Pour avoir une idée assez juste de la condition ou se trouvaient les
Métis au commencement de l'année 1885, dans le Nord-Ouest, et en
particulier dans la Saskatchewan, il faut un peu savoir comment ils
étaient situés avant la Confédération.
C'étaient des gens qui avaient à eux en propre le Territoire de
Nord-Ouest. Le sang indien de leurs veines établissait le droit ou le
titre qu'ils avaient à la terre. Ils avaient la propriété du sol
conjointement avec les sauvages.
Mais à elle seule la valeur foncière de leur pays représentait une
grosse somme.
Parlons seulement des terres que le Nord-Ouest comprend dans les limites
qui lui sont actuellement assignées, sous ce nom, en dehors du Manitoba
et du Keewatin: nous avons un territoire d'environ 1,195,720,000 acres,
en étendue. En divisant ce nombre par le chiffre de la population
métisse et indienne, et en les supposant aussi nombreuse l'une que
l'autre, chacune d'elles se trouvait à partager le Nord-Ouest en deux
moitiés égales, l'hypothèse que nous faisons toute proche de la réalité,
donnant aux Métis aussi bien qu'aux sauvages une part d'à peu près
597,860,000 acres.
Pour faire une estimation quelconque des terres sauvages du Nord-Ouest
avant la Confédération, disons à la première idée venant, que ces terres
valaient à l'Indien quinze cents l'acre. En prenant cette modeste