dans sa
jeunesse il avoit connu toutes les dames de la cour et de la ville
dont la beauté avoit fait quelque bruit, sans s'attacher à pas une.
Comme il n'y cherchoit que les agréments du corps, il n'avoit pas pour
elles tous les égards et toutes les honnêtetés que la noblesse
françoise a coutume d'avoir pour les femmes.
«... Le coeur volage de ce prince se fixa cependant à la fin en
faveur de la duchesse de Châtillon, sa parente, pour laquelle il eut
de la complaisance et de la soumission.» (_Mém. de M. ***_, p. 469;
1648.)
Mademoiselle (t. 2, p. 241), parlant de cette intrigue (1652), flaire
juste: «La suite des choses a bien fait connoître que M. le Prince
n'étoit point amoureux.»
Cette affaire-là ne prouve donc pas beaucoup. Il y auroit à citer le
passage de Condé chez Ninon, qu'il protégea toujours; il y auroit à
parler de mademoiselle du Vigean (V. M. Cousin) et à rappeler
mademoiselle de Toussy (Louise de Prie), plus tard maréchale de La
Mothe-Houdancourt.
Tout cela même ne fait pas un coeur bien tendre. Madame de
Motteville jugera l'homme en dernier ressort (Motteville, t. 2, p.
221; 1647): «Il faisoit le fanfaron contre la galanterie, et disoit
souvent qu'il y renonçoit, et même au bal, quoique ce fût le lieu où
sa personne paroissoit davantage. Il n'étoit pas beau: son visage
étoit d'une laide forme, il avoit les yeux bleus et vifs, et dans son
regard se trouvoit de la fierté. Son nez étoit aquilin, sa bouche
étoit fort désagréable, à cause qu'elle étoit grande et ses dents trop
sorties; mais dans toute sa physionomie il y avoit quelque chose de
grand et de fier, tirant à la ressemblance de l'aigle. Il n'étoit pas
des plus grands, mais sa taille en soi étoit toute parfaite.»
Coligny-Saligny a dit tout le mal possible de Condé (V. ses
_Mémoires_). Une de ses phrases est grave, mais n'étonne pas:
«Il s'est voulu servir de son esprit pour ôter la couronne de dessus
la tête du roi; je sçais ce qu'il m'en a dit plusieurs fois, et sur
quoi il fondoit ses pernicieux desseins.»
Condé échoua; il se repentit même. Sa fin retirée a encore de la
grandeur. Il ne faut pas lire exclusivement Désormeaux pour le bien
connoître; nul n'a poussé plus loin les vices et les vertus de la
jeune noblesse du XVIIe siècle. Et puis, c'est le vainqueur de Rocroy!
M. Cousin a cru devoir le placer, comme capitaine, au dessus de
Bonaparte. On voit pourquoi, mais M. Cousin ne doit pas avoir mis tout
le monde de son avis.]
[Note 97: Plus haut j'ai oublié, à propos de Beaufort, de dire
qu'il faisoit à madame de Châtillon la gracieuseté de lui demander
d'être aimé d'elle (Conrart, _Mémoires imprimés_, p. 58), «même de
bricole». Le mot est simple et n'a rien d'affecté.
Faisons une halte pour recueillir quatre ou cinq fragments de Mémoires
qui nous permettent de pousser en avant notre glose, et qui sont
d'utiles éclaircissements.
Marigny (16 juin 1652) dit dans une lettre que M. Louis Pâris a
imprimée dans le _Cabinet historique_ (décembre 1854, p. 109): «Le
soir, je vis S. A., et, bien qu'elle fust retournée après minuit de
chez madame de Chastillon, où elle est assez assidue, je demeurai,
etc.»
Voilà l'intimité démontrée. Madame de Motteville (t. 4, p. 330)
explique décemment les choses; mais que le panégyriste Désormeaux (t.
3, p. 258) prenne d'abord la parole. (La paix) «paraissoit désespérée
lorqu'une dame jugea qu'un si grand bien devoit être l'ouvrage de la
beauté et des grâces: d'autres femmes s'étoient rendues célèbres par
des cabales et des passions redoutables. Les malheurs de la France
étoient le fruit odieux et amer de leurs intrigues, de leurs caprices,
de leurs rivalités. La duchesse de Châtillon aspiroit à une gloire
plus pure: heureuse si l'amour seul de l'État l'eût guidée; mais la
vanité, le ressentiment, l'intérêt, n'eurent pas moins de part à un
projet d'ailleurs si noble que le patriotisme. Elle brûloit d'envie de
faire voir aux yeux de l'Europe l'empire que ses charmes, soutenus de
l'art le plus séducteur, lui avoient acquis sur l'âme d'un héros si
long-temps indocile au joug de l'amour. Elle vouloit en même temps se
venger de la duchesse de Longueville, qui avoit tenté de lui enlever
la conquête du duc de Nemours, en privant la soeur de la confiance
du frère et en dictant un traité qui la réduisît à passer le reste de
ses jours avec un époux qu'elle haïssoit.»
Voici, madame de Motteville à son tour, et son style soutenu: «Dans
cet état, une dame voulut avoir la gloire de la destinée d'un grand
prince et d'avoir part à la plus éclatante affaire de l'Europe, qui
étoit alors cette paix de la cour, qui paroissoit devoir être suivie
de la générale, c'est-à-dire s'il eût été possible de la faire aux
conditions qui avoient été proposées. Madame de Châtillon haïssoit
madame de Longueville: l'émulation de leur beauté et du coeur du duc
de Nemours, qu'elles vouloient posséder l'une et l'autre, faisoit leur
haine. Madame de Châtillon avoit vengé le duc de la Rochefoucauld, en
ce qu'elle avoit emporté sur madame de Longueville l'inclination de ce
prince, qui s'étoit donné entièrement à elle. Cette belle veuve ne
haïssoit pas le duc de Nemours, cette conquête lui plaisoit; mais,
ayant toujours eu quelques prétentions sur les bonnes grâces de M. le
Prince, elle n'étoit pas fâchée non plus de conserver quelque
domination sur l'esprit de ce héros, que toute l'Europe estimoit: si
bien qu'elle fit dessein de l'engager à laisser conduire cette
négociation par elle. Son dessein fut de faire la paix sans que madame
de Longueville y eût aucune part, ni par la gloire, ni par ses
intérêts; et, ne voulant pas faire de perfidie au duc de Nemours, elle
le lui fit trouver bon et l'engagea de rompre tout commerce avec
madame de Longueville. Elle se servit du duc de la Rochefoucauld et de
ses passions pour faire approuver sa conduite au duc de Nemours et
pour presser M. le Prince de se confier à elle et de vouloir écouter
ses conseils. Le duc de la Rochefoucauld m'a dit que la jalousie et la
vengeance le firent agir soigneusement et qu'il fit tout ce qu'elle
voulut. Comme cette dame désiroit aussi se faire riche, elle sut tirer
alors un présent de M. le Prince, qui, poussé à cette libéralité par
son jaloux négociateur, lui donna, en qualité de parent, la terre de
Marlou, et surtout un pouvoir très ample de traiter la paix avec le
cardinal Mazarin. Elle alla donc à la cour, et y parut avec l'éclat
que lui devoit donner une si grande apparence de crédit sur l'esprit
de M. le Prince; mais le cardinal ne crut pas possible qu'elle pût
être si absolue maîtresse de son sort. Il s'imagina, selon la raison,
que M. le Prince avoit voulu lui complaire, mais que de tels traités
ne se pouvoient pas faire de cette sorte, ou plutôt il ne voulut pas
faire la paix dans des temps où il ne l'auroit pas faite
avantageusement pour le roi et pour lui; mais, agissant à son
ordinaire, il gagna du temps et amusa le prince de Condé pendant qu'il
faisoit la guerre tout de bon en Guienne, et que partout les armes du
roi étoient victorieuses. Madame de Châtillon revint à Paris pleine
d'espérances et de promesses; et le cardinal, plus habile et plus fin
que ses ennemis, tira de sa négociation un plus solide bien qu'il n'en
auroit reçu alors de l'accommodement.»
Madame de Châtillon (Montp., t. 5, p. 251) espéroit réellement qu'on
lui paieroit son traité 100,000 écus (un million).
Deux ans après (Mottev., t. 4, p. 36) elle fut accusée d'avoir voulu
attaquer sa vie (celle du cardinal Mazarin) par d'autres armes que
celles de ses yeux; il y eut des hommes roués pour avoir été
convaincus de ce dessein: il parut qu'elle y avoit eu quelque petite
part, et l'heureuse destinée du cardinal le sauva de tous ces maux.
L'intrigue a fait nommer cette dame en plusieurs occasions; mais,
comme sa gloire se trouveroit un peu flétrie par cette narration, je
n'en parle point... Cette dame étoit belle, galante et ambitieuse,
autant que hardie à entreprendre et à tout hasarder pour satisfaire
ses passions...
«Elle savoit obliger de bonne grâce et joindre au nom de Montmorency
une civilité extrême qui l'auroit rendue digne d'une estime toute
extraordinaire, si on avoit pu ne pas voir en toutes ses paroles, ses
sentiments et ses actions, un caractère de déguisement et des façons
affectées, qui déplaisent toujours aux personnes qui aiment la
sincérité.»
Mademoiselle (t. 3, p. 55), qui confond parfois les dates, parle aussi
de toutes ces aventures. Elle étoit allée à Marlou comme une simple
mortelle, en 1656, disent ses mémoires. «Rien n'étoit plus pompeux que
madame de Châtillon ce jour-là: elle avoit un habit de taffetas
aurore, bordé d'un cordonnet d'argent; elle étoit plus blanche et plus
incarnate que je l'aie jamais vue; elle avoit force diamants aux
oreilles, aux doigts et aux bras; elle étoit dans une dernière
magnificence. Qui voudroit conter toutes les aventures qui lui sont
arrivées, on ne finiroit jamais: ce seroit un roman où il y auroit
plusieurs héros de différentes manières. On disoit que M. le Prince
étoit toujours amoureux d'elle, comme aussi le roi d'Angleterre,
milord Digby, Anglois, et l'abbé Fouquet. On disoit qu'elle étoit bien
aise de donner de la jalousie à M. le Prince du roi d'Angleterre, et
que les deux autres étoient utiles à ses affaires et à sa sûreté. On
roua deux hommes, un nommé Bertaut et l'autre Ricousse, frère d'un
homme qui est à M. le Prince et dont la femme est à madame de
Châtillon, pour des menées contre l'État, où on disoit que madame de
Châtillon avoit beaucoup de part, et que c'étoit pour le service de M.
le Prince. Dans le même temps j'ai ouï dire qu'il ne sçavoit ce que
c'étoit. Madame de Châtillon se sauva de sa maison de Marlou; elle fut
cachée en beaucoup d'endroits, puis elle alla à l'abbaye de
Maubuisson. Il y avoit un ecclésiastique, nommé Cambiac, mêlé dans
tout cela, de qui l'on dit que l'on trouva force lettres données à
madame de Châtillon, et les réponses; ce fut Digby qui les prit et les
montra. On disoit encore que c'étoit elle qui avoit découvert à l'abbé
Fouquet l'affaire de ces deux hommes roués. On s'étonnoit comment ce
commerce de l'abbé Fouquet s'accommodoit avec celui de M. le Prince,
lequel avoit fait pendre deux hommes qui étoient allés en Flandre pour
l'assassiner; qu'à la question ils déposèrent qu'il y étoient allés
par ordre de M. l'abbé Fouquet. Je ne me souviens pas bien en quelle
année ce fut, je me souviens que des gens qui venoient d'auprès de M.
le Prince me le contèrent.
«L'habitude de Digby avec madame de Châtillon étoit venue ce qu'il
étoit gouverneur de Mantes et de Pontoise pendant la guerre, où il
demeura quelque temps après. Il n'étoit pas éloigné de Marlou: il
alloit visiter madame de Châtillon; il jouoit à la boule et aux
quilles avec elle, et on dit qu'à ces jeux-là elle lui avoit gagné
vingt-cinq ou trente mille livres. On tenoit de beaux discours, et les
histoires que l'on racontoit étoient difficiles à débrouiller. Tout ce
que j'en puis dire, c'est qu'elle me fit grand' pitié quand tous ces
bruits-là coururent, et j'admirai, quand je la vis si belle à Chilly,
qu'elle eût pu conserver tant de santé et de beauté parmi de tels
embarras.»
Nous voyons là que Charles II, roi en exil, aima la duchesse. Elle
s'imaginoit qu'il vouloit l'épouser et demanda à Anne d'Autriche
(Montp., t. 4, p. 239) si on la traiteroit en reine, le cas échéant.
La pauvre Majesté, en attendant sa gloire, étoit la très humble
sujette de l'abbé Fouquet; ce qui arrache à mademoiselle de
Montpensier (t. 3, p. 298) des soupirs multipliés. «Je ne comprends
pas qu'une femme née de la maison de Montmorency et femme d'un Coligny
soit capable de s'être embarquée avec un homme comme celui-là. Ce qui
justifie madame de Châtillon, c'est qu'il s'est toujours plaint de ses
cruautés dans ses plus grandes colères, et ne s'est jamais vanté d'en
avoir eu les moindres faveurs. Tout ce qui m'a déplu, c'est qu'il
s'est vanté qu'elle n'a refusé aucun présent de lui.»