CHAPITRE XXXVIII.

Page 515, ligne 8: Le nombre de mariages.

Les principaux mariages qui eurent lieu pendant cet hiver dans la

noblesse furent ceux du marquis de Bade et de la princesse de Savoie,

et du comte d'Orval. Le grand maître de l'artillerie donna un dîner au

roi; les religieuses même s'en mêlèrent. Il y eut un repas magnifique

donné à la reine par l'abbé de Saint-Antoine, qui coûta 3,130 écus, ou

environ 18,760 francs de notre monnaie actuelle.

Page 517, note 1: _Description particulière du grand ballet de_

Pélée et Thétis, etc.

Dans cet ouvrage les costumes de chaque rôle sont décrits; on donne

les noms de tous les acteurs, au nombre desquels étaient le roi de

France, le duc d'York, la princesse d'Angleterre. Les figures de

l'exemplaire qui est à la bibliothèque de l'Institut sont sur papier,

mais peintes ou enluminées, et collées sur vélin. Le roi (Louis XIV)

s'y trouve avec son costume d'Apollon. Ainsi que je l'ai déjà dit, ces

costumes n'ont rien d'antique; ils sont bizarres, de mauvais goût,

seulement éclatants par la richesse.

Le ballet de _Pelée et Thétis_ fut joué alors, pour la dernière fois,

en mai 1654. Cependant ce goût des ballets dura longtemps: dans un

beau tableau de Mignard, que nous possédons, madame de Thianges est

représentée en Thétis, tenant par la main le duc du Maine, âgé

d'environ douze ans, costumé en guerrier, et figurant Achille

adolescent. Loret nous apprend que des particuliers, à l'exemple du

roi, firent jouer chez eux des ballets en action. Un sieur Maréchal

fit représenter chez lui un ballet intitulé _les Plaisirs de la Vie_.

Page 518, ligne 8: Par les révélations de La Porte.

Voltaire a très-bien jugé ce fait, et bien apprécié la conduite de La

Porte. La haine contre le cardinal l'aveugla; il crut avoir trouvé

occasion de le perdre par la plus absurde des accusations. Mais La

Porte était de bonne foi dans cette accusation.

Page 518, ligne 24: Cette gentille Henriette.

Louis XIV, à qui Henriette d'Angleterre plut peut-être trop par la

suite, ne l'aimait pas dans sa jeunesse; ou plutôt encore adolescent,

et dans la première effervescence des sens, l'instinct de la nature

lui faisait préférer les femmes formées à celles qui étaient à peine

sorties de l'enfance. En 1645, dans un bal où se trouvait la princesse

d'Angleterre, il se disposait à commencer la danse avec Olympe

Mancini: l'impétueuse Anne d'Autriche, qui était présente, devint

rouge de colère, arracha à son fils la nièce du cardinal, qu'il tenait

à la main, et le força d'aller prier la princesse d'Angleterre. Elle

lui fit sévèrement sentir qu'étant roi, c'était à lui, plus qu'à tout

autre, de donner l'exemple du respect et des honneurs dus au sang

royal, et que la jeunesse de la princesse, comme lui issue de Henri

IV, et sa parente, ne le dispensait pas de ce devoir. (Voir

Motteville, t. XXXIX, p. 367-368.)

Page 519, note 4: MONMERQUE.

Le savant biographe donne sur ce sujet des détails curieux, et

auparavant inconnus. Il rapporte une épître de Godeau, évêque de

Vence, à Conrart, en date du 22 janvier 1655, qui prouve que la

première partie de _Clélie_ a dû paraître en 1654. Cependant

l'exemplaire que j'ai vu porte pour cette première partie 1656. Est-ce

un titre renouvelé, ou une réimpression?

Page 520, ligne 21: La mort du marquis de La Vieuville.

La Vieuville mourut le 2 janvier 1654.

Page 522, ligne 14: Ses châteaux de Vaux et de Saint-Mandé.

La bibliothèque que Fouquet avait réunie à Saint-Mandé était une des

plus belles de l'Europe.

Page 523, ligne 25: De celle qu'il venait d'épouser.

Turenne s'était marié en 1653, à Charlotte de Caumont, fille du

maréchal de La Force, riche héritière, qui mourut sans enfants.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 81 / 146 题