surtout lorsque les opprimés sont des parents, des amis, des gens de la
même consanguinité. Il est juste de prêter main forte à un hôte
recevant, bon. Et comme les Métis de la Saskatchewan étaient foulés aux
pieds par un usurpateur effronté, ça été une bonne action de la part de
ceux qui étaient venus se joindre à leur colonie hospitalière,
d'embrasser leur cause et de la soutenir, comme ils l'ont fait,
nonobstant les peines auxquelles ils se sont exposés.
Mais la Puissance avait mal rempli ses obligations de traité avec les
Métis du Manitoba. Un de leurs griefs contre elle était qu'après avoir
fait des arrangements avec moi, comme leur homme en tête, la Puissance
m'avait expulsé du Parlement plusieurs fois, m'avait banni, et avait par
envie et par haine persisté à refuser de reconnaître le choix
constitutionnel que le peuple métis faisait de moi, comme son premier
représentant.
Le gouvernement d'Ottawa était convenu de ne pas s'installer au
Nord-Ouest sans la proclamation d'une amnistie impériale pour y faire
disparaître les troubles qu'il avait lui-même suscités. Cette amnistie,
il était à même de l'avoir. Il n'avait qu'à la demander. Il s'était
engagé formellement à se la procurer. Mais il s'installa au Nord-Ouest
au mépris de cet engagement.