Mais comme le coeur de l'homme était humble et doux en ce temps-là, la
sagesse éternelle fut touchée; car les hommes ne disaient pas:--Il nous
faut cela, fais-le; mais ils disaient:--Tu sais ce qui nous convient,
sois béni;--et ils souffraient sans blasphémer.
La Sagesse, la Miséricorde et la Nécessité, les trois essences infinies
du Dieu vivant, tinrent conseil dans le sein de l'Eternel; et comme il
fallait que l'homme connût l'amour ou la mort, la matière ne pouvant
s'augmenter indéfiniment, l'Esprit saint dit par la bouche de la
Sagesse:
«Livrons l'homme aux chances de sa destinée; que sa vie sur la terre
soit éphémère et douloureuse, qu'il connaisse le bien et le mal, et
qu'entre les deux il soit libre de choisir.»
Alors le Verbe de miséricorde ajouta: «Que dans la douleur il ait pour
remède l'espérance, et dans le bonheur pour loi la charité.»
Jéhovah envoya donc ses anges sur la terre en leur disant: «Qu'il soit
fait à chaque homme selon son désir.»
Et l'ange étant entré la nuit dans la demeure des hommes, et au nom de
l'Eternel ayant interrogé leurs pensées, il n'en trouva qu'un seul qui
désirât l'amour au point d'accepter la mort sans crainte. C'était un de
ceux qui n'avaient jamais rien demandé au Seigneur. Il vivait retiré sur
une montagne, occupé le soir à contempler les étoiles, et le jour à
nourrir les chevrettes et les chamois. C'était une âme forte et un des
plus beaux parmi les anges terrestres.
L'ange du sommeil l'appela, et lui dit comme aux autres hommes:--Fils de
Dieu, demandes-tu la fille de Dieu? Et cet homme, au lieu de répondre en
frissonnant comme les autres: Que la volonté de Dieu soit faite,
s'écria, en se soulevant sur sa couche:--Où est la fille de Dieu? L'ange
lui répondit:--Sors de ta demeure, tu la trouveras au bord de la source,
elle vient vers toi, elle vient du sein de Dieu.
Alors l'ange disparut, et l'homme, s'étant levé plein de surprise, se
sentit accablé d'une grande tristesse; car il pensa que c'était un vain
songe, et que la fille de Dieu n'était pas au bord de la source.
Cependant il se leva et sortit de sa demeure, et il trouva la fille de
Dieu qui marchait vers lui, mais qui, le voyant venir, s'arrêta
tremblante au bord de la source.
Et comme la source était sombre, et qu'il distinguait à peine une forme
vague, il lui dit:--Etes-vous la fille de Dieu?--Oui, répondit-elle, et
je cherche le fils de Dieu.
--Je suis le fils de Dieu, reprit l'homme, vous êtes ma soeur et mon
amour. Que venez-vous m'annoncer de la part de Dieu?
--Rien, répondit la femme, car Dieu ne m'a rien enseigné, et je ne sais
pourquoi il m'envoie. Il y a un instant que j'existe; j'ai entendu une
voix qui m'a dit: «Fille de Dieu, va sur la terre, et tu trouveras le
fils de Dieu qui t'attend.» J'ai reconnu que c'était la voix de
l'Eternel, et je suis venue.
L'homme lui dit:--Suis-moi, car tu es le don de Dieu, et tout ce qui
m'appartient t'appartient.
Il marcha devant elle, et elle le suivit jusqu'à la porte de sa demeure,
qui était faite de bois de cèdre et recouverte d'écorce de palmier. Il y
avait un lit de mousse fraîche; l'homme cueillit les fleurs d'un rosier
qui tapissait le seuil, et, les effeuillant sur sa couche, il y fit
asseoir la femme en lui disant:--L'Eternel soit béni.
Et, allumant une torche de mélèze, il la regarda, et la trouva si belle
qu'il pleura, et il ne sut quelle rosée tombait de ses yeux, car
jusque-là l'homme n'avait jamais pleuré.
Et l'homme connut la femme dans les pleurs et dans la joie.
Quand l'étoile du matin vint à pâlir sur la mer, l'homme s'éveilla, il
ne faisait pas encore jour dans sa demeure. Se souvenant de ce qui lui
était arrivé, il n'osait point tâter sa couche, car il craignait d'avoir
fait un rêve, et il attendit le jour, désirant et redoutant ce qu'il
attendait.
Mais la femme, qui s'était éveillée, lui parla, et sa voix fut plus
douce à l'homme que celle de l'alouette qui venait chanter sur sa
fenêtre au lever de l'aube.
Mais aussitôt il se mit à verser des pleurs d'amertume et de désolation.
Ce que voyant, elle pleura aussi, et lui dit:--Pourquoi pleures-tu?
--C'est, dit l'homme, que je t'ai, et que bientôt je ne t'aurai plus,
car il faut que je meure; c'est à ce prix que je t'ai reçue de
l'Eternel. Avant de te voir, je ne m'inquiétais pas de mourir; la
faiblesse et la peur sont entrées en moi avec l'amour. Car tu vaux mieux
que la vie, et pourtant je te perdrai avec elle.
La femme cessa de pleurer, et, avec un sourire qui fit passer dans le
coeur de l'homme une espérance inconnue, elle lui dit:--Si tu dois
mourir, je mourrai aussi, et j'aime mieux un seul jour avec toi que
l'éternité sans toi.
Cette parole de la femme endormit la douleur de l'homme. Il courut
chercher des fruits et du lait pour la nourrir, et des fleurs pour la
parer. Et, dans le jour, quand il se remit au travail, il planta de
nouveaux arbres fruitiers, en songeant au surcroît de besoins que la
présence d'un nouvel être apportait dans sa retraite, sans songer qu'un
arbre serait moins prompt à grandir que lui et la femme à mourir.
Cependant le souci avait pénétré chez lui avec la femme. La pensée de la
mort empoisonnait toutes ses joies. Il priait Dieu avec plus de crainte
que d'amour; les moindres bruits de la nuit l'effrayaient, et, au lieu
d'écouter avec une religieuse admiration les murmures des grandes mers,
il tressaillait sur son lit, comme si la voix des éléments eût pleuré à
son oreille, comme si les oiseaux de la tempête lui eussent apporté des
nouvelles funèbres. La femme était plus courageuse ou plus imprévoyante.
Ses faibles membres se fatiguaient vite, et, quand son époux trouvait
dans le travail une excitation douloureuse, elle s'étendait nonchalante
sur les fleurs de la montagne, et s'endormait dans une sainte langueur
en murmurant des paroles de bénédiction pour son époux et pour son Dieu.
Elle ne savait rien des choses de la terre où elle venait d'être jetée;
elle trouvait partout de la joie, et ne s'effrayait de rien. La brièveté
de la vie, si terrible pour l'homme, lui semblait un bienfait de la
Providence. L'homme la contemplait chaque jour avec une surprise et une
admiration nouvelles. Il la regardait comme supérieure à lui, malgré sa
faiblesse, et souvent il lui disait:--Tu n'es pas ma soeur, tu n'es pas
ma femme, tu es un ange que Dieu m'a envoyé pour me consoler, et qu'il
me reprendra peut-être dans quelques jours, car il est impossible que tu
meures. Une si belle création ne peut pas être anéantie. Promets-moi
que, si tu me vois mourir, tu retourneras aux cieux pour n'appartenir à
personne après moi.
Et elle promettait en souriant tout ce qu'il voulait, car elle ne savait
pas si elle était immortelle, elle ne s'en inquiétait pas, pourvu que
son époux lui répétât sans cesse qu'il l'aimait plus que sa vie.
Or, ils vivaient sur une montagne élevée, loin des lieux habités par les
autres hommes; car l'époux de la femme, tourmenté de crainte, avait
transporté sa demeure et ses troupeaux dans le désert, afin de mieux
cacher le trésor qui faisait son bonheur et ses angoisses.--Je ne
comprends pas, lui disait-il, le sentiment que vous m'avez inspiré pour
mes frères. Je les chérissais avant de vous connaître, et, malgré mon
goût pour la solitude, j'aurais tout partagé volontiers avec eux. Quand
je descendais dans la vallée aux jours de fête, leur vue réjouissait mon
âme, et je priais avec plus de ferveur prosterné au milieu d'eux dans le
temple. Aujourd'hui leur approche m'est odieuse, et quand je les vois de
loin je me cache, de peur qu'ils ne m'abordent et ne cherchent à
pénétrer aux lieux où vous êtes. A la seule idée qu'un de mes frères
pourrait vous apercevoir, je frissonne comme si l'heure de ma mort était
venue. L'autre jour j'ai vu près d'ici la trace d'un pied humain sur le
sable, et j'aurais voulu être un rocher pour attendre au bord du sentier
l'audacieux qui pouvait revenir, et l'écraser à son passage. Mais,
hélas! ajoutait-il, les autres hommes sont immortels, et seul je puis
craindre la chute d'un rocher. Si je tombais dans un précipice, vous
descendriez dans la vallée pour être nourrie et protégée par un autre
homme, et vous m'auriez bientôt oublié; car il n'est pas un de ces
immortels qui ne fît le sacrifice de son immortalité pour vous posséder.
C'est pourquoi, malgré mon amour pour vous, je ne puis m'empêcher de
désirer que la mort vous atteigne aussi tôt que moi.
Et la femme lui répondait:--Si tu tombais dans un ravin, je m'y
jetterais après toi; et si Dieu me refusait la mort, je mutilerais mon
corps et je détruirais ma beauté pour ne pas plaire à un autre.
Lorsque la femme mit au monde son premier-né, il lui sembla que sa mort
était proche, car elle sentait de grandes douleurs; et comme son époux
criait avec angoisses vers le Seigneur, elle lui dit:--Ne pleurez point
et réjouissez-vous, car mon corps se brise, et mon âme est heureuse de
ce qui m'arrive; je sens que je ne suis pas immortelle, et que je ne
resterai pas sans vous sur la terre.
L'époux de la femme fut rencontré dans les montagnes par quelques-uns de
ses frères, et ceux-ci virent qu'il était pâle et maigri, et qu'une
singulière inquiétude était répandue sur sa figure. Ils racontèrent ce
qu'ils avaient vu; et comme jusque-là les fatigues et l'ennui n'avaient
point été assez rudes à l'esprit de l'homme pour que son corps
indestructible pût en recevoir une telle altération, chacun s'étonna de
ce qu'il entendait de la bouche de ces témoins, comme s'ils eussent
annoncé l'apparition d'une nouvelle race dans le monde, ou une
perturbation dans l'ordre de la nature.
Plusieurs, entraînés par la curiosité, s'enfoncèrent dans les montagnes
pour chercher leur frère; mais il avait si bien caché sa demeure
derrière les lianes des forêts et les pics des rochers, qu'il se passa
plusieurs années avant qu'on la découvrît. Enfin il fut rencontré, et
ceux qui le virent s'écrièrent:--Homme, quel mal as-tu fait pour être
ainsi vieilli et malade comme les animaux périssables? Il répondit:--Je
ne ressemble pas à mes frères, mais je n'ai fait aucun mal, et Dieu m'a
visité et révélé plusieurs secrets que je vous enseignerai. Il parlait
ainsi pour donner le change à leur curiosité, et pendant la nuit il
essaya de transporter sa famille dans un lieu encore plus inaccessible.
Mais le jour le surprit avant qu'il fût parvenu à sa nouvelle retraite,
et il fut rencontré avec sa femme montée sur un âne sauvage, et ses
enfants, dont le plus jeune était dans ses bras.
A cette vue, les voyageurs se prosternèrent; la femme leur parut si
belle qu'ils la prirent pour un ange; et, malgré la résistance de
l'époux, ils l'entraînèrent dans la vallée, la firent entrer dans le
temple, et, lui élevant un autel, ils l'adorèrent. Ce fut la première
idolâtrie.
L'époux espérait que le respect les empêcherait de convoiter cette
femme; mais elle, craignant d'offenser le Seigneur, brisa les liens de
fleurs dont on l'avait enlacée, et tomba dans les bras de son époux en
s'écriant:--Je ne suis point une divinité, mais une esclave de Dieu, une
créature périssable et faible, la femme et la soeur de cet homme. Je lui
appartiens, parce que Dieu m'a envoyée vers lui; si vous essayez de m'en
séparer, je me briserai la tête contre cet autel, et vous me verrez
mourir, car je suis mortelle, et mon époux l'est aussi.
A ces mots, les voyageurs éprouvèrent une émotion inconnue, et furent
saisis d'une sympathie étrange pour ces deux infortunés; comme ils
étaient bons et justes, ils respectèrent la fidélité de la femme. Ils la
contemplèrent avec admiration, prirent ses enfants dans leurs bras, et,
ravis de leur beauté délicate et de leurs naïves paroles, ils se mirent
à les aimer.
Alors le peuple immortel, tombant à genoux, s'écria:--O Dieu, ôte-nous
l'immortalité, et donne à chacun de nous une femme comme celle-ci; nous
aimerons ses enfants, et nous travaillerons pour notre famille jusqu'à
l'heure où tu nous enverras la mort; nous te bénirons tous les jours si
tu exauces notre voeu.
La voûte du temple fut enlevée par une main invisible, un escalier
ardent, dont chaque marche était une nuance de l'arc-en-ciel, parut se
dérouler jusqu'à la terre. Du sommet invisible de cet escalier, on vit
descendre des formes vagues et lumineuses, qui peu à peu se dessinèrent
en se rapprochant; des choeurs de femmes plus belles que toutes les
fleurs de la terre et toutes les étoiles des cieux remplirent le
sanctuaire en chantant; un ange était venu s'abattre sur le dernier
degré, et à chaque femme qui le franchissait, il appelait un homme qu'il
choisissait selon les desseins de Dieu, et mettait la main de l'époux
dans la sienne.
Quelques hommes, cependant, voulurent conserver leur immortalité. Mais
l'amour de la femme était si enivrant et si précieux, qu'ils ne purent
résister au désir de le goûter, et qu'ils essayèrent de séduire les
femmes de leurs frères. Mais ils moururent de mort violente; Dieu les
châtia, afin que le premier crime commis sur la terre n'eût point
d'imitateurs.
Pendant longtemps, malgré les souffrances de cette race éphémère, l'âge
d'or régna parmi les hommes, et la fidélité fut observée entre les
époux.
Mais peu à peu le principe divin et immortel qui avait animé les
premiers hommes s'affaiblissant de génération en génération, l'adultère,
la haine, la jalousie, la violence, le meurtre et tous les maux de la
race présente se répandirent dans l'humanité; Dieu fut obligé de voiler
sa face et de rappeler à lui ses anges. La Providence devint de plus en
plus mystérieuse et muette, la terre moins féconde, l'homme plus débile,
et sa conscience plus voilée et plus incertaine. Les sociétés
inventèrent, pour se maintenir, des lois qui hâtèrent leur chute; la
vertu devint difficile et se réfugia dans quelques âmes choisies. Mais
Dieu infligea pour châtiment éternel à cette race perverse le besoin
d'aimer. A mesure que les lois plus absurdes ou plus cruelles
multipliaient l'adultère, l'instinct de mutuelle fidélité devenait de
jour en jour plus impérieux: aujourd'hui encore il fait le tourment et
le regret des coeurs les plus corrompus. Les courtisanes se retirent au
désert pour pleurer l'amour qu'elles n'ont plus droit d'attendre de
l'homme, et la demandent à Dieu. Les libertins se désolent dans la
débauche et appellent avec des sanglots furieux une femme chaste et
fidèle qu'ils ne peuvent trouver. L'homme a oublié son immortalité; il
s'est consolé de ne plus être l'égal des anges, mais il ne se consolera
jamais d'avoir perdu l'amour, l'amour qui avait amené la mort par la
main, et si beau qu'il avait obtenu grâce pour la laideur de cette soeur
terrible: il ne sera guéri qu'en le retrouvant. Car, écoutez les Juifs:
ils disent que la femme a apporté en dot le péché et la mort, mais ils
disent aussi qu'au dernier jour elle écrasera la tête du serpent, qui
est le génie du mal....
Comme Myrza achevait les derniers versets de son poëme, des prophètes
austères, qui l'avaient entendue, dirent au peuple assemblé autour
d'elle:--Lapidez cette femme impie; elle insulte à la vraie religion et
à toutes les religions, en confondant sous la forme allégorique les
dogmes et les principes de toutes les genèses. Elle joue sur les cordes
de son luth avec les choses les plus saintes, et la poésie qu'elle
chante est un poison subtil qui égare les hommes. Ramassez des pierres
et lapidez cette femme de mauvaise vie, qui ose venir ici prêcher les
vertus qu'elle a foulées aux pieds; lapidez-la, car ses lèvres souillées
profanent les noms de divinité et de chasteté.
Mais le peuple refusa de lapider Myrza.--La vertu, répondit un vieux
prêtre d'Esculape, est comme la science: elle est toujours belle, utile
et sainte, quelle que soit la bouche qui l'annonce, et nous tirons des
plantes les plus humbles que chaque jour le passant foule sur les
chemins un baume précieux pour les blessures. Laissez partir cette
sibylle; elle vient souvent ici, nous la connaissons et nous l'aimons.
Ses fictions nous plaisent, à nous, vieux adorateurs des puissants dieux
de l'Olympe, et les jeunes partisans des religions nouvelles y trouvent
un fonds de saine morale et de douce philosophie. Nous l'écoutons en
souriant, et nos femmes lui font d'innocents présents de jeunes agneaux
et de robes de laine sans tache. Qu'elle parle et qu'elle revienne, nous
ne la maudissons point; et si ses voies sont mauvaises, que Minerve les
redresse et l'accompagne.
--Mais nous parlons au nom de la vertu, reprirent les prophètes; nous
avons fait serment de ne jamais connaître un embrassement féminin.....
--Hier, interrompit une femme, d'autres prophètes nous engageaient, au
nom de je sais quel nouveau dieu, à nous abandonner à notre appétit; et
la veille, d'autres nous disaient d'être esclaves d'un seul maître: les
uns fixent la chasteté d'une femme au nombre de sept maris, les autres
veulent qu'elle n'en ait point, nous ne savons plus à qui entendre. Mais
ce que dit cette Myrza nous plaît: elle nous amuse et ne nous enseigne
point. Que ses fautes soient oubliées, et qu'elle soit vêtue d'une robe
de pourpre, pour être conduite au temple du Destin, qui est le dieu des
dieux.
Et comme les disciples des prophètes furieux s'acharnaient à la maudire,
et ramassaient de la boue et des pierres, le peuple prit parti pour
elle, et voulut la porter en triomphe. Mais elle se dégagea, et, montant
sur le dromadaire qui l'avait amenée, elle dit à ce peuple en le
quittant:--Laissez-moi partir, et si ces hommes vous disent quelque
chose de bon, écoutez-le, et recueillez-le de quelque part qu'il vienne.
Pour moi, je vous ai dit ma foi, c'est l'amour. Et voyez pourtant que je
suis seule, que j'arrive seule, et que je pars seule.... Alors Myrza
répandit beaucoup de larmes, puis elle ajouta:--Comprenez-vous mes
pleurs, et savez-vous où je vais?
Et elle s'en alla par la route qui mène au désert de Thébaïde.