De là vous venez à

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=Montausier=[216], grande ville qui n'est pas belle, mais agréable. La

Précieuse passe au milieu, qui est une rivière de grande réputation.

L'eau en est claire et nette; il n'y a lieu au monde où la terre soit

mieux cultivée.

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=Fienne=[217] est une grande ville, presque toute délabrée, qui n'est

fameuse que par la Carogne, qui passe au milieu. Le séjour en est

désagréable, tant pour ce que les maisons y sont anciennes et mal

faites que pour ce qu'il y règne une odeur si mauvaise que, quelque

intérêt qu'on ait à y demeurer, on est contraint à la fin d'en sortir

pour conserver sa santé. Le gouverneur étant un homme de peu de

crédit, à qui on a donné le gouvernement par forme, sans l'intrigue

des habitants et le commerce qu'ils font avec les Espagnols, cette

ville manqueroit bientôt de subsistance.

À quatre lieues de cette ville vous en trouvez une autre bien

différente; elle est sur la Précieuse. C'est une ville fort

considérable pour la beauté de ses édifices; on l'appelle

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=Olonne=. C'est un chemin fort passant. On y donne le couvert à tous

ceux qui le demandent, à la charge d'autant. Il y faut bien payer de

sa personne, ou payer de sa bourse.

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=Beauvais=[218], sur la Carogne, est une petite ville dans un fond, où

l'on ne voit le jour qu'à demi et dont les bâtimens sont très

désagréables. Elle a eu néanmoins des gens de très grande condition

pour gouverneurs, entre autres un commandeur de Malte, qui y a laissé

une belle infanterie. On ne s'étonnera point que des gens de naissance

et de mérite se soient arrêtés à un si méchant logis quand on sçaura

que ç'a été le principal passage pour aller à la ville de

Donna-Anna[219], où tout le commerce se faisoit durant qu'on bâtissoit

le fort Louis[220]. Depuis que ce fort est entré dans ses droits, la

ville de Beauvais n'a plus eu de gouverneur de marque, mais des gens

de basse étoffe et inconnus, que la ville y entretient, quoiqu'elle ne

vaille plus la dépense. Ceux-ci ont toujours eu soin de bien maintenir

l'infanterie[221].

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=Guise=[222] est une ville sur la Précieuse, assez grande, et où il se

trouve de belles antiquités. Plusieurs ont cru que cette place s'étoit

gardée par ses forces mêmes; mais on assure qu'il y a eu un

gouverneur[223] comme en titre d'office, qu'on a tenu caché à cause

que ses mérites n'étoient point proportionnés à l'importance de la

place, d'où il a été chassé parcequ'il ne visitoit plus que de loin à

loin la place d'armes. Il y avoit laissé de l'infanterie; mais, à

cause qu'elle étoit plus nuisible qu'utile pour la conservation de la

ville, elle en a été chassée et envoyée en Hollande. Il y en a qui

disent que la disgrâce du gouverneur est venue de ce qu'il avoit plus

d'attache pour la ville de Chevreuse.

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=Longueville=[224] est sur la même rivière que Guise. C'est une ville

grande et assez belle. Il y a eu quatre gouverneurs, dont les uns

étoient les premiers princes du pays, les autres des plus qualifiés

seigneurs après ceux-là[225], dont l'un a failli perdre sa place pour

de l'infanterie qu'il y avoit jetée hors du temps, qui a fort

endommagé la ville. Elle se gouverne à présent elle-même, et s'est

tellement fortifiée[226] qu'il n'y a point d'ennemis si forts qui

osent en faire l'attaque.

Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome I · 第 94 / 108 题