Page 488, ligne 19: Nulle femme n'a jamais su mieux qu'Anne
d'Autriche tenir un cercle.
Saint-Simon dit que Louis XIV, élevé dans les cercles brillants de la
reine sa mère, aurait voulu les faire revivre, mais qu'il ne put y
parvenir. Ces cercles finirent avec elle.
Page 490, ligne 24: Toutes les fois qu'on donnait _le Cid_.
On représenta _le Cid_ aux noces de mademoiselle de Schomberg, et il
eut alors un succès extraordinaire.
Page 492, lignes 16 et 17: Dans son château de Saint-Fargeau,
qu'elle agrandissait.
Ce fut Le Vau, architecte du roi, qui fit les nouvelles constructions
du château de Saint-Fargeau. MADEMOISELLE y dépensa plus de 200,000
fr., valeur de cette époque (400,000 fr.). Elle avait avec elle dans
son exil la vieille comtesse de Fiesque, puis sa belle-fille la
comtesse de Fiesque la jeune, et madame de Frontenac. Elle eut de
fréquentes querelles avec ces deux dernières: elle n'en était guère
aimée, et leur rendait le change. La vieille madame de Fiesque voulut
introduire dans le château mademoiselle d'Outrelaise, qu'à cette
occasion Loret nomme la _divine_. Nous reviendrons sur cette
expression, et sur mademoiselle d'Outrelaise, lorsque madame de
Sévigné, qui fait mention d'elle, nous en fournira l'occasion.
Page 492, ligne 19: Sa naine.
Loret, dans sa gazette, annonce sa mort et fait son épitaphe. Il dit
qu'en la mettant dans une petite balance, avec sa robe, sa chemise et
sa coiffure, elle ne pesait pas plus qu'un louis d'or. Si le fait
était rigoureusement vrai, il resterait à déterminer quel était le
poids d'un louis d'or en 1653.
Page 492, ligne 20: Entretenait une troupe de comédiens.
Nous avons dit qu'on ne donnait pas une grande fête, pas un grand
repas, sans le secours des comédiens. Ainsi lorsque le président
Tubœuf régala toute la cour dans son château de Ruel, qui avait
appartenu au cardinal de Richelieu, il fit représenter, avec des
décorations de Beaubrun, la pastorale d'_Amarillis_, qui avait eu tant
de succès l'année précédente. Beaubrun était un fameux peintre de
portraits, qui mourut en 1692, à quatre-vingt-huit ans. Loret a décrit
le repas donné au mois d'août à MONSIEUR par Mazarin, et où se
trouvèrent le roi, les deux reines, c'est-à-dire la reine mère et la
reine d'Angleterre, avec les princes ses fils, le prince et la
princesse de Galles, le duc d'York et le duc de Glocester, qui venait
d'arriver; et dans cette description le gazetier n'oublie pas de nous
dire
Qu'après les friands aliments
Vinrent les divertissements,
Savoir, d'excellentes musiques
Et de beaux spectacles comiques.
Loret nous apprend que le service fut fait en argent ou porcelaine. La
porcelaine était donc alors en usage. Voyez Loret, liv. IV, p. 97, et
liv. V, p. 24.
Loret, en décrivant le repas donné par le duc d'Arpajon, dit:
Tout y fut assez jovial,
Car la comédie et le bal
Qui suivirent cette abondance
Divertirent fort l'assistance.
Et aussi, lors du festin pour les noces du marquis de Bade:
Enfin, après ce grand repas
Si semé de plats et d'appas,
On ouït quelque mélodie,
Et sur le soir la comédie.
Voyez Loret, liv. V, p. 19, lettre en date du 7 janvier 1654, et p.
24, lettre en date du 21 février 1654. Je pourrais multiplier ces
exemples.
Page 493, ligne 25: Et celui du Petit-Bourbon.
Loret nous apprend ce fait dans sa gazette du 30 août 1653:
Une troupe de gens comiques
Venus des climats italiques,
Dimanche dernier, tout de bon,
Firent dans le Petit-Bourbon
L'ouverture de leur théâtre.
Page 494, ligne 19: Ayant pour titre _la Nuit_.
La description de ce ballet de _la Nuit_ fut imprimée chez Ballard;
mais il en existe une copie manuscrite in-folio à la bibliothèque de
l'institut, avec les dessins de tous les personnages revêtus de leurs
costumes, peints à l'aquarelle. Ces costumes étaient riches en
couleurs, chargés d'or et d'argent, de galons, et de paillettes
brillantes, bizarres et fantastiques.
Je remarque que, dans la prolixe description qu'il a donnée de ce
ballet, Loret parle de Villequier (probablement le duc de Villequier)
qui distribuait des billets, et faisait placer tout le monde. La rue
qui passait devant le théâtre du Petit-Bourbon, et qui était une
continuation de la rue actuelle des Poulies, se nomme Villequier sur
le plan de Paris de Berey de 1654; et je crois que ce nom a échappé à
Jaillot, et à tous les laborieux scrutateurs des origines de Paris.
Page 496, lignes 12 et 13: La suite en fit voir de déplorables
conséquences.
Philippe de France ou MONSIEUR, frère de Louis XIV, naquit le 21
septembre 1640; Louis XIV, le 5 septembre 1638. Les preuves abondent
sur les goûts dépravés de MONSIEUR, qui inspiraient à son frère une
juste aversion. Saint-Simon, à l'endroit cité, dit: «Le goût de
MONSIEUR n'était pas celui des femmes, et il ne s'en cachait pas.» A
ce ballet de _la Nuit_, le duc de Buckingham, fils de celui qui excita
si vivement la jalousie de Louis XIII par ses attentions pour Anne
d'Autriche, représenta le démon du feu. (Benserade, t. II, p. 57.)
Je remarque dans les diverses descriptions de ce ballet que certains
objets de luxe étaient alors d'une cherté qu'on a peine à concevoir
aujourd'hui: ainsi Loret nous apprend qu'une orange de Portugal
coûtait cinq livres, c'est-à-dire dix livres de notre monnaie
actuelle. (Loret, liv. IV, p. 59.)
Page 497, lignes 11 et 12: Monsieur et madame de Montausier
étaient occupés à solliciter.
La marquise était venue à Paris la première, pour solliciter Mazarin.
Son mari ne vint l'y rejoindre qu'après la paix de Bordeaux, le 31
juillet.
Page 498, lignes 20 et 21: Ne sont pas toujours exemptes
d'obscénités.
Voyez, p. 74 de ce recueil de Sercy, une pièce intitulée _A une
demoiselle tourmentée de vents_, dont je ne puis rien citer. Cela se
dédiait à un aumônier du roi, et s'imprimait avec privilége du roi. Le
privilége est du 19 janvier 1653. Le livre fut achevé d'imprimer le 24
mars de la même année.
Page 498, note 1: _Poésies choisies_, etc.
C'est dans ce recueil de Sercy qu'on trouve aussi pour la première
fois imprimés les vers pour la Guirlande de Julie, et les épigrammes,
rondeaux et impromptus auxquels la dispute des sonnets de Job et
d'Uranie a donné lieu.