AUTRICHE.

Les journaux de Vienne contiennent quelques renseignements sur les lois

ecclésiastiques qui vont être prochainement présentées au Reichsrath par

le gouvernement. On n'en compte pas moins de dix-sept, et quelques-unes

d'entre elles auront une grande importance, notamment celle qui prononce

l'abolition complète et définitive du concordat conclu avec la cour de

Rome le 18 août 1855. On sait que cette convention établissait la

censure ecclésiastique sur les livres, ce qui était la négation absolue

de la liberté de la presse: elle donnait aux évêques la surveillance de

toutes les écoles, même laïques; elle conférait à l'épiscopat une

entière indépendance vis-à-vis du gouvernement; non-seulement tous les

actes émanés du Saint-Siège pouvaient être publiés dans l'empire sans

aucune nécessité d'obtenir le _placet_ royal, mais encore les

archevêques et évêques avaient la faculté de convoquer aussi, sans

autorisation du gouvernement, soit des conciles provinciaux, soit des

synodes diocésains: double liberté qui leur est refusée en France par

les articles 1 et 4 du titre Ier de la loi du 18 germinal an X (8 avril

1802), plus connue sous le nom d'articles organiques, contre lesquels,

du reste, on le sait, le Saint-Siège n'a cessé et ne cesse de protester.

Les lois ecclésiastiques que prépare le gouvernement autrichien

régleront en outre le mariage civil, les patronats, la surveillance des

séminaires, etc.; elles contiendront aussi des clauses relatives à la

condition des vieux-catholiques. Sur cette dernière question, on

s'attend à des débats assez vifs, et déjà les adeptes de cette petite

Église ont adressé au gouvernement une demande tendante à faire

reconnaître à l'évêque Reinkens, Prussien et vieux-catholique, un droit

de juridiction ecclésiastique en Autriche. Cette requête insolite a été

repoussée.

L'Illustration, No. 1609, 27 décembre 1873 · 第 7 / 33 题